Jean-Claude
Le 24/10/2010 19:43, Bertr�n a �crit :
> OK, si le d�bat est public, je prends la libert� de m'immiscer dans la
> conversation, ou plut�t dans la "discussion" ...
>
>> Silv�n � Bertr�n (22 octobre) :
> " Tout ce que je veux, c'est que UK finisse de corriger quelques
> centaines
> de mots issus d'anciennes listes et m'autorise � partager mon travail.
>
> Si vous croyez que rendre publics les 10 000 uropi dont M. Landais
> clame l'existence
> constitue un danger... "
>
>
>> Bertr�n � Silv�n (24 octobre) :
> " J'avais d'abord pens� que non. Mais apr�s r�flexion je pense que
> l'Uropi n'est pas suffisamment prot�g� contre le plagiat.
> Parce que d'une part il n'est pas encore assez connu et r�pandu, et
> d'autre part parce qu'il n'existe pas non plus un nombre suffisant de
> publications (dictionnaires-papier en particulier) qui seraient autant
> de preuves ou de "pi�ces � conviction" t�moignant de l'existence de
> l'Uropi et r�pertoriant l'essentiel de son vocabulaire et de son
> fonctionnement.
>
> Le plagiat a d�j� commenc� avec la Lingwa de Planeta. C'est
> incontestable quand on explore un peu ce projet assez discutable. En
> effet la LdP est bien post�rieur � l'Uropi et aux autres langues
> construites, qu'il pille inconsid�r�ment. Il y a aussi beaucoup d'
> "emprunts" (c'est un euph�misme) � l'Esp�ranto, mais celui-ci est
> prot�g� en quelque sorte par sa notori�t�, le nombre de ses
> publications, dictionnaires et autres, et accessoirement par le nombre
> de ses locuteurs. Ce qui n'est pas le cas pour l'Uropi, pour lequel ce
> pillage est une mauvaise chose car certaines personnes, qui
> d�couvriraient l'Uropi apr�s la LdP, pourraient s'imaginer que c'est
> l'Uropi qui se serait inspir� de la LdP. Le risque est moins grand
> pour une langue comme l'Esp�ranto, pour les raisons que j'ai �voqu�
> plus haut ..
>
> Or l'Uropi participe d'une d�marche assez diff�rente des autres
> langues construites, Esp�ranto y compris. Pour r�sumer, il ne s'agit
> pas d'emprunter �a et l�, � d'autres langues construites ou aux
> langues naturelles, des mots pioch�s au hasard ou selon des crit�res
> plus ou moins arbitraires. Les racines sont choisies et b�ties selon
> un m�thode � la fois simple et rigoureuse, d�crite sur le site
> officiel de l'Uropi, et si parfois ou souvent elles rejoignent ou
> ressemblent � d'autres racines existant dans d'autres langues
> construites ou non, cela ne fait que mettre en �vidence l'existence de
> ce fond commun dont l'Uropi s'inspire avant toute chose. La deuxi�me
> d�marche est d'avoir tent� de faire �voluer ces racines communes,
> vieilles de plusieurs mill�naires, en s'inspirant de l'�volution des
> langues naturelles � travers le temps. C'est tout un travail qui fait
> aussi l'originalit� de l'Uropi et qui ne peut pas �tre balay� comme
> �a, par un piratage contre-productif.
>
> C'est pourquoi, je comprends parfaitement la r�action de Jo�l Landais,
> qui travaille sur l'Uropi depuis des d�cennies et ne souhaite pas voir
> tout son travail r�duit � n�ant au moment m�me o� il commence � porter
> ses fruits. Ce qu'il partage actuellement sur le site officiel et sur
> son blog est d�j� �norme, en tout cas bien suffisant pour s'initier �
> l'Uropi et m�me � le pratiquer s�rieusement. Je reste persuad� qu'un
> dictionnaire plus cons�quent devrait d'abord �tre publi� sur papier,
> avec tous les "copyrights" que cela implique, avant d'�tre livr� en
> p�ture sur le Web. D'autres langues construites (pour ne pas citer que
> l'Esp�ranto) ont proc�d� ainsi, sans doute parce qu'Internet
> n'existait pas � l'�poque, mais j'imagine qu'il n'en aurait pas �t�
> autrement s'il y avait eu alors cette possibilit�. Connaissant les
> Esp�rantistes, de longue date, je suis s�r qu'ils auraient d�fendu bec
> et ongle leur langue contre le plagiat, �tant donn� la mani�re dont
> ils l'ont d�j� d�fendu contre de simples am�liorations (projet Ido en
> 1907), pourtant souhait�es et �labor�es en partie par son auteur. Pour
> le coup il avait livr� sa cr�ation au domaine public sans doute trop
> t�t ... "
>
>
>> Silv�n � Bertr�n (24 octobre) :
> " Le probl�me, c'est qu'avec ce point de vue, selon moi, l'uropi
> n'aura jamais de notori�t�. Et je persiste � penser que je n'ai encore
> vu aucun exemple probant de plagiat de l'uropi par la LdP. Selon moi,
> le LdP fonctionne un peu comme l'esp�ranto et emprunte � diverses
> langues, sans rechercher des racines communes ni cr�er des racines
> m�tiss�es ou moyennes. Malgr� sa pr�tention souvent justifi�e d'aller
> vers des racines communes, on doit reconna�tre que de nombreux mots
> uopi ressemblent clairement aux mots d'une ou de quelques langues. Eni
> vient clairement de l'anglais, avec une forme similaire mais un peu
> plus complexe en allemand. Comme il s'agit d'un mot beaucoup plus
> simple que �n'importe�, on peut comprendre que la LdP l'ait emprunt�.
