Ce lien, très intéressant, a déjà été donné.
Par contre, il aurait été utile de le présenter dans votre message car
un lien comme ça sans explication est plutôt suspicieux.
--
Tonio
Oui j'ai lu ce travail .
Mais au fait , qui l'a lu et pourrait en parler un peu ..parce que tout
de même , il y a plein de choses qui sont à discuter ?
-des données interessantes sur les altérations cognitives des plongeurs
-des hypothèses discutables sur des mécanismes de décompression
-des problèmes de méthode
Mais globalement certainement un travail qui mériterait beaucoup plus
que ce silence assourdissant sur les forums où il est publié , alors que
les implications neuropsychologiques qu'il dévoile chez les plongeurs
profonds et confirmés sont extrèmement préoccupantes ..et à long terme
encore plus .
Car que dire d'altérations significatives des fonctions cognitives (
"intellectuelles" si vous préférez ) qui même si elles restent
relativement peu perceptibles au niveau du fonctionnement dans la vie
courante , sont bel et bien mesurables cliniquement , lorsque les
plongeurs vieillissant auront besoin de tous leurs neurones face aux
maladies dégénératives dont la fréquence ne cesse d'impressionner
..sachant que chez les individus d'age mûr , aujourd'hui 25% au moins
seront atteints d'une maladie d'Alzheimer à partir de 80 ans ?
Je crains que l'on soit un certain nombre à payer un peu cher un loisir
qui serait trop systématiquement engagé , dans l'age où la qualité de la
vie est plus cruciale que jamais .
Mais ne comptez pas trop sur moi pour faire une synthèse critique de ce
travail , sans que les uns et les autres aient des questions/remarques
après lecture ;)))
amitié
Bernard
Bernard,
je vais le lire.
Jusqu'à présent on ne parlait que de l autre facette : influence du MOI
sur la plongée (alcool, fatigue, obesité, effort, ...)
Maintenant cela ressemble à l'inverse : influence de la plongée sur MOI
Si on me montre que si je vais à 40 en eau froide plus de 20mn plus de
2 fois par semaine et que je risque Alzeimer.. je vais surement flipper
..
et donc jouer l autruche ... comme les fumeurs.
Et si dans 20 ans on me dit : vous le saviez ... donc vous n etes pas
couvert...ca va pas faire chaud au coeur.
Je vais lire ...et essayer de comprendre.
"Gerard95" <Ger...@Moi.com> a écrit dans le message de news:
4931be3d$0$16492$426a...@news.free.fr...
> L'eau n'est pas le milieu normal d'évolution de l'être humain, il est
> donc normal qu'il puisse y avoir quelques petites conséquences.
> Dans quel pourcentage ? de quel importance ?
> C'est comme les antennes GSM, on craint , oui mais jusqu'à quel point
> est-ce vrai ?
> En son temps on a dit pareil des lignes à très hautes tensions, c'est
> sans doute vrai mais jusqu'à quel point ?
Bonjour
Je ne peux absolument pas laisser dire ça !
Nous n'avons pas affaire à des suppositions ou des études fumeuses , et
l'amalgame avec les histoires de champ magnétique n'ont rien à voir
avec ce qui nous interesse .
Les études scientifiques désormais incontestables et concordantes
mettent en évidence des altérations neurologiques du cerveau identifiées
tant à l'imagerie médicale qu'aux tests neuropsychologiques . Ces
altérations (une diminution du débit cérébral dans les aires frontales
et cérebelleuses) s'accompagnent de déficits cognitifs qui atteignent
des fonctions importantes dans la capacité intellectuelle :
essentiellement du point de vue de la flexibilité et des capacités
attentionnelles et de concentration nécessaires à l'exécution des taches
( de la réflexion )
Ces altérations sont d'autant plus intensément mesurables que nous
plongeons en conditions engagées : nombre de plongées , profondeurs et
conditions du milieu ( froid notamment) .
Cette étude (quoique imparfaite) doit être lue dans ses 205 pages et il
est interessant de jeter un oeil aux 285 références bibliographiques .
Alors soit on ne veut rien en savoir ( chacun fait ce qu'il veut) , soit
on examine sérieusement la question , mais on ne tient pas ce propos
d'amalgames fumeux et faux-culs qui met "tout en tout" et veut ignorer
la réalité .
