Re: [HaitiConnexion] Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

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Willy Pompilus

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Nov 2, 2012, 9:02:35 PM11/2/12
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Marc
Je suis d'accord dans le sens qu'on doit respecter la vie privée des gens.Mais Jean Dominique et Maryse Condé sont deux celebrités chacune a leur facon  et dans des conditions differentes.Leurs vies ne sont  pas differentes de celles d'Hollywood.Ils sont nos celebrités qui influencent la culture antillaise par la litterature et le journalisme.

J'y  trouve une certaine fascination parce que JeanDo est un homme determiné dans sa quete de redemption pour toute une nation. Maryse est une femme determinée a faire connaitre sa colere de femme .C'est peut etre cette relation   qui a motivé Maryse a prendre la plume pour parler de ses peines , espoirs et deceptions.Ses emotions sont reelles, elle les decrit avec precision et intensité.
Qu'on le veuille ou pas c'est une histoire de passion, une obsession  presque maladive, une recherche d'explication impossible puisque celui qui devrait s 'expliquer n'est plus.Elle n'a pas cherché a lui faire expliquer pourquoi  il s'etait eloigné.Elle se contenta a "agasser" , a provoquer, a parler en Daki ,a "voyé pwen" au personnage general de Jean Do, l'Haitien.La mort de Jean Do  sans un "chita tandé" entre adulte et celle de son fils a rendu ses blessures eternelles.Il n'y a pas de cure pour ces genres de blessures.La rationalité est generique et pas originale. Comme toute histoire passionnelle personne n'est obligée de l'accepter comme verité parce qu'elle n'en est pas une. 
Aujourdh'ui tout le monde peut comprendre les elements d'image derriere ses differents portraits de l'haitien.C'est une condition normale quand l'amour se transforme en demon. Maryse est une femme comme toutes les autres.Quand elles sont blessées ou decues , elles questionnent des parametre qui n'existent pas.
Je t'assure que chez elle , Dennis Boucolon a payé sa part de cette colere etouffée parce qu'il ressemble  trait pour trait a l'homme que Maryse Deteste et aime en meme temps.Sentiments contradictoires sur lesquels elle  n'a aucun controle.Cela doit etre douloureux pour une femme aussi determinée qui se veut forte mais incapable de delimiter  passion, emotion, vengeance, colere  et serenité.Essayer d'imaginer qu'elle se reveille chaque jour  pour voir l'image de l'homme qu'elle aima , peut etre le seul vrai amour de sa vie  mais qui n'est pas a sa portée! Surtout si les choses ne vont pas bien avec son marriage.

"se papa'w ki mete m nan salopri sa
 " Se fout pitit papa'w pou ta yé"
"Ou pran san ingra a kot papa'w"
"Ou pran san ceci , san cela kot papa'w"
" Joumou pa kon donnen kalbas etc
Cette situation  n'est pas une tragedie ni un melodrame ,c'est la condition humaine dans sa complexité.Il faut le voir comme faisant parti de l'existence des celebrités.A mon avis, je crois que cela peut servir  de material pour un long metrage.Les soeurs Haitiennes de Dennis peuvent contribuer a faire connaitre les oeuvres de ce derniers avec une fondation Jean Do-Dennis.La memoire peut servir de lieu de rassemblement et de transcendence .On ne peut pas enterrer de si belles memoires en refusant  d'en parler par respect pour le privé.
 
Willy Pompilus
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From: Prince Marc <marcpr...@yahoo.fr>
To: "grands...@yahoogroups.com" <grands...@yahoogroups.com>; "DEBANA...@yahoogroups.com" <DEBANA...@yahoogroups.com>; Haiti Connexion <haitico...@yahoogroups.com>; Haiti Nation <haiti-...@googlegroups.com>; forumculturel <forumc...@googlegroups.com>; "5rg...@yahoogroups.com" <5rg...@yahoogroups.com>
Sent: Friday, November 2, 2012 5:13 PM
Subject: [HaitiConnexion] Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

 
Chère Madame Sept, 

Si c'est si fascinant de déballer la vie des autres, pourquoi ne commencerais-tu pas à nous raconter la tienne? 

C'est si loin Dessalines, 1806 n'est pas 2000. Il parait que tu n'arrives pas encore à comprendre ou que tu n'acceptes pas que Jean Do avait une femme, des enfants, des petits-enfants (peut-être) qui aujourd'hui encore sont les premiers concernés sur sa vie privée. 

Madame Condé peut venger sa blessure d'amour-propre à sa manière, mais je ne saurais me frotter les mains devant ce drame familial. Si d'aventure j'aurais un frère ou un fils (qui sait?) non reconnu, j'aurais préféré qu'il cherche à me rencontrer, que nous discutions autour d'une table. En frères ou père-fils, mais non pas dans les journaux, sur un forum, voire un tribunal. 

Les affaires de familles sont des affaires privées, je dirais même intimes. 

A quand donc la publication des "Aventures de L. Sept"?

Marc

De : L. Sept <letiti...@yahoo.com>
À : "grands...@yahoogroups.com" <grands...@yahoogroups.com>; "DEBANA...@yahoogroups.com" <DEBANA...@yahoogroups.com>; Haiti Connexion <haitico...@yahoogroups.com>; Haiti Nation <haiti-...@googlegroups.com>; forumculturel <forumc...@googlegroups.com>; "5rg...@yahoogroups.com" <5rg...@yahoogroups.com>
Envoyé le : Vendredi 2 novembre 2012 14h12
Objet : [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

 
Cher Marc,
 
deux de ces personnages, Jean L. Dominique et son fils, Denis Bocoulon,
sont desormais des personnages historiques et a ce point les histoires de leurs vies deviennent parties de patrimoine culturel a honorer, pour le meilleur et pour le pire, si pis il y en a.
 
Quant a Mme Conde, son immense oeuvre litteraire a fait d'elle partie du patrimoine et elle est celle qui a inaugure cette belle histoire.
 
Jusqu'ici, il n'y a rien a cacher, et l'entrelacement de l'histoire de la vie de notre plus celebre journaliste masculin de l'histoire a celle de l'une des plus grandes figures feminines de la litterature antillaise en fait un histoire plus interessante que n'importe quelle fiction.
 
De Jan Dominique, nous avons appris avec bonheur que Jean Dominique a passe au moins un moment de pere a fils avec Denis: c'est fantastique!
Nous avons appris avec peine que Denis n'est plus. Pour Maryse Conde, c'est une histoire des plus douloureuse. Moi, qui ai lu certains de ses romans, m'etait arrete de la lire apres La Traversee de la Mangrove pour la facon dont les personnages Haitiens etaient decrits dans ce roman. Maintenant j'ai compris et j'ai recommence a la relire avec plus d'attention.
 
C'est un bonheur immense de voir la photo de Jean Do en compagnie de son fils. J'aurais tant aime lire ce qu'a ecrit Denis Bacoulon.
 
Vous voyez, Marc, il n'y a rien a derespecter ici. C'est fascinant. Malheureusement qu'il n'a pas assez d'auteurs Haitiens a rediger des biographie. Personnellement, je pense que nos grandes figures, et meme les moins grandes. meritent des biographies et des auto-biographies.
 
Par ailleurs, toute relation qui a donne naissance a un enfant n'est plus une histoire privee. Je te laisses une autre histoire paru dans Le Nouvelliste:
L'Empereur Jean-Jacques Dessalines : père de famille à part entière
Le Nouvelliste | Publié le : 2012-10-29
 Kesner Millien, avocat membre du Barreau de Port-au-Prince M. kesner...@gmail.com
.
 
Cordialement,
L. Sept

From: Prince Marc <marcpr...@yahoo.fr>
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Sent: Friday, November 2, 2012 3:01 PM
Subject: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
 
Pourqoui faut-il un autre chapitre? Comme si les personnages publics n'avaient pas une vie privée qu'il faut aussi respecter. 

Te sentirais-tu confortable, si ta vie privée ou celle de l'un de tes proches é©tait déballée sur la place publique?

Ayons le fairplay de souhaiter que les affaires privées demeurent privées. 

Marc

De : L. Sept <letiti...@yahoo.com>
Ã: grandsdebats <grands...@yahoogroups.com>; "DEBANA...@yahoogroups.com" <DEBANA...@yahoogroups.com>; Haiti Connexion <haitico...@yahoogroups.com>; Haiti Nation <haiti-...@googlegroups.com>; forumculturel <forumc...@googlegroups.com>; "5rg...@yahoogroups.com" <5rg...@yahoogroups.com>
Envoyé le : Vendredi 2 novembre 2012 12h00
Objet : [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
 
Rien a ajouter a cette histoire fascinante sinon qu'attendre un autre chapitre encore plus captivant.

