VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES
HOMÉLIE
DU PAPE BENOÎT XVI
Aéroport Cuatro Vientos de Madrid
Samedi 20 août 2011
Chers jeunes,
J’adresse un salut à tous, et particulièrement aux jeunes qui m’ont posé leurs questions et je les remercie de la sincérité avec laquelle ils ont exprimé des inquiétudes qui, d’une certaine manière, traduisent votre aspiration unanime à faire quelque chose de grand dans votre vie, quelque chose qui vous donne le bonheur en plénitude.
Mais comment un jeune peut-il être fidèle à la foi chrétienne et vivre en cherchant à atteindre de grands idéaux dans la société actuelle ? Dans l’évangile que nous avons écouté, Jésus nous donne une réponse à cette question importante : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9).
Oui, chers amis, Dieu nous aime. Telle est la grande vérité de notre vie, celle qui donne sens à tout le reste. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ou de l’irrationnel, mais, à l’origine de notre existence, il y a un projet d’amour de Dieu. Demeurer dans son amour, c’est vivre enraciné dans la foi, parce que la foi n’est pas la simple acceptation de vérités abstraites, mais une relation intime avec le Christ qui nous amène à ouvrir notre cœur à ce mystère d’amour et à vivre comme des personnes qui se savent aimées de Dieu.
Si vous demeurez dans l’amour du Christ, enracinés dans la foi, vous rencontrerez, même au milieu des contradictions et des souffrances, la source de la joie et de l’allégresse. La foi ne s’oppose pas à vos idéaux les plus élevés ; au contraire, elle les exalte et les porte à leur perfection. Chers jeunes, ne vous conformez pas à moins qu’à la Vérité et à l’Amour, ne vous conformez pas à moins qu’au Christ.
C’est précisément maintenant au moment où la culture relativiste dominante refuse et déprécie la recherche de la vérité – la plus haute aspiration de l’esprit humain – que nous devons proposer avec courage et humilité la valeur universelle du Christ comme sauveur de tous les hommes et source d’espérance pour notre vie. Lui, qui a pris sur lui nos afflictions, connaît bien le mystère de la douleur humaine et montre sa présence aimante à tous ceux qui souffrent. Ceux-ci, à leur tour, unis à la passion du Christ, participent de plus près à son œuvre de rédemption. En outre, notre attention désintéressée envers les malades et les personnes dans le besoin sera toujours un témoignage humble et silencieux du visage de la compassion de Dieu.
Chers amis, qu’aucune adversité ne vous paralyse. N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse. Le Seigneur vous a donné de vivre en ce moment de l’histoire, pour que, grâce à votre foi, son Nom retentisse sur toute la terre.
En cette veillée de prière, je vous invite à demander à Dieu de vous aider à découvrir votre vocation dans la société et dans l’Église, et à persévérer en elle avec joie et fidélité. Il vaut la peine de sentir en nous-mêmes l’appel du Christ et de suivre avec courage et générosité le chemin qu’il nous propose.
Le Seigneur appelle beaucoup d’entre vous au mariage, où un homme et une femme, en ne formant qu’une seule chair (cf. Gn 2, 24), se réalisent en une profonde vie de communion. C’est un horizon tout à la fois lumineux et exigeant, un projet d’amour véritable qui se renouvelle et s’approfondit chaque jour par le partage des joies et des difficultés, et qui se caractérise par une offrande de la personne tout entière. C’est pourquoi reconnaître la beauté et la bonté du mariage, c’est être conscient du fait que seul un contexte de fidélité et d’indissolubilité ainsi que d’ouverture au don divin de la vie est en accord avec la grandeur et la dignité de l’amour des époux.
À d’autres, en revanche, le Christ lance un appel à le suivre de plus près dans le sacerdoce et la vie consacrée. Que c’est beau de savoir que Jésus te cherche, te fais confiance et, avec sa voix reconnaissable entre toutes, te dit aussi à toi : « Suis-moi » (cf. Mc 2, 14).
Chers jeunes, pour découvrir et suivre fidèlement la forme de vie à laquelle le Seigneur appelle chacun, il est indispensable de demeurer dans son amour comme des amis. Or, comment se conserve l’amitié sinon par la fréquence des rencontres, la conversation, le fait d’être ensemble et de partager les joies et les peines ? Sainte Thérèse de Jésus disait que la prière consistait à « parler de l’amitié en étant bien souvent seuls pour parler avec celui dont nous savons qu’il nous aime » (cf. Libro de la vida, 8).
Je vous invite encore à demeurer maintenant dans l’adoration du Christ réellement présent dans l’Eucharistie, à dialoguer avec Lui, à Lui exposer vos questions et à L’écouter. Chers amis, je prie pour vous de tout cœur ; je vous supplie de prier aussi pour moi. En cette nuit, demandons au Seigneur qu’attirés par la beauté de son amour, nous vivions toujours fidèlement comme ses disciples. Amen.
Salutation en français
Chers jeunes francophones, soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, c’est elle qui illuminera votre vie à chaque instant. Appuyez-vous sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Église ! Par la foi, nous sommes fondés dans le Christ. Retrouvez-vous avec d’autres pour l’approfondir, fréquentez l’Eucharistie, mystère de la foi par excellence. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous. Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l’Église lui donne un élan nouveau !
Salutation en anglais
Chers jeunes, en ces moments de silence devant le Saint Sacrement, tournons notre esprit et notre cœur vers Jésus-Christ, le Seigneur de nos vies et de notre avenir. Puisse-t-il répandre son Esprit sur nous et sur l’Église tout entière afin que nous devenions un phare de liberté, de réconciliation et de paix pour le monde entier.
