Les Pleureuses(texte d'Amoulio)

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Dja Paul

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May 22, 2012, 12:30:51 PM5/22/12
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Compléments sur "Les Pleureuses"!

1. de WIKIPEDIA:
Pleureuse dans l'Égypte antique

Figure de pleureuse,
Musée du Louvre

Dans les cérémonies funéraires, les pleureuses, par leurs cris et les versets scandés, rythmaient le transport de la dépouille vers sa dernière demeure.

Isis, lorsqu'elle veille sur la dépouille mortelle de son frère Osiris, est représentée en pleureuse se lamentant les bras levés au ciel ou sous la forme d'un milan.

Pleureuses, fresque figurant dans une tombe.

Quatre pleureuses divines sont associées aux quatre génies divins, gardiens des organes vitaux momifiés du défunt :
Isis, protège le foie, avec Amset ;
Nephtys, protège la rate, avec Hâpi ;
Neith, protège les poumons, avec Douamoutef ;
Serket, protège l'intestin, avec Kébehsénouf.

2. d'un DICTIONNAIRE:
PLEUREUR, -EUSE, subst. et adj.
A. − Substantif
1. Personne engagée pour pleurer et se lamenter avec ostentation lors des veillées funèbres et des funérailles. Des pleureuses, agenouillées et la main placée en signe de deuil sur leur chevelure bleue, se retournaient vers les catafalques (Gautier,Rom. momie, 1858, p.175).Les irisations que les siècles (...) ont su donner aux petites urnes de verre qu'on enfermait dans une tombe, pleines de larmes versées par les pleureuses funèbres (Arts et litt., t.1, 1935, p.84-16):
. Ce fut le signal d'une épouvantable scène de cannibalisme. Le corps des esclaves n'est pas protégé par le tabou comme le cadavre du maître. Il appartient à la tribu. C'est la menue monnaie jetée aux pleureurs des funérailles. Verne,Enf. cap. Grant, t.3, 1868, p.138.
Rem. Dans l'Antiq. gr. et romaine il s'agit essentiellement de femmes qui en faisaient une véritable profession. Dans certains pays méditerranéens, d'Afrique ou du Moyen-Orient, cette coutume s'est perpétuée jusqu'au début du xxes. et survit encore de nos jours de manière très localisée; le rôle est dévolu aussi bien à des hommes qu'à des femmes, la fonction n'est pas toujours rémunérée mais est assumée comme un droit ou un devoir par certains membres de la communauté.
2. Péj. Personne qui se lamente sur la mort, sur la destinée de quelqu'un, qui éprouve un chagrin de convenance. Hugo a pour pleureurs officiels Sardou, qui n'allait jamais chez lui, et Dumas, qui disait à Lavoix que Hugo était l'homme qu'il méprisait le plus (Goncourt,Journal, 1885, p.457).Veuve professionnelle, elle ne s'occupait jamais de rien dans la maison (...) Elle n'intervenait qu'en qualité de pleureuse: lors des visites au cimetière ou des messes de fondation (H. Bazin,Qui j'ose aimer, 1956, p.20).
3. Personne qui pleure, qui éprouve un réel chagrin. Étonné, effrayé de soi, très doucement, il écarta la pleureuse et la mena par la main vers sa tante (Adam,Enf. Aust., 1902, p.282).Au milieu d'eux passa une femme qui sanglotait. Et le puissant Lavisse fit un mouvement de tout le corps, la suivit avec stupeur. Quelle était cette pleureuse? C'était Maria, l'amie de sa jeunesse, qui seule sanglotait (Barrès,Cahiers, t.6, 1908, p.311).
4. Pop. Personne dont le comportement affligé peut faire croire qu'il est proche du défunt. Larme-à-l'oeil? Mais il est pleureur à la Madeleine. Il suit les enterrements de première classe. Je me crois morte toutes les fois qu'il me regarde (Maupass.,Contes et nouv., t.2, Yvette, 1884, p.500).
B. − Subst. et adj.
