Lundi 28 decembre 2009, Depart pour Pokhara et les trekkings autour de l'Annapurna !
Bus basique de Kathmandu a Pokhara avec 2 pauses, une 1ere avec un snack a 100 NRP (Nepali Rupee) l'assiette de shomein que j'avais payee 20 roupees a Delhi, puis une 2eme pause dans un resto a volonte pour 300 NRP, je me resigne sur l'escalade des prix et mange mes gateaux secs.
Arrivee a Pokhara, ca semble etre une ville paisible, genre gros, tres gros village, ca doit etre le gout de tout le Nepal. Je m'embrouille avec le patron de l'hotel qui m'a propose une chambre a peine descendu du bus, il m'avait offert le taxi si je dormais chez lui mais je ne prends pas une chambre assez chere et je cherche ailleurs pour en trouver une a 200 NRP avec une vue sur le lac embrume et magnifique, un enorme stupa sur une colline au dessus (Peace Pagoda), puis dejeuner dans un resto plein de touristes, et je vais comprendre l'endroit ou je suis.

Mardi 29 decembre
Tout le quartier ou je suis, Lakeside, au bord du lac, est rempli de touristes et de tout ce qui va avec, magasins de souvenirs, de materiel et d'agences de trekking, des restos et hotels chers et confortables qui vont avec, c'est tres cher et loin de ce que je recherche comme coin, tout comme le quartier Thamel a Kathmandu. Je loue un velo 1 heure a la recherche d'un petit dej et d'internet a pas cher ailleurs, mais Lakeside est vraiment isole de la veritable ville de Pokhara, a part le sud, Dameside ou je trouve quelques coins accessibles pour mon porte-monnaie. Je rattrappe le retard que j'ai encore sur le blog et les emails.
Mercredi 30 decembre 2009
Preparatifs d'un trekking, un permis a 2000 NRP histoire que si je ne reviens pas, on sache sous quelle montagne je suis, puis une ballade jusqu'au Peace Pagoda, un immense stupa sur une colline qui domine Lakeside. Un gamin me guide et me previent qu'il y a parfois des voleurs sur le chemin.

Le soir, diner avec des amis rencontres a Bodhgaya que je retrouve par hazard, Sarah et son ami, un guide trekker nepalais qui me raconte le bazard gouvernemental.
En ce moment a Lakeside, il y a un festival avec concerts de musique nepalaise et le soir, du gros rock, les jeunes nepalais adorent les chansons d'amour et les morceaux de rock hardcore.
Jeudi 31 decembre 2009, soiree dans le quartier de Lakeside avec un couple d'amis que j'ai rencontre dans l'avion en arrivant en Inde, ils viennent d'arriver a Pokhara et on partira en trekking ensemble. Soiree de fin d'annee au Nepal, ca va !
Vendredi 1er janvier 2010
Bonne annee ! Pour une fois que j'ai pas la bouche pateuse apres un 1er de l'an !
Je pars en courses pour le trekking, 10 magasins a chercher un sac a dos a louer, et une echarpe, dur le debut d'annee, ce sera mieux demain.

Je me suis enerve le soir en ramenant le sac a dos qu'on m'avait loue, ceinture ventrale cassee, dur de trimballer 10kg seulement sur les epaules ! le patron s'en fout, je pousse ma gueulante pour obtenir un autre sac, et tant que j'y suis je le pousse a l'avoir a moins cher en profitant de la presence des collegues d'autres magasins etonnes du bazard qui sont venus voir le pestacle. C'est ma 2eme gueulante depuis mon depart ? Apres celle avec le jeune qui avait essaye de m'arnaquer. En tout cas c'est a chaque fois a cause d'une histoire de fric.
Samedi 2 janvierDepart a 6h de l'hotel en laissant mon sac a dos et emportant quelques sous-vetements et paires de chaussettes, biscuits et barres sucre rapide, eau, argent (1200 NRP mini par jour prevus). On prend un bus de ville jusqu'a une station de bus plus gros puis un autre jusqu'a Naya Pul, le vilage de depart du trekking. La vue sur l'Annapurna est magnifique en plein centre ville au bout d'une rue, et le soleil se leve au bout d'une autre, images plutot magiques pour un depart en trek.