Salutation en allemand
Chers jeunes chrétiens de langue allemande ! Au fond de nos cœurs, nous désirons ce qui est grand et beau dans la vie. Ne laissez pas tomber dans le vide vos vœux et vos désirs, mais rendez-les fermes en Jésus Christ. Lui-même est le fondement qui porte, et le point de référence sûr pour une vie en plénitude.
Salutation en italien
Je me tourne maintenant vers les jeunes de langue italienne. Chers amis, cette veillée restera comme une expérience inoubliable de votre vie. Gardez la flamme que Dieu a allumée cette nuit en vos cœurs : faites en sorte qu’elle ne s’éteigne pas ! Alimentez-la chaque jour, partagez-la avec les compagnons de votre âge qui vivent dans la nuit et cherchent une lumière pour leur chemin. Merci ! Au revoir et à demain matin !
Salutation en portugais
Chers amis, j’invite chacun et chacune de vous à nouer un dialogue personnel avec le Christ, en Lui exposant vos propres doutes et surtout en l’écoutant. Le Seigneur est ici et vous appelle ! Jeunes amis, cela vaut la peine d’écouter au fond de nous la Parole de Jésus et de marcher sur ses pas. Demandez au Seigneur de vous aider à découvrir votre vocation dans la vie et dans l’Église, et à y persévérer avec joie et fidélité, sachant qu’Il ne vous abandonne jamais et qu’il ne trahit jamais. Il est avec nous jusqu’à la fin du monde.
Salutation en polonais
Chers jeunes amis venus de Pologne, notre veillée de prière est traversée par la présence du Christ. Sûrs de son amour, approchez-vous de Lui avec la flamme de votre foi. Il vous remplira de Sa vie. Construisez votre vie sur le Christ et sur son Évangile. Je vous bénis de tout cœur.
* * *
Chers jeunes, Avant de vous laisser, je désire vous souhaiter à tous une bonne nuit. Reposez-vous bien. Merci pour le sacrifice que vous êtes en train de faire, et je ne doute pas que vous l’offrirez généreusement au Seigneur. Si Dieu le veut, nous nous verrons demain pour la célébration eucharistique. Je vous attends tous ! Merci beaucoup.
CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE DE CLÔTURE
HOMÉLIE
DU PAPE BENOÎT XVI
Aéroport Cuatro Vientos de Madrid
Dimanche 21 août 2011
Chers jeunes,
Avec la célébration de l’Eucharistie, nous arrivons au moment culminant de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. En vous voyant ici, venus en grand nombre de tous les horizons, mon cœur est plein de joie, pensant à l’affection spéciale avec laquelle Jésus vous regarde. Oui, le Seigneur vous aime et il vous appelle ses amis (cf. Jn 15, 15). Il vient à votre rencontre et il désire vous accompagner dans votre cheminement pour vous ouvrir les portes d’une vie pleine et vous faire participants de sa relation intime avec le Père. Pour notre part, conscients de la grandeur de son amour, nous désirons répondre avec grande générosité à cette marque de prédilection par la résolution de partager aussi avec les autres la joie que nous avons reçue. Certes ! Ils sont nombreux de nos jours, ceux qui se sentent attirés par la figure du Christ et désirent mieux le connaître. Ils perçoivent qu’Il est la réponse à leurs multiples inquiétudes personnelles. Cependant, qui est-Il réellement ? Comment est-il possible que quelqu’un qui a vécu sur la terre il y a tant d’années, ait quelque chose à voir avec moi aujourd’hui ?
Dans l’Évangile que nous avons écouté (cf. Mt16, 13-20), il y a comme deux manières distinctes de connaître le Christ qui nous sont présentées. La première consiste dans une connaissance externe caractérisée par l’opinion commune. À la demande de Jésus : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? », les disciples répondent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste, pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». C'est-à-dire qu’on considère le Christ comme un personnage religieux supplémentaire qui s’ajoute à ceux connus. S’adressant ensuite personnellement aux disciples, Jésus leur demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond avec des paroles qui sont la première profession de foi : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » La foi va au-delà des simples données empiriques ou historiques ; elle est la capacité de saisir le mystère de la personne du Christ dans sa profondeur.
Mais, la foi n’est pas le fruit de l’effort de l’homme, de sa raison, mais elle est un don de Dieu : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Elle a son origine dans l’initiative de Dieu, qui nous dévoile son intimité et nous invite à participer à sa vie divine même. La foi ne fournit pas seulement des informations sur l’identité du Christ, mais elle suppose une relation personnelle avec Lui, l’adhésion de toute la personne, avec son intelligence, sa volonté et ses sentiments, à la manifestation que Dieu fait de lui-même. Ainsi, la demande de Jésus : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », pousse en fin de compte les disciples à prendre une décision personnelle par rapport à Lui. La foi et la suite (sequala) du Christ sont étroitement liées.
Et, comme elle suppose suivre le Maître, la foi doit se consolider et croître, devenir profonde et mûre, à mesure qu’elle s’intensifie et que se fortifie la relation avec Jésus, l’intimité avec Lui. Même Pierre et les autres apôtres ont eu à avancer sur cette voie, jusqu’à ce que leur rencontre avec le Seigneur ressuscité leur ouvre les yeux sur une foi plénière.
Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais.
Dans sa réponse à la confession de Pierre, Jésus parle de l’Église : « Et moi, je te déclare : ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église’ ». Que signifie cela ? Jésus bâtit l’Église sur le rocher de la foi de Pierre qui confesse la divinité du Christ.
Oui ! L’Église n’est pas une simple institution humaine, comme n’importe quelle autre, bien plus elle est étroitement unie à Dieu. Le Christ lui-même se réfère à elle comme « son » Église. On ne peut pas séparer le Christ de l’Église, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (cf. 1Co 12, 12). L’Église ne vit pas par elle-même, mais elle vit par le Seigneur. Il est présent au milieu d’elle, et lui donne vie, aliment et force.
