Trans : Le CNU de sociologie, rang A, doit être dissous

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Alexand...@ens.fr

unread,
Jun 30, 2009, 1:00:51 PM6/30/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com

Message transféré de Pierre Tripier <tripier...@wanadoo.fr>
Date : Tue, 30 Jun 2009 09:37:29 +0200

Bonjour,

Après presque dix ans de retraite je me mêle de choses que beaucoup estimeront
ne me regarde pas. Cela vient de la coincidence entre l'article paru il y a
quelques jours dans Libération et la lecture que je faisais des Discours sur la
première décade de Tite Live de Machiavel (un superbe sociologue dont je ne
comprends pas pourquoi je ne l'ai pas plus enseigné) et une motion de
l'ASES-AFS. Les Discorsi de Machiavel analysent les dégats causés par la
corruption et nous met en garde : pour lui "une république corrompue n'est pas
réformable, il faut lui substituer la monarchie". La mention ASES-AFS s'en
prend aux seuls nommés, au Président et au vice-président A, or il est évident
que la perte de repères est plus générale et qu'elle a conduit certains élus à
se faire les complices ou bénéficiaires de la corruption.

Pardon à tous ceux qui ont déjà reçu cette lettre, et mes excuses aux
brillantissimes collègues promus, le hasard veut que mon ordinateur n'ait pas
leur adresse.

Pierre Tripier
Professeur de Sociologie de classe exceptionnelle à la retraite
Ancien membre du CNU de Sociologie
Syndiqué au SNESUP

__________________________________________________________________


Le CNU de Sociologie, rang A , est majoritairement corrompu, il doit être
dissous.

Les trois seules promotions les plus prestigieuses de professeur de classe
exceptionnelle viennent d’être attribuées par les membres de rang A de
Sociologie du CNU, à des membres de rang A de Sociologie du CNU, c’est-à-dire à
ceux qui doivent, par la loi, juger des mérites de tous les professeurs de
sociologie en activité.
Il s’agit d’un cas flagrant de corruption, si l’on entend par là le fait de
faire passer, dans une position de responsabilité collective, ses propres
intérêts avant les intérêts généraux que la loi les fait charge de défendre.
Interrogé par le journal Libération, le président du CNU de sociologie a déclaré
que la majorité en avait décidé ainsi, donc il se pliait à cette décision.

Cette réponse mérite deux commentaires :
• Le premier est, que dans une position de responsabilité d’ordre rationnel
légal comme celle qu’il occupe, le rôle du président est d’indiquer à ses
collègues les normes de fonctionnement de l’institution. Or, dans des
situations où la corruption est un danger constant, la plupart des CNU refusent
que l’on soit juge et partie, en d’autres termes, ils obligent les membres du
CNU à attendre de ne plus en faire partie pour être candidats à une promotion.
Répondre que la majorité en avait ainsi décidé, donc confondre une institution
avec un marché, fut-il politique, relève de l’analphabétisme sociologique ou
d’un grand angélisme dans ses déclarations au journaliste qui l’a interrogé. On
sait en effet que les journalistes cherchent la petite phrase choc, et l’on ne
saurait croire qu’un éminent professeur d’une université prestigieuse du centre
de Paris montre à cette occasion une si complète méconnaissance de son rôle et
de ses devoirs au point de se plier à la loi de la majorité alors que sa tâche
est de rappeler les règles du jeu de l’institution qu’il préside. Sinon, il
faudrait plaindre ses étudiants et les collègues qui l’ont élu.
• Mais, par ailleurs, si cette promotion de membres du CNU aux seuls promotions
prestigieuses a eu lieu, c’est, comme le dit son président, qu’il y avait une
majorité favorable à cet acte de corruption.
Ceci veut dire que, dans ce collège A du CNU de Sociologie, il y a un
consensus majoritaire à se réserver les ressources les plus rares que la loi
suppose de distribuer équitablement. Nous les voyons déjà, prenant chacun son
tour pour être récompensés de leur contribution à cette première scélératesse,
comme dirait Machiavel (Discorsi, 2, 2). Un communiqué (AFS/ASES) s’en prend
aux nommés, mais y aurait-il eu majorité sans la complicité d’un certain nombre
d’élus ? Un des avantagés par l’acte de corruption n’est-il pas lui-même un élu
? N’y en a-t-il pas dans la file d’attente, à attendre le susucre promis ?
J’ai participé à des recherches sur des actes de corruption, il s’agissait de
détournements de fonds dans des organismes financiers. Une des parades me
disait-on, est la décentralisation. Une autre est le rappel des règles et une
organisation qui en contrôle l’application stricte. Car la corruption est
dangereuse. Comme l’indique son origine sémantique, elle est source de
dégradation de la « civilta » (Machiavel, Discorsi, 1,2), en d’autres termes,
de socialité. Si la corruption règne dans un organisme centralisé, il contamine
tout le corps. Il faut donc, vite, l’éradiquer.

