A propos des deux langues haitiennes

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Feb 20, 2011, 11:56:14 PM2/20/11
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[Droit de réponse]
Regard objectif sur les deux langues haïtiennes, le créole et le français
HAÏTI CONTRIBUE-T-ELLE À LA « PROMOTION
DE LA LANGUE DE LA FRANCE » ?
Par Robert Berrouët-Oriol
Linguiste-terminologue
Montréal, le 19 février 2011
Plusieurs lecteurs du journal Le Matin de Port-au-Prince, habitués à une information de qualité, documentée, crédible, vérifiée et vérifiable, sont sous le choc, abasourdis, voire assommés : ils ont lu, et sans doute ricané de dépit, le papier de Prophète Joseph intitulé « La contribution d’Haïti à la promotion de la langue de la France » dans Le Matin du vendredi 18 au jeudi 24 février 2011, no 34245.
Dans un pays, Haïti, où il faut d’urgence gérer toutes les urgences d’une reconstruction qui tarde tellement à advenir depuis le séisme du 12 janvier 2010, il peut paraître futile de donner l’heure juste suite à la commission d’un article qui ne s’embarrasse même pas de maquiller sa borgne « méthodologie » essentiellement basée sur l’amalgame et le truquage des données et des faits de langue. Je prends pourtant le temps de le faire pour une raison que les lecteurs de Le Matin ont à coeur de partager : la refondation du système éducatif haïtien exige, aujourd’hui, rigueur et hauteur de vues, consensus sur les vraies priorités, abandon de l’amateurisme bavard et outrecuidant, et primauté de la démarche scientifique sur l’écholalie/échophrasie ante-linguistique. Je vais donc faire la démonstration, sources documentaires à l’appui (et consultables sur Internet), que l’article de Prophète Joseph est un condensé d’inanités, de faussetés, d’amalgame douteux et de contorsions historiques et idéologiques, et que, s’il trouve un début d’attention chez quelques rares lecteurs peu renseignés, il pourrait participer d’une dommageable régression des acquis connus de la sociolinguistique haïtienne.
NDLR : Notre collaborateur Robert Berrouët-Oriol, poète et linguiste-terminologue, est l’auteur entre autres de « Poème du décours » (Éditions Triptyque, 2010), Prix de poésie du Livre insulaire à Ouessant, en France. Il est aussi coordonnateur et corédacteur de l’ouvrage collectif de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (Éditions du Cidihca et Éditions de l’Université d’État d’Haïti, février 2011).
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Amalgame et manipulation des données : « l’école française » et « la langue de la France » en Haïti.
Prophète Joseph se livre à une périlleuse confusion mêlant chiffres et pourcentages, système éducatif haïtien et Francophonie : «… dans le budget de 2006-2007, […] la contribution d’Haïti à la francophonie se chiffre à 6 milliards 200 millions de gourdes, soit 155 millions $ US… Si l’on ajoute à cette somme les 90% que les parents haïtiens déboursent au secteur privé de l’enseignement pour la scolarisation de leurs enfants, on peut affirmer qu’Haïti consacre annuellement 1 milliard 555 millions de $ US à l’école française.» Diantre ! D’où viennent des montants aussi fumeux ? Le plus futé des statisticiens aurait du mal à trouver la somme de 1 milliard 555 millions de dollars US concoctée par l’auteur –en dehors de toute référence documentaire attestée et crédible--, qui s’amuse à additionner une somme, 155 millions de dollars, et un pourcentage de 90%.
Toujours est-il que, selon l’auteur, il y aurait une soi-disant « école française » à l’échelle de la république d’Haïti. Mais en réalité au pays de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines et de Jacques Roumain, il n’y a qu’une seule école : l’École haïtienne régie par les lois haïtiennes. Aux côtés de l’École haïtienne, et mis à part l’Union School (une école américaine), il n’existe que deux écoles françaises en Haïti : le Lycée français (Lycée Alexandre-Dumas) et le Collège Alcibiade Pommeyrac à Jacmel, financés à même le budget de la république française, qui dispensent un enseignement de qualité conforme au programme du Ministère de l’Éducation de la France, et adapté au programme du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle d’Haïti.
Le syntagme « la langue de la France » est à la fois déictique –il cible son objet--, et illustratif –il donne le ton d’un fourvoiement volontariste et d’une lecture étroitement idéologique de la problématique linguistique haïtienne, lecture anémiée qui n’a rien à voir avec la science linguistique ou avec l’Histoire, cette « science de l’intelligible » qui privilégie l’analyse des faits en les confrontant aux témoignages et aux documents d’attestation.
