Le président de la ligue, bronzé comme toujours, ouvre la séance avec
20 minutes de retard. Une minute de recueillement pour ceux qui sont
partis voguer sur d’autres ondes. Moment important, de recueillement
mais aussi de mise en condition sereine pour la suite des opérations.
L’allocution du président est courte et chaleureuse. Le PV de l’AG
précédente est approuvé sans remarques.
Viennent ensuite les points consacrés aux comptes 2008 et au budget
2009 et la traditionnelle décharge aux administrateurs, en ce compris
le quitus au trésorier. L’ordre du jour devient à ce moment
surréaliste. Je crains pour la suite des évènements. Le trésorier
confesse qu’il n’est pas trésorier, qu’il n’est pas compétent. Il
stigmatise une commission, sans la citer, qui aurait rentré une facture
de 1.000 EUR fin février 2009, ce qui l’aurait empêché de communiquer
les comptes dans les délais statutaires aux personnes invitées à l’AG.
Les vérificateurs aux comptes en remettent une couche. Derrière leur
rapport, on entend des réserves qu’ils n’expriment pas. Pas de
remarques ni d’opposition. Comptes et budgets, qui formellement n’ont
pas été présentés, sont approuvés. Décharge et quitus sont accordés. Ce
n’est plus du surréalisme. La LIFRAS plane.
Il faut dire que l’assemblée avait hâte d’aborder le point 8bis
consacré à la réforme des brevets. Pour rappel, le CA, dans la plus
pure tradition anti-démocratique qui est la sienne, avait refusé
d’inscrire le point à l’ordre du jour. Une demande d’associés, conforme
à la loi et aux statuts, l’y a contraint.
Nouvelle allocution du président. Qui n’a pas convaincu les membres
présents.
Interventions à 2 reprises de Laurent TOUSSAINT, chevalier blanc de la
ligue, un peu corsaire mais aussi fin bretteur, dont le franc-parler
charme une bonne partie de l’assemblée : il présente une synthèse
claire et charpentée du souhait de ceux qui veulent une suspension de
la réforme. Inutile d’en remettre une couche.
Il y eu aussi l’intervention de Stéphane SWINNEN, président du conseil
juridictionnel de la Ligue, qui fit un exposé sur les normes. Un peu
brouillon, malgré un effort de clarté. Mais la matière est difficile.
Je reste convaincu, avec d’autres, que si la ligue adopte les normes,
elle est aussi concernée, ainsi que ses clubs, par la norme
« prestataires de services ».
Vient ensuite l’allocution de Jean-Luc Dallons. Maestro, en piste !
Remarquable prestation. Pédagogique, complet, empathique, centré sur
l’essentiel, écartant le pathos, humble. En un mot, la classe : que les
administrateurs de la ligue et les moniteurs prennent exemple. L’exposé
de Jean-Luc se termine en présentant les inconvénients d’un rejet de la
réforme et les avantages de son maintien. Comme s’il n’y avait aucun
avantage à la rejeter ni aucun inconvénient à la maintenir. Dommage
qu’il n’ait pas poussé l’exercice jusqu’au bout en mettant en balance
les avantages et inconvénients comparatifs de chaque branche de
l’alternative. Aussi, l’exposé pédagogique s’est-il transformé en
plaidoirie. Mais en une excellente plaidoirie. Avec un argument de
poids : l’engagement - qui sera acté au PV de l’AG - de faire un bilan
en juin 2009 et d'apporter les modifications nécessaires, dans le
respect de la norme CEN, sur base des problèmes rencontrés par les
clubs et les plongeurs. Chapeau, Maestro ! C’est certainement cet
argument qui a le plus influencé le résultat du vote.
Débat ensuite. Si l’on peut dire. Il y avait peu à ajouter. Les 2
positions étaient clairement présentées. Inutiles d’en remettre une
couche.
La question est donc posée à l’AG : « Etes-vous pour ou contre la
suspension de la réforme des brevets ? » Certains esprits tordus diront
que la question était mal posée afin de piéger les membres de l’AG.
