Ces
jours-ci,
j'ai eu en main une belle expression de Jeanne d'Arc. Les
juges essayent de la
faire tomber dans un piège, mais cette fille de 17 ans a en
elle une simplicité
et la puissance de la vérité. Ils lui demandent pourquoi elle
livra bataille,
si elle croit en Dieu : est-ce qu’il ne peut pas gagner la
guerre avec Sa
force? Jeanne répond :"nous devons faire bataille pour
que Dieu donne
la victoire." Il s'agit d'une phrase parfaite :
le travail de l'homme
qui devient la
condition de l'engagement
de Dieu!
Nous espérons et prions pour que même la République
centrafricaine puisse se
reprendre ! mais nous ne pouvons pas
croiser les bras en
attendant que Lui fasse ce que
nous avons à faire ...
-- P.Aurelio Gazzera BOZOUM - Centrafrique tel: 00236 72722424 75507843 77888920 Skype: p.aurelio1 - twitter pAurelio1 FOTO: https://picasaweb.google.com/108073106010711665551/BozoumInDiretta?authkey=Gv1sRgCNKv7b3rwu6DGQ&feat=directlink BLOG italiano: http://bozoum.blogspot.com/ Blog ANGLAIS http://bozouminternational.blogspot.com/ Blog FRANCAIS http://bozoumfr.blogspot.com/ Blog ESPAGNOL http://bozoum-espanol.blogspot.com/ Blog CZECK http://bozoum-czeck.blogspot.com/ Blog DEUTSCH http://bozoumdeutsch.blogspot.it/Il 16/07/2013 18:15, Uasca Uasca ha scritto:
----- Mail transféré -----
De : ouanekpone cedric <ouane_...@yahoo.fr>
À : Uasca <uascac...@yahoo.fr>
Envoyé le : Mardi 16 juillet 2013 17h57
Objet : Lettre ouverte au président de l'UASCA et aux uascains
Très cher Président de l’UASCAChers messieurs les membres du bureau exécutif de l’UASCAChers uascains,Inutile de rappeler que chaque centrafricain, chaque uascain a vécu une pâque particulière cette année : une semaine sainte transformée en « semaine crainte », des veillées pascales avortées ou pré célébrées, des fidèles séquestrés en pleines célébrations liturgiques, des quêtes confisquées…Et c’en n’est pas tout car les exactions (pillages, viols, tueries, bavures physiques…) n’ont épargné personne d’une manière ou d’une autre et le comble est que après trois mois de coup d’Etat, la stabilité est encore très loin d’être acquise et les efforts toujours insuffisants…Permettez-moi tout d’abord de remercier le Seigneur d’avoir été notre bouclier durant tous ces moments difficiles qui ont mis à plat notre pays, la RCA. J’en profite aussi pour témoigner ma grande proximité et ma sincère compassion à tous les uascains et à tous nos amis qui ont perdu quelqu’un ou quelque chose qui leur est cher durant ces tragiques évènements. Je pense particulièrement à Arnold GUEMAMADOU, aux séminaristes de la Yolé…D’une manière ou d’une autre et à degrés divers, ces malheureux évènements ont brisé chacun d’entre nous et ont mis notre pays dans un véritable chaos. Un pays en quête de paix depuis plusieurs décennies comme si on recherchait un grain de sable dans un sac de mils. Au poids des peines subies, chacun a dû évaluer le bilan desdits évènements, un bilan qui se greffe à une situation bien alarmante depuis fort longtemps. Le drame est que tout cela ne semble donner de leçon à personne dans ce pays et nous voilà replongé dans les enfantillages qui nous semblent si co-naturels : D’une part la bataille sans merci pour intégrer la nouvelle équipe non pour apporter des idées nouvelles mais pour espérer se tailler la part du lion pendant peut-être quelques années, d’autre part des associations et amicales de fortunes poussent comme des champignons pour se faire une petite place et profiter de la situation. Quelle ironie ! On peut comprendre que la gravité de la situation oblige à agir, à faire quelque chose mais ce qui est pire c’est qu’en voulant agir précipitamment et sans projets concrets on finira par tomber dans les mêmes erreurs qui nous ont conduits jusqu’ici à une rotation lugubre dans un pays jamais en paix. Nous pensons humblement qu’avant d’agir, il faudrait réfléchir pour le faire en chrétien et avec prudence comme nous le conseille la doctrine sociale de notre Eglise : « Le fidèle laïc doit agir selon les exigences dictées par la prudence: c'est la vertu qui dispose à discerner en toute circonstance le vrai bien et à choisir les moyens adéquats pour l'accomplir. Grâce à elle, les principes moraux s'appliquent correctement aux cas particuliers. La prudence comporte trois temps: elle clarifie la situation et l'évalue, elle inspire la décision et elle donne l'impulsion à l'action. Le premier moment est caractérisé par la réflexion et la consultation pour étudier le sujet en se prévalant des avis nécessaires; le deuxième est le moment d'évaluation, de l'analyse et du jugement sur la réalité à la lumière du projet de Dieu; le troisième moment est celui de la décision et se base sur les phases précédentes, qui