1. (Personne, enfant) qui pleure facilement, à tout propos. Marmot pleureur. Armand-Louis tette quand il veut (...) Mais j'ai peur que le travail des dents ne commence, et que tu ne le trouves bien criard, bien pleureur (Balzac,Mém. jeunes mariées, 1842, p.302).Elle me quitta en pleurant, bien que ce fût pour un mari excellent, d'une belle figure, d'une grande probité, intelligent et riche par-dessus le marché, société bien préférable à celle d'un enfant pleureur et fantasque (Sand,Hist. vie, t.2, 1855, p.282).Je ne suis pas si grognon que cela, fait remarquer Marcel, puisque je laisse partir cette lettre. C'est Camille qui est une pleureuse et qui ne veut pas me dire ce qu'elle a et pourquoi elle pleure (Tharaud,Enf. perdus, 1948, p.127).
− Adj., au fig. [En parlant d'un créateur, de son oeuvre] Qui est enclin à la tristesse, larmoyant. Il y a beaucoup de sensiblerie [dans les Mémoires de Brissot]. Le Brissot est du genre pleureur; mais chez lui tout est lourd, déclamatoire, sans naturel (Balzac,OEuvres div., t.1, 1830, p.629).Je ne sais si je m'égare sur la portée réelle de cette biographie, si pleine d'enfance, si pleureuse et qui suscite de tels mouvements populaires (Barrès,Pays Lev., t.1, 1923, p.103).
− P. métaph. Notre ciel est pleureur, et le printemps de France, Frileux comme l'hiver, s'assied près des tisons (Gautier,Poés., 1872, p.300).Il sort, il va humer cette belle pleureuse, la terre après la pluie (Montherl.,Encore inst. bonh., 1934, p.691).
2. Adj. [En parlant du comportement, des sentiments de qqn] Qui est empreint de larmes, qui s'attendrit facilement. Ton pleureur; figure pleureuse. Élio était fort original; c'était une espèce de petit sauvage. Ne riant jamais que d'un rire sardonique, voix pleureuse, air maussade (Michelet,Mémor., 1822, p.204).Les gens peu sensibles (...) tombent dans l'air pleureur, quand absolument ils veulent être tristes (Stendhal,Rossini, t.2, 1823, p.29).Ma mère était une de ces femmes qui accablent leur mari et leurs fils d'une tendresse pleureuse, exigeante et molle: elle a empoisonné mon enfance (Nizan,Conspir., 1938, p.220).
C. − P. anal.
1. Adj. [En parlant d'arbres, d'arbustes] Dont les branches retombent, s'inclinent vers le sol. Charme, cyprès, frêne, mélèze, orme, tilleul pleureur. Un cénotaphe bien simple, ombragé par un saule pleureur, et placé sur le bord d'un ruisseau, attira mon attention (Jouy,Hermite, t.5, 1814, p.259).À l'ombre d'un arbre pleureur, un vire-vire tournait ainsi qu'un moulin à prières (Arnoux,Écoute, 1923, p.190).
− P. anal. Voilà des cheveux pleureurs, défrisés, qu'il faut tout à l'heure brosser longtemps pour leur rendre leur couleur de castor brillant (Colette,Vagab., 1910, p.14).
2. Substantif
a) Subst. masc., ZOOL. Singe du genre Sapajou dont le cri ressemble à la plainte d'un enfant qui pleure. Des chimpanzés? Il n'y en a pas dans mon cercle! Vous aurez vu des singes verts, des pleureurs, des cynos [cynocéphales], ce que vous voudrez (Genevoix,Routes avent., 1958, p.185).
b) Subst. fém., HIST. DU COST. Sorte de manchette de toile blanche que l'on portait lors des premiers temps du deuil. (Dict.xixeet xxes.).
REM.
Pleureux, vieilli, région. et péj., var. de pleureur. (Celui) qui pleure facilement, qui semble toujours sur le point de pleurer. J'avoue avec franchise Que je héis [hais] à la mort ce pieux fils d'Anchise, Un bedeau sous l'armure, un jocrisse, un pleureux (Pommier,Crâneries, 1842, p.61).L'homme tourna la tête. Il avait un oeil pleureux, une fistule comme un gros bouton rouge et, avec sa veste qui montrait la corde et son pantalon fendu sur les chevilles, la façon à peu près d'un honnête coupeur de bourse (Pourrat,Gaspard, 1925, p.106).


