A l'occasion de son 40ème anniversaire, l'ONG World Wildlife Fund (WWF) lance une nouvelle collection de vêtements en fourrure. Des vestes, des écharpes, des gants, et même des housses pour I-Pad sont ainsi commercialisés sur leur boutique internet.WWF a pourtant la réputation de secourir les animaux, et non de chercher à les tuer afin de commercialiser leur fourrure. Ce commerce étant régulièrement critiqué par cette association, l'ONG semble avoir pris un virage à 180 degrés dans sa politique. La collection porte également l'acronyme WWF, mais pour Wonder World Fur vetement fashion .
Contrairement aux apparences, ce commerce se veut totalement éco-responsable. Seuls trois animaux voient leur fourrure commercialisée : le Bamboseal, le Dolyphan et le Bufaloon. Ces trois espèces communes possèdent deux particularités communes. D'une part, elles n'existent pas, il est donc impossible de mettre en place une filière d'exploitation pour chacun de ces animaux. D'autre part, leur fourrure tombe naturellement quand ces animaux prennent peur. Pour la récupérer, il suffit simplement de se baisser, pas besoin de les chasser. Le réel processus de fabrication se revendique éco-responsable. La soie des fourrures est la seule dont la production ne nécessite pas de tuer les vers à soie. Quant aux fibres naturelles utilisés, elles respectent les normes européennes. Les sites de fabrication se trouvant en Allemagne et en Belgique, ces contraintes obligatoires deviennent des arguments de vente.
Quant à la commercialisation, elle se justifie par les besoins de financement des ONG. Ces dernières font aussi face à la crise, avec une diminution des donations des Etats et des particuliers. Pour continuer, diverses stratégies sont mises en place, comme la commercialisation de produits. Mais, la WWF innove dans le processus. Elle prend à contre-pied ses actions habituelles par la promotion des vêtements en fourrure, pour garder un "esprit mode". Les animaux inventés possèdent tous les atouts pour plaire au public, à l'instar des bébés phoques ou des pandas. Enfin, les bénéfices financeront facilement les actions menés par l'ONG. WWF vise, en effet, une clientèle haut de gamme, avec un certain pouvoir d'achat. La paire de mitaines coûte ainsi plus de 100 euros, tandis que les sacs à mains dépassent largement la barre des 300 euros. Si la WWF réinvente le commerce de la fourrure, la clientèle reste la même.