Du venin d'abeille contre le virus du
sida
Créé le
08-07-2013 à 17h18 - Mis à jour le 09-07-2013 à 08h56Par Rédacteur
Sciences et
Avenir
Des
chercheurs ont montré l'efficacité de la mélittine, une toxine contenue dans le
venin d'abeille, pour détruire le VIH.
Mots-clés :
SIDA, VIH, Abeille, toxine, venin, Mélittine, Apithérapie
MÉLITTINE.
En mars dernier, une équipe de l'université George Washington à St Louis
(Missouri) a publié les résultats d'une étude prouvant l'efficacité de la
mélittine (toxine contenue dans le venin d'abeille) sur le virus de
l'immunodéficience humaine (VIH).
La mélittine détruit l'enveloppe du
virus
Les
chercheurs ont d'abord testé leur dispositif d'attaque - de la mélittine
intégrée à des nanoparticules - sur des cultures du virus, puis, in vitro, sur
des cellules épithéliales vaginales mélangées aux cultures de VIH. Constat, le
pouvoir infectieux du virus est inhibé par la destruction de son enveloppe
protectrice. Ces premiers travaux permettent de se montrer optimiste quant à la
mise au point d'un gel vaginal à visée préventive... et peut-être même, à
terme, pour des traitements.
Vertus du venin d'abeille
"Il n'y
a là rien d'extraordinaire", explique le docteur Albert Becker, président
de l'Association francophone d'apithérapie, " le venin contient différents
composants cytotoxiques, comme la mélittine. Mais aussi plusieurs composés
anti-inflammatoires." Le venin d'abeille, peu onéreux, facile à obtenir,
est réputé traiter les problèmes articulaires, la goutte ou les rhumatismes. Mais
également la sclérose en plaques ou les affections neurologiques. Quant aux
rides, elles s'effaceraient sous son action... "Attention, pourtant: pour
la plupart de ces indications, les données scientifiques manquent !",
relativise Albert Becker.
Clara Delpas, Sciences et Avenir, 08/07/13
Du venin d'abeille pour lutter contre
le sida, c'est possible grâce aux nanoparticules
Le
HuffPost | Publication: 08/03/2013 12h15 CET | Mis
à jour: 25/03/2013 15h24 CET
VIH -
Quelques jours après l'annonce de la première guérison apparente d'un
nourrisson, voilà une nouvelle bonne nouvelle dans la lutte contre le virus du
sida. Une équipe de chercheurs américains a mis au point des nanoparticules
chargées d'une toxine provenant du venin d'abeille, capable de détruire le
virus du sida.
À terme,
cette découverte pourrait aboutir à la production d'un gel vaginal qui
limiterait le risque de contamination par le VIH. "Nous espérons que dans
les zones où le taux de prévalence du VIH est important, les gens pourront
utiliser ce gel comme un moyen de prévention pour empêcher l'infection
initiale," explique Joshua L. Hood de la Washington University de Saint
Louis. Comment? Grâce à cette toxine, la mélitine, un poison capable de percer
l'enveloppe protectrice de plusieurs virus dont le VIH.
Véhiculée dans l'organisme grâce à ces nanoparticules,
la mélitine aurait un effet dévastateur sur le virus. Le principal auteur de
l'étude avait déjà montré qu'en addition aux traitements anti-rétroviraux que
nous connaissons aujourd'hui, Samuel Wickline, cette toxine était capable de
tuer les cellules tumorales infectées par le virus. Restait à trouver le moyen
de permettre à la mélitine de s'attaquer au virus sans détruire les cellules
saines. C'est désormais chose faite.
Des pare-chocs pour mieux cibler le
VIH
Pour y
parvenir, Joshua Hood a équipé les nanoparticules de pare-chocs moléculaires de
sorte à ce qu'elle rebondisse sur les cellules normales, qui sont bien plus
grandes. En revanche, le VIH étant bien plus petit que ces nanoparticules, le
virus passe entre ces pare-chocs, se retrouvant alors en contact avec la
mélitine.