Chers jeunes, permettez-moi, en tant Successeur de Pierre, de vous inviter à renforcer cette foi qui nous a été transmise depuis les Apôtres, à mettre le Christ, le Fils de Dieu, au centre de votre vie. Mais permettez-moi aussi de vous rappeler que suivre Jésus dans la foi c’est marcher avec Lui dans la communion de l’Église. On ne peut pas suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui.
Avoir la foi, c’est s’appuyer sur la foi de tes frères, et que ta foi serve également d’appui pour celle des autres. Je vous exhorte, chers jeunes : aimez l’Église qui vous a engendrés dans la foi, vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour. Pour la croissance de votre amitié avec le Christ, il est fondamental de reconnaître l’importance de votre belle insertion dans les paroisses, les communautés et les mouvements, ainsi que l’importance de la participation à l’Eucharistie dominicale, de la réception fréquente du sacrement du pardon, et de la fidélité à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu.
De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. Je pense que votre présence ici, jeunes venus des cinq continents, est une merveilleuse preuve de la fécondité du mandat de Jésus donné à l’Église : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15). À vous aussi incombe le devoir extraordinaire d’être des disciples et des missionnaires du Christ dans d’autres terres et pays où se trouve une multitude de jeunes qui aspirent à de très grandes choses et qui, découvrant dans leurs cœurs la possibilité de valeurs plus authentiques, ne se laissent pas séduire par les fausses promesses d’un style de vie sans Dieu.
Chers jeunes, je prie pour vous avec toute l’affection de mon cœur. Je vous confie à la Vierge Marie, pour qu’elle vous accompagne toujours de son intercession maternelle et vous enseigne la fidélité à la Parole de Dieu. Je vous demande également de prier pour le Pape afin que, comme Successeur de Pierre, il puisse continuer à affermir ses frères dans la foi. Puissions-nous tous dans l’Église, pasteurs et fidèles, nous rapprocher davantage chaque jour du Seigneur, afin de croître en sainteté de vie et nous donnerons ainsi un témoignage efficace que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, le Sauveur de tous les hommes et la source vive de leur espérance. Amen.
BENOÎT XVI
ANGÉLUS
Aéroport Cuatro
Vientos de Madrid
Dimanche 21 août 2011
Chers amis,
Vous allez rejoindre maintenant vos lieux de résidence habituelle. Vos amis chercheront à savoir ce qui est changé en vous après avoir été dans cette noble ville avec le Pape et des centaines de milliers de jeunes du monde entier : Que leur répondrez-vous ? Je vous invite à leur donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne. Vous serez alors le ferment de nouveaux chrétiens afin que l’Église naisse avec vigueur dans le cœur de beaucoup.
Combien j’ai pensé ces jours-ci à ces jeunes qui attendent votre retour ! Transmettez-leur mon affection, en particulier aux plus défavorisés, et aussi à vos familles et aux communautés de vie chrétienne auxquelles vous appartenez.
Je ne peux m’empêcher de vous dire que je suis vraiment impressionné par le nombre significatif d’évêques et de prêtres présents à ces Journées. Je les remercie tous du fond de mon cœur, les encourageant en même temps à continuer à développer la pastorale des jeunes avec enthousiasme et engagement.
Confiant maintenant tous les jeunes du monde, et en particulier vous, chers jeunes, à l’intercession maternelle de la Sainte Vierge Marie, Étoile de la nouvelle évangélisation et Mère des jeunes, nous la saluons avec les mêmes paroles que l’Ange du Seigneur lui adressa.
Post-Angelus
Je salue avec affection l’Archevêque aux Armées et je remercie vivement l’Armée de l’air qui précisément durant cette année du centenaire de la création de l’aviation militaire espagnole, a mis à disposition avec générosité la Base aérienne de Cuatro Vientos. Je confie tous ceux en font partie ainsi que leurs familles à la protection maternelle de la Sainte Vierge Marie, sous son vocable de Notre-Dame de Lorette.
De même, commémorant aujourd’hui le troisième anniversaire du grave accident d’avion survenu sur l’aéroport de Barajas, qui a causé de nombreuses victimes et des blessés, je désire faire connaître ma proximité spirituelle et ma profonde affection à tous ceux qui sont touchés par ce triste événement, comme aussi aux familles des défunts, dont nous confions les âmes à la miséricorde de Dieu.
Je voudrais annoncer maintenant que la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse aura lieu en 2013 à Rio de Janeiro. Demandons au Seigneur d’assister dès maintenant de sa force tous ceux qui auront la tâche de la préparer et faciliter le chemin des jeunes du monde entier pour qu’ils puissent rencontrer de nouveau le Pape dans cette belle ville brésilienne.
Chers amis, avant de nous dire au revoir, et pendant que les jeunes d’Espagne remettent à ceux du Brésil la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse, en tant que Successeur de Pierre, je confie à tous ceux qui sont présents ici cette grande tâche : apportez la connaissance et l’amour du Christ au monde entier. Il demande que vous soyez ses apôtres en ce vingt-et-unième siècle et les messagers de sa joie. Puissiez-vous ne pas le décevoir ! Merci beaucoup !
Salutation en français
Chers jeunes de langue française, le Christ vous demande aujourd’hui d’être enracinés en Lui et de bâtir avec Lui votre vie sur le roc qu’il est Lui-même. Il vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité ! Que l’Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle !
Salut en anglais
Je salue tous les jeunes de langue anglaise présents ici aujourd’hui. Alors que vous repartez chez vous, emportez avec vous la bonne nouvelle de l’Amour du Christ que vous avez expérimentée en ces jours inoubliables. Fixez vos yeux sur lui, approfondissez votre connaissance de l’Évangile et portez ensuite des fruits abondants. Que Dieu vous bénisse jusqu’au moment de nous revoir à nouveau !