From: "haiticon...@yahoo.com" <haiticon...@yahoo.com>
To: HaitiCo...@yahoogroups.com
Sent: Thursday, November 1, 2012 12:35 PM
Subject: Maryse Condé - La deuxième cloche
 
Par Jan J. Dominique (Fille aînée de Jean Dominique)
Ce que j'en sais
Le Nouvelliste | Publié le : 2012-10-30
Jean et Denis à Milot
Jean Dominique et Denis Boucolon à Milot en vacances en Haïti
 
CE QUE J'EN SAIS
 
Par Jan J. Dominique (Fille aînée de Jean Dominique)
 
            Les écrits restent ! C'est ce que m'avait dit mon père, Jean Léopold Dominique, lors des attaques d'un hebdomadaire contre lui en Haïti. Dans un article, il était écrit que Jean, durant l'occupation, avait vendu ses sÅ“urs à l'Américain. J'avais éclaté de rire et, devant sa colère, j'avais ajouté : « Mais voyons, tu devrais en rire toi aussi. Il suffit de savoir compter pour se rendre compte de la stupidité de cette phrase. Tu es né en 1930. Au départ des Américains tu avais 4 ans. Comment aurais-tu pu vendre tes sÅ“urs à 2, 3, ou 4 ans? » Il m'avait répondu, l'air triste : « Dans cinquante ans, qui se souviendra que j'avais 4 ans à la fin de l'occupation? On lira que j'avais vendu mes sÅ“urs à l'occupant. Les écrits restent! » C'est cette phrase qui me pousse aujourd'hui à écrire ces lignes. Pour rappeler certains faits.
            Depuis quelques semaines, la Toile gronde de "paroles en pile" concernant Jeando. Plusieurs amis m'ont dit que je devrais réagir. Pourquoi réagir ? Parce qu'une romancière célèbre raconte sa vie et qu'elle parle de lui ? Je suis bien placée pour savoir que souvent les romanciers racontent LEUR vérité. Et, d'après la Toile, le livre de Maryse Condé commence justement en faisant allusion aux vérités biaisées des autobiographies! Je n'ai pas lu ce livre. Mais certaines déclarations sur Internet m'obligent aujourd'hui à rappeler certains faits incompatibles avec ce que l'on raconte sur la Toile.
               Jean, jeune agronome, est parti pour la France fin 1952 avec une bourse de la FAO. Une fois le temps de la bourse terminé, il revient au pays en 1956. Duvalier prend le pouvoir en septembre 1957. Comment aurait-il pu annoncer qu'il rentrait pour mener la lutte contre Duvalier, avant l'arrivée au pouvoir de ce même Duvalier? Beaucoup de gens ont déclaré que Jean était un homme de vision. Cela ne fait pas de lui un devin. Si Jean a cherché un prétexte pour abandonner une femme avec qui il avait une liaison, en 1956 ce ne pouvait être « pour aller lutter contre Duvalier ». Sans bourse d'études, Jean devait rentrer en Haïti, car il n'avait pas de fortune personnelle. Il voulait aussi rentrer pour servir le pays comme agronome. Je sais également, et pour cause, qu'il vivait à Paris avec sa femme, car il était marié. Quand il part pour la France, sa jeune femme était enceinte. Elle accouche en janvier 1953 (c'était moi!) Elle quitte son bébé, trois mois plus tard, pour aller rejoindre son mari à Paris. Rentrée elle aussi en Haïti, je signale qu'elle a mis au monde ma sÅ“ur cadette, en juillet 1957!
              Quant au fait que Jean ait pu abandonner une femme parce qu'elle avait la peau noire, je suis tombée des nues en lisant cette explication (cette interprétation ?). Parce que je ne reconnaissais pas celui avec qui j'ai vécu une grande partie de ma vie adulte. Durant nos discussions en tête à tête, ce que je considérais comme mes moments de formation, il me parlait à cÅ“ur ouvert des tares de notre société, entre autres de ce préjugé de couleur qu'il honnissait, critiquant autant le « mulatrisme » que le « noirisme ». Après la dictature, après 1986, Jean a pu affirmer ouvertement ses positions idéologiques. Ce Jean qui, en 1946, en Haïti, avait fait la grève des étudiants, était devenu, en France, membre du Parti communiste français. Ce qui lui a notamment permis de faire un voyage, avec un groupe d'étudiants, derrière le rideau de fer. A Varsovie, en Pologne.
               Jamais durant toute ma vie je n'ai entendu Jean manifester un quelconque racisme, le moindre préjugé. Ni en paroles, ni dans ses actes. La seule fois qu'il m'a engueulée à la radio, c'est parce qu'il avait cru que je négligeais un reportage sur un groupe paysan : « Mademoiselle trouve que ce n'est pas assez bon pour elle, un dossier sur la paysannerie ?! » Furieuse, j'avais claqué la porte. Lorsqu'il avait appris que je n'avais pas refusé le dossier, mais que je ne l'avais pas diffusé parce que le support était abîmé, il s'est excusé; je lui en ai voulu longtemps d'avoir pu croire que je pouvais me comporter ainsi.
               Jean a consacré une grande partie de sa vie à lutter contre la dictature, les régimes totalitaires, qu'ils soient macoutes, militaires ou même civils. Il aurait pu être riche (le régime macoute lui avait offert de l'argent pour le faire taire), avoir du pouvoir (des camarades lui avaient proposé d'être candidat à la présidence, d'autres au pouvoir lui avaient offert le poste de ministre). Il n'a jamais accepté de dévier de ce qu'il considérait comme son travail et qui était son engagement envers les plus pauvres de notre pays. Cet engagement, il l'a payé de deux exils et d'un assassinat. Nul ne peut le mettre en doute.
                Enfin, sur la Toile, il a été affirmé que Jean n'a jamais connu son fils ! Erreur ! Ils se sont rencontrés. Et plus d'une fois. Ce que Jean m'a raconté est différent de ce qui a circulé. Il m'a dit, alors que j'étais adolescente, avoir un jour reçu une lettre lui annonçant la naissance d'un enfant, qu'il avait eu d'une femme avec qui il avait eu une relation, et ce, 7 ou 8 ans après cette naissance. Vérité ? Mensonge ? J'ignore si cette lettre a survécu à toutes ces années ou à la rafle des livres et des papiers personnels de Jean lors de la répression de novembre 80. Il n'est pas là aujourd'hui pour confesser un éventuel mensonge. Qu'il ait abandonné son fils, s'il l'a abandonné, alors qu'il rêvait d'avoir un fils, aurait été une punition bien sévère. Et s'il a menti à la petite fille que j'étais, ce que je ne crois pas, c'était donc qu'il avait eu honte de cet abandon.
Denis est rentré en Haïti dans les années 70. Il est arrivé, m'a par la suite raconté Jean, très en colère contre son père, car on lui avait raconté qu'il était un macoute, un duvaliériste. Il a été bien surpris en découvrant que ce père se battait contre le régime des Duvalier. J'étais malheureusement loin, je vivais à Montréal, et j'ai regretté de ne pas avoir rencontré mon frère. Sur la photo que j'ai conservée, ils sourient tous les deux dans la cour du palais de Sans Souci à Milot. Je n'étais pas là non plus, en 1981. En exil à New York, Jean avait fait le voyage à Paris au moment de l'élection de François Mitterrand. Et il était dans les rues avec Denis, pour fêter cette prise du pouvoir par les socialistes.
              Puisqu'il est question de rencontres et de faits, je veux rappeler que Maryse Condé, de passage en Haïti en juillet 1987, a été interviewée par Jean. J'étais à Radio Haïti et je n'avais pas eu l'impression qu'il existait la moindre tension entre ces deux êtres. Ni une telle animosité chez la romancière.
Je ferai silence sur la mort de Denis et les larmes du père qui n'avait su maintenir un lien serré avec lui. Car, entre-temps, Jean avait continué sa lutte. Il y eut un premier exil, puis les Duvalier partirent. La dictature tombée, il continua à dénoncer l'exclusion de la majorité de la population, les magouilles des politiciens, la corruption, les écarts inacceptables entre les possédants et les plus pauvres. Toutes ces choses et les autres qui ont pris toute la place dans sa vie, nous privant parfois de sa présence, de son attention, toutes ces choses qui ont conduit à un 3 avril 2000, à la décision de ceux qui ont engagé des tueurs pour le faire taire.
Jean est mort. Denis est mort. Mon père et mon frère sont morts. Ce qui reste d'eux, c'est leur Å“uvre. Car tous les deux ont été des créateurs. Pour Jean, 30 ans de radio qui ont marqué la société haïtienne. Le journalisme haïtien, le journalisme militant, ne serait pas ce qu'il est sans le travail de Radio Haïti et de celui qui inspirait tous ceux qui l'entouraient et qui imposait le respect même à ses adversaires. Pour Denis, ce sont trois romans qui disent sa souffrance, ses rêves et qui étaient la promesse de l'écrivain qu'il serait devenu si le destin ne l'avait pas écrasé.
              Jean n'a pas besoin d'être défendu. Son Å“uvre le décrit bien mieux que toutes les paroles. Pour Denis, ce que je souhaite, c'est que ses romans puissent enfin être réédités pour que d'autres découvrent le romancier qu'il était. Je n'ai pas connu le frère, j'ai aimé Denis Boucolon, l'écrivain.
 
