Date: Sunday, February 13, 2011, 1:44 PM
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En lisant votre réponse, je me suis dit que j'allais pouvoir puiser de votre grand esprit comme d’habitude, particulièrement cette lumière que vous apportez à travers vos critiques vis-à-vis de l’article du Nouvelliste. Sans aller en profondeur dans mes jugements, je me suis contentée d’apprécier le texte du journaliste. Eh voila que vous êtes allé beaucoup plus loin en posant des questions si pertinentes que je ne me les serais pas posées pour la bonne raison que je ne connais pas du tout l'auteur de l'article dont j'ignorais le rôle dans la coordination des activités médiatiques au niveau national. Ainsi, votre critique, au prime abord n’a fait que complémenter le morceau du journaliste que je trouve fort
intéressant. Dites vous qu’il n’est pas de mes habitudes non plus d’affaiblir un très beau texte en passant en revue le caractère de son auteur.
Dans mes textes précédents, j'ai toujours critiqué l'absence d’un rôle adéquat des médias locaux dans presque tous les aspects de la vie politique et sociale du pays sachant le rôle que l’information peut judicieusement jouer pour faciliter notre pays vers la vie économique et sociale moderne. Ce rôle timide et restreint que jouent les medias, et les opportunités qu’ils ratent pour changer le cours des événements en Haïti a toujours échappé ma compréhension. Je comprends alors que vous leur imputiez aussi une part des responsabilités n'ayant pas bien assumé leur rôle d’information de manière efficace. Je me demande alors s'il n'existe pas d’autres obstacles en dehors de leur
volonté qui créent une barrière à leur bon fonctionnement, soit leur manque d’aptitude à renseigner et à rendre compte avec efficacité. N’étant pas bien imbue des raisons des failles enregistrées au niveau de la conduite de la presse, je ne puis m’empresser de porter mon jugement au delà de mon appréciation pour le contenu de l’article.
Cependant, lorsque je constate les risques sécuritaires que courent nos journalistes et l’absence d’un cadre juridique approprié pouvant leur permettre de remplir leurs fonctions dans un environnement démocratique, comme vient de le prouver l’exemple de ce jeune journaliste sauvagement abattu, on doit se demander si la profession n’est pas une barrière en elle-même sachant que l’Etat haïtien n’a pas dans sa vision d’ensemble, d’informer et d’instruire sa population, ce qui permettrait de modifier certaines attitudes et certaines valeurs, de réexaminer et repenser des rapports humains ainsi que les modes de fonctionnement social. Dès lors que des journalistes sérieux commencent à faire un vrai travail d’information et de
sensibilisation qui ne soit pas biaisé ou partisan, ils sont automatiquement visés soit par ceux qui se sentent concernés par l’information ou par un gouvernement qui ne maitrise pas la notion de la démocratie. e.g. Jean Dominique et tant d’autres sous Jean Claude Duvalier, Nous avons eu l’exemple de ce jeune journaliste qu’on vient juste d’abattre, on a eu l’exemple de Daly Valet de radio vision 2000 qui s’est sauvé de justesse et Gérard Etienne agressé sous le gouvernement d’Aristide, On a eu Brignol Lindor sous le gouvernement de Préval/Aristide et tous ceux qui ont été menacés et par miracle ont eu leur vie sauve. Que reste t-il de la profession lorsque la liberté de presse a toujours fait défaut et que les représailles servent de récompense à l’information et aux grandes idées. Il en est de même pour les intellectuels
avisés et éclairés qui se replient sur eux-mêmes à cause du système pourri et corrompu auquel ils sont exposés. Sous le gouvernement de Duvalier, et sous celui d’Aristide sans compter les périodes des transitions militaires, la liberté de presse était non existante et l’information qui devait aider les Haïtiens à se transformer n’a jamais servi à leur édification et à leur avancement. On peut conclure que le système dictatorial n’a jamais disparu et la connaissance qui devrait servir au peuple n’a jamais été transformé en biens publics. Pour que des intellectuels Haïtiens puissent jouer leur rôle de mentor, de guide et d’éclaireur, il faut que le cadre approprié soit crée pour qu’ils s’expriment librement et sans crainte afin que tout le pays bénéficie de leur connaissance et de leurs idées. Faudrait-il que l’Etat soit aussi a
la hauteur pour comprendre l’impact d’une stratégie d’information efficace au développement de son pays. De mon humble avis, la passivité des intellectuels et l’absence de leur engagement s’expliquent à partir de cette réalité.