De : jacques 
À : ray 
Envoyé le : Mardi 22 mai 2012 5h32
Objet : FW: Les Pleureuses(d'Amoulio)

Les Pleureuses
Par Jacques Casimir (Pasteur D'Amoulio)
                                                                                                                                                            &a mp;a mp;a mp; ;am p;nb sp;                            maj

       Haïti a tellement versé de larmes que l'on ne s'explique pas comment l'île ne fut  pas déjà engloutie par le déluge des pleurs de ses fils. Miracle direz-vous!  Foutaise ! Nous croyons tellement en dieu, que des fois, nous nous demandons, si lui, Il croit en nous. Comme je suis toujours sur la route à la recherche de notre mémoire authentique, s'Il arrive en mon absence, posez-Lui la question et vous me le ferez savoir ! Entretemps, les larmes d'Haïti sont vraiment sincères. Le nom de mon pays d'origine, s'y trouve associé à ce texte par hasard. Mais l'Histoire des larmes que je veux vous entretenir, a rapport, de préférence, aux pleureuses professionnelles de l'Afrique ancestrale.
      Déplaçons-nous à présent vers la terre mère, l'Afrique, à la recherche de l'origine de cette tradition. Avant, devons-nous situer ce qui se passait dans l'Amérique précolombienne. Selon les documents, le codex de Mendoza qui expliquait les habitudes, mœurs et coutumes des indiens, il n'en fait nullement mention de la tradition des pleureuses. Le Popol Vuh, «Livre du Conseil  ou  Livre de la Communauté», est un texte constitutionnel Maya rédigé en Quiché bien avant que le pilleur et génocidaire Christophe Colomb arrive en Amérique. Contrairement à ce que disent les historiens européens qui situent le Popol Vuh à l'époque coloniale, le qualifient de texte mythologique, c'est le document le plus important dont nous disposons sur la civilisation Maya. D'autres documents consultés ne font pas non plus mention de la tradition des pleureuses chez les indiens d'Amérique.
      Les pleureuses, sont des femmes dont on loue les services pour «soutenir en larmes » les familles éplorées, en Afrique, lors de certaines cérémonies funéraires. Des femmes louées pour donner un caractère beaucoup plus triste à la cérémonie, moyennant rémunération.
     Selon la tradition africaine, plus qu'il y ait de gens qui pleurent lors des funérailles, cela prouve que le défunt était aimé de sa famille et de la communauté, que sa disparition cause une grande perte. C'est un signe de prestige.
     J'ai eu à écrire, que tout homme mérite de vivre dans le respect et la dignité, que  tout homme mérite mémoire pour ce qu'il a vécu. (VOIR ma chronique Le chemin des origines.) Certains historiens prétendent que cette tradition est arrivée en Amérique avec l'esclavage. Nous allons voir comment nos frères africains vivent cette tradition qui nous a été transmise en héritage.
      Aboubacar Bakari le grand empereur du Mali qui a fait la traversée en Amérique, avait embarqué des pleureuses lors de son voyage, soit de 257 ans avant l'arrivée de Christophe Colomb. ( Voir ma chronique Qui a découvert quoi) REF: Le grand voyageur et géographe tangérois Ibn Battuta séjourne au Mali en 1352-1353, il visite Tombouctou, et laisse une passionnante description de son périple. Auteur Ibn Battuta Titre Le Pays des Noirs (1357), Anthropos, Paris, 1969
      En Afrique du nord, on appelle les pleureuses El hazniate  ou El Hjaniyè en hébreu. Toutes vêtues de noir, en robe ample et les bras entièrement couverts, elles s'asseyaient à proximité du corps étendu, à même le carrelage et s'adonnaient parfaitement à l'art du simulacre, n'hésitant pas à hurler ou à se griffer le visage jusqu'au sang pour la perte d'une personne qu'elles n'ont jamais vue et pour laquelle elles n'éprouvent aucune peine. REF Journal Le Matin d'Algérie, parution du 27avril 2012 Titre Le drapeau noir du RCD ET nos brouettes pleureuses,  un article dénonçant les manœuvres des politiciens algériens. Donc, voilà une preuve de la tradition des pleureuses, ancrée dans les mœurs africaines du nord au sud et dans la nôtre.
