On 21 sep, 19:52, Silvàn <
silv...@cooptel.qc.ca> wrote:
> Merci bien d'avoir lu ma grammaire.
> En fait, ce que je voulais faire, c'est présenter la grammaire de
> l'uropi aux Espérantistes. Par conséquent, il est évident que je fais
> des comparaisons à la grammaire espéranto.
> Et j'ai commencé par une présentation générale, détaillant les
> principaux traits de l'uropi, bien entendu en comparaison avec
> l'espéranto, puisqu'il s'agit de deux langues hautement comparables,
> selon moi, du moins dans leur but, sinon dans leur structure.
>
Leur but est en effet comparable avec quelques nuances malgré tout,
mais ceci pourrait faire l'objet d'une autre discussion.
Quant à la structure, elle est évidemment comparable aussi, ce qui ne
signifie pas qu'elle soit similaire ... bien que l'on puisse
rencontrer parfois quelques similitudes, mais c'est vrai aussi quand
on compare l'Uropi avec d'autres langues.
>
> Maintenant, quelques points:
> quand je dis que l'uropi est densa, je veux dire que ses énoncés sont
> souvent plus courts que des énoncés similaires en espéranto. Tout
> simplement. Merci d'avoir noté le manque de clarté. Un texte est
> toujours clair pour son auteur.
>
Peut-être avez-vous voulu dire "konciza" ?
>
> Quant à l'accent tonique: la règle en uropi est vraiment plus
> compliquée. De plus, il est faux d'affirmer que l'accent tombe sur la
> racine, puisque ce n'est plus vrai quand on a deux suffixes.
>
Il s'agit alors de faciliter la prononciation, car l'accent sur
l'avant-avant-avant-dernière syllabe n'est pas commun, ni pratique.
En Espéranto, l'accent systématique sur l'avant-dernière syllabe
entraîne parfois un prononciation peu naturelle, et pour laquelle il
faut parfois faire plus d'effort que pour placer correctement l'accent
en Uropi.
Je pense à un mot comme "revolucio" [révolouts-I-o], par exemple.
Combien de fois j'ai buté sur ce genre de mots, et pendant des années,
et comment j'ai pu constaté qu'il était très peu apprécié que l'on
prononce [révolOUssio] pourtant plus naturel, et plus international.
En Uropi, il faut bien comprendre les règles de l'accentuation puis
ensuite "se laisser aller" en quelque sorte, ne pas s'infliger une
gymnastique contre nature. De plus, je pense qu'une faute d'accent
n'est pas si grave en fait, sauf pour certains mots, que l'on pourrait
confondre avec d'autres, mais dont l'accent est écrit de toute
manière, donc pour lesquels donc cela ne pose pas vraiment de
difficulté.
>
> Et puis,
> dire que l'accent tombe sur la racine ne nous avance pas beaucoup,
> puisqu'on ne sait pas où sur la racine. Il faut aussi tenir compte de
> ce qu'on pourrait appeler des pseudo-suffixes.
>
Les racines en Uropi sont souvent monosyllabiques, donc ça ne devrait
pas poser de problème. Quant aux pseudo-suffixes, ils sont reconnus
comme tel parce qu'ils ont le plus souvent un caractère
"international". Dans la plupart des langues, ils ne sont pas
accentués non plus (sauf peut-être en français parfois, à cause de
l'accent tonique) et donc la racine devient évidente naturellement.
Pour les mots dits "internationaux", l'accent tombe en général sur la
dernière syllabe et il est donc écrit.
>
> En fait, il faudrait
> parler l'uropi devant d'autres uropistes avant de pouvoir affirmer
> être certain de maîtriser cette règle. (C'est pourquoi j'avais proposé
> que nous utilisions Skype, mais personne ne semble intéressé.)
>
Personnellement, j'ai encore une vieille machine, sans micro (ou un
micro très moyen que je n'utilise jamais) et sans web-cam, sur
laquelle j'ai déjà installé pas mal d'applications qui exigent
beaucoup de mémoire pour fonctionner : logiciels photos, musiques,
traitement de texte (style OpenOffice, très gourmand), etc..., et
j'essaie de limiter un peu l'encombrement afin de pouvoir l'utiliser
encore un moment, jusqu'à ce qu'il me soit possible d'en changer
;-)
>
> L'accent tonique espéranto n'est pas vraiment non-naturel: le français
> accentue régulièrement la dernière syllabe; le polonais, l'avant-
> dernière; le hongrois ou le finnois, la première, et personne ne s'en
> plaint.
>
Effectivement, mais si on peut faire mieux, et un peu plus
"international" par la même occasion, en tout cas moins monotone et
peut-être plus audible quant au sens d'une une phrase dans laquelle
les mots essentiels, ou plutôt les racines essentielles, ressortent
mieux ...