JAN J. DOMINIQUE
Montréal, octobre 2012
 
 
 
Rodney Saint-Eloi et
 Maryse Condé
Rodney St-Éloi et Maryse Condé
 
 
Par Rodney St-Éloi
 
               Ouessant. Pluies et vents. Vagues tourmentées. Sous la tempête, je m'enferme dans ma chambre et lis La vie sans fards de Maryse Condé.
                J'oublie l'île et les humeurs de la météo. Je plonge dans le livre deux jours avant l'ouverture officielle du salon international du livre d'Ouessant. Sur l'île d'Iroise, je dévore cette autobiographie sans concession. Moi, qui fréquente Maryse Condé depuis plusieurs années, l'auteure et son Å“uvre, je suis entièrement happé par sa trajectoire. Je lis le livre, en attendant Maryse Condé, elle aussi invitée à Ouessant.
J'avais jusqu'ici de Maryse Condé l'image d'une guerrière, celle qui a participé dans les années cinquante à la décolonisation de l'Afrique, l'auteure de Moi Tituba, sorcière noire de Salem et de Ségou (tomes 1 et 2) qui vit entre Paris et New York, professeure à la prestigieuse université américaine Columbia. Le livre change simplement mon regard. J'ai envie de dire : «Respect Maryse».
                  La réputation de Maryse Condé n'est plus à faire. La mythologie est établie. Diva à sa manière, autoritaire, emmerdeuse, désagréable, chialeuse, caractérielle on ne peut plus… Son portrait, à quelques variantes près, souvent pas trop flatteur, fait le tour des cercles littéraires. Ses admirateurs comme ses détracteurs respectent son Å“uvre et l'exigence de cette écriture patiente et risquée. Le dernier scandale est d'avoir abandonné son île, il y a quelques années, après y être retournée pour sa retraite, avec un grand vent de fracas que digèrent mal certains de ses compatriotes. Les rumeurs circulent vite et rentrent au tuyau de l'oreille.
                   La vérité est que Maryse Condé n'utilise pas de gants. Elle dit clairement et vivement sa pensée. Sans ménager quiconque. À commencer par elle-même. Arrivée à l'âge où il n'y a plus rien à cacher, libérée des peurs et des fantômes, elle parvient à se raconter, sans fard. C'est d'abord une écriture fluide, qui éclate miroirs, mensonges et rumeurs. Maryse raconte Boucolon, la fillette de bonne famille, noire élevée comme une princesse aux yeux bleus dans le mépris de son île, puis la jeune fille à Paris aux études, ensuite la dame Condé, qui connaît et vit la souffrance dans son expression la plus forte.
Elle annonce ses confidences, interpellant directement les lecteurs, en paraphrasant Jean-Jacques Rousseau. « Je veux montrer à mes semblables une femme dans toute la vérité de la nature et cette femme sera moi.»
Enfance confortable, issue d'une famille de la petite bourgeoisie de «grands nègres» aliénée, qui fait tout pour la détourner de l'île. Partie à 16 ans pour ses études supérieures à Paris, elle découvre là-bas le monde créole, la musique créole, la cuisine créole… L'apprentissage est féroce pour cette jeune fille qui s'est vue projetée dans la réalité.
                   Tout bascule quand elle rencontre le jeune intellectuel haïtien Jean Dominique. Coup de foudre. Intense compagnonnage intellectuel dans lequel elle avoue avoir fait son éducation sentimentale et intellectuelle. Tout est parfait jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte alors qu'elle est aux études. Jean Dominique l'abandonne et repart en Haïti sous prétexte, d'après l'auteure, de combattre le dictateur François Duvalier. Plus d'un demi-siècle après, Maryse Condé n'a pas encore compris cet abandon qu'elle traduit ainsi :
«Jean Dominique s'envola et ne m'adressa pas même une carte postale. Je restai seule à Paris, ne parvenant pas à croire qu'un homme m'avait abandonnée avec un ventre. C'était impensable. Je refusais d'accepter la seule explication possible : ma couleur. Mulâtre, Jean Dominique m'avait traitée avec le mépris et l'inconscience de ceux qui stupidement s'érigeaient alors en caste privilégiée. Comment interpréter ses stances antiduvaliéristes? Quel crédit accorder à sa foi dans le peuple? Il va sans dire que pour moi, ce n'était qu'hypocrisie.» (p. 23)
                 L'enfant Denis Boucolon naît. Commence le cycle atroce d'un quotidien de survie. Puis elle fait la connaissance de celui qui va devenir son premier mari, Mamadou Condé, comédien, guinéen, sans vocation ni talent, inscrit au conservatoire. Maryse Condé n'est pas au bout de sa peine, ce mariage bat de l'aile dès les premiers mois. Elle devra par la suite tenter l'expérience de l'Afrique, explorant d'un bout à l'autre le continent. Pour être confrontée à sa négritude. Septembre 1959, elle prend seule le bateau qui la conduira à Côte d'Ivoire à titre d'assistante enseignante. Après ce sera la Guinée où elle retrouvera Condé avec leur première fille. Suivront deux autres filles. Le calvaire continue jusqu'à la rupture avec Condé. Elle passe d'un pays à l'autre, Sénégal, Ghana, avec ses quatre enfants, se débrouillant dans une Afrique qui se cherche difficilement entre les valeurs traditionnelles et les idéologies de l'Occident.
Ce livre dresse aussi le parcours intellectuel de Maryse Condé, avec ce qui ressemble à un acharné combat contre la médiocrité. Elle découvre la négritude avec Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, René Maran, Claude Mackay, et surtout Frantz Fanon. Elle évoque aussi les poètes américains qui ont durablement marqué sa vie et son Å“uvre.
                Outre cette peinture d'une certaine négritude vécue au quotidien, c'est en Afrique qu'elle est initiée à la politique et s'attache au marxisme. La fréquentation des révolutionnaires africains, dont Mario de Andrade, leader du mouvement de la libération de l'Angola, Hamical Cabral (fondateur du parti pour l'Indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert), Seyni Gueye (leader sénégalais), est décrite ici en détails. Tout aussi éclairant est le témoignage de première main sur des politiciens africains, dont Sékou Touré, Félix Houphouët-Boigny, Kwame Nkrumah.
Maryse Condé commence à écrire très tard. Son premier roman En attendant le bonheur a été publié, elle avait 42 ans. C'est que trop engluée dans les problèmes de l'existence elle n'avait pas de temps pour écrire. « En fait, je n'ai commencé à écrire que lorsque j'ai eu moins de problèmes et que j'ai pu troquer des drames de papier contre de vrais drames.»
                 Pour elle, La vie sans fards est «le plus universel de ses livres… Un livre où les femmes peuvent être en résonnance avec leur histoire, leur amour et leur vie. Les hommes aussi», espère-t-elle.
En plus de nous parler en toute vérité, Maryse Condé nous offre, au-delà du pacte autobiographique, les clefs pour mieux lire ses Å“uvres en indiquant les lieux, les scènes et les évènements de sa vie qui ont nourri ses récits.
                  J'avoue que c'est l'un des meilleurs livres de Maryse Condé. La vie sans fards dit la part de blessures qui forge tout être, et on en sort éclairé. On a envie de dire merci à Maryse, l'aînée capitale, pour ce grand acte de courage qui nous fait méditer sur ces mots de Césaire: « La force de regarder demain».
 
Rodney Saint-Éloi
(Ouessant, 22 août 2012)


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Prince Marc

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Nov 2, 2012, 9:38:04 PM11/2/12
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Willy, 

As-tu lu le texte de Jean J. Dominique? As-tu vu la photo de Jean Do et son fils? Comment peux-tu être sûr qu'ils ne se sont jamais parlé entre adulte? Dans son texte Jean J. a dit que son père avait interviewer Maryse Condé. Je suppose donc qu'ils ont aussi eu le temps de "boire leur tasse de café amer" ensemble. Te rappelles-tu, selon le texte de Jean J., que Jean Do était déjà marié avant même de connaitre Maryse condé? S'il ne le lui avait pas dit, c'est son problème. Et si Maryse Condé le savait et que malgré tout "li te foure kò'l anba lòt la". C'est leur histoire de famille à eux. 

Ce débat, je t'assure, n'est pas le mien. Mais c'est contraire aux principes les plus élémentaires de ternir l'image de quelqu'un qu'on a déjà assassiné. Quand sa femme, ses enfants, et ses petits enfants (s'il en avait) pourraient être encore en train de le pleurer. Jean Do n'était pas un saint, qui l'est en ce bas-monde?
Que celui qui se sent libre de tout péché lance la première pierre. (Quelque part dans le Nouveau Testament)

Marc

De : Willy Pompilus <wpom...@yahoo.com>
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Envoyé le : Vendredi 2 novembre 2012 19h02
Objet : [KozeMandeChez] Re: [HaitiConnexion] Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

Letitiah Sept

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Nov 2, 2012, 10:36:54 PM11/2/12
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Cher Marc,
 
sans nulle doute, quelqu'un est en train de raconter quelque chose de moi sans meme m'avoir rencontre nulle part autre que ces forums. Je ne saurais m'en offusquer. Si seulement j'avais assez de materiau a mon sujet pour ecrire une auto-biographie valable, je le ferais volontiers.
 
Imaginez que nous n'avons pas une biographie de gens comme Marcel Numa, le jeune Haitien qui fut execute a 21 ans par Duvalier; Gerald Brisson, Michel Corvington, Yanick Rigaud, la jeune etudiante qui fut assassinee a peu pres a la meme epoque; de Boss Pent; Justin Bertrand, de Ti Bobo, etc. Bonnes ou mauvaises, les histoires de nos gens meritent d'etre racontees. C'est un devoir de memoire.
 