      Nous traversons la frontière imposée par les colons pour nous rejoindre au Mali ou la tradition des pleureuses est aussi vieille que le monde. Les Griots (historiens) et les pleureuses sont les gardiens de la mémoire qui nous a été léguée.
     Toujours à la recherche de notre mémoire, poursuivons notre route avec d'autres historiens. «En pays (Congo), au village de Bwayla, dans la région du Katanga. Après l'annonce d'une mort dans la communauté, les gens se réunissent. Certains pleurent, d'autres rient ou encore, content des anecdotes sur le défunt en buvant un thé de gingembre, et des boissons alcoolisées». Cela nous rappelle quelque chose en Haïti... «La famille se réunit en scandant des prières et des incantations pour l'âme du défunt. Ce sont des chansons que tous reprennent en cœur : Nalimo kuti mfwe bwangu pakyalo  Traduction : Une de ces souffrances qui justifie la mort, c'est la solitude». REF: Auteur Léon Verbbek. Titre Pleureuses du Luapula-Moëro: Mélopées funèbres du Sud-Est Katanga REF:Auteur V.Turner Titre The drums of affliction: a study of religious process among the ndembu (Oxford Clarendon Press 1968).
       Citons l'auteur Marius Kouassi, lors de la prestation d'une dizaine de pleureuses environ, lors d'une veillée funèbre, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, à Barouhio, village communal de Gagnoa. «Quand elles n'arrivent pas à émouvoir le public, elles poussent leur prestation à l'extrême. Parfois, elles s'arrachent les cheveux, se griffent le visage, se frappent la tête contre le mur. Il est rare qu'après ces exploits, l'assistance reste indifférente». REF Auteur Selay Marius Kouassi. Titre Pleureuses professionnelles (Abidjan2011)
       Encore un autre : «En arrivant dans le village de kizenga en Zambie, des pleurs et des lamentations au cri de Madila Kampela yoo Kyalemalema «Je pleure Kampela, ou Je pleure mon fils Kampela», se firent entendre. Tout à coup les voisins arrivent de partout pour vider la maison et apporter des chaises. D'autres femmes s'activent pour apporter le gingembre, la cannelle et tous les ingrédients nécessaires pour le thé de la veillée. On se croirait en Haïti, à Bahia au Brésil, aux Antilles où les traditions sont les mêmes. Selon la tradition, ce sont des filles d'âge mineur qui doivent apporter la nouvelle aux pleureuses. A ce moment, ces dernières s'activent pour se présenter à la famille, prendre des arrangements financiers et se préparer pour la cérémonie du deuil.  REF M.Gluckman Titre Essays on the ritual of social relation Manchester: Manchester University Press (1962 England ) REF History of the mweru Luapula Area 1940 University of Zambia Series 1974-1975 n.2 to 4
      Au Cameroun cette tradition continue dans les grandes villes où des amis engagent des pleureuses professionnelles pour soutenir en larmes la famille éplorée. C'est un signe de respect. Les larmes c'est de l'argent. Dans les villages où le rituel est plus ancré, aucun bruit ne doit être entendu pendant les invocations du dernier voyage, le village entier se recueille et après la cérémonie, c'est le Ngumba chef des sociétés secrètes qui autorise aux pleureuses de commencer leurs lamentations. De l'Éthiopie au Ghana, de l'Algérie à l'Afrique du sud et de Madagascar au Nigéria, les pleureuses atteignent toujours leur but final : faire pleurer la foule.
       Vous venez de voyager avec moi en plein cœur d'une tradition qui ne nous est pas étrangère. Pied à terre, le voyage est terminé. Mais avant de descendre, je vous laisse un proverbe en héritage qui vous fera méditer :
Une vraie pleureuse ne se trompe jamais de funérailles.  Amen
Jacques Casimir (Pasteur D'Amoulio)
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