Le trekking est magnifique pour commencer, le long d'une riviere, durant 5h, puis on rallonge d'1h30 pour grimper 500m de denivelles jusqu'a Ulleri (1960m). Les repas ici sont chers, transport des denrees a dos de porteur oblige, et ca va augmenter avec l'altitude. Le soir on arrive a negocier une chambre gratos (car on est hors saison et il y a peu de touristes). Et ce soir, c'est l'anniversaire de Fabian, 28 ans, sur une terrasse avec vue sur l'Annapurna, plutot pas mal ! J'arrive a trouver une ceinture en poils de yak a offrir, 100% ecolo ca et ca tient chaud ^^

Sur la terasse, on se caille mais on admire le coucher de soleil, puis on se goinfre un Dal Bat, le plat de riz+legumes+sauce a volonte, le seul plat rentable vu notre fringale, le moins cher et le plus copieux. Aujourdh'hui, 5 h de marche tout en montee, 900m de denivelle sur un chemin accidente, et par chance, ma cheville qui a l'arthrodese ne bouge pas d'un poil, extra !
Dimanche 3 janvier, trekking a travers la foret cette fois, accompagne de 2 batons qui aident bien ma carcasse a gravir la rocaille . On traverse un petit village ou cette nuit un tigre a mange une chevre avant d'etre chasse par les villageois. On continue a manger du shomwein (pates copieusement servies avec quelques morceaux de legumes).

Sur la fin de trekking, walkman et session electro-funk, ca me booste comme il faut pour finir la marche. On grimpe de 1000m en 4h avec des pauses, puis un coup de speed a Poonhill pour une vue a 360 degres sur toute une ligne de sommets impressionnants dont 2 a plus de 8000 metres, l'Annapurna a 8091m et le Dhaulagiri a 8167m.
De Ulleri 1900 a Deorali 2860m (au dessus de Ghorepani), 5h puis un aller-retour sur Poonhill pour une vue a 3120m.

Ma cheville tient toujours aussi bien, je peine a le croise moi qui m'imaginais faire du trekking a dos de yak ou de cheval avant de partir a cause de ma cheville trop fragile !
Lundi 4 janvierDe Deorali 2860m, on descend a Tatopani 1190m, 1600m de descente sur les genoux ! Magnifique, foret au debut, une vue excellente sur le sommet de Dhaulagiri, des sentiers de descente escarpes, fatiguants, mais une vue excellente.

On apercoit 2 gars durant la descente, ils scient un tronc sur la longueur, un gars dessus, au autre en dessous, avec ces vieilles scies de 2m de long que mon pere a du garder dans la grange en collection. On aura droit egalement a un tchai avec une famille qui prenait la soleil sur la terrasse, les gamins sont trop mignons, je decrouvre le veritable Nepal.

Jusqu'a hier, le trekking etait plein d'echoppes de chips, de boissons, de restaurants guesthouse, et on etait accompagnes par pas mal d'autres trekkers qui faisaient la "petite boucle" appellee "Annapurna Sanctuary" de 4 jours au pied de l'Annapurna, une bouclette ! Notre trekking nous menera jusqu'a l'autre cote de l'Annapurna, par une saison ou peu de touristes s'y aventurent, trop frileux. On ne croise plus qu'un ou 2 groupes, les guesthouses et echoppes se font plus rares et bien plus paisibles, moins en attente des touristes.
Avant Tatopani, un magnifique vue d'un petit temple de Ganesh, avant 2 ponts suspendus, 1 de bois et l'autre de ferraille que j'apercois avec anxiete. Le 1er ne me pose pas de souci, il a beau etre deglingue, le bois pourri et des planches cassees parfois remplaces par une simple pierre pour boucher le trou, pareil pour les mailles du filet sur les cote c'est un luxe, absent par endroits, mais il n'est pas tres haut, et mon vertige presque absent.

Par contre le 2eme fait au moins 50m de long, bien 100m au dessus de la riviere en contrebas qu'on voit entre les planches de ferraille defoncees par endroits, et la rembarde sur les cots ne fait pas plus d'1,20 m, parfait pour me mettre la pression ! Une porteuse nous rejoint et part sur le pont, je coupe mes idees noires, fixe mon regard sur le ballot de bois qu'elle porte sur son dos et la suit jusqu'au bout. Les quelques coups d'oeil sur les cotes et en dessous me rappellent vite que le vertige vient tres vite et tres fort ici. Une sacre dose d'adrenaline !