Ou est notre devoir de Memoire dans le cas de Jean L. Dominique? Si Maryse Conde n'avait pas evoque cette histoire, cette facette combien merveilleuse de notre Jean Dominique serait reste a tout jamais inconnu du public. C'aurait ete une perte immesurable.
 
L'histoire de Jean Dominique n'a pas encore ete ecrite et exploitee a sa pleine mesure. La biographie de Jean Dominique n'a pas encore ete ecrite. C'est le moment plus que jamais, pendant que ses contemporains, ses amis, ses proches, ceux et celles qui l'ont connu intimement ou moins intimement de le faire. A toi, Prince Marc, de tenter l'exploit, plutot que d'adopter une position de defense de vie privee qui n'existe pas vraiment. Il ne faut pas tomber dans le piege des limitations de la parole et de la connaissance des gens et des choses.
 
Par ailleurs, Jean Dominique etait un homme de radio; un apotre de l'expression; un homme a la bouche large; un parleur. Il aurait tout dit s'il le pouvait, mais il y a des choses que l'on ne dit pas a propos de soi sans verser dans la fanfaronnade. Mais si quelqu'un d'autre le dit, c'est une liberation.
 
Parlon un peu de jean Do. Ceux qui sont assez vieux pour se souvenir peuvent relater des episodes epiques de la vie de Jean Dominique. Ses demelees avec les widmaier pour l'acquisition de la radio Haiti qu'il avait achete et paye d'apres ce qu'il relatait au cours de ses emissions. Ses batailles mediatiques et plus que mediatiques avec le super avocat des Widmaier, Constantin Mayard-Paul, pere des actuels tous puissants Thierry et Gregory Mayard-Paul.
Un beau jour, sous les yeux horrifies des passants, Constantin Mayard-Paul tira son pistolet .30 qu'il braqua sur Jean Dominique, menacant de regler une fois pour toutes, la question legale de la propriete de la radio Haiti au bout du canon de son pistolet.
 
Dans les annees 1970's, Jean Dominique representait un pionnier des jeux radiophoniques ou il testait les connaissances des jeunes de l'epoque sur le podium de la radio, en direct, au microphone. Pour ceux qui ne le savaient pas, Radio Haiti, a la grand'rue etait un theatre (litteralement avec des sieges et un podium) qui attirait les jeunes les mieux formes du pays.
 
Jean Dominique aurait pu disparaitre du decor Haitien, ou bien tue comme Michel Corvington, Thomas Charles, Lescouflair, Montas, ou bien laisser le pays a l'instar de Lesly Manigat, Depestre, Theodore, etc... Il a  choisi de rester et de mener l'un des combats les plus dangereux pour l'acquisition d'un support mediatique sous la dictature des Duvalier. Sa station de radio naquit independante dans ses mains et mourut independante avec lui. Cet homme merite d'etre connu. Si cela doit arriver par le biais de Maryse Conde et de sa tres serieuse imbroglio avec Jean Dominique, Ainsi soit-il.
 
La periode d'exil de Jean Dominique entre 1980-86 a ete des plus douloureuses en Haiti. Jean Dominique est une figure superieure dont l'histoire doit etre contee afin que les generations presentes sachent que de puissants modeles ont jallonnes l'hisoire d'haiti avec leurs points forts et leurs faiblesses.
 
Il y avait de quoi a ecrire une histoire sur Jean Dominique et avec l'histoire de Maryse Conde, il y a de quoi composer un opera sur cet homme.
 
Comme tu dis, je me frottes les mains, attendant le prochain livre qui racontera son histoire beaucoup mieux que le film "L'agronome" l'a faite. Alors je te conjure te pratiquer et de perfectionner ton ecriture sur ces forums et, peu-etre, tu seras celui qui ecriras la biographie de Jean Dominique, "sans fards, ni make up".
 
Si je suis digne d'une histoire, tu ecriras probablement l'histoire que j'ai tracee sur ces forums, car jusqu'ici (de 2005 a nos jours), j'y ai deja place assez de materiau pour remplir tout un volume.
 
Je dois te dire pourquoi j'ai decide a ecrire sur ces forums. En 2004, l'une de mes connaissances m'envoya un paquet de materiaux ecrits qu'il me disait etre un compte rendu authentique de ce qui se passait en Haiti. Apres inspection, j'ai constate que le contenu de ces papiers avait ete concocte strategiquement par des consultants travaillant pour le compte d'un "ONG" (entre guillemets, car comment un ONG peut-il diriger le proces electoral qui est une action gouvernementale?) du nom de IFES (International Foundation for Electoral Systems), dont la mission etait l'organisation des elections en Haiti. Alors j'ai pu constater que toutes les media officiels d'Haiti et de l'etranger qui ecrivaient sur la situation en Haiti puisaient leurs informations d'une source unique: celle controlee par ceux qui controlaient la IFES. Well... le reste appartient deja a l'histoire.
 
Cordialement,
 
L. Sept
Nov. 2, 2012
 
PS: comme l'a dit Willy Pompilus, Jean Dominique n'appartient plus a sa famille, ou a ses amis, mais a l'Histoire Universelle, comme l'a indique le film "The Agronomist".
 


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Sent: Friday, November 2, 2012 9:02 PM
Subject: [Tout-Haiti] Re: [HaitiConnexion] Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
Marc
Je suis d'accord dans le sens qu'on doit respecter la vie privée des gens.Mais Jean Dominique et Maryse Condé sont deux celebrités chacune a leur facon  et dans des conditions differentes.Leurs vies ne sont  pas differentes de celles d'Hollywood.Ils sont nos celebrités qui influencent la culture antillaise par la litterature et le journalisme.

J'y  trouve une certaine fascination parce que JeanDo est un homme determiné dans sa quete de redemption pour toute une nation. Maryse est une femme determinée a faire connaitre sa colere de femme .C'est peut etre cette relation   qui a motivé Maryse a prendre la plume pour parler de ses peines , espoirs et deceptions.Ses emotions sont reelles, elle les decrit avec precision et intensité.
Qu'on le veuille ou pas c'est une histoire de passion, une obsession  presque maladive, une recherche d'explication impossible puisque celui qui devrait s 'expliquer n'est plus.Elle n'a pas cherché a lui faire expliquer pourquoi  il s'etait eloigné.Elle se contenta a "agasser" , a provoquer, a parler en Daki ,a "voyé pwen" au personnage general de Jean Do, l'Haitien.La mort de Jean Do  sans un "chita tandé" entre adulte et celle de son fils a rendu ses blessures eternelles.Il n'y a pas de cure pour ces genres de blessures.La rationalité est generique et pas originale. Comme toute histoire passionnelle personne n'est obligée de l'accepter comme verité parce qu'elle n'en est pas une. 
Aujourdh'ui tout le monde peut comprendre les elements d'image derriere ses differents portraits de l'haitien.C'est une condition normale quand l'amour se transforme en demon. Maryse est une femme comme toutes les autres.Quand elles sont blessées ou decues , elles questionnent des parametre qui n'existent pas.
Je t'assure que chez elle , Dennis Boucolon a payé sa part de cette colere etouffée parce qu'il ressemble  trait pour trait a l'homme que Maryse Deteste et aime en meme temps.Sentiments contradictoires sur lesquels elle  n'a aucun controle.Cela doit etre douloureux pour une femme aussi determinée qui se veut forte mais incapable de delimiter  passion, emotion, vengeance, colere  et serenité.Essayer d'imaginer qu'elle se reveille chaque jour  pour voir l'image de l'homme qu'elle aima , peut etre le seul vrai amour de sa vie  mais qui n'est pas a sa portée! Surtout si les choses ne vont pas bien avec son marriage.

"se papa'w ki mete m nan salopri sa
 " Se fout pitit papa'w pou ta yé"
"Ou pran san ingra a kot papa'w"
"Ou pran san ceci , san cela kot papa'w"
" Joumou pa kon donnen kalbas etc
Cette situation  n'est pas une tragedie ni un melodrame ,c'est la condition humaine dans sa complexité.Il faut le voir comme faisant parti de l'existence des celebrités.A mon avis, je crois que cela peut servir  de material pour un long metrage.Les soeurs Haitiennes de Dennis peuvent contribuer a faire connaitre les oeuvres de ce derniers avec une fondation Jean Do-Dennis.La memoire peut servir de lieu de rassemblement et de transcendence .On ne peut pas enterrer de si belles memoires en refusant  d'en parler par respect pour le privé.
 
Willy Pompilus___________________________________________________________________
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Sent: Friday, November 2, 2012 5:13 PM
Subject: [HaitiConnexion] Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
Chère Madame Sept, 

Si c'est si fascinant de déballer la vie des autres, pourquoi ne commencerais-tu pas à nous raconter la tienne? 

C'est si loin Dessalines, 1806 n'est pas 2000. Il parait que tu n'arrives pas encore à comprendre ou que tu n'acceptes pas que Jean Do avait une femme, des enfants, des petits-enfants (peut-être) qui aujourd'hui encore sont les premiers concernés sur sa vie privée. 