Certes, le français est la langue de la France (65 447 374 de locuteurs en 2010). Mais elle est davantage et surtout la langue de la Francophonie hors de la France --(195 508 100 de francophones recensés par l'Organisation internationale de la Francophonie en 2005)--, et c’est d’ailleurs ce qui fait sa richesse dans sa diversité. Langue mondiale, le français est une langue parlée au Québec, au Sénégal, en Belgique et… en Haïti à des degrés divers de compétence linguistique. Le français est une langue donnée en
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partage, souvent inégal, au même titre que l’anglais est la langue donnée en partage aux Américains, aux Australiens, aux Canadiens, aux Irlandais, etc. La donne historique est relativement similaire pour l’espagnol en Espagne, en République dominicaine, au Mexique, en Argentine, etc.; il en est de même pour le portugais au Portugal (10, 5 millions de locuteurs), au Brésil (188 078 227 de locuteurs) ou au Cap-Vert.
Nier le fait français en Haïti constitue donc à l’évidence un déni d’histoire. Évacuer la réalité du patrimoine linguistique haïtien1 qui comprend nos deux langues officielles relève de la falsification historique. Le français, en Haïti, serait « la langue du colon », «la langue dominante », voire une soi-disant « langue étrangère » qu’utilise pourtant Prophète Joseph pour écrire son article, falsifier l’Histoire et les données vérifiables de la situation sociolinguistique haïtienne. Par cette acrobatie pré-linguistique, Prophète Joseph rejoint ceux qui tentent en vain d’évacuer les acquis connus et mesurables de la Francocréolophonie haïtienne, jusque et y compris les monuments de la littérature haïtienne qui ont écrit en français : Jacques Roumain, Jacques-Stéphen Alexis, Clément Magloire St-Aude, Marie Chauvet, etc.
La deuxième falsification historique consiste à vouloir faire croire aux lecteurs que le français est inscrit dans la constitution 1987 en tant que 2e langue officielle : « On ne cherche pas à ignorer la présence du français comme 2e langue officielle à côté de la langue haïtienne sur le territoire d’Haïti.» En une toute spéculaire imposture, Prophète Joseph réécrit donc pour lui seul et à sa manière à la fois l’Histoire et la Constitution haïtiennes. Voici ce que consigne la Constitution de 1987 (art. 5) : « Tous les Haïtiens sont unis par une langue commune : le créole. Le créole et le français sont les langues officielles de la république.» Ainsi, Haïti dispose de deux langues officielles, et la Constitution de 1987 rédigée et adoptée uniquement en français, atteste, sans exclusive, que le patrimoine linguistique national comprend bien nos deux langues. Dans la configuration sociolinguistique du pays, tous les locuteurs natifs d’Haïti sont unis par une langue commune : le créole. Les lecteurs de Le Matin noteront que la notion de langue de l’unité nationale utilisée par Prophète Joseph est absente de la Constitution de 1987 alors même que le créole modélise indiscutablement la personnalité historique de la nation haïtienne.
Faut-il encore le rappeler, le français et le créole sont les deux langues présentes lors de la fondation de la nation haïtienne le 1er janvier 1804. Si la majorité des Haïtiens au jour de l’Indépendance ne pouvait s’exprimer qu’en créole (situation qui n’a hélas guère changé), les Pères de la patrie, incluant le chef de la Révolution haïtienne, Jean-Jacques Dessalines, ont clairement choisi de sceller définitivement le sort de la langue française dans l’Acte de l’indépendance de la première République noire issue d’une révolution anti-esclavagiste et anti-coloniale. Écrit en français, l’Acte de l’indépendance est le
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premier document littéraire et politique de la nouvelle nation : il fait historiquement de «la langue de la France » une langue haïtienne.
Quant à l’inutile débat que prétend soulever Prophète Joseph sur la dénomination de la langue créole, on notera que le réputé linguiste Hugues St-Fort sonnait déjà l’alarme dans un texte publié l’an dernier sur le site martiniquais Potomitan, « Conservons la dénomination “créole”»2. Il épinglait les dérives conceptuelles de Prophète Joseph en ces termes : « Dans ce texte intitulé « Faisons immédiatement le deuil du mot créole un devoir patriotique » qui est d’une pauvreté argumentative désespérante, Prophète Joseph (PJ) reprend les thèmes les plus éculés des adversaires des langues créoles et du créole haïtien. Il y a eu dans le passé un certain nombre de personnes qui se sont attachées à rejeter le terme « créole» au profit de « l’haïtien ». Mais aucune n’est tombée dans la démagogie et le « n’importe quoi » de PJ.»
Les vraies priorités de l’État haïtien en matière d’aménagement des deux langues haïtiennes, base d’une véritable refondation du système éducatif.