Le Ministre des Universités et de la recherche doit donc dissoudre le CNU de
Sociologie et procéder à sa reconstitution. Cela suppose que les nouveaux
nommés soient différents des précédents. Et que les syndicats à leur tour
refusent de présenter la candidature des complices de la corruption. Mieux,
que les candidats aux élections s’engagent à ne pas demander de promotion
pendant qu’ils siègent au CNU.

Une autre solution, mais elle est rejetée par le milieu, serait de décentraliser
la décision de recrutement et de promotion.


Pierre Tripier
29 VI. 09

Patrick TACUSSEL

unread,
Jul 1, 2009, 4:26:45 AM7/1/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com, tripier...@wanadoo.fr
> N''aurait-il pas été judicieux de dissoudre, il y a quelques années,
les partis totalitaires dans les pays démocratiques (je pense
évidemment au partis communistes staliniens ainsi qu' aux partis
fascistes et nazis avant et après la seconde guerre mondiale). Je crois
qu'il conviendrait d'examiner la lourde responsabilité morale des
sociologues qui ont directement ou non apporté leur caution
"intellectuelle " à ces partis, sans ignorer évidemment les crimes dont
ils étaient reponsables dans les pays où ils s'étaient emparés du
pouvoir. Monsieur P. Tripier devrait consacrer sa retraite, non à
relire Machiavel ( ce qui demande plus de finesse que l'usage intéressé
qu'il en fait à propos du CNU actuel), mais les "oeuvres complètes" de
Maurice Thorez et de son épouse. Je suis sûr que lui et Maryse les ont
lues, appréciées, louées, commentées, vendues autour d'eux, et sans
doute conservées à leur domicile... et qu'ils laissent San Casciano in
Val di Pesa à l'abri de leurs "opinion". Tous les marxistes ne se sont
pas compromis avec complices des dictatures staliniennes; quant à ceux
qui l'ont fait, ils en gardent les traits mentaux et psychologiques,
les formes de raisonnement, et mêmes les mots habituels, des
bureaucrates des partis et des états totalitaires.

Patrick Tacussel


Pierre Tripier

unread,
Jul 1, 2009, 6:12:00 AM7/1/09
to Patrick TACUSSEL, sociologuesdelens...@googlegroups.com
Il y a quelques années je vous avais mis en garde contre votre tendance à
jouer les Savonarole, mais je me suis trompé, Savonarole était dans l'utopie
rétrospective, mais au moins avait-il une certaine intelligence. Je vois que
votre héros est Berlusconi. Que vous conseiller ? Peut-être les Régles de la
Méthode Sociologique. Il faut bien commencer par un texte structuré pour
organiser votre pensée. /Tripier
>> . Le premier est, que dans une position de responsabilité d'ordre
>> . Mais, par ailleurs, si cette promotion de membres du CNU aux seuls
> ---------------------------------------------------------------------------------------
> Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail.
> Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
>
>


Bernard Conein

unread,
Aug 9, 2009, 9:42:05 AM8/9/09
to Association des sociologues de l'enseignement supérieur
Cher Pierre Tripier,
J'approuve tout à fait ta requête de dissolution du CNU de
Sociologie, qui traduit très bien le sentiment d'écoeurement que nous
sommes nombreux à ressentir devant cette dégradation rapide des
procédures d'évaluation par les pairs. Il est vraiment décourageant
qu'on trouve des collègues pour défendre cette dérive.
Je trouve aussi indigne l'attaque personnelle dont tu as fait l'objet.
S'il y a une suite pour une action collective, tiens-moi au courant.
Bien à toi