Peu de temps avant d'arriver a Tatopani, on fini en suivant une piste presente depuis 2 ans, qu'un groupe s'efforce de maintenir de l'effondrement en faisant des blocs de pierres aglomeres de filet metallique, on en verra d'autres blocs plus loin, effondres dans la riviere en contrebas.

Le trek aura ete fatiguant et magnifique ! Ma chevile a encore suivi sans broncher d'un poil, idem pour mon genoux, je suis toujours autant surpris d'encaisser aussi bien ce que je pensais peiner et souffrir a faire ! Par contre mon dos en a pris un coup, normal apres tant de marche sans habitude et avec mon sac a dos rempli des lourdes fringues chaudes que je n'utilise que le matin et le soir.
Arrivee a Tatopani, on se trouve un hotel a 80 NRP la piaule de 3 lits si on mange sur place, comme pour tous les hotels du trekking. Je vais me delasser dans une source d'eau chaude recueillie dans un bassin, elle arrive a 40 degres et est legerement refroidie pour en faire une vraie baignoire, excellent apres le trekking, autant que pour les habitants et gamins du villages qui viennent s'y delasser et se laver sous la fontaine. Je m'affale dans le bain d'eau chaude, apres 6h de marche, et comence a me transformer en mollusque. Solution, la riviere, juste a cote. L'eau arrive juste de la montagne au dessus, des neiges de l'Annapurna (on est dans les gorges les plus profondes du monde, la plus grande hauteur entre ce village 1190m et le sommet de l'Annapurna 8000m a a peine 20 km). Je me force car c'est glacial, mais quel reveil ! La 3eme fois, une jolie russe me pousse a me coller entier dans l'eau, effectivement, l'energie vient de la comme elle disait, c'est excellent mais quelle claque! Le soir on est servis par les 2 enfants de la patronne qui passent leur temps a rigolera pendant que maman faisait le repas, je suis vide. Normal apres les 7h de marche pour descendre 1600m. Et ma cheville suit toujours la cadence, je pense aux 2 chirurgiens qui m'ont opere avec un respect plutot enorme !
Mardi 5 janvier, debut de trekking en jeep de Tatopani a 1190m, jusqu'a Titar 1500m. On doit s'arreter la car la piste est effondree, a 300m au dessus de la riviere en contrebas, il faut marcher.

On traverse un pont suspendu, grosses sensations emcore, mon vertige en a pour son compte et c'est pas facile de penser a autre chose qu'au fait que je suis sur un mecano de feraille qui balance a chaque pas, sur les planches metalliques qui me rappellent bien a quelle hauteur de suis au dessus du vide.

On marche sur 500m de denivelle en 2h, le chemin est defonce et la vue magnifique et on s'enfonce entre les montagnes avec d'un cote l'Annapurna et de l'autre de Dhaulagiri tous les 2 a plus de 8000m. On arrive a un dernier pont suspendu, il est immense, tres long, tres haut, et il nous ramenera du bon cote de la gorge.