Salutation en allemand
Mes chers amis ! La foi n’est pas une théorie. La foi signifie aller à Jésus dans une relation personnelle et vivre de l’amitié avec lui en communauté avec les autres, dans la communauté ecclésiale. Confiez au Christ votre vie entière et aidez vos amis afin qu’eux aussi arrivent à Dieu, source de la vie. Puisse le Seigneur faire de vous des témoins joyeux de son amour !
Salutation en italien
Je vous salue tous, chers jeunes de langue italienne ! L’Eucharistie que nous avons célébrée est le Christ ressuscité présent et vivant au milieu de nous : grâce à Lui, votre vie est enracinée et fondée en Dieu, ferme dans la foi. Avec cette certitude, repartez de Madrid et annoncez à tous ce que vous avez vu et entendu. Répondez avec joie à l’appel du Seigneur, suivez-Le et restez toujours unis à Lui : vous porterez beaucoup de fruits !
Salutation en portugais
Chers jeunes et amis de langue portugaise, vous avez rencontré Jésus Christ ! Vous vous sentirez à contre-courant au milieu d’une société où règne une culture relativiste qui renonce à chercher et à posséder la vérité. C’est pourtant en ce moment de l’histoire, plein de grands défis et d’opportunités, que le Seigneur vous envoie pour faire retentir, grâce à votre foi, la Bonne Nouvelle du Christ pour la terre entière. J’espère pouvoir vous rencontrer dans deux ans lors des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro, au Brésil. Jusque là prions les uns pour les autres en donnant un témoignage de la joie qui surgit de l’enracinement et de l’édification dans le Christ. À bientôt, chers jeunes ! et que Dieu vous bénisse !
Salutation en polonais
Chers jeunes polonais, fermes dans la foi, enracinés dans le Christ ! Puissent les talents reçus de Dieu ces jours-ci porter en vous des fruits abondants. Soyez ses témoins. Portez aux autres le message de l’Évangile. Par votre prière et par votre exemple de vie, aidez l’Europe à retrouver ses racines chrétiennes.
RENCONTRE AVEC LES VOLONTAIRES DE LA XXVIe JMJ
DISCOURS
DU PAPE BENOÎT XVI
Pavillon 9 de la nouvelle Foire de Madrid-IFEMA
Dimanche 21 août 2011
Chers volontaires,
Au moment de clore ces inoubliables Journées Mondiales de la Jeunesse, j’ai voulu m’arrêter ici, avant de rentrer à Rome, pour vous remercier vivement pour les services inestimables que vous avez rendus. C’est un devoir de justice et une nécessité du cœur ! Devoir de justice, parce que, grâce à votre collaboration, les jeunes pèlerins ont été accueillis aimablement, et ont pu être aidés quand ils ont en eu besoin. Au travers de votre service, vous avez donné aux Journées Mondiales le visage de l’amabilité, de la sympathie et du dévouement aux autres.
Ma gratitude est aussi une nécessité du cœur parce que vous avez non seulement été attentifs envers les pèlerins mais aussi envers le Pape. Durant toutes les cérémonies auxquelles j’ai participé, vous y étiez, vous : certains visibles, d’autre plus en retrait, rendant possible l’ordre requis pour que tout se passe bien. Je ne peux pas non plus oublier l’effort de préparation de ces journées. Combien de sacrifices, combien de soins. Tous, point par point, vous avez tissé avec votre travail et votre prière, chacun selon ses connaissances et ses capacités, le merveilleux tableau multicolore de ces Journées. Merci beaucoup pour votre dévouement.
Beaucoup d’entre vous ont dû renoncer à participer directement aux cérémonies, occupés qu’ils étaient aux autres tâches de l’organisation. Cependant, cette renonciation a été un beau moyen évangélique de participer aux Journées : celui du dévouement aux autres dont parle Jésus. Dans un certain sens, vous avez rendu réelles les paroles du Seigneur : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). J’ai la certitude que cette expérience comme volontaires vous a tous enrichis dans votre vie chrétienne, qui est fondamentalement un service d’amour. Le Seigneur transformera votre fatigue accumulée, les préoccupations et l’accablement de tant de moments, en fruits de vertus chrétiennes : patience, douceur, joie à se donner aux autres, disponibilité pour accomplir la volonté de Dieu. Aimer c’est servir, et le service accroît l’amour. Je pense que c’est un des plus beaux fruits de votre contribution aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Mais cette récolte, vous ne la recueillerez pas vous seulement, mais l’Eglise toute entière qui, comme mystère de communion, s’enrichit de l’apport de chacun de ses membres.
En retournant maintenant à une vie ordinaire, je vous encourage à garder dans votre cœur cette joyeuse expérience et à grandir un peu plus chaque jour dans le dévouement de vous-mêmes à Dieu et aux hommes. Il est possible que se soit posée timidement ou impérieusement en beaucoup d’entre vous une question très sensible : Que désire Dieu de moi ? Quel est son dessein pour ma vie ? Le Christ m’appelle-t-il à le suivre de plus près ? Ne pourrais-je pas dépenser ma vie entière dans la mission d’annoncer au monde la grandeur de son amour par le sacerdoce, par la vie consacrée ou par le mariage ? Si cette inquiétude a surgi, laissez-vous porter par le Seigneur et offrez-vous comme volontaires au service de Celui qui « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45). Votre vie atteindra une plénitude insoupçonnée. Peut-être que quelqu’un est en train de penser : le Pape est venu nous remercier et va s’en aller en demandant. Oui, c’est cela. C’est cela, la mission du Pape, Successeur de Pierre. Et n’oubliez pas que Pierre, dans sa première lettre, rappelle aux chrétiens à quel prix ils ont été rachetés : celui du sang du Christ (cf 1P 1, 18-19). Qui évalue sa vie à l’aune de cette perspective sait que l’amour peut seul répondre à l’amour du Christ, et c’est cela que vous demande le Pape lors de cet au revoir : que vous répondiez avec amour à celui qui par amour s’est consacré à vous. Encore merci et que Dieu soit toujours avec vous.