Madame Condé peut venger sa blessure d'amour-propre à sa manière, mais je ne saurais me frotter les mains devant ce drame familial. Si d'aventure j'aurais un frère ou un fils (qui sait?) non reconnu, j'aurais préféré qu'il cherche à me rencontrer, que nous discutions autour d'une table. En frères ou père-fils, mais non pas dans les journaux, sur un forum, voire un tribunal. 

Les affaires de familles sont des affaires privées, je dirais même intimes. 

A quand donc la publication des "Aventures de L. Sept"?

Marc
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Willy Pompilus

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Nov 3, 2012, 1:09:46 AM11/3/12
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Marc
Il n'y a aucun sujet a debattre dans cette affaire Jean Do /Maryse.Tu insistes comme quoi , il faut respecter la vie privée de Jean Do et Mme Condé.Je te dis ceci: c'est une histoire de celebrités.Les celebrités ont une vie privée limitée  qui attire les "papparazzi", je ne vois aucune difference pour Jean Dominique ou Maryse Condé. 
Je ne connais ni l'un ni l'autre personnellement mais je suis tres familier avec le travail de Jean Do et j'ai lu la majorité des oeuvres de Maryse Condé.Je ne savais pas qu'ils se connaissaient.Le fait d'apprendre qu'ils sont de vieilles connaissances  interpelle ma curiosité pour lire les oeuvres de cette derniere avec plus d'attention.

J'ai lu l'article  de Jan Dominique et j'ai vu aussi la photo.Je suis touché par la ressemblance.J'ai aussi une idée de la relation  entre pere et fils, je ne suis pas aveugle.
Personne n'a essayé de ternir quoique ce soit de Jean Dominique,Je ne sais pas ou as tu trouvé ca.
 Je n'ai jamais eu l'opportunité de rencontrer Jean Dominique.J'etais tres jeune en 1979-1980 mais je me souviens tres bien  de ses reportages sur la famine dans le Nord Ouest.C'etait le debut de la formation de ma conscience sociale.Il a parlé pour moi quand la parole m'etait interdite.Il fallait avoir du courage pour identifier la monstruosité d'un systeme qui dehumanise .Il est l'un des premiers architeques de cet espace de liberté de la parole que nous prenons aujourdh'ui "for granted".Makout pat nan betizé ak moun.Fort Dimanche et Caserne Dessalines etaient les portes d'entrée en enfer.
Haiti inter etait le lieu de naissance de la liberté telle que nous la connaissons aujourdh'ui.Jean Dominique, Willy Romelus , KPlume, Liliane Pierre Paul, Kompè Filo et Marcus,Freud Jean , Jean Pierre Louis ,Jean Marie Vincent et Aristide sont des hommes braves.Peu importe ce qu'ils sont devenus, mais au moment crucial ou les autres avaient choisi de fuir , de collaborer ou garder le silence, eux ,ils ont parlé et ont payé un prix.
Ils n'avaient pas peur de la mort ni des intimidations de ces monstres aux lunettes noires  et pied-cochon a la ceinture.
Jean Dominque a ecrit l'histoire d'Haiti  du 20e siecle.Il est un hero et martyr du mouvement populaire Haitien. Sa contribution a la lutte pour l'emancipation du peuple Haitien  est connue et appreciée.On ne peut pas ternir  ces genres de combattant.

Tu me demandes comment puis je etre sur qu'ils n'ont pas parlé ?Je ne suis certain de rien .Personne n'est sur de rien.Qu'ils se parlent cent fois ou deux cents fois, cela ne fait aucune difference.J'ai lu le discours d'une femme profondement  blessée et je ne sais pas dans ces conditions si on est en condition  pour ecouter , se guerir , pardonner et avancer.` C'est une histoire du style hollywood. Une interview est  une performance publique, une sorte rencontre professionnelle pour parler de quelque chose bien particuliere.Il faut faire semblant que tout est normal avec  un minimum de civilité.

 Tu  "supposes" que  Mme Condé et lui ont bu une tasse de café " amer "ou "andoyé"sinon l'interview ne serait pas aussi cordial.Moi, je n'aime pas des suppositions. Il faut lire le discours de Maryse pour voir l'ampleur de cette plaie.L'Haitien est present presque dans tous ses oeuvres. C'est presqu'une constante qu'est ce qui justifie cette presence presque permanente? 
Chaque histoire a une facon bien particuliere de la lire.Quand il s'agit de l'histoire d'un homme et  d'une femme , il faut lire tres lentement parce que tout n'est pas dit  et tout ce qui se dit est suspect d'une forme de deviation de la verité.C'est ce qui fait qu'une histoire passionnelle est toujours fascinante.

 
Willy Pompilus
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Sent: Friday, November 2, 2012 8:38 PM
Subject: [Tout-Haiti] Re: [KozeMandeChez] Re: [HaitiConnexion] Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

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Prince Marc

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Nov 3, 2012, 1:35:52 PM11/3/12
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Chère Letitiah, Cher Willy, 

Pour clore ce débat, puisqu'il faut de toute facon le terminer, je voudrais au moins vous proposer de nous mettre d'accord sur nos désaccords. 

1) D'abord vous ne personnalisez pas le débat entre vous et moi, et vous montrez du respect à l'autre. C'est le chemin à suivre, je vous en félicite.  

2) Suivant ce que vous avez écrit sur ces forums, nous appartenons, parait-il à trois générations différentes. Chacun de nous à su apprécier un aspect distinct de Jean Do. Il n'est donc pas étonnant que nous en ayons une idée très différente de la personne. Pour vous c'est un "héros" de je ne sais plus quelle cause, pour moi c'est un humain comme tous les autres, avec une capacité extraordinaire, bien sur, mais aussi avec ses défauts inhérents à sa condition humaine. 

3) Vous et moi, nous n'avons pas la même conception de la décantation entre la sphère publique et la sphère privée. J'ai lu, comme vous peut-être, "l'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat". Cependant, n'ayant jamais été marxiste, je n'en fais point ma bible. Par conséquent je préfère continuer à respecter la "vie privée" et le droit à la propriété d'autrui tout en continuant à exgiger le respect des miens. 

Ceci dit, je vous sollicite la permission de mettre fin unilatéralement à ce débat. 

Marc

De : Willy Pompilus <wpom...@yahoo.com>
À : "grands...@yahoogroups.com" <grands...@yahoogroups.com>; "tout-...@googlegroups.com" <tout-...@googlegroups.com>
Envoyé le : Vendredi 2 novembre 2012 23h09
Objet : Re: Re: Re: Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

 
Marc
Il n'y a aucun sujet a debattre dans cette affaire Jean Do /Maryse.Tu insistes comme quoi , il faut respecter la vie privée de Jean Do et Mme Condé.Je te dis ceci: c'est une histoire de celebrités.Les celebrités ont une vie privée limitée  qui attire les "papparazzi", je ne vois aucune difference pour Jean Dominique ou Maryse Condé. 
Je ne connais ni l'un ni l'autre personnellement mais je suis tres familier avec le travail de Jean Do et j'ai lu la majorité des oeuvres de Maryse Condé.Je ne savais pas qu'ils se connaissaient.Le fait d'apprendre qu'ils sont de vieilles connaissances  interpelle ma curiosité pour lire les oeuvres de cette derniere avec plus d'attention.

J'ai lu l'article  de Jan Dominique et j'ai vu aussi la photo.Je suis touché par la ressemblance.J'ai aussi une idée de la relation  entre pere et fils, je ne suis pas aveugle.
Personne n'a essayé de ternir quoique ce soit de Jean Dominique,Je ne sais pas ou as tu trouvé ca.
 Je n'ai jamais eu l'opportunité de rencontrer Jean Dominique.J'etais tres jeune en 1979-1980 mais je me souviens tres bien  de ses reportages sur la famine dans le Nord Ouest.C'etait le debut de la formation de ma conscience sociale.Il a parlé pour moi quand la parole m'etait interdite.Il fallait avoir du courage pour identifier la monstruosité d'un systeme qui dehumanise .Il est l'un des premiers architeques de cet espace de liberté de la parole que nous prenons aujourdh'ui "for granted".Makout pat nan betizé ak moun.Fort Dimanche et Caserne Dessalines etaient les portes d'entrée en enfer.
Haiti inter etait le lieu de naissance de la liberté telle que nous la connaissons aujourdh'ui.Jean Dominique, Willy Romelus , KPlume, Liliane Pierre Paul, Kompè Filo et Marcus,Freud Jean , Jean Pierre Louis ,Jean Marie Vincent et Aristide sont des hommes braves.Peu importe ce qu'ils sont devenus, mais au moment crucial ou les autres avaient choisi de fuir , de collaborer ou garder le silence, eux ,ils ont parlé et ont payé un prix.
Ils n'avaient pas peur de la mort ni des intimidations de ces monstres aux lunettes noires  et pied-cochon a la ceinture.
Jean Dominque a ecrit l'histoire d'Haiti  du 20e siecle.Il est un hero et martyr du mouvement populaire Haitien. Sa contribution a la lutte pour l'emancipation du peuple Haitien  est connue et appreciée.On ne peut pas ternir  ces genres de combattant.