rendent possible le discernement entre les actions à accomplir. » (Abrégé officiel de la doctrine sociale de l’Eglise Catholique, numéro 547).S’il ya quelque chose que ces récents évènements nous ont appris, c’est que nul n’est désormais à l’abri dans ce pays. En effet, que si tu travailles, étudies, cultives avec acharnement, élèves des animaux à la sueur de ton front pour arriver à construire une petite famille, une petite entreprise, un petit commerce sans en vouloir à personne, tu n’es toujours pas épargné pour autant. Nous avons même entendu des compatriotes ironiser en disant qu’il faudra solder tous ses biens tous les neufs ans pour qu’à la dixième année on n’ait rien à perdre au cas où…Malheureusement, on n’oublie que si les choses continuent de cette manière ce ne serait peut être pas tous les dix ans qu’on sera dévalisé mais tous les mois pour ne pas dire tous les jours et Dieu seul sait si ce n’est déjà pas le cas… A notre humble avis, cette situation nous conduit à deux issues possibles : Accepter d’être victimes ou d’être martyrs. Acceptons-nous d’être des victimes ou des martyrs ? Etre victimes c’est refuser d’agir et laisser tout s’écrouler définitivement. C’est refuser de se détacher de sa chère petite personne, de son légitime droit à se battre pour sa petite vie, pour son petit avenir « réussi » même si cet avenir on le sait d’emblée sera précaire car entouré d’insécurité et de personnes de mauvaise foi prêtes à l’écraser d’un seul coup de pied. Etre martyrs ! Voilà un vocable qui fait peur tant il nous donne l’image de Jeanne d’Arc sur le bûcher, de Charles Louanga, de Maximilien KOLBE ou encore des martyrs de ce pays… Loin d’une incitation à la haine ou à la violence, être martyrs selon nous, c’est accepter d’agir là où tout le monde préfère s’abstenir. C’est se détacher de sa petite personne pour s’investir profondément dans le bien commun. Comment ? Me diriez-vous ! En dénonçant l’injustice, en travaillant à bras le corps, en laissant chacune de nos activités être pénétrée par la foi, en témoignant un patriotisme sincère à chaque seconde de chaque jour. En orientant son travail, ses aspirations profondes, ses convictions vers la construction d’un bel avenir non uniquement pour soi mais pour toute la nation. En renonçant à sa légitime envie de vivre heureux comme un îlot dans un océan de misères parce qu’un tel îlot n’a ni d’avenir ni de bonheur. En consacrant quelques heures de chaque jour au sort des autres et en particulier au sort de ceux qui ne peuvent se défendre, notre vie aura servi à quelque chose car disait le Pape Benoît XVI, « En donnant son temps, l’homme donne toujours une partie de sa vie ». Il est clair, net et limpide que s’exiler n’est pas la solution tout comme croiser les bras et attendre, on ne sait quelle puissance étrangère, venir nous délivrer. En effet, dans un monde d’aujourd’hui téléguidé par la recherche effrénée d’intérêts, il est stupide de penser que les « puissances étrangères » vont sacrifier leurs économies (dans un si grave contexte de crise économique) et moins encore leurs enfants et compatriotes pour venir ramasser les balles à notre place. Il est temps de prendre notre destin en main et s’attaquer aux problèmes à leur racine. Alors pour parvenir à faire le contraire de tout ce qui nous a conduits depuis longtemps là où nous sommes aujourd’hui (impunité, népotisme, clanisme, gabegie, paresse, incrédulité, immoralité, détournements de fonds, duplicité, mutisme, conspiration du silence…), essayons de recenser les leçons apprises des récents évènements :Ces tristes évènements ont mis en évidence :- Le seuil élevé d’animosité que nous avons les uns à l’égard des autres. Ce n’est pas étonnant que dans les tourbillons de ces pillages, ce sont la plupart du temps des chrétiens qui doigtent les maisons d’autres chrétiens…C’est à croire que nous n’avons pas encore véritablement compris le message évangélique et on oserait même demander si on a sincèrement rencontré le Christ ? A chacun d’entrer dans son miroir intérieur !- Le grand fossé qui existe entre nos paroles et nos actes. Il y a toujours un décalage entre nos promesses mirifiques et leurs concrétisations. Nous nous comportons souvent en se disant qu’officiellement c’est ainsi mais nous en pratique, nous faisons comme ceci et pour nous consoler dans ces pratiques nous nous disons « Oh ! Même ailleurs c’est ce qui se passe ! »- Notre immense insensibilité à la souffrance d’autrui. Lorsqu’on n’est pas soi-même victime, on a tendance à négliger la souffrance et la douleur que vivent les autres dans leur chair et dans leur âme. Que des villages et des maisons soient brûlés, que des bergers soient spoliés de leur bétails, que des enfants meurent de faim dans les coins et recoins du pays ou du monde…on s’en moque souvent tellement que ça paraît un conte de fée. Mais hélas, le jour est arrivé où tout le monde d’une manière ou d’une autre a été visité et là tous ont expérimenté cette belle phrase de la petite Thérèse évoquant la nuit du néant : « Il faut avoir marché sous ce sombre tunnel pour en savoir l’obscurité ». Comment a-t-on pu n’y avoir pensé plus tôt ?