Haïti et sa dette nationale et internationale ainsi que son socle de richesse potentielle.
Par Jean Hervé Charles
Jusqu'à la date de la parution du livre : Pour le Pays pour la patrie, une vision de société qui rendra Haïti riche, puissante et indépendante, autour du mois de Juin 2017, la dette nationale et internationale d’Haiti se situe dans les environs de 3 milliards de dollars US ou 200 milliards, 61 million et 650 mille gourdes. Cette somme est divisée entre 58 milliards de gourdes, ou (928 million de dollars) qui représente la dette interne et 141 million de gourdes, (2.04 billion de dollars) la dette externe. Cette valeur est très infirme si nous comparons Haïti avec les autres pays de la Caraïbe qui sont en général submergés par les dettes externes et internes. A titre d’exemple, l’ile de Porto Rico se trouve en pleine faillite avec une dette de 96 milliards de dollars pour une population de 3.5 million d’habitants.
Cette situation insolite de pays solvable qu’Haïti partage avec la Guyane anglaise dans la Caraïbe a un double tranchant puisque ces deux pays sont aussi les plus pauvres de la région pour des raisons similaires, de corruption, de manque de sentiment d’appartenance entre les citoyens et de la mauvaise utilisation des ressources humaines et naturelles.
Haïti a cause de sa situation d’extrême pauvreté et des calamités qui se sont abattus sur le pays, a eu sa dette externe effacée en deux reprises. Les États Unis à travers son Congrès ont orchestrée le Jubilée Debt Campaign un effacement de la dette externe d’Haiti en 2010 qui accusait lors le montant de 1.25 billion de dollars. Le Venezuela l’un des plus grands créanciers d’Haiti a cause du programme Petro Caribe a aussi effacé 395 million de ses dettes après le tremblement de terre du 12 Janvier 2010.
Cependant la culture de corruption et le manque de sens de vision et de priorités des gouvernements qui se sont établis en Haïti depuis 1956 et surtout après 1986 et 2010 ont causé un gaspillage de l’instrument d’emprunt dans des dépenses ostentatoires et personnelles qui n’ont rien à avoir avec la construction de nation. Aussi après l’effacement de la dette externe, les deux gouvernements qui ont précédé le gouvernement Moise/Lafontant ont joué le jeu de la cigale et la fourmi, chanté sans songer au lendemain.
Haïti a maintenant un service annuel de dette dans l’ordre de 11 milliards de gourdes (158 million de dollars) qui représente une somme bien plus forte que le budget pour l’agriculture, 7 milliard de gourdes,(100 million de dollars) qui constitue le secteur qu’occupe la majorité des citoyens haïtiens surtout dans le monde rural qui vit pratiquement dans la misère extrême.
Donc Haïti va de Sylla à Calibre dans sa formulation de budget, dans ses dépenses et sa projection vers l’avenir. Il faut qu’elle sorte de ce paradigme malsain pour rentrer dans une autre atmosphère de construction de nation, vibrante, riche et prospère pour toujours. Nous proposons deux solutions qui faciliteront cette tache. Tout d’abord comme je l’ai indiqué tout au long de l’ouvrage avec des répétitions à dessein pour que le concept soit bien imbue dans l’imaginaire de chaque lecteur, nous devons construire un budget national qui prend en compte les grandes rubriques de construction de nation à savoir :
a-imprégner le sentiment d’appartenance parmi tous les citoyens,
b- construire d’excellente infrastructure et de saines institutions partout pour que l’Haïtien ne soit plus nomade ni chez ni à l’étranger.
b- s’engager sans lutte interne et sans grognement dans une action affirmative envers le monde rural, le monde des ghettos et la classe moyenne pour qu’ils rattrapent le secteur qui a réussi.
-c. retrouver la mission émancipatrice d’Haiti envers ses propres citoyens et envers les déshérites du monde,
d- passer à la jeunesse la notion que la patrie est une création continue, elle devra parachever l’œuvre des ancêtres pour laisser une Haïti qui soit toujours une lumière sur le boisseau.
Aussi notre dette comme nos déchets représentent une ressource que nous pouvons exploiter. La Norvège est en train d’acheter les déchets des autres pays parce qu’elle a déjà transformé tous ses déchets en énergie électrique. Aussi la dette externe envers le programme de Petro Caribe qui représente 90% de notre dette externe sera convertie en un instrument de création de richesse pour Haïti en appliquant le projet debt swapping for nature ou échange de dette contre la rénovation de la nature, nous pouvons doter le pays d’un fonds souverain qui sera aussi profond et aussi large que celui de Singapour ou de la Chine, proportionnellement, dans l’ordre de centaine de milliard de dollars.
Avec une sollicitation de l’ordre de 200 million de dollars par an des pays Scandinavies (100 millions) et des organisations environnementales (100 million) nous pouvons couvrir toutes les mornes d’Haiti en acajou, en cèdre, en bois d’ébène et de chaine qui rendront Haïti riche comme elle était durant la colonie. La somme de 200 million en dollars US servira à payer notre dette externe annuellement et la même valeur en gourdes nationale fera renaitre la flore d’Haiti.
Notre dette interne envers surtout la Banque de la République d’Haiti et les banques commerciales sur place sera satisfaite par les retombées financières des 10 PPP, les partenariats publics et privées de l’État d’Haiti. Nous avons proposé la reconstruction d’Haiti avec l’instrument de partenariat entre l’État et le secteur privé pour l’aménagement de nos routes, de nos ports, nos aéroports, notre énergie, notre communication, notre irrigation, notre transport etc.… Avec une population de 10 million d’habitants à l’intérieur et 4 million dans la Diaspora qui demande des services, Haïti représente un marché extrêmement intéressant pour tout État et tout entrepreneur qui possède un minimum de vision créative.
Haïti renaitra des ses cendres comme le veut la légende du grand roi Henri Christophe le bâtisseur de notre Citadelle qui adorne la couverture de ce livre.
Et maintenant le socle des ressources humaines, naturelles et végétales d’Haiti.
Les ressources potentielles de la République d’Haiti peuvent être évaluées dans l’ordre de 130 milliard de dollars repartis comme suit :
- 25 milliards en ressource minière comme le cuivre, or, argent, bauxite, carbonate de calcium, pétrole, marbre, iridium, matériaux de construction. Source département des mines d’Haiti.
- 60 milliard de dollars en ressource humaine en Haïti pour une population de 10 million d’habitants totalement productive.
- 40 milliard de dollars en ressource végétale avec le projet d’échange de dette contre nature dédiée dans la plantation de bois précieux comme l’acajou, l’ébène, et le cèdre ainsi que le café et le cacao et les fruits organiques comme la mangue Francis et le baby banana et les produits organiques pour la Diaspora .
- 5 milliard de dollars en ressource humaine de la Diaspora prête à investir en Haïti aussitôt que les dispositions sécuritaires et légales sont réunies
- Le montant total de 130 milliard de dollars représente le socle financier sur lequel repose la République d’Haiti. Ce socle est fait d’airain ou de sable selon que le pays accepte de se doter d’un leadership éclairé ou d’un leadership qui pratique la politique de « nage pou soti » ou l’indifférence ou l’insouciance et du bing bing envers la population haïtienne. Chaque Haïtien devra consciemment faire le choix avec cette capacité divine de choisir le bien ou le mal.