Bernard Conein
Professeur de Sociologie, Université de Nice-Sophia Antipolis

On 30 juin, 19:00, Alexandra.Bi...@ens.fr wrote:
> Message transféré de Pierre Tripier <tripier.pie...@wanadoo.fr>

Maryse Bresson

unread,
Aug 20, 2009, 5:51:13 AM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Merci Bernard pour ton message (un peu) rassurant après le long monologue
décourageant en effet d'Ali. Quand on arrive au résultat que l'on sait, que
le dysfonctionnement est aussi énorme et visible, un discours du type :
"merci pour vos contributions, mais on s'asseoit dessus et on continue" est
particulièrement scandaleux.
Un fonctionnement du CNU basé principalement sur l'autopromotion de ses
membres est absurde et indéfendable, qu'il ait ou non existé avant. Il est
urgentissime de proposer un autre fonctionnement, plus juste en effet, avec
des garanties minimales de respect de ce bon fonctionnement.
J'approuve pour ma part la requête de dissolution du CNU. Dans tous les cas,
je ne comprends pas qu'aucune modification ne soit proposée par les membres
actuels, s'ils se refusent à démissionner. C'est vraiment la moindre des
choses !
Maryse Bresson.

Bruno Péquignot

unread,
Aug 20, 2009, 8:36:21 AM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Je ne suis pas intervenu jusqu'à présent dans ce débat, mais je voudrais
seulement rappeler que l'existence d'une instance nationale est notre seule
garantie contre l'arbitraire du localisme, qui fait déjà assez de ravages
comme ça, à mon sens.
Qu'on conteste la composition du CNU aujourd'hui, comme hier, je le
comprend, je pense seulement que chacun devrait réfléchir à ce qu'il a fait
: les syndicats en proposant leurs listes, et le gouvernement en faisant ses
nominations, ce n'est pas la première fois que le ministre exerce sa
possibilité d'arbitraire dans ce type d'opération, j'en sais quelque chose
pour avoir été "dé-nommé" au CNU il y a quelque années.


Avant de jeter le bébé, réfléchissons à ce que nous faisons et aux
conséquences concrètes de la disparition du CNU comme instance nationale de
régulation.


Bien amicalement

Bruno Péquignot

Le 20/08/09 11:51, « Maryse Bresson » <mbre...@nordnet.fr> a écrit :

Jacques....@ehess.fr

unread,
Aug 20, 2009, 9:20:49 AM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
>Cher Bruno,

heureusement qu'il reste des vieux sages pour remettre les pendules à leur
place!

amitié et à bientôt

Jacques

Maryse Bresson

unread,
Aug 20, 2009, 9:25:45 AM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Juste une précision, je suis bien d'accord pour dire qu'il faut plus que
jamais une instance nationale de régulation ; et qu'elle ne sera jamais
parfaite. Mais le dilemme n'est pas entre le CNU actuel, avec ses dérives
brutalement aggravées de manière récente, et la mort de l'instance CNU.
- le CNU 19 rang A qui a siégé en 2009 s'est ridiculisé en affichant une
politique d'autopromotion sans partage, au vu et au sus de toute la
communauté ; à ce que je sais, ce type de dérives a déjà existé dans
d'autres CNU, qui ont pris des mesures
- l'enjeu est donc pour la communauté des sociologues de savoir faire la
même chose, et de désigner qui va le faire.
- Les membres actuels ne peuvent pas refuser le moindre début de garantie à
l'idée ordinaire de justice. Sinon en quoi pourraient-ils se présenter
comme une garantie contre l'arbitraire ? Avec deux tiers d'élus, il y a
moyen de réformer. Quitte à refaire des élections.
Amicalement, Maryse.

PG Dubois Orange

unread,
Aug 20, 2009, 10:05:27 AM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Michael Rose, professeur de sociologie à l'université de Bath, est décédé le
18 août 2009.