Toutes ces conditions nous ramènent à l’Etat Haïtien, son rôle, sa structure, son cadre, son système et son mode de fonctionnement. C’est la raison pour laquelle, en sautant sur la dernière phrase de votre texte, j’ai été plutôt assommée car dire que Jean Claude Duvalier est le passé et Aristide est toujours présent revient à dire que ce dont vous reprochez le journaliste restera toujours un eternel recommencement sans une porte de sortie pour eux. Si le texte du journaliste a fait ressortir une conscience avisée et éclairée de notre situation actuelle, votre déclaration sur l’incontournable Aristide, n’a fait que fermer les portes une fois de plus pour que des journalistes en herbe puissent décemment assumer
leur rôle. Nos chefs d’Etat, commençant par Duvalier, Aristide et Préval ont toujours été l’obstacle beaucoup plus que des gens comme Hérold Jean François qui a évolué dans une école de pensée ou la médiocrité, la survie et le laxisme priment sur toute autre pensée.
Emmanuelle Gilles
Questionnons maintenant quelques fragments de son texte:
1. "D'ailleurs comment des spécialistes de la destruction, champion de la division nationale et générateur de crises, de souffrances, de corruption et de répression pourront changer pour s'intégrer comme citoyens normaux, se transformer en agent de construction et oeuvrant désormais en faveur de l'unité nationale ?"
La presse haitienne n'est-elle pas tout aussi corrompue et (parfois plus) que les gouvernements? Est-elle un agent de construction démocratique?
2- "Si les jeunes qui crient vive Duvalier dans les rues scandalisent les victimes et les parents des victimes c'est parce que notre société n'a pas assez documenté la période
1957-1986 par des publications sonores et vidéos, des écrits comme le déplore à juste titre, notre soeur Liliane Pierre-Paul."
Publications sonores et vidéos??? des écrits??? N'est ce pas l'un des grands champs d'action de l'ANMH? (l'association de la presse parlée, écrite et télévisée) La suite de l'article doit nous dire pourquoi cela n'a pas été fait. Il ne suffit pas de le déplorer, il faut également dire le pourquoi tout en assumant ses responsabilités et faire son mea culpa (PRENDRE CONSCIENCE POUR CHANGER).
3. "Haïti doit sortir de cette léthargie dans laquelle des dirigeants incompétents l'ont plongée et faisant que même la fonction de réfléchir est sous-traitée avec les tuteurs de la communauté internationale."
Qu'en est-il du rôle et de la responsabilité de la PRESSE HAITIENNE dans ce profond
sommeil??? Qu'en est-il aussi des medias incompétents et corrompus ou "Lapdog journalism"??? Qu'en est-il du rôle "Watch dog" de la presse?
4. "l'émergence des nouvelles figures aptes à diriger notre pays selon de nouvelles aspirations et une nouvelle vision plus en conformité avec notre siècle et conformément aux besoins de changement de la nation entière".
Parlant de nouvelles figures, il fait allusion à qui? Il reste floue là-dessus. J'espère qu'il ne fait pas allusion aux candidats actuels.
5. "Nous avons besoin de ruptures en tout pour avancer autrement..."
C'est une excellente conclusion. Mais on attend la suite pour voir comment l'ANMH va s'y prendre pour reconstruire une nouvelle presse capable de conduire Haiti vers la démocratie. Monsieur Jean François a une très bonne
occasion de faire son autocritique et de prendre conscience de l'état des medias haitiens. Donc "Ni Duvalier, ni Aristide..." pourrait être "Ni Duvalier, ni Aristide...Ni la Presse haitienne (dans son état actuel).