Je dois le passer, pas le choix, et c'est vraiment le plus grand que j'ai pris jusque la. Mon vertige diminue petit a petit car j'ai moins cette sensation que sur l'autre pont pourtant plus petit. On arrive a Ghasa a 2010m, 500m de denivelle manges en 2h. On se fait un Dal Bat pour se rtemplir de riz le midi et on est resservis bien que la patronne de la cabanne nous l'ait refuse au debut, un Dal Bat c'est toujours resservi a volonte ! On reflechit au prix d'un billet d'avion pour le retour dans quelques jours, on comparera car le retour par la piste et les sentiers c'est tout de meme 1200NRP mini par jour pour au moins 3 ou 4 jours de trek, alors que l'avion c'est environ 5000 NRP. On tente ensuite de negocier le bus qui nous menera a Jomsom, c'est 600 NRP pour nous les touristes et 125 pour les nepalais. On n'arrivera pas a le faire baisser. Ici les negociations c'est tout ou rien et les locaux sont plutot rudes en affaires, habitues a peiner. Dans le bus, on a des frayeurs, le bus roule vite sur cette piste de gravier sec, avec ses pneux lisses, et le precipice parfois direct de 500m a flanc des pneus. On s'arrete a un pont ecroule qu'on traverse a pied et on prend un autre bus ou le chauffeur met du rock a fond avant de partir encore plus vite que le premier qui avait une excuse, un de ses pneus se degonflait ! Arrivee de nuit a Jomsom, hotel et repas chers. Le patron nous sert un plein verre d'Apple Brandy, l'alcool des pommes du coin, ca detend l'athmosphere et la soiree devant la tele, autour d'une table sous laquelle il a allume un poel qui nous rechauffe les pieds.
Mercred 6 janvier 2010L'aeroport, c'est ici a Jomsom, et on a compare les alternatives de retour et decide de rentrer en avion avec un billet a 70 dollars, 56 euros, pour dimanche prochain. le prix de ce billet compare au total en trekking d'un retour en bus + jeep + hotels + repas c'est 25 euros de plus pour un vol entre l'Annapurna et le Dhaulagiri dans un coucou de 15 places, on va pas refuser ! Au depart du trek, le l'hotel nous dit qu'il ne nous fera peut etre pas le meme prix sur les chambres si on revient chez lui, on a trop negocier avec lui et pas consomme de repas assez chers a son gout car on mange toujours le plus copieux et le moins cher, du showmein (des pates) et des Dal Bat (du riz).
On attend que notre jeep se remplisse pour partir a Mukthinath, le soleil, la plaine de Jomsom est de pierre grise, partout, entouree de montagne et de sommets, c'est vide, grandiose, magnifique ( combien de fois j'ai utilise "magnifique" depuis le debut du trek ?). La piste nous emmene vers ce que je voulais voir, ce paysage denude, rocailleux, sec, presque lunaire, au vent fort et frais sous le grand soleil, c'est un avant gout du Tibet si j'ai la chance d'y aller un jour, je n'en suis qu'a 50km a vol d'oiseau, frontiere durement gardee par la chine et traversee regulierement pas des rescaped tibetains apres un mois de marche en montagne a un prix lourd de souffrance, ils ne le racontent pas, ca.

La jeep suit tout d'abord ce qui a pu etre un glacier jusqu'a Kagbeni, dans le lit d'une riviere presque a sec, puis on grimpe en passant par quelques petits villages tres modestes, 10 maisons, quelques cheveaux (et quels cheveaux, des mustangs ! C'est la region), des brebis, des gens qui vivent durement de la terre ou du tourisme. La piste grimpe en collimacon avec parfois une falaise de mon cote qui fait surement bien plus de 500m de denivelle, juste a quelques centimetres de la roue. C'est immense.

Arrivee a Muktinath, je me sens vraiment au Nepal. On trouve un bon hotel, et on mange enfin, on avait une sacree dalle meme sans efforts mais avec le grand froid. Je pars ensuite en ballade, visite du temple, je trouve des drapeaux de priere bouddhistes et vais en accrocher sur une hauteur qui domine le village. Puis je descend en passant de l'autre cote de la colline.

Un petit muret protege une sorte de campement, je passe devant et un homme en sort sa tete ebourifee, c'est un saddhu, un moine hindou. Il ne parle pas anglais et m'invite sous le rocher qui l'abrite. Il allume un feu de bouses de yack seches, apres beaucoup de fumee on peut enfin arreter de tousser et se voir, puis il se prepare un shilom de resine de cannabis comme en consomment tous les saddhus, ca rappelle les rastas en Guyane.

L'abri fait 2m de profondeur, 1,5m de haut et a peine plus de large, et finit avec une bache pour couper du vent glacial de la nuit. Punamgri me fait comprendre qu'il a passe 30 ans en Inde, puis 10 ans an Nepal avant de venir ici l'an passe, Muktinath est un lieu sacre pour les hindous et les bouddhistes. Son maitre est a Richikesh, la source du Gange, fleuve sacre pour les hindous. 2 autres saddhus arrivent, ils dorment la aussi. Je les quitte alors que la nuit tombe, difficile d'echanger sans aucun mots de vocabulaire, mais c'est agreable de voir le confort qu'il ressent, alors qu'il n'a rien, et le plaisir qu'il a de vivre dans la plus grande simplicite, une belle lecon d'ascetisme pour moi qui suis toujours derange par l'impression que les saddhus passent enormement de temps a mendier.
Jeudi 7 janvier 2010Lever a 6h30, on aimerais marcher jusqu'au "Pass Thorung La", un col a 5400m, un des plus hauts du monde. On ne sait pas si physiquement on peut le faire, si c'est acessible, ni meme si on a le materiel adequate (fringues chaudes surtout). On n'a pas marche hier, la reprise est ok pour les jambes mais le souffle n'y est pas, on manque surement deja d'oxygene car on doit s'arreter beaucoup plus souvent pour reprendre notre souffle court, alors que le trek commence a 3700m d'altitude ? C'est magnifique, encore, sec, pas de vegetation a part quelques herbes jaunes ancrees dans la terre a la recherche de la rosee.