C’est faire peu de cas des capacités intellectuelles des plongeurs
présents. Certes, le président de la ligue s’est un peu emmêlé les
palmes, ce qui provoqua une certaine hilarité ou certain effroi. Il
avait compris que la question était : « Etes-vous pour ou contre la
réforme ? » Imputons ce lapsus au stress et à l’atmosphère irrespirable
(ce qui a probablement perturbé sa PP O2).
Résultats du vote :
- 229 "POUR" la suspension
- 534 "CONTRE" la suspension.
Chiffres interpellant. 30 % d’opposition ! 30 % de départs potentiels
de la LIFRAS ! Il faudra en tenir compte, et pas seulement pour en
rire ! Que ceux qui se gaussent de leur victoire en craignent l’effet
boomerang !
La réforme des brevets n'est donc pas suspendue. Elle reste en vigueur.
Tout le monde, ou presque, est content. Certains auraient même fêté
cela au champagne, ce qui en dit long sur leur mépris de la démocratie.
Sont-ce les mêmes qui, publiquement, ont jeté l’anathème sur le projet
de club fédérateur à Nivelles ? Les opposants à la réforme aussi
n’étaient pas trop mécontents, vu l’engagement pris en séance publique
par les autorités de la ligue.
Laurent TOUSSAINT, comme annoncé en cas d’échec, retira ensuite sa
candidature d’administrateur. « Il est libre, Laurent. Y en a même qui
disent qu’ils l’ont vu voler ». Qu’il reçoive la reconnaissance de tous
ceux qu’il a servi dans la dignité et le courage.
La LIFRAS vient de prouver à ses détracteurs, de l’extérieur, et aux
méfiants, de l’intérieur, qu’elle avait définitivement tourné la page
de l’immaturité adolescente des pugilats et coups de gueule pour entrer
dans l’âge adulte de la maturité où peuvent s’épanouir, malgré quelques
réticences de vieux caciques, la capacité de dialogue, la curiosité
légitime, l’implication réelle de ses membres associés et adhérents.
L’exercice de cet épanouissement va d’ailleurs se poursuivre,
conformément à l’engagement pris en séance par le président et le
directeur technique fédéral de la ligue. Mais rien n’est acquis car
quelques papys font de la résistance. L’effort devra se poursuivre.
Les plongeurs, actifs sur Plouf.be, y veilleront au travers de ses
forums. Que les buveurs de champagne se tiennent à carreau et se
méfient des mouches du coche!
Plouf.be, jamais nommé, a été omniprésent tout au long de la journée
tant en paroles dans les discussions officielles et les conversations
de couloir, qu’en chair et en os en la personne de POSEIDON et de l’un
ou l’autre contributeurs de ses forums.
Plouf.be a été vilipendé et accusé de semer la zizanie et accusé
d’inciter les requins des organismes concurrents à débaucher les
plongeurs de la ligue. Accusation formulée sans crainte du ridicule, et
qui masque encore la difficulté – l’incapacité ? – de certains à se
remettre en cause, à remettre en cause leurs certitudes, leur libido de
pouvoir ou leur fanatisme, et à mettre au centre de leurs
préoccupations le progrès de la ligue, le progrès de la communauté des
plongeurs.
Plouf.be, en suscitant des critiques, a encore une fois montré sa
nécessité. Sans Plouf.be, la démocratie ne progresse pas à la LIFRAS.
Pour le reste, AG classique, avec ses marottes, quelques coup de
gueules ridicules, et quelques infos éparses, repas moyen.
Pour conclure en un mot, je proposerai un toast à la LIFRAS et à
Plouf.be en m’exclamant comme mes amis néerlandophones : PROFICIAT !
Simon Van Pamel
Président de l’Ecole de plongée de Walcourt
Dive leader CEN 14153-3
Contributeur aux forums de Plouf.be
Dimanche 22 mars 2009. Citadelle de Namur, soleil resplendissant
taquiné par quelques nuages. Salle Terra Nova, ancienne caserne, salle
de réunion obscure dont l’atmosphère devient rapidement irrespirable :
une véritable infection où sont entassés les représentants de clubs,
les moniteurs nationaux invités et les administrateurs de la ligue qui
participent à la 31ème AG de la LIFRAS. Ambiance conviviale.
Petit-déjeuner d’accueil. Regards méfiants et sourires complices. Une
franche bonhomie. Cool et zen.