Cette
technique offre plusieurs avantages.
Alors que
les traitements antirétroviraux empêchent le virus de se multiplier, ces
nanoparticules ont l'avantage de le détruire. Elles peuvent donc prévenir
l'infection là où les traitements classiques n'opèrent de manière générale qu'a
posteriori.
Second
avantage de cette nouvelle technique, en s'attaquant à la structure physique du
virus on élimine le risque que celui-ci mute comme cela peut être le cas face à
certains traitements.
D'autres applications possibles
"La
particule que nous utilisons a été développée il y a plusieurs années en tant
que sang artificiel" explique Hood, "Elle n'était pas
particulièrement efficace pour apporter de l'oxygène dans l'organisme, en
revanche elle y circule sans danger et constitue une bonne base pour travailler
contre différentes infections."
Ces
nanoparticules pourraient aussi être utilisées pour lutter contre les hépatites
B et C dont les enveloppes protectrices sont elles aussi vulnérables à la
mélitine.
Selon Joshua Hood, il serait aussi possible de produire un
gel qui s'attaque à la fois au sperme qu'au virus du sida. Alors que ces
nanoparticules n'ont pour l'instant été mise à l'épreuve qu'en laboratoire, les
chercheurs estiment qu'il serait facile de les produire en grandes quantités.
De l'utilité de sauver les abeilles.
7 idées reçues sur le sida
aujourd'hui
Le HuffPost
| Par Stanislas Kraland
Publication: 01/12/2012 07h01 CET | Mis
à jour: 25/03/2013 13h56 CET
VIH/SIDA -
En 1996, l'arrivée des traitements antirétroviraux ou trithérapies a marqué un
tournant dans la lutte contre le VIH. Malgré l'espoir sans cesse déçu d'un
vaccin, les traitements n'ont pas arrêté de s'améliorer. Et grâce à la
prévention, le nombre de nouvelles contaminations diminue systématiquement depuis
la fin des années 1990.
Si les années sida ont marqué les
esprits, l'épidémie est donc bel et bien rentrée dans une nouvelle ère. Aujourd'hui, en France, certains
médecins n'hésitent plus à parler de fin du sida et affirment qu'on peut vivre
avec le VIH tandis qu'un enfant né d'une mère séropositive, peut être
séronégatif. Mais cette nouvelle donne n'a pas forcément été intégrée par la
société française et ne se manifeste pas toujours dans le regard que celle-ci
porte sur la maladie.
Cette
nouvelle donne du VIH ne doit pas non plus cacher une autre réalité. Malgré des
progrès, pays du nord et pays du sud ne disposent pas des mêmes armes face au
VIH. En conséquence, ils ne font pas non plus face aux
mêmes enjeux. Si les pays du nord doivent lutter contre les effets pervers
d'une meilleure prise en charge de la maladie, dans le sud la priorité doit
être donnée à l'accès aux soins, dans les meilleures conditions possibles.
Témoin de
cette nécessité, un chiffre. En 2011, le sida a tué près de 1,7 millions de
personnes dans le monde.
1 - Quand on
est porteur du VIH, on est forcément condamné
Non. Dans les
pays du nord comme la France, le VIH est plutôt bien pris en charge, certains
médecins n'hésitent d'ailleurs plus à parler du VIH comme d'une maladie
chronique, au même titre que le diabète.
La recherche
a fait d'énormes progrès depuis l'apparition de l'épidémie. Si les premières
générations de trithérapies provoquaient de nombreux effets secondaires tels
que diarrhées et perte de poids, les nouvelles générations de médicament sont
plutôt bien, voire très bien supportés par la majorité des patients.
Néanmoins, ces progrès dont on ne peut que se réjouir,
n'englobent pas toute la réalité. Les difficultés restent très grandes pour les
porteurs du virus dépistés trop tardivement, ou encore pour ceux qui ont été
contaminés pendant les années 1980 et 1990.