On croise un berger qui mene un troupeau de cheveaux, des mustangs, il les emmene paitre sur les hauteurs, mais il n'y a rien a manger, les mustangs grattent de leur sabot le sol maigre et mangent apparemment autant d'herbe que de terre.
On passe un pont suspendu, encore impressionnant, et cette fois-ci je le passe sans souci ni apprehension, avec meme quelques regards en bas et une pause au milieu. Ma peur de ces ponts et mon vertige a bien diminue !

On grimpe, on passe 2 petite maisons de pierre qui proposent du the, un repas et meme de faire hotel, ils ont un petit four solaire qui fait bouillir l'eau du riz. Ensuite ca grimpe raide, on apprend que le "pass", le col a 5400m est a 4h de marche encore apres les 2h qu'on a deja passe et il faudra ajouter le temps et les efforts du retour car la descente elle aussi sera raide.
On fait un dernier effort jusqu'a un de ces tas de pierre "porte bonheur" ou on mange un morceau. La vue est magnifique, on est presque a la meme hauteur que les monts en face, et on est a 5000m, juste au dessus du Mont Blanc, ca fait rever. On n'aura pas ete jusqu'au pass Thorung La mais on aura profite de cette vue surprenante, immense.

Il fait tres froid. J'ai enfin l'utilite de la 2eme polaire que je trimballe depuis le depart de France, et ce matin, ce n'etait meme pas assez, j'ai eu froid, la sueur refroidissait vite et mes fringues ne sont pas faites pour ce genre de trek.
Le retour est difficile, les genoux travaillent dur et ma cheville commence a peiner. On croise des porteurs nepalais charges de 45kg, ils devraient etre remuneres a 15 dollars par jour pour que ce soit "correct" a ce que me raconte un jeune porteur, mais ce groupe d'allemands ne les paie que la moitie, ils n'ont meme pas une bouteille d'eau. On est encore une fois ecoeures de voir comment l'argent rend serviable.
Arrivee a Muktinath, je visite le lieu repute, le temple de Muktinath. Je recroise 2 saddhus qui etaient arrives a l'abri de Punamgri hier soir et leurs donne les biscuits et barres de sucre rapide, plus besoin, le trek est fini.
Alors que je pars, ils me demandent de faire un don, je refuse et comprend que le saddhu a qui j'ai fait un don hier ne les a pas partages.
Vendredi 8 janvier 2010Lever a 6h30, je pensais redescendre en jeep, un peu flemmard et ma cheville fatiguee, je change d'avis et choisis de descendre a pied, jusqu'a Kagbeni, a 2h de Jomson ou je croiserais certainement une jeep sur la route. C'est un coin magnifique.

Des petits villages avec pleins de petites maisons de terre comme il y a des 10aines ou centaines d'annees, le torrent coule sous la couche de glace, des pierres partout, un peu ocres marron avec cette rare vegetation surtout tres epineuse.

Apres 2 h de descente, on arrive a Kagbeni. Dejeuner copieux dans un petit resto derriere des vitre ensoleillees. La piste ensuite de Kagbeni a Jomson est face a un vent assez fort avec des rafales violentes, au bord d'une falaise abrupte, le sentier est etroit et dangereux par ce temps. On traverse des petits ouragans de poussiere, le vent de face est maintenant tres fort, c'est comme un desert, on suit uen sorte d'immense vallee comme le lit d'une grande riviere a sec, magnifique, vide, immense, impressionnant.

