Un an après avoir terrassé le CPE, les lycéens interpellent les candidats

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Jan 28, 2007, 11:04:25 AM1/28/07
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Un an après avoir terrassé le CPE, les lycéens interpellent les
candidats

Par Philomène BOUILLON


PARIS (AFP) - Les lycéens, un an après avoir terrassé le CPE avec
leurs aînés étudiants et syndicalistes, entendent se mêler au débat de
la présidentielle, en interpellant les candidats sur leurs intentions
face au fléau de la précarité qui affecte prioritairement les jeunes.

Par un hasard de calendrier, les deux plus importants syndicats de
lycéens, l'Union nationale lycéenne (UNL) et la Fédération
indépendante démocratique lycéenne (Fidl), ont tenu samedi et dimanche
leurs rencontres nationales: chacune a profité de l'occasion pour
faire entendre sa voix en s'adressant aux candidats à l'Elysée.

"Après la rue, les urnes !" brandit, tel un slogan la Fidl en tête
d'un document qui rappelle à la fois la victoire du Contrat première
embauche (CPE) mais aussi un questionnaire "à l'adresse des partis
politiques dans le cadre de l'élection présidentielle et des élections
législatives".

Et forts de leur relation durable lancée l'an dernier avec les
syndicats, les lycéens de la Fidl ont reçu samedi la visite du
secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui les a félicité pour
leur engagement en assurant: "la relève est prête!".

"On a envoyé à tous les candidats ce questionnaire, on attend les
réponses", explique Tristan Rouquier, 18 ans, en terminale au lycéen
Mendès de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et président de la Fidl. En
huit questions, celui-ci demande aux prétendants à l'Elysée leurs
positions sur la situation des lycéens sans-papiers, le racisme, les
moyens alloués aux ZEP ou à la lutte contre la précarité pour
conforter l'emploi.

"Quand on ne nous écoute pas, des mouvements comme la lutte anti-CPE
surgissent, donc on attend que les politiques soient à l'écoute",
prévient Tristan Rouquier avec un sourire en coin.

"Avant, beaucoup de jeunes se disaient que la politique était un autre
monde, le CPE nous a rapproché du syndicalisme et de la politique",
souligne-t-il.

"Les jeunes ont pris conscience d'un pouvoir. Il y a eu la lutte
contre le Pen en 2002, le CPE en 2006, je me dis maintenant que les
jeunes sont experts de leur propre vie, il y a eu une véritable prise
de conscience", renchérit Charlotte Allegret, ex-lycéenne active lors
du mouvement anti-CPE, aujourd'hui étudiante dans un IUT de Grenoble.

A l'UNL aussi, précarité des jeunes et présidentielle sont au centre
des préoccupations: "Les lycéens attendent des réponses des candidats
à la présidentielle", a souligné ce syndicat pendant son 7e Congrès
des élus lycéens samedi à Paris, rappelant que la France compte plus
de 2 millions de jeunes dans l'enseignement secondaire.

Selon Floréale Mangin, la présidente de l'UNL âgée de 17 ans et
lycéenne à Paul-Eluard à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le CPE a
permis aux lycéens de réaliser qu'ils n'étaient "pas assez entendus
alors qu'ils ont des problèmes de précarité comme les étudiants" car
"de plus en plus de lycéens sont obligés de travailler".

Selon une étude récente de l'institut CSA pour l'UNL, près d'un jeune
sur cinq (18%) a travaillé pendant l'année scolaire durant ses années
de lycée.

L'UNL "demande que les candidats apportent des réponses concrètes à
leurs revendications: la citoyenneté lycéenne, la lutte contre la
précarité des lycéens avec la création d'un statut lycéen, la réussite
de tous les jeunes au lycée et la réforme de notre système éducatif".

"Avant le CPE on n'était pas vraiment consultés, on était les petits,
tandis que maintenant on a un poids, sans être obligés de descendre
dans la rue", se félicite Floréale.

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