S'ils ont pu survivre aux années sida, c'est souvent
au prix d'une médication parfois très lourde dont leurs corps sont encore
marqués. D'autre part, aujourd'hui encore, certains patients ne tolèrent pas
les effets secondaires des trithérapies. Il est donc illusoire de croire que, parce que les
trithérapies sont efficaces, elles le sont pour tout le monde. Tous les
organismes ne réagissent pas de la même manière.
Enfin, dans
les pays du sud, la situation est tout autre. Un séropositif sur deux n'a pas
accès à un traitement, et lorsque c'est le cas, les traitements proposés sont
souvent des traitements de qualité inférieure à ceux proposés dans les pays du
nord. En cause, les brevets, propriété des laboratoires pharmaceutiques qui
limitent la capacité des laboratoires du sud à produire des génériques
commercialisés à moindre coût.
Malgré tout,
l'accès aux traitements ARV a progressé de 63% pendant les deux dernières
années. La mortalité, elle, a diminué de plus de 25% entre 2005 et 2011.
2 - VIH et sida, c'est la même chose
Il faut bien
distinguer VIH et sida. Le VIH est le virus de l'immunodéficience humaine. Le
sida, le syndrome de l'immunodéficience acquise. En rendant inopérant le
système immunitaire, le VIH provoque le sida. Tous les porteurs du VIH n'ont
donc pas le sida.
Les
médicaments antirétroviraux (ARV) fer de lance des fameuses trithérapies
permettent de contenir la multiplication du virus dans l'organisme. Le sida
n'étant qu'un ensemble de symptomes consécutifs à la destruction du système
immunitaire par le VIH. Sous traitement, on peut être porteur
du VIH et ne pas avoir le sida.
Pour certains séropositifs des pays du nord, les
traitements efficaces au point de rendre la présence de virus indétectable dans
l'organisme. Indétectable
ne signifie pas que le virus a disparu de l'organisme, mais qu'il y est présent
en quantité trop faible pour être détecté.
Dans les pays
du nord, l'immense majorité des séropositifs a accès aux nouvelles générations
de traitements. Ce n'est pas le cas dans le reste du
monde.
3 - La maladie des séropositifs se
lit sur leur visage
Dans le nord, il s'agit d'un
stéréotype hérité des années sida.
Grâce aux
ARV, on peut être porteur du VIH et en bonne santé. Pour certains médecins,
l'espérance de vie de quelqu'un qui découvrirait sa séropositivité aujourd'hui
pourrait même être inchangée. Une assertion qui, il y a dix ou
quinze ans, aurait paru inimaginable.
Néanmoins, cela n'est vrai qu'à certaines conditions. La première est d'être pris en charge
suffisamment tôt après sa contamination. Or, c'est là que le bât blesse. En
2010, les données recueillies par l'Institut national de veille sanitaire montraient
que la moitié des découvertes de séropositivité en France avaient lieu trop
tardivement.
Si le nombre
de dépistages a très légèrement augmenté sur les trois dernières années, il est
néanmoins en baisse par rapport au début des années 2000. En France, on estime
qu'environ 30.000 individus sont porteurs du virus, et l'ignorent.
4 - Dans les pays du nord, le VIH ne
concerne plus que les homosexuels
C'est là que ça se complique.
En France,
environ 6000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année, dont une
majorité d'hétérosexuels. En 2008 par exemple, 52% des nouvelles contaminations
ont été dépistées chez des hétérosexuels.
Si les
homosexuels ne représentent pas la majorité des nouvelles contaminations, la
prévalence du virus demeure très forte dans leur groupe. En France, près d'un
homosexuel sur cinq (environ 18%) est porteur du virus. Effet pervers de l'amélioration de la prise en charge du VIH, les
comportements à risque se multiplient, si bien qu'aujourd'hui l'épidémie
diminue dans tous les groupes, sauf parmi les homosexuels.