Le lecteur comprendra aisément, à la lumière du tableau récapitulatif qui suit, que l’État haïtien investit encore trop peu dans le système national d’éducation. Il n’est pas question ici d’un vain procès à l’État haïtien pour sa mal-vision du système éducatif et sa myopie récidiviste sur la question linguistique. Il faut surtout attirer l’attention des lecteurs et des prochains responsables politiques sur le danger de penser la refondation du système éducatif en dehors d’une politique d’aménagement conséquente des deux langues haïtiennes.
Financement de l'éducation par l'État haïtien
Montant alloué au Ministère de l'Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP)
Budget total
Budget du MENFP
% du budget total
Budget du MENFP
En Gdes
En Gdes
Équivalent en US**
2006-2007*
28 602 530 600
4 002 277 410
13,99%
100 056 935 $
2007-2008
79 193 917 545
6 485 744 508
8,19%
162 143 613 $
2008-2009*
36 225 144 100
5 142 610 000
14,2%
128 565 250 $
2009-2010
88 247 155 852
7 391 837 285
8,38%
184 795 932 $
2010-2011
106 284 926 099
11 167 944 797
10,51%
279 198 620 $
*Estimation à partir des tableaux de «L'état d'exécution des dépenses budgétaires» pour ces deux exercices.
**un dollar US équivaut à environ 40 Gdes
Source : Ministère de l'Économie et des Finances : http://www.mefhaiti.gouv.ht/publication.htm
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D’après les « enquêtes » réalisées à partir de Montréal par Prophète Joseph, « Haïti compte plus de jeunes qui sont capables de lire et écrire l’haïtien [sic] que le français.». La réalité est toute autre et surtout plus nuancée et complexe comme en témoignent les travaux de la Commission présidentielle sur l’éducation (Groupe de travail sur l’éducation et la formation3), qui sont largement commentés dans un ouvrage collectif de référence, « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (Robert Berrouët-Oriol et al., 2011). Voici en quels termes l’échec scolaire, linguistique et académique est stigmatisé par un enseignant haïtien de carrière, Max Dejean, dont les propos sont repris dans un éditorial de Frantz Duval paru dans Le Nouvelliste de Port-au-Prince le 9 août 2010 : « Trois ans de maternelle, six ans de primaire, 7 ans de secondaire. Seize ans en tout si on est admis chaque année en classe supérieure. Seize ans ! Voilà la somme d’années que chaque enfant haïtien doit passer sur les bancs de l’école, s’il a l’heureux privilège d’être scolarisé. Il devra aussi subir quatre examens officiels. Quatre ! Seize ans et quatre examens officiels au bout desquels personne n’est sûr de ce que maîtrise l’élève. Personne ne peut garantir qu’il a digéré tout le savoir accumulé et assimilé toutes les matières enseignées. Quant à la finalité du système, cela ne fait pas l’objet de réflexions. La machine marche, un point c’est tout. »
Avec la réforme Bernard de 1979, le créole a été introduit --bien tardivement et avec un lourd handicap en matériel didactique et en enseignants adéquatement formés--, dans le système scolaire haïtien comme langue enseignée obligatoire jusqu’à la 9e année fondamentale. Il serait intéressant de mener une large enquête sociolinguistique pour mesurer le niveau de compétence réelle des apprenants de cette langue après des années d’apprentissage, le nombre d’établissements scolaires qui appliquent effectivement le programme officiel ou qui laissent coexister plusieurs « réformes » et «programmes » en leur sein, ainsi que l’adéquation des programmes et des matériels didactiques aux besoins réels du système éducatif. Et le quasi-échec du PNEF (Plan national d’éducation et de formation) de 1997 – 1998, auquel s’est superposée « La stratégie nationale d’action pour l’éducation pour tous » de 2007, n’a fait qu’ajouter à la confusion programmatique du système d’éducation nationale qui pratique encore l’exclusion sociale et l’apartheid linguistique.
Poser le problème de la place du créole dans le système éducatif, dans les relations des institutions publiques et privées avec tous les citoyens haïtiens, dans les interrelations et la recherche d’un équilibre avec le français, relève de la politique linguistique que l’État a l’obligation de mettre en oeuvre. Il faut un aménagement réel et formel du statut et des fonctions des deux langues haïtiennes, ce qui équivaut dans la science linguistique à la mise en oeuvre de toute politique générale structurant la vie des deux langues décidée par l’État haïtien. Une politique d’aménagement linguistique doit certes servir à valoriser et à promouvoir vigoureusement le créole dans tous les contextes de
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communication, mais elle doit aller plus loin : elle doit garantir durablement l’exercice des droits linguistiques de tous les locuteurs unilingues et bilingues d’une part, et, d’autre part, elle doit aboutir à long terme à un bilinguisme effectif de la population haïtienne.
