Nous pouvons encore sauver les plantations d'igname endomagées par le cyclone Mathieu et reconstruire les clôtures des maisons

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Michel William

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Oct 16, 2016, 12:11:18 PM10/16/16
to Grands Debats, Vinoush Yahoogroup, Haitian Advocacy, Tout-Haiti


Economie de l'igname

La culture de l'igname  fait partie de la stratégie paysanne de lutte contre la sécheresse et la faim. C'est une plante à tubercule. Les tubercules vivent sous terre et sont relativement à l'abri de l'érosion. Les habitants des trois départements de Grandanse, du  SUD et de Nippes viennent d'enregistrer une perte économique sévère avec la défoliation des plantes  d'igname et la destruction par le vent des tuteurs piqués dans chaque butte pour supporter les tiges de la plante. Les dépenses pour établir un has d'igname s'élèvent à 217.600 gdes, en cultures améliorées, si on amortit sur vingt ans  le cout des tuteurs en tuyaux  galvanisés. On récolte sur un has  environ 22.988  bouts d’igname qui pèsent  chacun  entre  trois  et cinq livres, soit  quarante six mille  livres/has. Au prix de récolte de trente gourdes  l’unité, on vend de l’igname  pour 689.640 gdes. On fait un bénéfice de 472,640 gdes. Un has d’igname amélioré  donne du travail á 441 hommes  jour qui reçoivent un revenu  de 110.250 gdes á  250 gdes  homme jour .Si ces trois département font 50% de la superficie plantée en igname, les responsables auront une idée de la perte subie par  nos gens d'en bas.  La récupération  des plantations d'igname  après le passage  du cyclone Mathieu représente un défi obligatoire et urgent à lever par le gouvernement Haïtien.

Proposition

Considérant le fait que le MARNDR n'avait pas fait de campagne agricole en 2013-2014, 2014-2015 2015-2016 ni au printemps ni en hiver. et que toutes les plantations agricoles détruites ont été faites avec la sueur et le sang des producteurs, le présent article est une contribution de l'agronome Michel William à l'effort du MARNDR ou de toute autre  institution de bienfaisance qui voudrait aider honnêtement et dignement les paysans dans la récupération immédiate des plantations d'igname ayant perdu les feuilles après le passage du cyclone Mathieu.

D'après la sous structure statistique du MARNDR, la superficie  plantée en igname  dans tout le pays  est estimée à 52.108 has. La grand Anse, le Sud, les Nippes  représenteraient  50% de la superficie totale. Le reste des 50% se trouve dans le Nord, le Nord Est,le Sud Est, l'Ouest  et le Nord Ouest. Une visite dans les principaux marchés de Mussot Payan et de Port-au-Prince, un à deux mois avant le passage du cyclone Mathieu, laissait voir l'igname de guinée et le yanm Goav dans tous les bacs des marchandes. Cela signifie que ces variétés plantées depuis décembre et Janvier  étaient déjà en train d'être récoltées. Sous terre il ne reste que la partie supérieure de chaque tubercule laissée en place pour la production des  plans.

Les variétés d'igname ayant subi par contre les plus gros dommages appartiennent à l'espèce d'igname  blanche ou "franse" du type Dioscorea Alata. L'autre variété appartient à l'espèce Dioscorea cayenensis  ou yanm jaune  appelé encore , yanm toutan, yanm siguin.Dans l'igname franse on trouve les yanm pakala, yanm Ti josef, yanm riyal, yanm karakol, yanm blan, yanm matinik etc .Ces dernières variétés sont plantées entre mars et avril pour l'igname jaune et jusqu'en mai pour le "yanm franse".Ces variétés qui représentent les 3/5 des  plantations d'igname dans les trois département affectés sont exactement celles qui allaient commencer à émettre des racines tubéreuses  pour la formation des tubercules à partir du mois de septembre. Ce sont ces variétés dont la récolte est compromise, parce que la formation des tubercules dépend en grande partie du phénomène de la photosynthèse qui se fait à travers les feuilles de l'igname. Il y a une théorie qui veut que la grosseur du tubercule produit par chaque  pieu d'igname est proportionnelle à la quantité de feuillage  que la plante émet au cours de son existence. Les anciens planteurs d'igname exploitaient bien cette connaissance empirique en mettant  autour de chaque arbre   14 à 20 plans d'igname qui en croissant vont grimper et courir sur l'arbre.

