Homéotherme, etc.

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Jean Paul SPRUMONT

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Mar 28, 2006, 3:58:07 PM3/28/06
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Bonjour.


Le rédacteur en chef du "Service" ne manquant pas une bonne occasion d'alimenter sa publication, il s'est mis en recherche... Voici quelques informations complémentaires sur le sujet, en avant-première de "Probio-Service 2006/2"

Bien à vous.

J.P. Sprumont


D'après le "Lexique élémentaire de biologie" (Vanden Eeechoudt, J.-P. Et Nicolas, Cl., 1980, éd. Sciences et Lettres, Liège) , « homéothermie » signifie « Constance, au cours du temps, de la température corporelle (oiseaux mammifères) et s'oppose à poïkilothermie ou poecilothermie ». On ne retrouve pas le terme d'endotherme ou d'endothermie dans cet ouvrage. Ces termes n'apparaissent pas plus dans l'Atlas de Biologie de Vogel, G. Et al. (Stock, Paris, 1970), contrairement à celui d'homéothermes.

Les choses semblent donc claires !

Ce qui l'est parfois moins, c'est de classer les espèces dans l'une ou l'autre catégorie.

Soulignons tout d'abord que « poïkilotherme » signifie à température variable, et que trop souvent encore, on entend parler d'animal « à sang froid ». Un lézard ou un insecte qui se chauffe au soleil n'est certainement pas froid. Au demeurant, froid et chaud sont des termes qualificatifs et non quantitatifs pour le moins vagues.

Quant à qualifier, comme le fait le lexique cité plus haut, les mammifères et les oiseaux d'homéothermes, c'est aller un peu vite. Tout n'est pas aussi simple.

Ainsi, le Hérisson a une température corporelle légèrement supérieure à 35°C, mais quand l'hiver arrive, il tombe en hibernation. Sa température chute et peut descendre à seulement quelques degrés au-dessus de zéro. (Il se réveille s'il risque de geler). Qui plus est, sa température fluctue alors avec celle de son abri, tout en lui restant légèrement supérieure.

Alors, le hérisson, homéotherme en été et poïkilotherme en hiver ? Et pour tout compliquer, durant la mauvaise saison, il connaît des périodes de réveil au cours desquelles il reprend sa température corporelle estivale ! On rencontre un phénomène semblable chez les chauves-souris de nos régions. Par contre, le repos hivernal des ours et du blaireau ne sont qu'un endormissement profond, sans chute de température.

Quant aux jeunes Martinets noirs, ils connaissent aussi de grandes variations de température corporelle :

En cas de mauvais temps, les parents peuvent avoir du mal à trouver les insectes nécessaires à nourrir les poussins. En « période faste », ces derniers se constituent une réserve de graisse. La suite, nous l'empruntons au n° 79 de « La Hulotte » consacré à cet oiseau :

« ... pour faire durer cette réserve de graisse le plus longtemps possible, la nature a mis au point un surprenant système d'économie d'énergie. Le soir, Bébé Martinet, complètement affamé, perd conscience, sombre dans une sorte d' « hibernation », et passe la nuit entière dans une léthargie complète. Il devient moite... glacé... un vrai cadavre ; et pour cause : la température de son corps peut descendre à 5°C. Son rythme respiratoire et ses échanges gazeux chutent de moitié. ... Le lendemain matin, miracle ! Il se réchauffe en moins d'une demi-heure et revient à la vie, prêt à prendre son repas à tout moment, si la pluie cesse. » Ce phénomène peut durer une dizaine de jours.





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