Les priorités de l’État haïtien en matière d’aménagement des deux langues officielles doivent donc s’articuler à une claire vision de la configuration sociolinguistique du pays. Pareille configuration se résume sur les axes suivants :
(a) un patrimoine linguistique national historiquement donné en partage inégal, adossé à l’institution de l’usage dominant du français et à la minorisation institutionnelle du créole à l’échelle nationale;
(b) une exemplaire insuffisance des provisions constitutionnelles au regard de l’aménagement linguistique, insuffisance en phase avec le déni des droits linguistiques de l’ensemble des locuteurs haïtiens;
(c) l’inexistence –conséquence du déficit de vision et de leadership de l’État--, d’une politique linguistique publiquement énoncée et promue, préalable à la mise en oeuvre d’un plan national d’aménagement des deux langues haïtiennes;
(d) la perduration d’une École haïtienne qui engendre la déperdition scolaire, l’exclusion sociale, qui pratique la discrimination linguistique en contexte d’échec quasi-total des trois réformes du système éducatif haïtien à 80% gouverné et financé par le secteur privé national et international.
C’est à bien saisir une telle configuration que l’État haïtien, de concert avec la société civile, sera en mesure de penser et de promulguer sa politique d’aménagement linguistique dont découlera son premier plan national d’aménagement des deux langues haïtiennes.
Écholalie4 populiste et schizophrénie identitaire : à bas « la langue du colon » ? Quel colon ?
Le lecteur du journal Le Matin conviendra sans difficulté que le délire ante-scientifique, maladroitement essentialiste et étroitement idéologique à l’oeuvre dans le papier de Prophète Joseph intitulé « La contribution d’Haïti à la promotion de la langue de la France » n’a pas grand-chose à voir avec les sciences du langage : il interpelle et avalasse un débat qui n’aura pas lieu. La dictature des Duvalier et les autres dérives autoritaires, populistes et mortifères d’après 1986 nous ont suffisamment instruits de la
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dangerosité des élucubrations linguistico-identitaires en terre haïtienne pour qu’on ne se laisse pas aller à de tels « chants du signe »…
Le dilettantisme babillard de Prophète Joseph –déjà à l’oeuvre dans son pitoyable «Dictionnaire français – haïtien / ayisyen-franse » de 2003/2006 qui défie les lois les plus élémentaires de la lexicographie et de la dictionnairique--, est une petite, très petite calamité dont on doit néanmoins se prémunir pour s’atteler aux priorités qui nous interpellent tous : l’aménagement linguistique dans l’espace des relations entre l’État et ses administrés, l’aménagement de nos deux langues nationales dans le système éducatif haïtien, la convergence linguistique dans l’optique d’une neuve didactique des langues de transmission des savoirs et connaissances en Haïti, la centralité de l’aménagement des deux langues haïtiennes dans la refondation de l’École et de l’Université haïtiennes.
Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut être porteurs d’une ample, claire et forte vision qui, fondée sur les sciences du langage, la didactologie, l’analyse rigoureuse des rapports entre le créole et le français, saura être rassembleuse et productive. Loin de l’amateurisme baratineur et des médiocres productions livresques qui desservent la «cause » créole, tel est l’enjeu véritable : donner voix et priorité au bilinguisme de l’équité des droits linguistiques de tous les Haïtiens.
Références
1 Robert Berrouët-Oriol et al (2011). « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions ». Montréal : Éditions du Cidihca. Port-au-Prince : Éditions de l’Université d’État d’Haïti.
2 Hugues St-Fort (2010). « Conservons la dénomination ‘créole’ ». Dans Potomitan : http://www.potomitan.info/atelier/creole2.php
3 Commission présidentielle sur l’éducation/Groupe de travail sur l’éducation et la formation (GTEF) : http://www.commissioneducation.ht
4 Julia Kristeva (1975). « Ellipse sur la frayeur et la séduction spéculaire », in Communications Volume 23.
Ministère de l’Économie et des Finances de la République d’Haïti. État d'exécution des dépenses budgétaires (Oct. 06 – Juil. 07) : http://www.mefhaiti.gouv.ht/publication.htm
Ministère de l’Économie et des Finances de la République d’Haïti, septembre 2008. Loi de finance rectificative (2007-2008) : http://www.mefhaiti.gouv.ht/publication.htm
Ministère de l’Économie et des Finances de la République d’Haïti. État d'exécution des dépenses budgétaires (oct. à déc. 2008) : http://www.mefhaiti.gouv.ht/publication.htm
Ministère de l’Économie et des Finances de la République d’Haïti septembre 2010. Décret établissant le budget rectificatif de l'exercice 2009 -2010 : http://www.mefhaiti.gouv.ht/publication.htm