Là ou le bat blesse  est que le cyclone  Mathieu au cours de son passage avec des vents violents  qui atteignent 180 a 250 kilomètres /heure, a déchiré  et  brulé avec le sel de la mer la totalité des feuilles des plantations d'igname et a emporté les  tuteurs faits de piquets faibles laissés à coté de chaque pieu d'igname. Il n'y a plus  d'arbres, il n'a plus de rack bwa pour la collecte des tuteurs indispensable à la culture de l'igname. On ne peut pas attendre le reboisement pour relancer la culture de l'igname. L'alternative immédiate  est de faire la culture en palissade.  Avec les tuteurs en tuyau galvanisé les agriculteurs mettront 20 à 30 années sans  recourir aux tuteurs en bois. Les tuyaux galvanisés donneront  du temps au temps que mettra le  reboisement avant de devenir   fonctionnel ..

Le problème de disponibilité en semences ne se pose pas pour l'igname , sauf si les habitants mourant de faim  vendent les semences qui vivent  sous terre.

Si le ministère de l'agriculture ne fait pas la tête raide comme c'est le cas lorsqu'il n'y a pas de pactole à faire dans la composante formation d'agriculteurs, il y a 80% de chances de sauver ces plantations en apportant le traitement de choix qu'il faut à chaque  jardin d'igname après un cyclone. Quel est ce traitement?

Le traitement de choix  est un paquet et consiste :

1- A remplacer immédiatement les tuteurs en bois détruits  par des tuteurs en tuyau galvanisé de 1,50 de hauteur sur lesquels  on fait passer deux lignes de fil de fer à ligaturer fixées  respectivement à o,30m et  un mètre à partir du sol pour laisser courir les branches d'igname. C'est la culture en palissade que je  pratiquais à Paillant Miragoane.

2- A Faciliter la repousse rapide des feuilles en faisant deux applications d'engrais de 12-12-20 ou de 16-10-20 à intervalle d'un mois ,à raison  d'une boite de lait carnation par butte

3-A former et à mettre au travail dans chaque zone d'igname 20 à 30 brigades de 10 agriculteurs chacune pour la pause des tuteurs, le sarclage  le rehaussage des buttes d'igname et les applications d'engrais. Cette troisième intervention est suggérée pour créer du travail et pour injecter dans la zone une quantité d'argent destinée à mitiger les effets de  l'insécurité alimentaire

Dans chaque commune de ces trois départements il sera d   nné aux weldermen des contrats de préparation des tuteurs

L'agronome responsable de chaque bac préparera de commun accord avec le casec et un comité de planteurs le devis requis pour  exécuter  le dit projet.

Il faut organiser dans chaque section communale  avec les casecs, les asecs, les notables, les jeunes leaders une structure d'opération, de supervision et de pénalisation qui rend chaque acteur , chaque bénéficiaire comptable de ce qu'il fait

Moringa

Comme les gouvernements de Martelly avaient un programme burlesque et mafieux  de Moringa à faire, et que comme plante à croissance rapide,le moringa peut facilement servir d'alimentation pour les hommes et pour les animaux, avec toutes les réserves que de droit, c'est le moment idéal pour relancer modestement ce programme en faisant des pépinières communales dont les plantules seraient distribuées pour refaire les clôtures des maisons.

Il existe deux inconvénients de taille à la mise en œuvre de ce projet: L'inexistence de l'agronome responsable du bureau agricole communal dans la majorité des communes touchées par le cyclone Mathieu et l'impossibilité de trouver de l'engrais  pour donner aux  habitants. On sait que pour l'exercice 2015-2016, le MARNDR se proposait de commander un stock  de 14.150 tonnes qui était  bloqué par le secteur privé des affaires. On ignore pour le moment si la commande a été relancée ou pas .Entretemps on nous apprend que  le programme chargé de gérer la question de l'engrais  (PSF) n'a pas été autorisé à présenter de FIOP pour l'exercice 2016-2017. La cause  résulterait d'un différent entre le responsable  PSF et la direction générale adjointe du MARNDR. Ces problèmes survenus  dans la gestion de l'engrais pourraient aggraver la situation des planteurs d'igname, de légumes du riz, à un moment oú le besoin en engrais va être plus critique  que jamais après que le cyclone Mathieu a tout détruit en fait d'agriculture  dans ces départements.


Phone 4921 6051

16 octobre 2016

 

 

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