D'autre part, dire "Ni Aristide, ni Duvalier..." c'est comme négliger des éléments non négligeables de la réalité sociopolitique haitienne. On ne peut pas minimiser, ni sous estimer la force politique d'Aristide sur les plans national et international. N'en déplaise à vous chère madame, au yeux des masses haitiennes Aristide ou (TiTiD comme elles aiment l'appeler) n'est pas et ne sera jamais comme Duvalier. Nous ne devons pas nous bercer d'illusions. Nous devons aborder cette question avec lucidité et objectivité. L'homme a certes commis d'énormes erreurs qui sont pour certains impardonnables. Par contre, je sais qu'il y a
en Haiti et dans la diaspora un nombre incroyable d'Haitiens qui aime Aristide d'un amour incompréhensible et inexplicable. Rien de ce que vous leur dites ne les fera changer d'avis à son sujet. Et la classe politique haitienne dans sa composante actuelle a renforcé leur attachement à lui. Nos politiciens n'ont pas su mettre Aristide aux oubliettes. De plus, il y a encore une bonne partie de l'opinion publique internationale qui sympathise à sa cause vu le rôle des États-Unis de Bush et de la France dans les événements de 2004. L'image qu'ils ont d'Aristide: c'est un président démocratiquement élu kidnappé par des forces étrangères. Ils pensent que si les USA de Bush et la France ne l'aimaient pas c'est parce qu'il était bon. Tandis que pour Duvalier, c'est tout le contraire: avec son père, il est constamment présenté comme le plus grand des dictateurs haitiens et des temps modernes. La
réalité est devant nous. Nous ne pouvons pas faire semblant de ne pas la voir. Je peux me tromper. Mais, Aristide a encore un rôle à jouer dans la vie politique de ce pays. Lequel? Je ne sais pas. Pour le meilleur ou pour le pire? Je ne sais pas non plus. Ça dépendra des Haitiens. Mais, qu'on le veuille ou non. Il est et sera bien là et si nous ne regardons pas cette réalité en face, elle nous rattrapera et nous saisira. Pa bay tet nou manti. Duvalier? C'est bien fini. Aristide? Pas encore.
Cordialement Roselor
Date: Fri, 11 Feb 2011 17:09:10 +0000 From: manu...@yahoo.fr Subject: [Tout-Haiti] Re : Haïti: Ni Duvalier ni Aristide... Par Hérold Jean-François (LeNouvelliste.com) To: Haiti-...@yahoogroupes.com; tout-...@googlegroups.com; forumc...@googlegroups.com CC: fassi...@gmail.com
Isabelle,
Superbe article pour ceux qui peuvent apprecier un texte bien balance. C'est un plaisir de le lire. Gilles
De : I. Fassinou <fassi...@gmail.com> Envoyé le : Ven 11 février 2011, 10h 37min 35s Objet : Haïti: Ni Duvalier ni Aristide... Par Hérold Jean-François (LeNouvelliste.com)
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| IDÉES & OPINIONS |
8 Février 2011 | |
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Haïti: Ni Duvalier ni Aristide...Suite de l'édition précédente
Par Hérold Jean-François http://www.lenouvelliste.com/articles.print/1/88827
De même que l'on nait et que l'on meurt et qu'entre la naissance et la mort il y a toute une étape qui constitue notre vécu, il nous semble que cette logique de la vie devra s'appliquer de façon irrémédiable à la chose politique. On
arrive sur la scène, on cherche le pouvoir, si on l'obtient, on exécute son mandat en faisant l'impossible pour laisser ses marques et l'on s'en va. Si on fait le vilain et que la rue vous renverse, c'est que vous êtes passés à côté.
Alors, dans votre petit coin, vous cuvez votre honte dans la dignité s'il vous en reste ou si vous en avez jamais eue et vous laissez le monde tranquille. La dynamique de la vie se déroule autour de nos choix. Nous forgeons notre existence à partir de nos priorités.
L'enfant qui gaspille sa chance se retrouvera plus surement dans la rue, raté, clochard ou s'il est plus chanceux et débrouillard, ouvrier ou entrepreneur. Mais cette dernière catégorie entre dans les exceptions. Ceux qui réussissent sont en général les bêcheurs qui forgent leur réalité au jour le jour par le travail patient et assidu. Il y en a aussi des rares qui sont sortis des cuisses de Jupiter qui n'ont pas
fait grand-chose pour réussir, le gros du travail ayant été fait par une lignée de rudes travailleurs...
Le complexe du passé
En Haïti, nous cultivons une mauvaise tradition d'avoir le regard dans le rétroviseur. La force du passé est si attrayante que nous semblons incapables de tourner la page. Cette fatalité vient peut-être de la grandeur de notre histoire qui ressemble plus à une épopée fictive qu'à une réalité dans laquelle ont vraiment existé les multiples personnages légendaires que sont Toussaint Louverture, Dessalines, Christophe, Capois, Pétion, Lamartinière, Magloire Ambroise, Marcadieu et les autres. Les oeuvres de ce passé glorieux sont si imposantes que nous ne voulons pas croire que les descendants de ces grands noms puissent être des nains qui ne peuvent pas faire la collecte des ordures ménagères. Comment on a pu construire la Citadelle Laferrière à l'orée de notre existence, sortis à peine de
l'esclavage et que deux siècles plus tard, nous nous complaisions dans notre actuel statut de cendrillon des Antilles ? Nous cultivons un complexe du passé qui nous hante et qui nous empêche de vivre au présent, de forger les structures pour bien aménager ce présent, pour nous garantir un futur de progrès et de croissance pour notre progéniture. Nous nous accrochons au passé que nous ne voulons pas dépasser.