PFA

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Feb 22, 2011, 9:58:42 PM2/22/11
to koze-ma...@googlegroups.com, Hug...@aol.com, tout-...@googlegroups.com, haiti-...@googlegroupes.fr, VIN...@yahoogroupes.fr
Dr St. Fort,
 
Merci de ces mises au point de Robert Berrouet-Oriol.  Juste quelques petites questions:
 
1) Quand M. Berrouet-Oriol affirme que :"Le français, en Haïti, serait « la langue du colon », «la langue dominante », voire une soi-disant « langue étrangère » qu’utilise pourtant Prophète Joseph pour écrire son article, falsifier l’Histoire et les données vérifiables de la situation sociolinguistique haïtienne, " n'est-il pas en desaccord avec vous qui aviez en maintes fois prone une education en creole avec le francais comme langue etrangere?
 
2) M. Oriol conclut son texte de cette facon : "Loin de l’amateurisme baratineur et des médiocres productions livresques qui desservent la «cause » créole, tel est l’enjeu véritable : donner voix et priorité au bilinguisme de l’équité des droits linguistiques de tous les Haïtiens." Qu'est-ce qu'il veut dire par bilinguisme de l'equite des droits linguistiques de tous les haitiens.
 
Merci d'avance de vos reponses,
 
PFA



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To: koze-ma...@googlegroups.com
Cc: tout-...@googlegroups.com; forumc...@googlegroups.com; haiti-...@googlegroupes.fr; VIN...@yahoogroupes.fr
Sent: Sun, February 20, 2011 10:56:14 PM
Subject: [KozeMandeChez] A propos des deux langues haitiennes

Hug...@aol.com

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Feb 23, 2011, 8:59:10 PM2/23/11
to fap...@yahoo.com, koze-ma...@googlegroups.com, tout-...@googlegroups.com, haiti-...@googlegroupes.fr, VIN...@yahoogroupes.fr
 
