Valencienneset du Hainaut- Cambresis Üniversitesi'nin (Fransa) 14-16 Nisan 2011 tarihlerinde düzenleyecek olduğu uluslararası ve çokdisiplinli "Kuzey Anadolu: Antik Dönemden Günümüze Kimlikler ve Ülkeler" adlı sempozyumun ilanı ve başvuru formu aşağıdadır.
Appel à communication
Symposium international et pluridisciplinaire
Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis
CALHISTE (EA 4343)
Le nord de l’Anatolie :
Identités et territoires de l’Antiquité à nos jours
14-15-16 avril 2011
L’Anatolie comme objet d’étude a intéressé les archéologues, les historiens, les géographes, les sociologues et de nombreux chercheurs d’autres disciplines, car c’est un espace à l’histoire riche et complexe, qui a vu se succéder depuis l’Antiquité de nombreux peuples comme les Hittites, les Phrygiens, les Lydiens, les Grecs, les Perses, les Romains, les Byzantins, les Turcs seldjoukides et ottomans. Cet espace, cœur de l’Empire ottoman et de la République de Turquie, a donné lieu à de nombreux ouvrages sur ses ressources naturelles, les minorités qui le peuplent, ses vestiges archéologiques.
L’objet de notre symposium n’est pas de faire une synthèse sur l’Anatolie dans son ensemble, car pour l’Antiquité, des ouvrages existent déjà comme L’Asie Mineure et l’Anatolie d’Alexandre à Dioclétien IVe siècle av. J.-C./ IIIe siècle ap. J.-C. (Paris, 1995) et l’Anatolie hellénistique de l’Egée au Caucase (334-31 av. J.-C.) (Paris, 2003) de Maurice Sartre, les ouvrages de Stephen Michell Anatolia. Land, men and gods in Asia Minor. Vol. I : The Celts and the impact of Roman rule ; Vol. 2 : The Rise of the Church, (Oxford, 1993), de Pierre Debord, L’Asie Mineure au IVe siècle (412-323 a.C.). Pouvoirs et jeux politiques (Bordeaux, 1999) et le colloque organisé en 2005 à Tours par Hadrien Bru, François Kirbihler et Stéphane Lebreton et publié sous le titre de L’Asie Mineure dans l’Antiquité. Echanges, populations et territoires (Rennes, 2009). Enfin, nous pouvons citer le projet d’Atlas historique et archéologique de l’Asie Mineure antique, initié par Hadrien Bru et Guy Labarre à l’Université de Besançon.
L’objet de ce symposium est de ce concentrer sur une région, le nord de l’Anatolie, qui n’est pas la région plus connue, ni la plus étudiée car elle apparaît parfois comme un angle mort ou comme une zone de confins.
Nous souhaitons mettre en lumière les particularismes d’une région peu traitée par les travaux scientifiques jusqu’à présent. Dès l’Antiquité, il s’agit en effet d’une région des marges : c’est une périphérie de l’Empire hittite, difficile à tenir à cause de la présence des Barbares Gasgas. Lorsque la colonisation grecque se développe sur les côtes de la mer Noire, c’est par la mer que se fait l’installation, et les contacts avec l’arrière-pays sont assez limités, ce qui a permis aux Grecs de ne pas sentir trop durement la domination lydienne, puis perse après 546 av. J.-C. La région suscite néanmoins des convoitises, puisqu’en 437 av. J.-C., Périclès lance une expédition en mer Noire afin de faire rentrer les cités grecques dans l’alliance athénienne, et sûrement de sécuriser l’approvisionnement en grains d’Athènes.
L’éloignement d’un pouvoir perse en difficulté pousse les cités grecques du nord de l’Anatolie à s’organiser, comme c’est le cas entre Sinope et Héraclée lors du passage de Xénophon et du reliquat des Dix-Mille en 401, puis plus tard dans les années 360-340 av. J.-C. Le nord de l’Anatolie a bénéficié de son éloignement des zones de conflits lors des conquêtes d’Alexandre le Grand : il n’a jamais été conquis, et même après la mort d’Alexandre, il a échu à son ancien secrétaire, Eumène de Cardia, à charge pour lui d’aller le conquérir. Au moment des guerres des Diadoques, une bonne partie du nord de l’Anatolie s’est trouvée en dehors des royaumes hellénistiques ainsi constitués, et au IIIe s. av. J.-C., certaines cités comme Héraclée ou Sinope sont de véritables cités indépendantes sur le modèle de Rhodes. Par la suite, des royaumes se mettent en place au nord de l’Anatolie : le royaume de Bithynie et le royaume du Pont. Au Ier s. av. J.-C., la région va subir les guerres mithridatiques, conflits qui ont opposé Rome au dernier roi du Pont, Mithridate VI Eupator, considéré comme le plus grand ennemi de Rome devant Hannibal. A la fin de la République, une bonne partie du nord de l’Anatolie appartient à la province de Bithynie-Pont, et tout le nord de l’Anatolie est provincialisé sous l’Empire et se maintient dans l’empire byzantin jusqu’à l’arrivée des Turcs seldjoukides au XIe s. Le nord de l’Anatolie se caractérise par la présence de colonies génoises et par le maintien de l’Empire de Trébizonde jusqu’en 1461.