En hommage à lui et à ses travaux, une chronique sur mon blog.
http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/08/20/michael-rose/

Bien cordialement. Pierre Dubois



----- Original Message -----
From: <Jacques....@ehess.fr>
To: <sociologuesdelens...@googlegroups.com>

François Vatin

unread,
Aug 20, 2009, 10:06:29 AM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Chers collègues,

Ne confondons pas deux choses:

- les institutions : je suis personnellement favorable au maintien du
CNU et à l'équilibre actuel, tant en matière de
qualification/recrutement (certification par le CNU, choix par les
commissions locales) qu'en matière de promotion (50% au niveau national
par le CNU, 50 % au niveau des établissements);
- le fonctionnement de ces institutions : indiscutablement l'actuelle
19ème section du CNU professeur a failli dans sa mission et les
justifications qui nous ont été données (rationalité procédurale: le
vote) ne sont aucunement satisfaisantes.

Je ne peux adhérer à un raisonnement vicieux qui consiste à dire: ne
critiquons pas le fonctionnement du CNU car cela irait dans le sens
gouvernemental de sa mise en cause. La meilleure manière de défendre
collectivement nos institutions collégiales consiste à avoir le courage
de faire nous-mêmes le ménage en leur sein quand elles sont éthiquement
défaillantes. Ce sont les défenses de type corporatistes qui sont tout
au contraire le meilleur argument en faveur de ceux qui souhaitent la
disparition de notre gestion collégiale des carrières.

N'oublions pas la leçon de Hirschman : la prise de parole est encore
l'expression d'une confiance dans l'institution. Que nos collègues
membres du CNU n'ignorent donc pas cette large prise de parole
collective. Le silence serait au contraire l'expression d'une perte
totale de confiance dans cette institutions collégiale qui ne
présagerait rien de bon.

Bonne fin d'été à tous.

François Vatin
Professeur à l'Université de Paris Ouest

Jacques....@ehess.fr a écrit :

Armel Huet

unread,
Aug 20, 2009, 1:20:52 PM8/20/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
J'ai oublié un mot (désignation) dans mon précédent message. Je
l'intègre pour rétablir le sens de mon propos.



Chers collègues

Il y aurait beaucoup à dire sur cette bronca contre le CNU actuel, que
les vacances n'ont pas apaisée. Notre culture sociologique et je
l'espère plus largement notre culture en sciences humaines ne peuvent
que nous inviter à nous interroger autant sur les raisons des réactions
à l'évènement que sur l'évènement lui-même. N'y a -t-il vraiment que de
bonnes raisons (d'intérêt collectif) dans tout cela? Sûrement. Mais encore.

Si l'on suit le raisonnement selon lequel le CNU en tant qu'institution
doit être maintenu en l'état, il me semble que ses membres actuels ont
été élus dans les conditions requises, tout à fait démocratiquement
comme on dit. Ou alors les instances concernées ont failli dans leur
rôle et leur démarche de DÉSIGNATION de leurs représentants. Si le CNU
était corrompu, aurait-il été élu par une corps intact ou trompé par une
méconnaissance totale des candidats? Alors faut-il aussi dissoudre les
instances concernées et le corps électoral lui-même? Ou encore nos
collègues du CNU ont-ils gravement enfreint la loi, et cela pourrait
être démontré en matière de corruption. En ce cas, il y a une règle
facilement utilisable (ce serait même un devoir), c'est de porter
plainte. Car on ne peut dissoudre la corruption, on ne peut seulement
que la combattre par la loi, il me semble.

Nulle institution n'apporte toutes les satisfactions que nous en
attendons, nous le savons. Et encore moins ceux qui jouent un rôle
prépondérant dans ces institutions, nous le savons aussi. Il me semble
que nous sommes les uns et les autres un peu comme dans le République
des Animaux: nous sommes tous des gens doués de beaucoup d'esprit
critique (il parait que c'est l'essence de notre métier), nous sommes
tous des défenseurs de la justice, d'une égalité dans notre condition,
mais nous le sommes aussi un peu plus les uns que les autres. Et cela
mon cher Pierre, comme tu le sais, Machiavel l'avait compris, bien avant
George Orwell.