Tu me demandes comment puis je etre sur qu'ils n'ont pas parlé ?Je ne suis certain de rien .Personne n'est sur de rien.Qu'ils se parlent cent fois ou deux cents fois, cela ne fait aucune difference.J'ai lu le discours d'une femme profondement  blessée et je ne sais pas dans ces conditions si on est en condition  pour ecouter , se guerir , pardonner et avancer.` C'est une histoire du style hollywood. Une interview est  une performance publique, une sorte rencontre professionnelle pour parler de quelque chose bien particuliere.Il faut faire semblant que tout est normal avec  un minimum de civilité.

 Tu  "supposes" que  Mme Condé et lui ont bu une tasse de café " amer "ou "andoyé"sinon l'interview ne serait pas aussi cordial.Moi, je n'aime pas des suppositions. Il faut lire le discours de Maryse pour voir l'ampleur de cette plaie.L'Haitien est present presque dans tous ses oeuvres. C'est presqu'une constante qu'est ce qui justifie cette presence presque permanente? 
Chaque histoire a une facon bien particuliere de la lire.Quand il s'agit de l'histoire d'un homme et  d'une femme , il faut lire tres lentement parce que tout n'est pas dit  et tout ce qui se dit est suspect d'une forme de deviation de la verité.C'est ce qui fait qu'une histoire passionnelle est toujours fascinante.

 
Willy Pompilus
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Subject: Re: Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

Willy, 

As-tu lu le texte de Jean J. Dominique? As-tu vu la photo de Jean Do et son fils? Comment peux-tu être sûr qu'ils ne se sont jamais parlé entre adulte? Dans son texte Jean J. a dit que son père avait interviewer Maryse Condé. Je suppose donc qu'ils ont aussi eu le temps de "boire leur tasse de café amer" ensemble. Te rappelles-tu, selon le texte de Jean J., que Jean Do était déjà marié avant même de connaitre Maryse condé? S'il ne le lui avait pas dit, c'est son problème. Et si Maryse Condé le savait et que malgré tout "li te foure kò'l anba lòt la". C'est leur histoire de famille à eux. 

Ce débat, je t'assure, n'est pas le mien. Mais c'est contraire aux principes les plus élémentaires de ternir l'image de quelqu'un qu'on a déjà assassiné. Quand sa femme, ses enfants, et ses petits enfants (s'il en avait) pourraient être encore en train de le pleurer. Jean Do n'était pas un saint, qui l'est en ce bas-monde?
Que celui qui se sent libre de tout péché lance la première pierre. (Quelque part dans le Nouveau Testament)

Marc

De : Willy Pompilus <wpom...@yahoo.com>
à: "HaitiCo...@yahoogroups.com" <HaitiCo...@yahoogroups.com>; "forumc...@googlegroups.com" <forumc...@googlegroups.com>; "koze-ma...@googlegroups.com" <koze-ma...@googlegroups.com>; "grands...@yahoogroups.com" <grands...@yahoogroups.com>; "tout-...@googlegroups.com" <tout-...@googlegroups.com>
Envoyé le : Vendredi 2 novembre 2012 19h02
Objet : Re: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

Marc
Je suis d'accord dans le sens qu'on doit respecter la vie privée des gens.Mais Jean Dominique et Maryse Condé sont deux celebrités chacune a leur facon  et dans des conditions differentes.Leurs vies ne sont  pas differentes de celles d'Hollywood.Ils sont nos celebrités qui influencent la culture antillaise par la litterature et le journalisme.

J'y  trouve une certaine fascination parce que JeanDo est un homme determiné dans sa quete de redemption pour toute une nation. Maryse est une femme determinée a faire connaitre sa colere de femme .C'est peut etre cette relation   qui a motivé Maryse a prendre la plume pour parler de ses peines , espoirs et deceptions.Ses emotions sont reelles, elle les decrit avec precision et intensité.
Qu'on le veuille ou pas c'est une histoire de passion, une obsession  presque maladive, une recherche d'explication impossible puisque celui qui devrait s 'expliquer n'est plus.Elle n'a pas cherché a lui faire expliquer pourquoi  il s'etait eloigné.Elle se contenta a "agasser" , a provoquer, a parler en Daki ,a "voyé pwen" au personnage general de Jean Do, l'Haitien.La mort de Jean Do  sans un "chita tandé" entre adulte et celle de son fils a rendu ses blessures eternelles.Il n'y a pas de cure pour ces genres de blessures.La rationalité est generique et pas originale. Comme toute histoire passionnelle personne n'est obligée de l'accepter comme verité parce qu'elle n'en est pas une. 
Aujourdh'ui tout le monde peut comprendre les elements d'image derriere ses differents portraits de l'haitien.C'est une condition normale quand l'amour se transforme en demon. Maryse est une femme comme toutes les autres.Quand elles sont blessées ou decues , elles questionnent des parametre qui n'existent pas.
Je t'assure que chez elle , Dennis Boucolon a payé sa part de cette colere etouffée parce qu'il ressemble  trait pour trait a l'homme que Maryse Deteste et aime en meme temps.Sentiments contradictoires sur lesquels elle  n'a aucun controle.Cela doit etre douloureux pour une femme aussi determinée qui se veut forte mais incapable de delimiter  passion, emotion, vengeance, colere  et serenité.Essayer d'imaginer qu'elle se reveille chaque jour  pour voir l'image de l'homme qu'elle aima , peut etre le seul vrai amour de sa vie  mais qui n'est pas a sa portée! Surtout si les choses ne vont pas bien avec son marriage.

"se papa'w ki mete m nan salopri sa
 " Se fout pitit papa'w pou ta yé"
"Ou pran san ingra a kot papa'w"
"Ou pran san ceci , san cela kot papa'w"
" Joumou pa kon donnen kalbas etc
Cette situation  n'est pas une tragedie ni un melodrame ,c'est la condition humaine dans sa complexité.Il faut le voir comme faisant parti de l'existence des celebrités.A mon avis, je crois que cela peut servir  de material pour un long metrage.Les soeurs Haitiennes de Dennis peuvent contribuer a faire connaitre les oeuvres de ce derniers avec une fondation Jean Do-Dennis.La memoire peut servir de lieu de rassemblement et de transcendence .On ne peut pas enterrer de si belles memoires en refusant  d'en parler par respect pour le privé.
 
Willy Pompilus
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Subject: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche

 
Chère Madame Sept, 

Si c'est si fascinant de déballer la vie des autres, pourquoi ne commencerais-tu pas à nous raconter la tienne? 

C'est si loin Dessalines, 1806 n'est pas 2000. Il parait que tu n'arrives pas encore à comprendre ou que tu n'acceptes pas que Jean Do avait une femme, des enfants, des petits-enfants (peut-être) qui aujourd'hui encore sont les premiers concernés sur sa vie privée. 

Madame Condé peut venger sa blessure d'amour-propre à sa manière, mais je ne saurais me frotter les mains devant ce drame familial. Si d'aventure j'aurais un frère ou un fils (qui sait?) non reconnu, j'aurais préféré qu'il cherche à me rencontrer, que nous discutions autour d'une table. En frères ou père-fils, mais non pas dans les journaux, sur un forum, voire un tribunal. 

Les affaires de familles sont des affaires privées, je dirais même intimes. 

A quand donc la publication des "Aventures de L. Sept"?

Marc

De : L. Sept <letiti...@yahoo.com>

Objet : [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
Cher Marc,
 
deux de ces personnages, Jean L. Dominique et son fils, Denis Bocoulon,
sont desormais des personnages historiques et a ce point les histoires de leurs vies deviennent parties de patrimoine culturel a honorer, pour le meilleur et pour le pire, si pis il y en a.
 
Quant a Mme Conde, son immense oeuvre litteraire a fait d'elle partie du patrimoine et elle est celle qui a inaugure cette belle histoire.
 
Jusqu'ici, il n'y a rien a cacher, et l'entrelacement de l'histoire de la vie de notre plus celebre journaliste masculin de l'histoire a celle de l'une des plus grandes figures feminines de la litterature antillaise en fait un histoire plus interessante que n'importe quelle fiction.
 
De Jan Dominique, nous avons appris avec bonheur que Jean Dominique a passe au moins un moment de pere a fils avec Denis: c'est fantastique!
Nous avons appris avec peine que Denis n'est plus. Pour Maryse Conde, c'est une histoire des plus douloureuse. Moi, qui ai lu certains de ses romans, m'etait arrete de la lire apres La Traversee de la Mangrove pour la facon dont les personnages Haitiens etaient decrits dans ce roman. Maintenant j'ai compris et j'ai recommence a la relire avec plus d'attention.
 
C'est un bonheur immense de voir la photo de Jean Do en compagnie de son fils. J'aurais tant aime lire ce qu'a ecrit Denis Bacoulon.
 
Vous voyez, Marc, il n'y a rien a derespecter ici. C'est fascinant. Malheureusement qu'il n'a pas assez d'auteurs Haitiens a rediger des biographie. Personnellement, je pense que nos grandes figures, et meme les moins grandes. meritent des biographies et des auto-biographies.
 
Par ailleurs, toute relation qui a donne naissance a un enfant n'est plus une histoire privee. Je te laisses une autre histoire paru dans Le Nouvelliste:
L'Empereur Jean-Jacques Dessalines : père de famille à part entière
Le Nouvelliste | Publié le : 2012-10-29
 Kesner Millien, avocat membre du Barreau de Port-au-Prince M. kesner...@gmail.com
.
 