CÉRÉMONIE DE CONGÉ
DISCOURS
DU PAPE BENOÎT XVI
Aéroport international Barajas de Madrid
Dimanche 21 août 2011
Majestés,
Autorités nationales, des communautés autonomes et locales,
Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid et Président de la Conférence
épiscopale espagnole,
Messieurs les Cardinaux et chers frères dans l’Épiscopat,
Chers amis,
Le moment de se séparer vient d’arriver. Ces derniers jours à Madrid, avec une assemblée si nombreuse de jeunes d’Espagne et du monde entier, resteront profondément gravés dans ma mémoire et dans mon cœur.
Majesté, le Pape s’est senti bien en Espagne ! Les jeunes participants de ces Journées mondiales de la Jeunesse, ont été eux-aussi très bien accueillis par tant de villes et de localités espagnoles qu’ils ont pu visiter avant de participer à ces Journées.
Merci, Majesté, pour vos paroles si cordiales et pour avoir voulu être présent aussi bien à mon arrivé que, maintenant, à mon départ. Merci aux Autorités nationales, à celles des communautés autonomes et locales, qui ont montré par leur coopération une grande sensibilité pour cette événement international. Merci aux milliers de volontaires qui ont rendu possible le bon déroulement de toutes les activités de cette rencontre : les différents actes littéraires, musicaux, culturels et religieux du ‘Festival des jeunes’, les catéchèses des Évêques et les célébrations avec le successeur de Pierre. Merci aux Forces de sécurité et de l’ordre, comme à ceux qui ont collaboré en assumant les divers services, depuis l’attention à la musique et à la liturgie, jusqu’au transport, l’assistance sanitaire et alimentaire.
L’Espagne est une grande nation qui, dans un vivre ensemble sain, ouvert, pluriel et respectueux, sait et peut progresser sans renoncer à son âme profondément religieuse et catholique. Cela a été manifesté une nouvelle fois ces jours-ci en démontrant sa capacité technique et humaine dans une entreprise de haute transcendance et de grand avenir, comme l’est celle de faciliter à la jeunesse son enracinement dans le Christ-Jésus, le Sauveur.
J’adresse une parole de remerciement spécial aux organisateurs de ces Journées : au Cardinal Président du Conseil Pontifical pour les Laïcs et à tous les membres de ce dicastère ; à l’Archevêque de Madrid, Monsieur le Cardinal Antonio Maria Rouco Varela, à ses Auxiliaires et à tout l’archidiocèse ; en particulier au coordinateur général des Journées, Mgr César Augusto Franco Martínez et à ses nombreux collaborateurs si généreux. Les Évêques, avec les prêtres, les personnes consacrées et les fidèles laïcs, ont travaillé avec sollicitude et abnégation dans leur diocèse pour la préparation soignée de ces Journées. J’adresse à tous mes remerciements avec ma prière au Seigneur pour qu’il bénisse vos efforts pastoraux.
Je ne peux pas manquer de remercier de tout cœur les jeunes pour être venus à ces Journées, pour leur participation joyeuse, enthousiaste et intense. Je leur dis : merci et félicitations pour le témoignage que vous avez donné à Madrid et dans les autres villes espagnoles où vous avez été. Je vous invite à diffuser jusqu’aux confins du monde la joyeuse et profonde expérience de foi vécue dans ce noble pays. Transmettez votre allégresse spécialement à ceux qui auraient désiré venir et qui n’ont pas pu le faire pour diverses raisons, à ceux nombreux qui ont prié pour vous et à ceux dont la célébration elle-même de ces Journées a touché le cœur. Par votre proximité et par votre témoignage, aidez vos amis et compagnons à découvrir qu’aimer le Christ c’est vivre en plénitude.
Je laisse l’Espagne très content et je vous remercie tous. Surtout Dieu, Notre Seigneur, qui m’a permis de célébrer ces journées si pleines de grâce et d’émotion, si chargées de dynamisme et d’espérance. Oui, la fête de la foi que nous avons partagée, nous permet de regarder en avant avec beaucoup de confiance dans la Providence qui guide l’Église à travers les méandres de l’histoire ! C’est pourquoi elle reste jeune et garde sa vitalité, même en affrontant des situations ardues. C’est là l’œuvre du Saint-Esprit qui rend présent Jésus-Christ dans les cœurs des jeunes de chaque époque, et leur montre ainsi la grandeur de la vocation divine de tout être humain. Nous avons pu expérimenter aussi comment la grâce du Christ fait tomber les murs et dépasser les frontières que le péché a fait s’élever entre les peuples et les générations, pour faire de tous les hommes une seule famille qui se reconnaît unie dans l’unique Père commun, et qui cultive par son travail et par son respect tout ce qu’Il nous a donné dans la création.
Les jeunes répondent rapidement quand on leur propose avec sincérité et vérité la rencontre avec Jésus-Christ, unique rédempteur de l’humanité. Ils retournent maintenant chez eux comme des missionnaires de l’Évangile « enracinés dans le Christ et édifiés par Lui, fermes dans la foi », et ils auront besoin d’aide sur ce chemin. Je confie, donc, de manière particulière aux évêques, aux prêtres, aux religieux et aux éducateurs chrétiens, l’attention pour la jeunesse qui désire répondre avec joie à l’appel du Seigneur. Il n’y a pas de raison pour se décourager devant les contrariétés qui, de diverses manières, se présentent dans certains pays. Plus forte qu’elles, est l’aspiration vers Dieu, que le Créateur a mis dans le cœur des jeunes, et le pouvoir d’En-haut qui donne une force divine à ceux qui suivent le Maître et à ceux qui cherchent en Lui la nourriture pour la vie. N’ayez pas peur de proposer aux jeunes le message de Jésus-Christ dans sa totalité, et de les inviter aux sacrements par lesquels il nous rend participants à sa propre vie.