Une fois ottoman, le nord de l’Anatolie est une zone où le peuplement grec et le peuplement arménien sont très forts, comme il est possible de le voir dans les statistiques de Vital Cuinet à la fin du XIXe s. C’est l’attrait commercial de cette zone qui avait incité les puissances étrangères à ouvrir des consulats sur les côtes de la mer Noire au début du XIXe s. (Sinope, Héraclée du Pont, Trébizonde).
La première guerre mondiale marque une rupture dans cette zone, car elle est mise en lumière dans de nombreuse actions symboliques : c’est du nord de l’Anatolie que Mustafa Kemal se lance à la reconquête de la Turquie (appel de Samsun 19 mai 1919), et après 1923, les Grecs pontiques sont contraints de quitter la République de Turquie, alimentant ainsi une nostalgie littéraire et des groupes de pressions politiques en Grèce. Le nord de l’Anatolie garde son importance à l’époque kémaliste, puisque c’est à Kastamonu qu’Atatürk lance sa réforme des chapeaux en août 1925, et à Sinop sa réforme de l’orthographe en septembre 1928.
Le nord de l’Anatolie s’inscrit ensuite dans la grande région de la mer Noire, Kara Deniz, région à l’identité très marquée par ses montagnes, ses paysages verdoyants (uniques en Turquie où le climat méditerranéen domine), la culture de la noisette et du thé, les populations lazes et hemşi aux particularismes culturels très marqués. Pour les Turcs, il s’agit d’une région à part, dont on se moque volontiers par le biais de plaisanteries sur les Karadenizliler.
L’objet de ce symposium international et pluridisciplinaire est de réunir des spécialistes en histoire, géographie, sociologie, archéologie et littérature pour définir les particularismes culturels, politiques et territoriaux de cette région, et revisiter les clichés actuels ou hérités de l’historiographie de chacune des disciplines. Il donnera lieu à une publication rapide.
La définition de l’originalité du nord de l’Anatolie se fera autour de quatre thèmes transversaux :
1. La singularité géographique d’une très grande région, du détroit du Bosphore à la Géorgie, tournée vers le bassin de la mer Noire plutôt que sur l’Anatolie. Les articulations de cet espace avec les espaces voisins (Caucase, Balkans, autres rivages de la mer Noire) seront à prendre en compte.
2. La volonté, de l’Antiquité au XXe s., de constituer un Etat dans cette région, qu’il s’agisse du royaume du Pont, de l’Empire de Trébizonde ou du projet de constitution de la République du Pont en 1918-1919. La brièveté de vie de ces Etats et leurs rapports avec un pouvoir central concurrent marquent particulièrement ces expériences.
3. Le caractère pluriethnique et pluriculturel de la région de l’Antiquité à nos jours. Le morcellement géographique de la région et la constance des divisions administratives permettent une étude de ce phénomène y compris aujourd’hui.
4. Les échanges. A l’époque archaïque, la mer Noire était un lac « milésien » et de nombreuses colonies grecques comme Sinope ou Héraclée du Pont ont été de grandes cités commerçantes jusqu’à la conquête romaine. La mer Noire, et son littoral turc ont été convoités pour le commerce, du XIIIe au XIXe s. par les Génois, les Russes, les Français, les Anglais, les Allemands … Aujourd’hui, la zone de coopération économique des pays riverains de la mer Noire montre l’importance stratégique du nord de l’Anatolie.
Contact :
Claire BARAT
Maître de conférences en histoire ancienne
Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis
FLLASH – Département d’histoire
Campus du Mont-Houy, B.P. 311
59 313 Valenciennes – France
E-mail : Claire...@univ-valenciennes.fr
Tel : (00 33) (0)6 75 37 50 87
Réponse souhaitée pour le 20 octobre 2010
Fiche d’inscription
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Le nord de l’Anatolie :
Identités et territoires de l’Antiquité à nos jours
14-15-16 avril 2011
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Claire BARAT
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Campus du Mont-Houy, B.P. 311
59 313 Valenciennes – France
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Tel : (00 33) (0)6 75 37 50 87