Pour l'instant, je ne vois pas d'autre solution pour ma part que de me
rallier à la sage position de Bruno Péquignot. Je ne nie pas l'intérêt
du débat sur cette question du CNU, mais en ce cas il devrait être plus
large, ou au moins prendre une autre tournure. Je crois que demander la
dissolution du CNU actuel ouvrira inévitablement les portes à des
demandes tout aussi motivées des CNU futurs qui ne pourront pas
davantage satisfaire tout le monde, et dont les membres tireront tout
autant un profit, même s'il ne concerne pas des promotions directes.

Très cordialement à tous

Armel Huet




François Vatin a écrit :

jeanfe...@free.fr

unread,
Aug 21, 2009, 1:59:56 AM8/21/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Cher(e)s collègues,
on se trompe en caractérisant le CNU comme "corrompu": qui songerait à rémunérer
ses membres pour qu'ils se promeuvent eux-mêmes? En fait, il s'agit d'un banal
problème de conflit d'intérêt. Que dirait-on si un maire passait des marchés
publics avec l'entreprise qu'il dirige? Et pourtant, l'entreprise de ce maire
est peut-être la meilleure, mais ce choix sera entâché de suspicion. Mais cela,
il le sait avant même de candidater pour être maire!

Donc, la seule solution, me semble-t-il, est de faire savoir aux futurs
candidats qu'ils ne pourront être promus durant leur mandat, ce qui est
frustrant, mais inévitable. Bien sûr, cela ne suffira pas à résoudre tous les
problèmes: ce système n'exclut pas une autopromotion différée, par renvoi
d'ascenseur!

Alors? Si la profession doit être régulée - et cette régulation, contrôlée - par
la profession elle-même, sans doute de nouvelles formes de régulation et de
contrôle doivent être trouvées. Mais cela ne se fera pas à coups "d'ingénierie
sociale": notre point de vue de sociologue nous rappelle qu'une institution
particulière ne peut être pensée séparément du système global qui l'engendre.
Mais là nous touchons à la politique.

Bien cordialement

jean FERRETTE

Maryse Bresson

unread,
Aug 21, 2009, 3:00:41 AM8/21/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
... il y a les raisons des réactions, mais aussi celles des non réactions.
Pourquoi ne pas interroger de même les "bonnes raisons" de ne rien faire : à
qui profite le total refus de modifier en quoi que ce soit un fonctionnement
qui peut pourtant, à l'évidence, être amélioré ? aux pro-gouvernement ? à
ceux (pas tous, j'ose l'espérer) des membres actuels du CNU qui tiennent à
garder leur place pour profiter du prochain train d'auto- promotions ? Pas à
la communauté des sociologues en tout cas. Ni à l'instance CNU. Ni à tous
les collègues, nombreux, qui sont incrédules voire écoeurés comme le disait
Bernard.
La sagesse n'est donc pas nécessairement du côté des "vieux" qui la
revendiquent.
Maryse...


----- Original Message -----
From: "Armel Huet" <Armel...@uhb.fr>
To: <sociologuesdelens...@googlegroups.com>
Sent: Thursday, August 20, 2009 7:20 PM
Subject: Re: Le CNU de sociologie , rang A, doit être dissous



Bruno Péquignot

unread,
Aug 21, 2009, 6:01:10 AM8/21/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
J'avais raison de m'abstenir ! c'était sans doute le meilleur moyen de ne
pas être incompris. Mon intervention n'avait pour but que de défendre
l'existence d'une instance nationale, non de prôner le silence ,
l'abstention ou de jouer les vieux sages, d'ailleurs je n'aime pas beaucoup
l'idée de sagesse, complètement étrangère à ma culture.

Qu'on réfléchisse à un autre fonctionnement, à d'autres règles, voire qu'on
appelle à la démission, tout cela est fort légitime, et je n'ai rien à y
redire.

Sur ce bon été

Bruno Péquignot


Le 21/08/09 9:00, « Maryse Bresson » <mbre...@nordnet.fr> a écrit :

Armel Huet

unread,
Aug 21, 2009, 6:13:27 AM8/21/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Chers collègues

Bien d'accord avec Jean Ferrette, qui pose bien le problème, et qui ne
manque pas manifestement de sagesse, même s'il n'a pas encore atteint
les âges canoniques.