Cordialement,
L. Sept

From: Prince Marc <marcpr...@yahoo.fr>
To: "grands...@yahoogroups.com" <grands...@yahoogroups.com>; "DEBANA...@yahoogroups.com" <DEBANA...@yahoogroups.com>; Haiti Connexion <haitico...@yahoogroups.com>; Haiti Nation <haiti-...@googlegroups.com>; forumculturel <forumc...@googlegroups.com>; "5rg...@yahoogroups.com" <5rg...@yahoogroups.com>
Sent: Friday, November 2, 2012 3:01 PM
Subject: [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
 
Pourqoui faut-il un autre chapitre? Comme si les personnages publics n'avaient pas une vie privée qu'il faut aussi respecter. 

Te sentirais-tu confortable, si ta vie privée ou celle de l'un de tes proches é©tait déballée sur la place publique?

Ayons le fairplay de souhaiter que les affaires privées demeurent privées. 

Marc

De : L. Sept <letiti...@yahoo.com>
Ã: grandsdebats <grands...@yahoogroups.com>; "DEBANA...@yahoogroups.com" <DEBANA...@yahoogroups.com>; Haiti Connexion <haitico...@yahoogroups.com>; Haiti Nation <haiti-...@googlegroups.com>; forumculturel <forumc...@googlegroups.com>; "5rg...@yahoogroups.com" <5rg...@yahoogroups.com>
Envoyé le : Vendredi 2 novembre 2012 12h00

Objet : [Grands Débats] Maryse Condé - Jean Dominique - Denis Bocoulon - Jan Dominique: La deuxième cloche
Rien a ajouter a cette histoire fascinante sinon qu'attendre un autre chapitre encore plus captivant.

From: "haiticon...@yahoo.com" <haiticon...@yahoo.com>
To: HaitiCo...@yahoogroups.com
Sent: Thursday, November 1, 2012 12:35 PM
Subject: Maryse Condé - La deuxième cloche
 
Par Jan J. Dominique (Fille aînée de Jean Dominique)
Ce que j'en sais
Le Nouvelliste | Publié le : 2012-10-30
Jean et Denis à Milot
Jean Dominique et Denis Boucolon à Milot en vacances en Haïti
 
CE QUE J'EN SAIS
 
Par Jan J. Dominique (Fille aînée de Jean Dominique)
 
            Les écrits restent ! C'est ce que m'avait dit mon père, Jean Léopold Dominique, lors des attaques d'un hebdomadaire contre lui en Haïti. Dans un article, il était écrit que Jean, durant l'occupation, avait vendu ses sÅ“urs à l'Américain. J'avais éclaté de rire et, devant sa colère, j'avais ajouté : « Mais voyons, tu devrais en rire toi aussi. Il suffit de savoir compter pour se rendre compte de la stupidité de cette phrase. Tu es né en 1930. Au départ des Américains tu avais 4 ans. Comment aurais-tu pu vendre tes sÅ“urs à 2, 3, ou 4 ans? » Il m'avait répondu, l'air triste : « Dans cinquante ans, qui se souviendra que j'avais 4 ans à la fin de l'occupation? On lira que j'avais vendu mes sÅ“urs à l'occupant. Les écrits restent! » C'est cette phrase qui me pousse aujourd'hui à écrire ces lignes. Pour rappeler certains faits.
            Depuis quelques semaines, la Toile gronde de "paroles en pile" concernant Jeando. Plusieurs amis m'ont dit que je devrais réagir. Pourquoi réagir ? Parce qu'une romancière célèbre raconte sa vie et qu'elle parle de lui ? Je suis bien placée pour savoir que souvent les romanciers racontent LEUR vérité. Et, d'après la Toile, le livre de Maryse Condé commence justement en faisant allusion aux vérités biaisées des autobiographies! Je n'ai pas lu ce livre. Mais certaines déclarations sur Internet m'obligent aujourd'hui à rappeler certains faits incompatibles avec ce que l'on raconte sur la Toile.
               Jean, jeune agronome, est parti pour la France fin 1952 avec une bourse de la FAO. Une fois le temps de la bourse terminé, il revient au pays en 1956. Duvalier prend le pouvoir en septembre 1957. Comment aurait-il pu annoncer qu'il rentrait pour mener la lutte contre Duvalier, avant l'arrivée au pouvoir de ce même Duvalier? Beaucoup de gens ont déclaré que Jean était un homme de vision. Cela ne fait pas de lui un devin. Si Jean a cherché un prétexte pour abandonner une femme avec qui il avait une liaison, en 1956 ce ne pouvait être « pour aller lutter contre Duvalier ». Sans bourse d'études, Jean devait rentrer en Haïti, car il n'avait pas de fortune personnelle. Il voulait aussi rentrer pour servir le pays comme agronome. Je sais également, et pour cause, qu'il vivait à Paris avec sa femme, car il était marié. Quand il part pour la France, sa jeune femme était enceinte. Elle accouche en janvier 1953 (c'était moi!) Elle quitte son bébé, trois mois plus tard, pour aller rejoindre son mari à Paris. Rentrée elle aussi en Haïti, je signale qu'elle a mis au monde ma sÅ“ur cadette, en juillet 1957!
              Quant au fait que Jean ait pu abandonner une femme parce qu'elle avait la peau noire, je suis tombée des nues en lisant cette explication (cette interprétation ?). Parce que je ne reconnaissais pas celui avec qui j'ai vécu une grande partie de ma vie adulte. Durant nos discussions en tête à tête, ce que je considérais comme mes moments de formation, il me parlait à cÅ“ur ouvert des tares de notre société, entre autres de ce préjugé de couleur qu'il honnissait, critiquant autant le « mulatrisme » que le « noirisme ». Après la dictature, après 1986, Jean a pu affirmer ouvertement ses positions idéologiques. Ce Jean qui, en 1946, en Haïti, avait fait la grève des étudiants, était devenu, en France, membre du Parti communiste français. Ce qui lui a notamment permis de faire un voyage, avec un groupe d'étudiants, derrière le rideau de fer. A Varsovie, en Pologne.
               Jamais durant toute ma vie je n'ai entendu Jean manifester un quelconque racisme, le moindre préjugé. Ni en paroles, ni dans ses actes. La seule fois qu'il m'a engueulée à la radio, c'est parce qu'il avait cru que je négligeais un reportage sur un groupe paysan : « Mademoiselle trouve que ce n'est pas assez bon pour elle, un dossier sur la paysannerie ?! » Furieuse, j'avais claqué la porte. Lorsqu'il avait appris que je n'avais pas refusé le dossier, mais que je ne l'avais pas diffusé parce que le support était abîmé, il s'est excusé; je lui en ai voulu longtemps d'avoir pu croire que je pouvais me comporter ainsi.
               Jean a consacré une grande partie de sa vie à lutter contre la dictature, les régimes totalitaires, qu'ils soient macoutes, militaires ou même civils. Il aurait pu être riche (le régime macoute lui avait offert de l'argent pour le faire taire), avoir du pouvoir (des camarades lui avaient proposé d'être candidat à la présidence, d'autres au pouvoir lui avaient offert le poste de ministre). Il n'a jamais accepté de dévier de ce qu'il considérait comme son travail et qui était son engagement envers les plus pauvres de notre pays. Cet engagement, il l'a payé de deux exils et d'un assassinat. Nul ne peut le mettre en doute.
                Enfin, sur la Toile, il a été affirmé que Jean n'a jamais connu son fils ! Erreur ! Ils se sont rencontrés. Et plus d'une fois. Ce que Jean m'a raconté est différent de ce qui a circulé. Il m'a dit, alors que j'étais adolescente, avoir un jour reçu une lettre lui annonçant la naissance d'un enfant, qu'il avait eu d'une femme avec qui il avait eu une relation, et ce, 7 ou 8 ans après cette naissance. Vérité ? Mensonge ? J'ignore si cette lettre a survécu à toutes ces années ou à la rafle des livres et des papiers personnels de Jean lors de la répression de novembre 80. Il n'est pas là aujourd'hui pour confesser un éventuel mensonge. Qu'il ait abandonné son fils, s'il l'a abandonné, alors qu'il rêvait d'avoir un fils, aurait été une punition bien sévère. Et s'il a menti à la petite fille que j'étais, ce que je ne crois pas, c'était donc qu'il avait eu honte de cet abandon.
Denis est rentré en Haïti dans les années 70. Il est arrivé, m'a par la suite raconté Jean, très en colère contre son père, car on lui avait raconté qu'il était un macoute, un duvaliériste. Il a été bien surpris en découvrant que ce père se battait contre le régime des Duvalier. J'étais malheureusement loin, je vivais à Montréal, et j'ai regretté de ne pas avoir rencontré mon frère. Sur la photo que j'ai conservée, ils sourient tous les deux dans la cour du palais de Sans Souci à Milot. Je n'étais pas là non plus, en 1981. En exil à New York, Jean avait fait le voyage à Paris au moment de l'élection de François Mitterrand. Et il était dans les rues avec Denis, pour fêter cette prise du pouvoir par les socialistes.
              Puisqu'il est question de rencontres et de faits, je veux rappeler que Maryse Condé, de passage en Haïti en juillet 1987, a été interviewée par Jean. J'étais à Radio Haïti et je n'avais pas eu l'impression qu'il existait la moindre tension entre ces deux êtres. Ni une telle animosité chez la romancière.
Je ferai silence sur la mort de Denis et les larmes du père qui n'avait su maintenir un lien serré avec lui. Car, entre-temps, Jean avait continué sa lutte. Il y eut un premier exil, puis les Duvalier partirent. La dictature tombée, il continua à dénoncer l'exclusion de la majorité de la population, les magouilles des politiciens, la corruption, les écarts inacceptables entre les possédants et les plus pauvres. Toutes ces choses et les autres qui ont pris toute la place dans sa vie, nous privant parfois de sa présence, de son attention, toutes ces choses qui ont conduit à un 3 avril 2000, à la décision de ceux qui ont engagé des tueurs pour le faire taire.
Jean est mort. Denis est mort. Mon père et mon frère sont morts. Ce qui reste d'eux, c'est leur Å“uvre. Car tous les deux ont été des créateurs. Pour Jean, 30 ans de radio qui ont marqué la société haïtienne. Le journalisme haïtien, le journalisme militant, ne serait pas ce qu'il est sans le travail de Radio Haïti et de celui qui inspirait tous ceux qui l'entouraient et qui imposait le respect même à ses adversaires. Pour Denis, ce sont trois romans qui disent sa souffrance, ses rêves et qui étaient la promesse de l'écrivain qu'il serait devenu si le destin ne l'avait pas écrasé.
              Jean n'a pas besoin d'être défendu. Son Å“uvre le décrit bien mieux que toutes les paroles. Pour Denis, ce que je souhaite, c'est que ses romans puissent enfin être réédités pour que d'autres découvrent le romancier qu'il était. Je n'ai pas connu le frère, j'ai aimé Denis Boucolon, l'écrivain.
 