Majesté, avant de revenir à Rome, je désirer assurer les Espagnols qu’ils sont très présents dans ma prière. Je prie spécialement pour les couples et les familles qui affrontent des difficultés de diverses natures, pour ceux qui sont dans le besoin, pour les malades, pour les personnes âgées et pour les enfants, et pour ceux qui ne trouvent pas de travail. Je prie également pour les jeunes d’Espagne. Je suis convaincu qu’animés par la foi dans le Christ, ils apporteront le meilleur d’eux-mêmes pour que ce grand pays puisse affronter les défis de l’heure présente et continuer à avancer sur les chemins de la concorde, de la solidarité, de la justice et de la liberté. Formulant ces vœux, je recommande tous les enfants de cette noble terre à l’intercession de la Vierge Marie, notre Mère du Ciel, et je les bénis avec affection. Que la joie du Seigneur remplisse toujours vos cœurs ! Merci beaucoup.
SALUT INITIAL DU PAPE BENOÎT XVI
Plaza de Cibeles, Madrid
Jeudi 18 août 2011
C’est une immense joie pour moi de vous rencontrer ici, dans le centre de cette belle ville de Madrid, dont les clés m’ont été aimablement remises par Monsieur le Maire. Aujourd’hui, elle est aussi la capitale des jeunes du monde entier vers laquelle toute l’Église a le regard tourné. Je vous salue tous cordialement dans le Seigneur et je vous redis que c’est une grande joie d’être ici avec vous tous. Que le feu de l’amour du Christ ne s’éteigne jamais dans vos cœurs !
CHEMIN DE CROIX
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Plaza de Cibeles, Madrid
Vendredi 19 août 2011
Nous avons célébré avec piété et ferveur ce chemin de croix en accompagnant le Christ dans sa passion et sa mort. Les commentaires des Hermanitas de la Cruz, qui servent les plus pauvres et ceux qui sont dans le besoin, nous ont permis d’entrer dans le mystère de la croix glorieuse du Christ, qui renferme la vraie sagesse de Dieu, celle qui juge le monde et ceux qui se croient sages (cf. 1 Cor 1, 17-19). La contemplation des extraordinaires imágenes provenant du patrimoine religieux des diocèses espagnols, nous a aidé également dans cet itinéraire vers le calvaire. Ce sont des imágenes où la foi et l’art s’harmonisent pour arriver au cœur de l’homme et pour l’inviter à la conversion. Quand le regard de la foi est limpide et authentique, la beauté se met à son service et elle est capable de représenter les mystères de notre salut jusqu’à nous émouvoir profondément, et de transformer notre cœur, comme cela est arrivé à sainte Thérèse d’Avila en contemplant une représentation du Christ blessé (cf. Libro de la vida 9, 1).
Pendant que nous avancions avec Jésus pour arriver au sommet du don de lui-même au calvaire, les paroles de saint Paul nous sont venus en mémoire : « Le Christ m’a aimé et il s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). Devant un tel amour si désintéressé, pleins d’étonnement et de gratitude, nous nous demandons maintenant : Que ferons-nous nous-autres pour lui ? Quelle réponse lui donnerons-nous ? Saint Jean le dit clairement : « À ceci nous avons connu l’amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3 , 16). La passion du Christ nous pousse à charger sur nos épaules la souffrance du monde, avec la certitude que Dieu n’est pas quelqu’un qui est distant ou lointain de l’homme et de ses vicissitudes. Au contraire, il s’est fait l’un d’entre nous « pour pouvoir compatir avec l'homme de manière très réelle, dans la chair et le sang ... De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu'un qui partage la souffrance et la patience; de là se répand dans toute souffrance la con-solatio; la consolation de l'amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l'étoile de l'espérance » (Spes salvi, 39).
Souffrir avec l'autre, pour les autres; souffrir par amour de la vérité et de la justice; souffrir à cause de l'amour et pour devenir une personne qui aime vraiment – ce sont des éléments fondamentaux d'humanité; leur abandon détruirait l'homme lui-même » (ibid.).
RENCONTRE AVEC LES JEUNES RELIGIEUSES
DISCOURS DU PAPE
BENOÎT XVI
Monastère Saint-Laurent de l’Escorial
Vendredi 19 août 2011
La radicalité évangélique s’exprime enfin dans la mission que Dieu a voulu vous confier : par la vie contemplative qui accueille dans ses cloitres la Parole de Dieu dans un silence éloquent et adore sa beauté dans la solitude habitée par Lui ; par les diverses formes de vie apostolique, dans les sillons desquelles germe la semence évangélique dans l’éducation des enfants et des jeunes, dans le soin des malades et des personnes âgées, dans l’accompagnement des familles, dans l’engagement en faveur de la vie, dans le témoignage de la vérité, dans l’annonce de la paix et la charité, l’engagement missionnaire, et dans la nouvelle évangélisation, et bien d’autres domaines de l’apostolat ecclésial.