Je ferai remarquer en passant à Maryse Bresson que je n'ai pas lu pour
l'instant, dans les échanges de mails, l'expression d'une revendication
de sagesse, et que si les vieux en avaient un quelconque brin, ils se
garderaient bien de le revendiquer, sous peine de démontrer qu'ils n'en
ont pas du tout. Mais pour la rassurer, on apprend au moins une chose
quand on vieillit, c'est que la sagesse n'a pas d'âge, et que chacun
peut en faire la preuve.

Bien cordialement

Armel Huet



jeanfe...@free.fr a écrit :

Maryse Bresson

unread,
Aug 22, 2009, 3:38:35 AM8/22/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
La métaphore est intéressante, et pourrait presque convaincre (voire). Mais
que dirait-on par exemple (fictif, bien entendu) s'il n'y avait que 3
contrats annuels passés pour toute la commune : le plus gros avec le maire,
les deux autres avec ses deux premiers adjoints, tous trois PDG d'une
société différente, avec la même holding ?
Et si on arrêtait de chercher des mauvaises justifications et qu'on
avançait...
MB.
----- Original Message -----
From: <jeanfe...@free.fr>
To: <sociologuesdelens...@googlegroups.com>
Sent: Friday, August 21, 2009 7:59 AM
Subject: Re: Le CNU de sociologie , rang A, doit être dissous



Maryse Bresson

unread,
Aug 22, 2009, 5:06:31 AM8/22/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
La métaphore est intéressante, et pourrait presque convaincre (voire). Mais
que dirait-on par exemple (fictif, bien entendu) s'il n'y avait que 3
contrats annuels passés pour toute la commune : le plus gros avec le maire,
les deux autres avec ses deux premiers adjoints, tous trois PDG d'une
société différente, avec la même holding ?
Et si on arrêtait de chercher des mauvaises justifications et qu'on
avançait...
MB.

----- Original Message -----
From: <jeanfe...@free.fr>
To: <sociologuesdelens...@googlegroups.com>
Sent: Friday, August 21, 2009 7:59 AM
Subject: Re: Le CNU de sociologie , rang A, doit être dissous