Ma cheville peine de plus en plus mais c'est comme si c'etait prevu a l'avance, pas trop mal pour pouvoir finir mais une douleur qui augmente avec ces efforts sur ce chemin de rocaille. On aura fait 23 km en 5h30 avec 3h de descente puis 2h30 avec un fort vent de face et une pause repas d'une heure entre les 2. Arrivee a Jomson, on trouve un hotel simple et pas cher et on se pose enfin.

Je donne une fringue que je portais et qui ne me servira plus a une femme mendiante assise sous une couverture dechiquetee dans la rue, elle souffre, c'est dure a voir, encore.
Samedi 9 janvier 2009Lever a 5h30, avion a 6h45. Le petit hotel pas cher et simple ou on a dormi vaut l'echange d'adresse : "Hotel Lali Gurans" a Jomson - 069-440131
Je charge les 10kgs que j'ai trimballe durant les journees de trek lorsque je mettais mes fringues chaudes dedans.

le soleil se leve sur les montagnes, et on decolle dans ce coucou 15 place de la "Tara Air" (je connais deja ceux qui sourit en lisant), on s'echappe de la vallee encore dans l'ombre et la fraicheur. La vue est magnifique sur les flancs des montagnes,on a parfois de grosses secousses en passnt au dessus d'un col et en se retrouvant dans une autre vallee tres venteuse. C'est vraiment excellent, la vue,les sensations (mon vertige s'est calme), quelle chance!

On atterit a 9h a Pokhara apres avoir suvole une partie du trekking qu'on vient de faire a pied, en jeep, en bus, sur des pistes etroites, des ponts suspendus charges de sensations, des sentiers plutot magiques qui changent de paysage tous les jours.
Retour a mon hotel, et je suis prese de partir de ce coin de Pokhara, Lakeside, uniquement touristique, depart prevu demain ou apres demain.
On est samedi, jour ferie au Nepal, quelques magasins sont encore ouverts le matin, des gamins jouent dans la rue, pas d'ecole aujourd'hui. Je repond a un paquet d'emails de "Bonne annee!!!" c'est agreable de retrouver les amis, meme si c'est juste par mail, le sentiment de ne pas etre si loin d'eux !
On se rattrappe de tous les "dal bat" et "shomein" qu'on mange depuis une semaine em se faisant une pizza + un hamburger le soir dans un bon resto dans un quartier populaire de pokhara, avec un prix nepalais, 5 euros le total, on s'est gaves et regales (ca aurait juste ete le prix de la pizza dans le quartier touristique de Lakeside).

J'ai eu beau laver 2 fois les semelles de mes godasses, elles puent toujours autant,tout comme mes pieds, l'odeur est difficile a eradiquer apres une semaine a nager dans le jus de ces pompes, hmmmm, les chaussettes de rando->poubelle, j'espere pouvoir recupere mes pompes !
dimanche 10 janvier 2010
Reveille a 7 heures comme par habitude du trekking, je fais une grasse mat jusqu'a 9h ! Je quitte Lakeside pour la derniere nuit mais me fait tout de meme ce sandwich de nutella, je n'en retrouverais pas hors des coins touristiques.
Je me connecte a mes emnails dans un cyber cafe ou le patron met en marche son groupe electrogene, iln'y a pas de courant a cette heure a Pokhara, comme d'habitude. Au Nepal, les villes ont peu d'electricite, un peu le soir mais la journee c'est rare. Je quitte l'accueillant Hotel The Wood Pigeon
(+977 61 461994 - ghimirehari!
yahoo.co.in) de Notrh Lake et rejoins l'hotel Green View de Damside tenu par un couple de petite vieux tres sympas.
Le patron nous raconte les actions du mouvement maoiste, tortures, meurtres, vols, c'etait une guerilla violente il y a a peine quelques annes, ils sont craints et tout le monde ferme son magasin lorsqu'ils annoncent une greve.

adope suite a 5 euros ^^
Je fais quelques magasins en curieux dans un quartier populaire l'apres midi, certain pleins de copies DVD de films recents, de logiciels tous pirates, d'autres de copies de chaussures ou de vetements de marque, ca me rappelle Paramaribo au Suriname, c'est bon comme chez moi dis !
Toutes les photos c'est ici !
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Envoyé par Bruno dans
Une nouvelle route le 1/18/2010 10:09:00 AM