JAN J. DOMINIQUE
Montréal, octobre 2012
 
 
 
Rodney Saint-Eloi et
 Maryse Condé
Rodney St-Éloi et Maryse Condé
 
 
Par Rodney St-Éloi
 
               Ouessant. Pluies et vents. Vagues tourmentées. Sous la tempête, je m'enferme dans ma chambre et lis La vie sans fards de Maryse Condé.
                J'oublie l'île et les humeurs de la météo. Je plonge dans le livre deux jours avant l'ouverture officielle du salon international du livre d'Ouessant. Sur l'île d'Iroise, je dévore cette autobiographie sans concession. Moi, qui fréquente Maryse Condé depuis plusieurs années, l'auteure et son Å“uvre, je suis entièrement happé par sa trajectoire. Je lis le livre, en attendant Maryse Condé, elle aussi invitée à Ouessant.
J'avais jusqu'ici de Maryse Condé l'image d'une guerrière, celle qui a participé dans les années cinquante à la décolonisation de l'Afrique, l'auteure de Moi Tituba, sorcière noire de Salem et de Ségou (tomes 1 et 2) qui vit entre Paris et New York, professeure à la prestigieuse université américaine Columbia. Le livre change simplement mon regard. J'ai envie de dire : «Respect Maryse».
                  La réputation de Maryse Condé n'est plus à faire. La mythologie est établie. Diva à sa manière, autoritaire, emmerdeuse, désagréable, chialeuse, caractérielle on ne peut plus… Son portrait, à quelques variantes près, souvent pas trop flatteur, fait le tour des cercles littéraires. Ses admirateurs comme ses détracteurs respectent son Å“uvre et l'exigence de cette écriture patiente et risquée. Le dernier scandale est d'avoir abandonné son île, il y a quelques années, après y être retournée pour sa retraite, avec un grand vent de fracas que digèrent mal certains de ses compatriotes. Les rumeurs circulent vite et rentrent au tuyau de l'oreille.
                   La vérité est que Maryse Condé n'utilise pas de gants. Elle dit clairement et vivement sa pensée. Sans ménager quiconque. À commencer par elle-même. Arrivée à l'âge où il n'y a plus rien à cacher, libérée des peurs et des fantômes, elle parvient à se raconter, sans fard. C'est d'abord une écriture fluide, qui éclate miroirs, mensonges et rumeurs. Maryse raconte Boucolon, la fillette de bonne famille, noire élevée comme une princesse aux yeux bleus dans le mépris de son île, puis la jeune fille à Paris aux études, ensuite la dame Condé, qui connaît et vit la souffrance dans son expression la plus forte.
Elle annonce ses confidences, interpellant directement les lecteurs, en paraphrasant Jean-Jacques Rousseau. « Je veux montrer à mes semblables une femme dans toute la vérité de la nature et cette femme sera moi.»
Enfance confortable, issue d'une famille de la petite bourgeoisie de «grands nègres» aliénée, qui fait tout pour la détourner de l'île. Partie à 16 ans pour ses études supérieures à Paris, elle découvre là-bas le monde créole, la musique créole, la cuisine créole… L'apprentissage est féroce pour cette jeune fille qui s'est vue projetée dans la réalité.
                   Tout bascule quand elle rencontre le jeune intellectuel haïtien Jean Dominique. Coup de foudre. Intense compagnonnage intellectuel dans lequel elle avoue avoir fait son éducation sentimentale et intellectuelle. Tout est parfait jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte alors qu'elle est aux études. Jean Dominique l'abandonne et repart en Haïti sous prétexte, d'après l'auteure, de combattre le dictateur François Duvalier. Plus d'un demi-siècle après, Maryse Condé n'a pas encore compris cet abandon qu'elle traduit ainsi :
«Jean Dominique s'envola et ne m'adressa pas même une carte postale. Je restai seule à Paris, ne parvenant pas à croire qu'un homme m'avait abandonnée avec un ventre. C'était impensable. Je refusais d'accepter la seule explication possible : ma couleur. Mulâtre, Jean Dominique m'avait traitée avec le mépris et l'inconscience de ceux qui stupidement s'érigeaient alors en caste privilégiée. Comment interpréter ses stances antiduvaliéristes? Quel crédit accorder à sa foi dans le peuple? Il va sans dire que pour moi, ce n'était qu'hypocrisie.» (p. 23)
                 L'enfant Denis Boucolon naît. Commence le cycle atroce d'un quotidien de survie. Puis elle fait la connaissance de celui qui va devenir son premier mari, Mamadou Condé, comédien, guinéen, sans vocation ni talent, inscrit au conservatoire. Maryse Condé n'est pas au bout de sa peine, ce mariage bat de l'aile dès les premiers mois. Elle devra par la suite tenter l'expérience de l'Afrique, explorant d'un bout à l'autre le continent. Pour être confrontée à sa négritude. Septembre 1959, elle prend seule le bateau qui la conduira à Côte d'Ivoire à titre d'assistante enseignante. Après ce sera la Guinée où elle retrouvera Condé avec leur première fille. Suivront deux autres filles. Le calvaire continue jusqu'à la rupture avec Condé. Elle passe d'un pays à l'autre, Sénégal, Ghana, avec ses quatre enfants, se débrouillant dans une Afrique qui se cherche difficilement entre les valeurs traditionnelles et les idéologies de l'Occident.
Ce livre dresse aussi le parcours intellectuel de Maryse Condé, avec ce qui ressemble à un acharné combat contre la médiocrité. Elle découvre la négritude avec Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, René Maran, Claude Mackay, et surtout Frantz Fanon. Elle évoque aussi les poètes américains qui ont durablement marqué sa vie et son Å“uvre.
                Outre cette peinture d'une certaine négritude vécue au quotidien, c'est en Afrique qu'elle est initiée à la politique et s'attache au marxisme. La fréquentation des révolutionnaires africains, dont Mario de Andrade, leader du mouvement de la libération de l'Angola, Hamical Cabral (fondateur du parti pour l'Indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert), Seyni Gueye (leader sénégalais), est décrite ici en détails. Tout aussi éclairant est le témoignage de première main sur des politiciens africains, dont Sékou Touré, Félix Houphouët-Boigny, Kwame Nkrumah.
Maryse Condé commence à écrire très tard. Son premier roman En attendant le bonheur a été publié, elle avait 42 ans. C'est que trop engluée dans les problèmes de l'existence elle n'avait pas de temps pour écrire. « En fait, je n'ai commencé à écrire que lorsque j'ai eu moins de problèmes et que j'ai pu troquer des drames de papier contre de vrais drames.»
                 Pour elle, La vie sans fards est «le plus universel de ses livres… Un livre où les femmes peuvent être en résonnance avec leur histoire, leur amour et leur vie. Les hommes aussi», espère-t-elle.
En plus de nous parler en toute vérité, Maryse Condé nous offre, au-delà du pacte autobiographique, les clefs pour mieux lire ses Å“uvres en indiquant les lieux, les scènes et les évènements de sa vie qui ont nourri ses récits.
                  J'avoue que c'est l'un des meilleurs livres de Maryse Condé. La vie sans fards dit la part de blessures qui forge tout être, et on en sort éclairé. On a envie de dire merci à Maryse, l'aînée capitale, pour ce grand acte de courage qui nous fait méditer sur ces mots de Césaire: « La force de regarder demain».
 
Rodney Saint-Éloi
(Ouessant, 22 août 2012)
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