> M�me en esp�ranto, on a une forme simiaire, ajn. Les formes
> acceptables de mots europ�ens plus ou moins communs �tant sans doute
> limit�es en nombre, il est �vident que des langues artificielles
> emprutant cette voie auront de mots semblables. Simple question de
> statistiques. Dire que le LdP a emprunt� � l'uropi le mot �patra� est
> un non-sens.
>
> Et la peur exprim�e par M. Landais que quelqu'un, quelque part, sorte
> un clone de l'uropi ne tient pas la route. D'une part parce que la
> plus grand part de l'uropi reste entre les mains de M. Landais. Mais
> surtout parce que tous les cr�ateurs de langue atificielle ont un ego
> assez important et croient tous avoir LA meilleure solution.
>
> Pour ma part, je pr�f�re l'ouverture, quitte � risquer de se faire un
> peu copier, qu'� la fermeture qui ne m�ne nulle part."
>
>
>> Bertr�n � tout le monde (aujourd'hui) :
> Cette discussion devient surr�aliste.
>
> On ne peut d�j� pas comparer Uropi et Esp�ranto, qui n'ont pas d'une
> part la m�me histoire, mais qui d'autre part ne se sont pas construits
> avec la m�me d�marche.
> L'esp�ranto est n� � une �poque o� il n'y avait pas Internet et son
> auteur a donc d� publier livres et dictionnaires pour diffuser sa
> langue. Ces publications sont prot�g�es par des "copyrights" ou des
> droits d'auteur, contrairement � ce qui se passe sur le Web o� tout le
> monde peut disposer de tout, en plus gratuitement le plus souvent, et
> en faire ce qu'il veut.
>
> Les publications de l'Esp�ranto prot�gent celui-ci, son contenu, etc.,
> tout plagiat, toute copie peuvent �tre imm�diatement d�tect�s et
> contest�s. Ces publications pass�es ou r�centes, il faut le noter, ne
> sont pas gratuites. J'ai poss�d� en tout 4 dictionnaires Esp�ranto,
> entre autres livres, que j'ai pay�s sans rechigner, parce que j'�tais
> alors int�ress� par l'affaire, m�me si je n'ai jamais pu vraiment
> utiliser cette langue lors de mes voyages � l'�tranger par exemple. Le
> "tout gratuit" n'ajoute pas de la valeur aux choses et anesth�sie
> parfois la vraie motivation.
>
> Par ailleurs, ce qui a en partie tu� l'Esp�ranto, en tant que langue
> v�ritablement internationale ou langue-pont, c'est sans doute le fait
> que son cr�ateur a renoncer � ses droits sur la langue bien trop t�t.
> Lorsqu'il a fut n�cessaire d'am�liorer la langue en passant par l'Ido
> (�tape interm�diaire sans doute, mais on ne le saura jamais,
> puisqu'elle a �t� tu�e dans l'oeuf), l'auteur lui-m�me n'avait plus
> aucun pouvoir au point qu'il a d� renoncer � ce projet, auquel il
> avait lui-m�me activement collabor�, sous la pression d'Esp�rantistes
> purs et durs (qui s'�taient appropri�s toute l'affaire). L'Esp�ranto
> est actuellement la langue d'une communaut�, peut-�tre
> "internationale", mais il s'agit bien d'une langue communautaire,
> voire parfois communautariste. Ce n'est pas non plus l'objectif de
> l'Uropi ... Il faut donc savoir tirer des enseignements de l'Histoire
> pour �viter de tomber dans les m�mes travers. Certaines choses doivent
> �tre partag�es, pour d'autres il convient d'�tre plus prudent,
> notamment en raison de l'�poque du "tout instantan�", du vite-fait mal-
> fait ... et des moyens de communication qui permettent aussi
> d'amplifier ce ph�nom�ne. On propose m�me sur Internet des kits de
> fabrication de langues artificiels, une sorte de Mac-Do des langues
> construites (!).
>
> Si l'on veut �tre cr�dible, il ne faut pas se laisser happer par le
> mouvement et savoir donc prendre du temps pour proposer quelque chose
> de s�rieux et de solide, d'authentique aussi, qui donne l'envie de s'y
> int�resser et pour longtemps ...
>
>
>