Ceux qui, sur le plan politique ont eu la chance de nous diriger sans qu'ils aient pris en compte l'immense opportunité qui se présentait à eux et qui loin de se mettre au travail pour transformer nos difficiles réalités ont plutôt profité du pouvoir pour asseoir leur domination, constituer des richesses personnelles en laissant comme héritage à notre société, misère, sous-développement, deuil et blessures profondes, prétendent revenir hanter une deuxième voire une troisième fois notre mémoire collective. Le
défaut de mémoire par l'absence d'une mise en commun des victimes pour offrir aux générations d'après des témoignages indélébiles font qu'aujourd'hui on banalise la dictature et ses méfaits, l'on cherche des circonstances atténuantes au dictateur qui aurait été la première victime...
Comme si un quart de siècle suffit pour faire oublier, passer l'éponge, alors que justement toute la suite, la continuité des malheurs et des exactions sont venues de notre incapacité à demander des comptes. L'impunité a enhardi les successeurs du régime dictatorial qui ont pérennisé les mêmes pratiques et comme nous sommes une société de consensus contre la légalité, les avocats ne manquent pas pour plaider la cause de l'abandon des poursuites...La démocratie que l'on a toujours refusé a ses bons côtés, l'on en jouit en citoyen libre et c'est en son nom, aujourd'hui
que l'on revendique toutes sortes de garanties. Et qui continuera de nous faire croire que notre société n'a pas progressé ? Mais en Haïti, les effets pervers de la démocratie semblent vouloir nous confiner dans une réalité dominée par la poursuite de l'impunité, car d'habiles avocats sont là et au prétoire et dans les médias pour nous donner mauvaise conscience, quand habilement l'on peut faire passer la tentative légitime de reddition des comptes pour une vulgaire volonté de revanche assimilée rapidement à de la persécution politique...
Et nous entrons dans une sorte de package deal, un fourre-tout qui fera bientôt d'Haïti un hôpital pour ancien Président. C'est paradoxal comme Haïti qu'ils n'ont pas su transformer en une zone de progrès économique et social est en même temps, la terre idéale pour bien vivre à l'abri de l'anonymat typique de la vie de ceux qui se sont jetés dans la poubelle de l'histoire,
l'environnement propice dans le confort du soleil jamais défaillant mettant nos regards à l'abri du froid tant austral que boréal...
Si le pays n'est plus la chasse-gardée de qui que ce soit, si désormais, officiellement personne n'est le sujet d'aucun Président qui y régnait en maître, par la terreur de hordes de macoutes ou de chimères, si nous sommes, pour le moment, incapables de demander des comptes à nos anciens dirigeants, nous devons au moins pouvoir tourner la page de leur période de gouvernance faite d'exactions et de leur incapacité à nous faire entrer dans la terre promise. Qu'ils nous laissent tranquilles en nous reconnaissant le droit de leur laisser dans l'oubli, de faire un trait sur eux pour continuer sans nostalgie de leurs méfaits, la quête de ce mieux être qu'ils étaient incapables de nous offrir.
Quand le passé se veut l'avenir
Aujourd'hui, en Haïti, ni Duvalier ni Aristide sont des hommes du
passé, un passé duquel, pour l'avenir de nos enfants et du pays, nous devons nous détacher. Laissons les zombis et les fantômes à leurs châteaux hantés, prenons la vie à tour de bras pour prétendre aux sommets qui nous ont été jusque-là refusés. Laissons nos anciens dirigeants à leur chimère, nous, après leur époque cauchemardesque, nous avons besoin de continuer de rêver en couleurs... Comment des dirigeants qui ont eu de longues opportunités et qui ont été incapables de transformer nos difficiles réalités, peuvent-ils être utiles dans la tache de reconstruction ?
D'ailleurs comment des spécialistes de la destruction, champion de la division nationale et générateur de crises, de souffrances, de corruption et de répression pourront changer pour s'intégrer comme citoyens normaux, se transformer en agent de construction et oeuvrant désormais en faveur de l'unité nationale ? Prétendons-nous voir un génie du mal
dont la spécialité est la nuisance se convertir en une force du bien qui n'a d'autre finalité que le bonheur de la nation ?
