La France doit "réparation" aux harkis, estime Nicolas Sarkozy
LEMONDE.FR avec AFP | 05.12.07 | 21h15 * Mis à jour le 05.12.07 |
21h17
Nicolas Sarkozy a jugé mercredi 5 décembre que la France devait
"réparation" à "tous les harkis envers qui la France a une dette". A
peine rentré de sa visite officielle en Algérie, le chef de l'Etat
recevait à l'Elysée des associations d'anciens combattants d'Afrique
du nord et de rapatriés harkis. "On ne peut tenir responsables les
harkis d'avoir cru en la parole de la France", a-t-il dit, qualifiant
leur cause de "sacrée"."Pour la France, il s'agit aujourd'hui d'une
question d'honneur. Il faut réparer les fautes qui ont été commises".
Le président a évoqué les"épreuves douloureuses" dont ont souffert les
harkis après la signature des accords d'Evian. Selon les historiens,
entre 60 000 et 80 000 musulmans français ont été tués entre les
accords du 18 mars 1962, qui mirent fin aux combats, et l'indépendance
algérienne, en juillet 1962.
JOURNÉE D'HOMMAGE AUX COMBATTANTS MORTS EN ALGÉRIE
Le président, qui n'a eu de cesse, ces derniers mois, de fustiger"la
repentance systématique" s'était cependant engagé, lors de sa campagne
présidentielle,"à reconnaître officiellement la responsabilité de la
France dans l'abandon et le massacre de harkis" en 1962. Il avait en
outre promis aux enfants de harkis une "discrimination doublement
positive" sous la forme d'accès à la formation, à l'emploi ou au
logement.
Devant le parterre d'anciens combattants et de rapatriés harkis,
Nicolas Sarkozy a rappelé mercredi qu'il était d'une "génération [qui]
n'a pas connu les souffrances que vous avez connues" estimant que
c'est cette même génération qui pourra "porter le discours de la
réconciliation" entre la France et l'Algérie, laissant sous-entendre
que les relations entre les deux pays devaient repartir sur de
nouvelles bases.
Depuis 2003, le 5 décembre est la journée d'hommage annuel aux
combattants morts pour la France pendant la guerre d'Algérie. Le choix
de cette date par Hamlaoui Mékachera, alors secrétaire d'Etat aux
anciens combattants, avait fait polémique, ce jour n'ayant aucune
signification historique, mis à part le fait que Jacques Chirac avait
inauguré, le 5 décembre 2002, un Mémorial national pour les 23 000
soldats français morts en Afrique du Nord, quai Branly à Paris. La
Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, qui
revendique 350 000 adhérents, avait alors qualifié cette date de
"ridicule", la considérant comme "une insulte à l'Histoire, à la
mémoire du général de Gaulle, artisan du cessez-le-feu, et à nos
morts".
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