Par ailleurs, en français, l'accent tonique n'est toujours sur la
dernière syllabe qu'en apparence. Il faut tenir compte des syllabes
"muettes" que l'on peut entendre en poésie ou parfois lorsque le
français est parlé avec un accent "méridional". On a même l'impression
quelquefois qu'il n'y a pas d'accent tonique en français, ce qui
laisse le loisir d'insister sur une syllabe particulière lorsque le
besoin s'en fait sentir : par exemple, si on voulait distinguer
"évolution" et "révolution", on pourrait dire [É-volution] et [RÉ-
volution] en appuyant sur les premières syllabes, un accent tonique
secondaire, plus léger, tombe alors sur la dernière syllabe.
J'ai remarqué ce phénomène en Uropi avec les mots composés : un léger
accent, secondaire est posé sur la racine du premier mot (mot
secondaire d'ailleurs qui précise le sens du mot principal) mais
l'accent principal est bien sur la racine du deuxième mot. C'est en
partie pour cette raison que je disais précédemment qu'on devrait
réserver le terme de "mots composés" à la composition des racines et
utiliser un autre terme pour lorsqu'on ajoute à une racine des affixes
ou des désinences. Dans ce cas le mot semble avoir une structure
différente, qui non seulement se voit, mais s'entend aussi : l'accent
tonique est alors unique.
On pointe ici une différence de structure importante entre l'Uropi et
à l'Espéranto. La structure de l'Espéranto étant fortement
conditionnée par son accent tonique et sa prononciation un peu
mécanique (cf. les "I" et les "U" qui se prononcent détachés). En
Espéranto il y a aussi les préfixes et les suffixes qui n'en sont pas
vraiment, puisqu'ils sont utilisés comme des racines à part entière
(avec parfois un sens un peu différent), donc la notion de "kunmetita
vorto" (koseten vord) n'est pas tout à fait la même qu'en Uropi.
>
> Quant aux "faux composés", j'aimerais bien savoir qui a éliminé ce
> paragraphe sans même le mentionner. Je trouve cela indélicat. Je
> trouve cette réalité de l'uropi particulièrement intéressante.
>
Dans ce paragraphe, seule la phrase suivante me semblait
intéressante : " Ekzistaj radikoj en kiuj oni povas rekoni aliajn
radikojn, kvankam ili ne vere estas kunmetajoj." (il existe des
racines dans lesquelles on peut reconnaître d'autres racines, bien
qu'il ne s'agit pas véritablement de mots composés). Les exemples et
le titre étaient plutôt incohérents avec cette introduction.
Par exemple :
- "Lundia" est un mot à part entière. Ce n'est ni un mot composé, ni
un "faux composé". On peut y reconnaître "lun" et "dia" qui évoque la
lune, et le jour, comme dans "Lundi" en français("-di" que l'on
rencontre dans "midi" = le milieu du jour), ou "Lundo" en Espéranto,
pour lequel l'analogie ne s'arrête qu'à "lun". On constate d'ailleurs
qu'on ne dit pas non plus "Lunotago" ou "Luntago" en Espéranto.
- "Kevìl" est aussi un mot à part entière, avec son étymologie
propre, même si on peut y voir "vil" (poil) et peut-être,
secondairement, "keb" (tête) avec une étymologie commune
Il existe en Uropi des mots qui ont ce "lien de parenté" (je pense que
ce n'est peut-être pas le bon terme, mais je n'en trouve pas d'autre
pour le moment).
ex.: hel (ciel) et hol (haut), keb (tête) et kibel (sommet) et aussi
kap (chapeau), pour ne citer que ceux qui me viennent immédiatement à
l'esprit
Cela existe aussi dans d'autres langues, peut-être moins en Espéranto
dont le vocabulaire est plus "artificiel" qu'en Uropi, qui, lui,
partage une origine commune avec un grand nombre de langues
naturelles. Ce qui peut expliquer les similitudes entre certains mots,
dues précisément à l'étymologie. Encore une différence importante,
sinon fondamentale entre l'Uropi et l'Espéranto.
Pour conclure, j'ajouterais que, à mon humble avis et pour le moment,
je pense que seul Urkreator peut écrire une grammaire cohérente et
sensée de l'Uropi. Il en existe déjà différentes versions, courtes,
résumées et complète, que nous pouvons (et peut-être devrions) nous
contenter de traduire, dans un premier temps, quitte à en développer
ou discuter certains points par la suite dans d'autres ouvrages ou
essais.
Si l'on veut que la plupart des gens (ici il s'agira surtout d'
Espérantistes) s'intéressent à l'Uropi, pour l'adopter ou même le
critiquer ou en discuter ensuite (ce qui ne peut être que bénéfique),
il vaut mieux, selon moi, le leur présenter clairement et simplement,
sans pointer d'emblée les points sujet à discussion ou à explication.
Sinon ils risquent de ne pas aller plus loin que les premières lignes,
et l'on perdra par la-même le bénéfice d'éventuels échanges fructueux.