En tout cas, pour notre part, nous pensons que le pays doit rompre radicalement avec son sombre passé et les acteurs de ce passé, quel que soit leur nom et épithètes qui s'y attachent. Si des dirigeants du passé malgré le poids des reproches et contentieux qui en font des personnages controversés peuvent prétendre à une nouvelle opportunité de remettre le pays en mode marche-arrière et qui pis est des groupes de citoyens veulent leur donner l'absolution pour y arriver, nous, nous pensons qu'il y a aujourd'hui en Haïti de bien meilleures options.
Si Haïti ne peut être que ce que ces chefs du passé en ont fait, tous les enfants qui sont à l'école et qui s'efforcent de meubler leur esprit pour servir notre pays peuvent désespérer d'y jouer un jour un rôle. Ce serait une gifle assénée à
toutes ces générations de diplômés des Universités quand nous voulons leur faire comprendre qu'il n'y a dans leur rang aucune potentialité et que le passé déconstruit qui nous a donné ce pays délabré, sans souveraineté et survivant grâce à la charité internationale, est aussi l'avenir. Si le passé sans issue est aussi l'avenir, notre avenir c'est Duvalier ou Aristide. Alors nous devons comprendre dans ce cas que nous n'avons pas d'avenir.
Mais l'avenir, nous sommes confiant, ne peut en rien ressembler au refus de démocratie de la période Duvalier, ni encore moins à la tentative anachronique d'Aristide de jouir des prérogatives de Duvalier d'instaurer un régime de peur et de terreur au XXI ème siècle alors que notre vie de l'après-dictature est faite de jouissance de libertés accessibles même à ceux qui nous les ont refusées...
L'avenir, c'est
la construction démocratique basée sur des valeurs universelles, une femme, un homme une voix, des élections sans manipulation du vote, l'égalité devant la justice pour que chaque comptable d'un délit ait la certitude qu'il rendra compte, l'accomplissement des devoirs civiques, un système politique qui garantit le pluralisme idéologique et le renouvellement continu des institutions dans les délais, toutes préoccupations observées et exécutées par des dirigeants qui ont une vision de l'aménagement et de la construction du pays et dont la préoccupation est le bien-être du citoyen, quel que soit l'endroit où il se trouve sur notre territoire. L'avenir c'est la mise en place d'un système scolaire qui incorpore tous les enfants en âge d'aller à l'école, la manifestation d'une volonté continue de progrès par la mise en branle à travers le pays d'une dynamique de construction et d'efforts notables d'aménagement d'oeuvres de tout
type, aqueducs, barrages, routes, hôpitaux, dispensaires, centres sportifs, bibliothèques, centres de congrès, centres culturels, des infrastructures de toutes sortes qui changent graduellement nos réalités, repousser nos retards et garantir les conditions du développement global.
Si la Constitution et nos Lois reconnaissent le droit à tout citoyen de revenir sans aucune contrainte à la terre natale, d'ailleurs il ne devait pas y avoir de citoyens en exil, cette bonne disposition de la Constitution ne s'assimile aucunement à un blanc-seing à l'impunité. C'est dans la capacité de notre société à imposer l'égalité de tous les citoyens dans la justice que nous commencerons véritablement à ériger une société de droit. Regarder nos anciens dirigeants accusés de tous les maux du pays dans le blanc des yeux et aller les accueillir à l'aéroport à coups de vivats, les présenter comme des victimes en mettant un doigt
dans la plaie de leurs victimes ou de leurs survivants serait un mauvais signal qui encouragerait tout futur détenteur du pouvoir à reproduire le même schéma de violation systématique des droits des Haïtiennes et des Haïtiens. Il est facile de se faire le porte-étendard de la réconciliation nationale ou du désintéressement citoyen, mais oublier les douleurs et les souffrances, les disparitions de parents, la destruction des biens des particuliers et du commerce sont plus difficiles...
Entre 1986 et 2004, la vie nationale a connu des rebondissements et des crises multiples. L'après-Duvalier a vu la difficulté de mettre en place une société d'intégration sur la base de la justice sociale et de la garantie à la majorité des services essentiels. Nous avons eu trois crises majeures le 29 novembre 1987 avec le massacre des votants à Port-au-Prince et ailleurs, le 30 septembre 1991 avec le coup d'État militaire renversant le
Président Jean-Bertrand Aristide et la troisième, à l'issue de la fraude électorale du 21 mai 2000. Nous faisons l'économie d'autres crises de moindre envergure de la période transitoire comme celle de l'opposition Casernes Dessalines/Palais National sous le Général Prosper Avril et du mouvement populaire qui a remporté le même Général-Président, les événements qui ont précédé la période mentionnée et qui ont abouti le 11 septembre 1988 à l'incendie de la Chapelle de Saint Jean Bosco à La Saline et entrai |
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