ohlala Câlinou, on sent tellement de souffrance dans ton message... Ca fait mal...et ca me renvoie si longtemps en arrière....
Pour te rassurer, j'ai envie de te dire que j'ai commencé à 5 ans et "arrété" à 35. Mais je reste fragile et chaque moment gagné est un bonheur pour moi....
Lorsque je te lis, je sens tellement de souffrance que j'ai envie de te prendre dans mes bras, de te câliner.... Mes parents ont eu le même discours et m'ont obligé à porter les cheveux très très courts.....tellement courts que je ne pouvais les attraper et j'ai pris connaissance que d'autres personnes avaient le même problème que moi, lorsque j'ai eu 30 ans environ... Jusque là, difficile voire impossible de lier des contacts sereins, d'avoir une vie étudiante normale....
C'est lorsque j'ai enfin entamé un travail sur moi-même que j'ai réussi à diminuer puis à arrêter. Cela n'a pas été facile du tout et c'est notamment grâce à ce forum (dans son ancienne version) que j'ai progressé jusqu'à être capable d'aller voir quelqu'un, et d'avancer significativement dans mon souci.
Sur l'ancien forum, des discussions très très intimes avaient lieu où l'on décrivait comment on arrachait notamment. Il existait (mais je crois qu'elle a été ramené ici) une thérapie en 5 semaines qui a aidé beaucoup de gens. Lors de nos discussions, beaucoup de techniques d'aides ont été décrites.
Personnellement, j'avais 2 types d'arrachage : un arrachage "régulier" qui avait lieu à toute heure (mais pas en dormant, et peu dans mon lit) et devant n'importe qui et des crises qui avaient souvent lieu le vendredi ou le samedi soir tard devant la télé. Ces dernières pouvaient durer très longtemps et avait un impact direct sur ma chevelure. Alors que lors de "l'arrachage régulier", je faisais comme attention à répartir mon arrachage sur tout mon crâne même si certaines zones étaient clairement mes préférées. J'étais bizarrement persuadée que le résultat de cet arrachage là ne se voyait pas. Même si j'ai appris depuis que si !
En fait, j'ai commencé par savoir repérer quand j'allais entrer en crise, ce qui les générait... et donc j'ai réussi à les éviter. Ca m'a donné beaucoup de forces pour continuer et aller presque jusqu'au bout. Maintenant, si je passe la main dans les cheveux et qu'il y en a un qui tombe, je n'arrive toujours pas à résister mais c'est tellement moins souvent qu'avant....et puis surtout, je n'ai plus ces moments où je n'avais plus que ca dans la tête, où je n'étais plus capable que de ca, où j'étais bloquée dans mon comportement à cause de ca.... Je suis capable d'avoir des projets et de les mener à bien... Bon, j'ai encore beaucoup de travail notamment à cause de la procrastination mais bon, on avance toujours...
Déjà, je voudrais que tu saches qu'on évolue toute sa vie et qu'on peut/qu'on doit travailler sur son comportement jusqu'à son dernier souffle. Et que c'est comme ca que tu y arriveras. Mais aussi qu'en "vieillissant" on se connait de mieux en mieux et qu'on est donc capable de réagir de façon de plus en plus appropriée... Lorsqu'on est enfant, ado, on a l'impression d'un trou, d'un travail tellement immense qu'on ne sait pas par quoi commencer. Mais peu à peu, on apprend à modifier doucement quelques comportements, quelques habitudes et l'on se rend compte des bienfaits, des améliorations que cela peut nous apporter. Il faut apprendre à se regarder, à prendre du recul et peu à peu, le chemin se fait.
D'autres personnes du groupe sont sur le chemin de l'arrêt. Certaines sont en pause, d'autres avancent doucement, et d'autres encore vont très vite d'un coup. Tu as déjà fait un vrai bon pas en adhérant à ce groupe. Un autre avec ce message. Ca va venir mais ne te demande pas trop, pas tout d'un coup. Tu es sur la route. Allez, ne lâches pas et on est parti.
Plein de courage pour toi et pour ceux et celles qui nous lisent.
Catherine