RENCONTRE AVEC LES JEUNES PROFESSEURS UNIVERSITAIRES
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Basilique Saint-Laurent de l'Escorial
Vendredi 19 août 2011
Mais, où les jeunes trouveront-ils ces points de référence dans une société émiettée et instable ? Parfois on estime que la mission d’un professeur universitaire est aujourd’hui exclusivement de former des professionnels compétents et efficaces qui puissent satisfaire la demande du marché du travail à tout moment précis. On affirme également que l’unique chose que l’on doit privilégier dans la conjoncture actuelle est la pure capacité technique. Certainement, cette vision utilitaire de l’éducation, même universitaire, répandue spécialement dans des milieux extra-universitaires, s’installe aujourd’hui. Sans aucun doute, vous qui avez vécu comme moi l’université, et qui la vivez maintenant comme enseignants, vous sentez sans doute le désir de quelque chose d’autre de plus élevé qui corresponde à toutes les dimensions qui constituent l’homme. Nous savons que quand la seule utilité et le pragmatisme immédiat s’érigent en critère principal, les pertes peuvent être dramatiques : des abus d’une science sans limites, bien au-delà d’elle-même, jusqu’au totalitarisme politique qui se ravive facilement quand on élimine toute référence supérieure au simple calcul de pouvoir. Au contraire, l’idée authentique d’université est précisément celle qui nous préserve de cette vision réductrice et détachée de l’humain.
Pour ce motif, il faut tenir à l’esprit, en premier lieu, que le chemin vers la vérité complète engage aussi l’être humain tout entier : c’est un chemin de l’intelligence et de l’amour, de la raison et de la foi. Nous ne pouvons pas avancer dans la connaissance de quelqu’un si l’amour ne nous anime pas, ni non plus aimer quelqu’un dans lequel nous ne voyons pas de rationalité, étant donné que « il n’y a pas l’intelligence puis l’amour : il y a l’amour riche d’intelligence et l’intelligence pleine d’amour » (Caritas in veritate, n. 30). Si la vérité et le bien restent unis, de même la connaissance et l’amour. De cette unité découle la cohérence de vie et de pensée, l’exemplarité qu’on exige de tout bon éducateur.
MESSE AVEC LES SÉMINARISTES
HOMÉLIE
DU PAPE BENOÎT XVI
Cathédrale Sainte Marie la Royale de la Almudena de Madrid
Samedi 20 août 2011
Méditez bien ce mystère de l’Église, en vivant les années de votre formation avec une profonde joie, en vous montrant dociles, lucides et radicalement fidèles à l’Évangile, tout en ayant une relation d’amour avec le temps et les personnes au milieu desquelles vous vivez. Personne ne choisit le contexte ou les destinataires de sa mission. Chaque époque a ses problèmes, mais Dieu donne en tout temps la grâce voulue pour les assumer et les dépasser avec amour et réalisme. C’est pourquoi, en quelque situation qu’il soit, aussi difficile soit-elle, le prêtre doit donner du fruit par toute sorte d’œuvres bonnes, gardant à jamais vivantes en son cœur les paroles du jour de son Ordination, par lesquelles il était exhorté à configurer sa vie au mystère de la croix du Seigneur.
Se laisser configurer au Christ signifie, chers séminaristes, être identifié chaque fois davantage à Celui qui s’est fait pour nous serviteur, prêtre et victime. Se laisser configurer à Lui, c’est, en réalité, la mission du prêtre tout au long de sa vie. Nous savons déjà qu’elle nous dépasse et que nous ne parviendrons jamais à l’accomplir entièrement, mais, comme le dit saint Paul, nous courons vers le but que nous espérons atteindre (cf. Ph 3, 12-14).
VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Aéroport Cuatro Vientos de Madrid
Samedi 20 août 2011
Mais comment un jeune peut-il être fidèle à la foi chrétienne et vivre en cherchant à atteindre de grands idéaux dans la société actuelle ? Dans l’évangile que nous avons écouté, Jésus nous donne une réponse à cette question importante : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9).
Oui, chers amis, Dieu nous aime. Telle est la grande vérité de notre vie, celle qui donne sens à tout le reste. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ou de l’irrationnel, mais, à l’origine de notre existence, il y a un projet d’amour de Dieu. Demeurer dans son amour, c’est vivre enraciné dans la foi, parce que la foi n’est pas la simple acceptation de vérités abstraites, mais une relation intime avec le Christ qui nous amène à ouvrir notre cœur à ce mystère d’amour et à vivre comme des personnes qui se savent aimées de Dieu.
Si vous demeurez dans l’amour du Christ, enracinés dans la foi, vous rencontrerez, même au milieu des contradictions et des souffrances, la source de la joie et de l’allégresse. La foi ne s’oppose pas à vos idéaux les plus élevés ; au contraire, elle les exalte et les porte à leur perfection. Chers jeunes, ne vous conformez pas à moins qu’à la Vérité et à l’Amour, ne vous conformez pas à moins qu’au Christ.
CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE DE CLÔTURE
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Aéroport Cuatro Vientos de Madrid
Dimanche 21 août 2011
Chers jeunes,
Avec la célébration de l’Eucharistie, nous arrivons au moment culminant de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. En vous voyant ici, venus en grand nombre de tous les horizons, mon cœur est plein de joie, pensant à l’affection spéciale avec laquelle Jésus vous regarde. Oui, le Seigneur vous aime et il vous appelle ses amis (cf. Jn 15, 15). Il vient à votre rencontre et il désire vous accompagner dans votre cheminement pour vous ouvrir les portes d’une vie pleine et vous faire participants de sa relation intime avec le Père. Pour notre part, conscients de la grandeur de son amour, nous désirons répondre avec grande générosité à cette marque de prédilection par la résolution de partager aussi avec les autres la joie que nous avons reçue. Certes ! Ils sont nombreux de nos jours, ceux qui se sentent attirés par la figure du Christ et désirent mieux le connaître. Ils perçoivent qu’Il est la réponse à leurs multiples inquiétudes personnelles. Cependant, qui est-Il réellement ? Comment est-il possible que quelqu’un qui a vécu sur la terre il y a tant d’années, ait quelque chose à voir avec moi aujourd’hui ?
Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais.
Oui ! L’Église n’est pas une simple institution humaine, comme n’importe quelle autre, bien plus elle est étroitement unie à Dieu. Le Christ lui-même se réfère à elle comme « son » Église. On ne peut pas séparer le Christ de l’Église, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (cf. 1Co 12, 12). L’Église ne vit pas par elle-même, mais elle vit par le Seigneur. Il est présent au milieu d’elle, et lui donne vie, aliment et force.