Cette thèse n'est qu'une pierre dans un faisceau de données désormais
consolidées sur le sujet .
Bref , plus vous plongez , plus vous plongez profond et en conditions
engagées ( ce qui est mon cas d'ailleurs) plus vous avez des altérations
de votre cerveau , quasiment imperceptibles dans votre vie quotidienne
mais parfaitement identifiables par des examens et des tests .
( c'est comme les effets narcotiques ...on peut ne pas s'en rendre
compte mais nos capacités intellectuelles sont altérées par l'azote à
certaines profondeurs , de simples test de calcul ou de mémoire nous le
montrent) sauf que la narcose est un phénomène biochimique réversible .
Mais que les altérations neurologiques dont on parle sont non
réversibles et atteignent les structures neuro anatomiques .
Chacun avise sur ce qu'il veut faire de sa vie ( après tout l'alcool ,
les drogues dont le tabac et d'autres expositions chroniques sont aussi
gravement impliquées dans la santé sans que certains y renoncent ou se
modèrent)
> Vivre c'est déjà prendre des risques, sinon il faut rester enfermé
> chez soi
Faux , "rester enfermé chez soi" est très mauvais pour la santé et pas
seulement pour sa santé mentale .
> Plonger c'est vivre intensément.....
Baiser et lire c'est aussi vivre intensément ...et ça améliore plutôt le
fonctionnement cérébral :-)
amitié
Bernard
J'ajouterai un petit mot :
Je reste perplexe sur l'accélération incroyable observée depuis 2-3 ans
sur la pratique des plongées très profondes (au delà de 100 m) devenues
banales et répétées ( en tout cas dans le milieu des plongeurs teks que
je fréquente )
Cette accélération est sans précédent , favorisée par les techniques des
mélanges et l'explosion de la diffusion des recycleurs fermés .
Les modes de décompression assez hazardeux (chacun a sa sauce ou
presque ) montrent ( empiriquement) un nombre très conséquent
d'incidents de plongée ( fréquence des ADD souvent mineurs et ne faisant
pas toujours l'objet de traitement en milieu médical) .
Et que dire de ces pratiques de remontées très lentes nettement
inférieures à 10 m/mn qui éteignent les paliers aux ordinateurs et ne
sont pour autant pas comptées comme temps de plongée dans la courbe de
décompression (et ça fréquemment chez le plongeur loisir à l'air aux
profondeurs raisonnables !) ?
Bref autant de choses qui méritent que l'on porte ce genre de travail
scientifique ( la thèse de madame de Ribaupierre par exemple) largement
sur la place publique .
Bernard
"stranglerfig" a écrit
> Et que dire de ces pratiques de remontées très lentes nettement
> inférieures à 10 m/mn qui éteignent les paliers aux ordinateurs et ne sont
> pour autant pas comptées comme temps de plongée dans la courbe de
> décompression (et ça fréquemment chez le plongeur loisir à l'air aux
> profondeurs raisonnables !) ?
>
Ce comportement n'est pas nouveau, et est ,AMA, la conséquence d'une
formation incomplète à l'usage de l'ordi, dont ses limites de calculs.
Pour certains, c'est l'ordi qui décide, et si les paliers " s'effacent "
l'ordi a forcément raison :-(
Si c'est en connaissance de cause (est ce possible ?), c'est de la connerie
!
.> Bref autant de choses qui méritent que l'on porte ce genre de travail
> scientifique ( la thèse de madame de Ribaupierre par exemple) largement
> sur la place publique .
>
Le travail le mérite sûrement : encore faut il pouvoir le décrypter.
Perso, la médecine n'est pas du tout mon domaine et je cale très vite <=>
bénéfice proche du zéro ;-)
Cordialement
Bob
Ayant participé à l'étude de base (comme cobaye) citée dans la thèse (Memory
Diving), je ne peux que vous recommander la lecture (pour ceux que l'anglais
ne rebute pas) de : Negative neurofunctional effects of frequency, depth and
environment in recreational scuba diving: the Geneva "memory dive" study.
Dont l'abstract se trouve ici :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15039241?dopt=Abstract
Bonne lecture.
François