Ali AÏT ABDELMALEK

unread,
Aug 26, 2009, 1:16:21 PM8/26/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Bonsoir,
Merci à Bruno et à Armel ; j'adhère tout à fait à leur point de vue,
qui reflète une réelle expérience institutionnelle, éloignée des
propos "idéalistes"... J'avais pourtant décidé, et donc prévu de ne
plus réagir avant les réunions d'abord du SNESUP, puis du CNU19, qui
seront consacrées, en septembre, à ce sujet... mais les réactions
récentes m'incitent à réagir à nouveau ; je partage, ainsi, le propos
de mon collègue et ami rennais, Armel Huet - sage, en effet, et ce
quoi qu'en dise Maryse, dont j'avoue ne pas comprendre
l'interprétation du problème, qui, visiblement, la dépasse
complètement, par ignorance du fonctionnement de l'institution sans
doute ! - et n'admets pas qu'on dise que le CNU 19 n'a pas réagi...
j'ai essayé d'expliquer la raison - une parmi d'autres bien sûr - du
résultat des votes, par la dispersion des votes des membres Pr élus
(en particulier mais pas seulement). Bien entendu, je réitère ce que
j'ai eu maintes fois l'occasion de signaler : mon regret et ma rélle
déception concernant l'importance du nombre de promus parmi les
membres de l'institution... j'ai échangé longuement avec les collègues
élus (collège PR et quelques autres du collège MCF), évoqué la
nécessité de faire un point précis sur les autres sessions (i.e. les
promotions depuis 6 ou 7 ans) et sur les règles et principes... Bref,
vous n'avez pas reçu beaucoup d'autres tentatives d'explication de la
part des autres membres concernés. Le président J. Spürk a donné des
réponses à la presse (Libé, je crois) et quelques mails qu'il vaut
mieux oublier ont été échangés. Bref, il faut passer de la polémique
stérile à un vrai débat au sein de la "communauté" des sociologues, en
tenant compte, à l'évidence, de la diversité des points de vue et des
situations, de son caractère hétéroclite et paradoxal, et des enjeux
multiples et variés... il ne faudrait surtout pas perdre de vue
l'intérêt général, les étudiants (doctorants), l'ensemble des
collègues, la discipline au sein des SHS, etc. et éviter de sombrer
dans un climat délétère, qui profite aux collègues des autres
disciplines (cf. les débats concernant les créations de postes dans
les universités dans un epériode de pénurie budgétaire er de
redéploiement). Et arrêtons d'évoquer une dissolution ou des
démissions qui ne changeraient absolument rien à l'affaire...
plusieurs fois membre de Comités de sélection (CSE), et ancien VP Mcf
du CNU19, actuel membre, je me méfie des "discours" qui proclament la
"pureté" des comportements, l'éthique et la morale... pour autrui !
Regardons les promotions dans nos universités respectives aussi, et
vous verrez qu'avec 28 pages de publication (un rapport administratif
et des centaines de mails) et une bonne insertion locale, on peut
passer mcf hors classe, et pas seulement à Rennes 2 ! je milite donc
pour une instance nationale, qui complète utilement nos institutions
locales, qui connaissent aussi de graves dérives...
J'arrête là le propos (le monologue ?) en soulignant que toutes les
procédures d'élection, de nomination, puis dans les sessions, de
qualification et de promotion, ont été respectées, non seulement dans
l'ancien CNU mais aussi dans l'actuel, où le président a clairement
rappelé, après un rapide débat, les règles et principes. Cela ne
m'empêche pas de voir la nécessité d'en rediscuter et de procéder à un
nouvelle (et utile) régulation, afin d'avancer vers plus de de
transparence encore, d'équité, etc. ! sur cette question des
candidatures des membres, le CNU19 est très partagé en effet... il ne
faut pas, à ce sujet, mélanger les candidatures à la qualification et
celles qui concernent les promotions... Ainsi, j'ai dit que je
tiendrais tout le monde au courant des avancées de nos cogitations et
décisions et je compte bien le faire... alors à bientôt et excellente
reprise à toutes et à tous, en espérant les vacances reposantes, car
nous aurons besoin d'énergie.
Cordialement,
Ali Aït Abdelmalek, professeur de sociologie,
Membre du Snesup, CNU19
Rennes 2



----- Message de mbre...@nordnet.fr ---------
Date : Fri, 21 Aug 2009 09:00:41 +0200
De : Maryse Bresson <mbre...@nordnet.fr>
Répondre à : sociologuesdelens...@googlegroups.com
Objet : Re: Le CNU de sociologie , rang A, doit être dissous
À : sociologuesdelens...@googlegroups.com
----- Fin du message de mbre...@nordnet.fr -----



PG Dubois Orange

unread,
Aug 31, 2009, 10:56:38 AM8/31/09
to sociologuesdelens...@googlegroups.com
Bonjour Ali,

vous revoilà donc dans le forum.
Pour dire quoi de plus que ce que vous avez déjà dit ?
- vous cherchez à être d'accord avec presque tout le monde
- vous ne voulez pas démissionner
- il est urgent de réfléchir au sein de la section 19 et du SNESUP
Il vous faudra peut-être un 3ème mandat au CNU pour parvenir à boucler cette
réflexion !

Pour ma part, je m'en tiens aux 4 propositions faites dans ma chronique du
17 juin "Promus par le CNU"
http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/06/17/promus-par-le-cnu/

"Que faire ? Quatre propositions à débattre. 1. Que la Conférence permanente
du CNU publie, section par section, le nombre de promotions qui ont été
attribuées en 2009 à des membres élus et nommés. 2. Que les membres des
sections du CNU qui désapprouvent les candidatures des élus et des nommés
démissionnent ! 3. Agir pour que le décret d'avril 2009 soit modifié et
interdise les candidatures des membres nommés et élus. 4. Et surtout abolir
le système des promotions au choix (3 possibles et successives pour les
professeurs) : instaurer une carrière à l'ancienneté et trouver d'autres
moyens que les promotions pour "récompenser le mérite".

Bien cordialement. Pierre Dubois
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