Chers jeunes, permettez-moi, en tant Successeur de Pierre, de vous inviter à renforcer cette foi qui nous a été transmise depuis les Apôtres, à mettre le Christ, le Fils de Dieu, au centre de votre vie. Mais permettez-moi aussi de vous rappeler que suivre Jésus dans la foi c’est marcher avec Lui dans la communion de l’Église. On ne peut pas suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. Je pense que votre présence ici, jeunes venus des cinq continents, est une merveilleuse preuve de la fécondité du mandat de Jésus donné à l’Église : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15). À vous aussi incombe le devoir extraordinaire d’être des disciples et des missionnaires du Christ dans d’autres terres et pays où se trouve une multitude de jeunes qui aspirent à de très grandes choses et qui, découvrant dans leurs cœurs la possibilité de valeurs plus authentiques, ne se laissent pas séduire par les fausses promesses d’un style de vie sans Dieu.
ANGÉLUS
Aéroport Cuatro Vientos de Madrid
Dimanche 21 août 2011
Chers amis,
Vous allez rejoindre maintenant vos lieux de résidence habituelle. Vos amis chercheront à savoir ce qui est changé en vous après avoir été dans cette noble ville avec le Pape et des centaines de milliers de jeunes du monde entier : Que leur répondrez-vous ? Je vous invite à leur donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne. Vous serez alors le ferment de nouveaux chrétiens afin que l’Église naisse avec vigueur dans le cœur de beaucoup.
Combien j’ai pensé ces jours-ci à ces jeunes qui attendent votre retour ! Transmettez-leur mon affection, en particulier aux plus défavorisés, et aussi à vos familles et aux communautés de vie chrétienne auxquelles vous appartenez.
Je ne peux m’empêcher de vous dire que je suis vraiment impressionné par le nombre significatif d’évêques et de prêtres présents à ces Journées. Je les remercie tous du fond de mon cœur, les encourageant en même temps à continuer à développer la pastorale des jeunes avec enthousiasme et engagement.
Confiant maintenant tous les jeunes du monde, et en particulier vous, chers jeunes, à l’intercession maternelle de la Sainte Vierge Marie, Étoile de la nouvelle évangélisation et Mère des jeunes, nous la saluons avec les mêmes paroles que l’Ange du Seigneur lui adressa.
RENCONTRE AVEC LES VOLONTAIRES DE LA XXVIe JMJ
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Pavillon 9 de la nouvelle Foire de Madrid-IFEMA
Dimanche 21 août 2011
Beaucoup d’entre vous ont dû renoncer à participer directement aux cérémonies, occupés qu’ils étaient aux autres tâches de l’organisation. Cependant, cette renonciation a été un beau moyen évangélique de participer aux Journées : celui du dévouement aux autres dont parle Jésus. Dans un certain sens, vous avez rendu réelles les paroles du Seigneur : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). J’ai la certitude que cette expérience comme volontaires vous a tous enrichis dans votre vie chrétienne, qui est fondamentalement un service d’amour. Le Seigneur transformera votre fatigue accumulée, les préoccupations et l’accablement de tant de moments, en fruits de vertus chrétiennes : patience, douceur, joie à se donner aux autres, disponibilité pour accomplir la volonté de Dieu. Aimer c’est servir, et le service accroît l’amour. Je pense que c’est un des plus beaux fruits de votre contribution aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Mais cette récolte, vous ne la recueillerez pas vous seulement, mais l’Eglise toute entière qui, comme mystère de communion, s’enrichit de l’apport de chacun de ses membres.
En retournant maintenant à une vie ordinaire, je vous encourage à garder dans votre cœur cette joyeuse expérience et à grandir un peu plus chaque jour dans le dévouement de vous-mêmes à Dieu et aux hommes. Il est possible que se soit posée timidement ou impérieusement en beaucoup d’entre vous une question très sensible : Que désire Dieu de moi ? Quel est son dessein pour ma vie ? Le Christ m’appelle-t-il à le suivre de plus près ? Ne pourrais-je pas dépenser ma vie entière dans la mission d’annoncer au monde la grandeur de son amour par le sacerdoce, par la vie consacrée ou par le mariage ? Si cette inquiétude a surgi, laissez-vous porter par le Seigneur et offrez-vous comme volontaires au service de Celui qui « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45). Votre vie atteindra une plénitude insoupçonnée. Peut-être que quelqu’un est en train de penser : le Pape est venu nous remercier et va s’en aller en demandant. Oui, c’est cela. C’est cela, la mission du Pape, Successeur de Pierre. Et n’oubliez pas que Pierre, dans sa première lettre, rappelle aux chrétiens à quel prix ils ont été rachetés : celui du sang du Christ (cf 1P 1, 18-19). Qui évalue sa vie à l’aune de cette perspective sait que l’amour peut seul répondre à l’amour du Christ, et c’est cela que vous demande le Pape lors de cet au revoir : que vous répondiez avec amour à celui qui par amour s’est consacré à vous. Encore merci et que Dieu soit toujours avec vous.
CÉRÉMONIE DE CONGÉ
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Aéroport international Barajas de Madrid
Dimanche 21 août 2011
Le moment de se séparer vient d’arriver. Ces derniers jours à Madrid, avec une assemblée si nombreuse de jeunes d’Espagne et du monde entier, resteront profondément gravés dans ma mémoire et dans mon cœur.
Majesté, le Pape s’est senti bien en Espagne ! Les jeunes participants de ces Journées mondiales de la Jeunesse, ont été eux-aussi très bien accueillis par tant de villes et de localités espagnoles qu’ils ont pu visiter avant de participer à ces Journées.