- La grande erreur de penser que la politique et la bureaucratie sont la panacée. En effet, nous croyons à tort dans ce pays que c’est dans la politique ou dans les hommes politiques que nous trouverons la solution à nos problèmes, erreur d’appréciation ! Certes, la vraie Politique nous aurait beaucoup facilités les choses mais encore faut-il qu’elle existe réellement ! De la même façon, beaucoup pensent que c’est la bureaucratie qui est digne d’être appelé emploi, seconde erreur d’appréciation.Nous pensons humblement que si nous en sommes là, c’est que nos vielles habitudes sont contre-productives alors il est temps de cesser de jouer des personnages et de se poser la question : Moi, jeune chrétien centrafricain que puis-je faire pour construire ce pays ? C’est dans cette optique que nous proposons quelques pistes de réflexions qui, enrichies par l’apport des uns et des autres pourraient, nous l’espérons, nous aider à tendre vers quelques solutions concrètes à apporter aux maux qui gangrènent notre pays :- Mettre sincèrement et concrètement le pays dans nos priorités quotidiennes : dans nos prières, nos travaux quotidiens (travailler pas seulement pour son épanouissement personnel mais aussi pour le pays), dans notre comportement (ne jamais oublier à l’esprit que nous avons un devoir moral, civique et chrétien d’être des modèles pour les plus jeunes : quelque part si nous en sommes là, c’est parce qu’il ya une grande crise de modèles à tous les niveaux, alors faisons en sorte que les plus jeunes aient ce dont on nous a si longtemps privé) !- Etre professionnel ! C’est le seul remède à tant d’années d’amateurisme et enfantillages qui nous ont fait perdre beaucoup de temps.- Prendre le courage de discuter des maux qui gangrènent notre société, de dénoncer ce qui est à dénoncer et d’encourager ce qui est à encourager. « Celui qui voit le mal de loin et qui ne le dénonce pas est pire que celui-là même qui le commet » disait Martin Luther King. Pour cela, nous avons tous les moyens de communication : blogs, sites web, sms…Nous pensons que le blog de l’UASCA doit être l’initiateur car sans débats lucides, discussions perspicaces et analyses concrètes rien ne pourra commencer.- Créer, partager et entreprendre des projets concrets de société. En effet, si Dieu permet que la fameuse transition se termine bien comme tout le monde le souhaite, il y aura beaucoup à faire dès l’instauration de nouvelles institutions républicaines alors il faudra être prêts à apporter sa pierre de construction à l’édifice national. Alors, l’heure est à l’initiation et l’anticipation et la créativité sont l’arme qu’il nous faut pour redresser ce pays car on a longtemps perdu du temps en recollant toujours et toujours les morceaux. Pendant que nous y sommes, nous informons les uascains et le bureau que nous avons déjà personnellement ébauché trois projets sociaux qui sont disponibles à la demande pour apports, critiques et compléments…Monsieur le président, chers uascains, le pays a besoin de nous où que nous soyons et quoi que nous exerçons comme métier dans la vie. Si nous nous dérobons à cette tâche, c’est que nous avons décidé de fermer les yeux et voir tout s’écrouler car la fuite et l’exil ne sont pas la solution et la passivité moins encore. J’espère sincèrement que ces modestes réflexions feront l’objet de débats, critiques et suggestions pouvant nous aider à faire quelque chose pour stopper définitivement l’hémorragie cataclysmique dont est victime notre pays depuis plusieurs décennies. D’accord avec les évêques de notre pays qui appellent à la vigilance et au fait d’être de véritables laïcs comme nous le demande l’Eglise à travers Vatican II (cf. lettre des Evêques centrafricains), confions-nous au Christ ressuscité par l’Intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Reine de la Paix et Mère de la Centrafrique. Je vous laisse sur ces réflexions de Mahatma Gandhi, un homme qui est contre la violence mais qui est prêt à tout pour défendre ses convictions : « La victoire obtenue par la violence équivaut à un échec car elle est momentanée…Il est préférable d’être violents quand la violence emplit nos cœurs que de revêtir un manteau de non violence pour cacher notre impuissance. »Avec foi et application, ensemble nous parviendrons !Cédric OUANEKPONE