Bonjour PFA,
 
Je réponds d'abord à votre première question. Voilà: Robert Oriol ne fait pas du tout siennes les idées qu'il rapporte dans sa réponse à Prophète Joseph. Robert reprend des idées, des bouts de phrase qui circulent ça et  là chez ceux qui prônent l'éviction du français en Haïti sous prétexte que c'est "la langue du colon" et qu'elle fait du mal à Haïti. Vous remarquerez qu'il utilise le conditionnel.  Il n'est pas du tout en désaccord avec moi. Je défends, c'est vrai, l'utilisation de la langue créole comme langue-instrument et objet d'enseignement dans les écoles haïtiennes parce que c'est insensé de refuser de se servir de la langue première de tous les locuteurs haïtiens dans les écoles et je prône en même temps l'enseignement du français comme langue étrangère. Je me suis longuement expliqué sur cette question dans des dizaines d'articles parus sur nos forums. Je reconnais que dans un tout petit nombre de familles haïtiennes, le français fait figure de langue seconde et non de langue étrangère mais de là à conclure qu'il n'est pas une langue étrangère pour la grande majorité des locuteurs haïtiens, c'est un pas que je ne franchirai pas.
Je vous invite à lire les répétitions que Prophète Joseph ne cesse de faire circuler sur le Net depuis au moins deux ans. Ce qui est frustrant, c'est que à chaque fois que je réponds à ses idées farfelues et complètement dépourvues d'arguments scientifiques basés sur la linguistique ou l'histoire, il se tait et reparait 4 ou 6 mois plus tard avec les mêmes inepties. Vous allez voir, il va faire la même chose avec le texte de Robert Berrouet-Oriol. Silence et puis au moment où on s'attend le moins, il va reparaitre avec les mêmes histoires. Je vous signale que Prophète Joseph, malgré tous mes démentis, répète depuis deux (2) ans que l'article 5 de la Constitution de 1987 dit que l'haïtien et le français sont les langues officielles de la République. Il l'a dit encore dans son dernier article paru dans le Matin et auquel Robert Oriol a répondu. Alors que tout le monde peut se procurer facilement un exemplaire de notre Constitution et lire ceci: Le créole et le français sont les langues officielles de la République. Comment doit-on qualifier cela?   
 
En ce qui concerne votre deuxième question: "Qu 'est-ce que Robert  Oriol veut dire par bilinguisme de l'équité des droits linguistiques de tous les Haïtiens?". Je pense qu'il réclame haut et fort qu'il est temps que l'Etat haïtien mette en pratique le bilinguisme officiel qui figure dans la Constitution de 1987: Les Haïtiens (la plupart) sont inégaux en regard de leurs droits linguistiques. Une toute petite minorité est en mesure de comprendre et de parler le français dans n'importe quelle situation en plus du créole qui est leur langue maternelle (les linguistes appellent cela des "bilingues équilibrés") mais l'immense majorité ne parle et ne comprend que le créole. Alors que l'article 5 de la Constitution proclame: "Le français et le créole sont les langues officielles de la République". C'est vrai qu'il existe une longue tradition dans notre histoire qui veut que nous ne respectons pas les Constitutions de notre pays, mais tout de même!    
 
Merci PFA. J'espère avoir répondu à vos deux questions. Je lis toujours toutes tes interventions et j'en suis ravi.  
 
A la prochaine,
 
Hugues

Prophète Joseph

unread,
Feb 25, 2011, 2:32:37 AM2/25/11
to tout-...@googlegroups.com
M. St-Fort,
 
Je tiens à vous rassurer que je ne perdrai pas mon temps à répondre aux publications mensongères écrites par des traitres, des vendus et des apatrides en mal de reconnaissance et de popularité. Je ne perdrai certainement pas mon temps pour ces apatrides qui se cachent derrière la science pour tromper la population haïtienne durement éprouvée par toutes sortes de calamités.
 
Prophète Joseph, M.Éd.

 

From: Hug...@aol.com
Date: Wed, 23 Feb 2011 20:59:10 -0500
Subject: [Tout-Haiti] Re: [KozeMandeChez] A propos des deux langues haitiennes
To: fap...@yahoo.com; koze-ma...@googlegroups.com
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Feb 25, 2011, 8:36:53 AM2/25/11
to tout-...@googlegroups.com, fap...@yahoo.com, ori...@yahoo.fr, josep...@hotmail.com
M. Prophète Joseph,
 
Je constate d'abord que cette réponse que vous m'adressez pour la première fois depuis au moins deux ans que je réponds aux mêmes articles que vous ne cessez de re-publier est uniquement une attaque ad hominem ("traitre", "vendu", "apatride en mal de reconnaissance"). Les réponses que je vous adresse depuis octobre 2008 sur le Net et sur le Nouvelliste sont toujours restées dans les stricts domaines de la science linguistique ou de l'histoire. La mise au point à Mme PFA publiée mercredi dernier 23 février représente quelque chose de factuel et j'invite les lecteurs à la relire.
 
Pourriez-vous m'expliquer ce qui fait de moi selon vous un "traitre", un "vendu", un "apatride"? En quoi suis-je en train de tromper la population haïtienne?
 
Il est évident que, une fois de plus, vous n'avez rien à avancer sur le plan linguistique. C'est ainsi que j'interprète vos déchainements d'attaques ad hominem. C'est vraiment dommage
et je vous plains, mon pauvre monsieur.
 
Hugues Saint-Fort
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