Parmi les
nouvelles contaminations, on distingue principalement deux groupes: les
homosexuels donc, mais aussi les migrants. Parmi eux, ce sont les personnes
d'origine caribéenne et d'Afrique sub-saharienne qui présentent les taux de
prévalence les plus élevés. Là, dans 98% des cas, les contaminations se font
par voie hétérosexuelle.
Une
situation entretenue par le tabou qui entoure la question du VIH dans certaines
communautés. Le refus de faire face à cette maladie entourée de croyances
continue de nourrir certains comportements à risque et ce, malgré une légère
baisse du nombre de nouvelles contaminations au sein de ce groupe ces dernières
années.
5 - Les contaminations augmentent en
Afrique
Oui,
l'Afrique est la région du monde la plus touchée par le VIH (1 adulte sur 20
est porteur du virus), mais c'est aussi celle qui concentre le plus de pays où
le nombre de nouvelles contaminations a diminué de plus de 50% pendant les dix
dernières années.
Tous les pays africains ne peuvent pas se targuer du
même bilan. Si le
Botswana, le Burkina Faso ou la République Centrafricaine ont diminué de plus
de la moitié leur nombre de nouvelles contamination entre 2001 et 2011,
celles-ci ont par exemple augmenté en Guinée-Bissau et ont été stables en
Angola, au Lesotho, en Gambie, au Congo au Bénin ou encore en Ouganda.
Le Burundi,
le Cameroun, la RDC, le Kenya, le Niger ou le Mozambique font figure de pays
intermédiaires. Les nouvelles contaminations y ont diminué d'entre 26 et 49%
sur la même période.
6 - Le nombre de séropositifs diminue
dans le monde
Faux. En
France comme dans le reste du monde, le nombre de personnes vivant avec le VIH
continue d'augmenter chaque année. C'est le nombre de nouvelles infections qui
diminue grâce à la prévention, mais aussi à l'accès aux traitements qui
constitue l'une des formes les plus efficaces de prévention.
En France,
6000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année. Aujourd'hui, ce
sont environ 150.000 personnes qui vivent avec le VIH. Elle sont principalement
concentrées en Île-de-France, qui regroupe près de 45% des nouvelles
contaminations, ainsi que dans les départements français d'Amérique (10%).
Au niveau mondial, si le nombre de
nouvelles contamination a baissé, il reste très important. En 2011, l'Onusida a
recensé environ 2,5 million de nouvelles infections. Certes, c'est 20% de moins
qu'en 2001, mais si l'épidémie recule en Europe occidentale, elle augmente en
Europe de l'Est et en Asie centrale où, entre 2001 et 2011, le nombre de
séropositifs est passé de 670.000 à 1,4 millions d'individus.
Les pays de l'est, comme la Russie, sont particulièrement
touchés cette augmentation. Et 40% des nouvelles contaminations ont lieu parmi
les toxicomanes.
L'augmentation
du nombre nouvelles contaminations peut aussi être un effet de la crise
économique. C'est par exemple le cas en Grèce où, entre 2010 et 2011, le nombre
de contaminations par le virus du sida a fait un bond de 57% dans tout le pays,
selon le rapport 2012 de l'Onusida. Depuis 2008, les crédits alloués à la santé
et aux programmes médico-sociaux diminuent. En 2010 par exemple, une coupe de
6,7% avait été votée.
7 - La prévention fonctionne bien,
merci
Dans les
pays du nord comme la France, l'accès à de meilleurs traitements et la prise en
charge du VIH comme une maladie chronique ont fait émerger une nouvelle donne
en termes de prévention. Comment communiquer sur une maladie
dont on pourrait croire qu'elle ne tue plus?
Cette question est particulièrement
vraie en ce qui concerne les homosexuels, le seul groupe où le nombre de
contamination augmente.
Autre population qui témoigne de la
nécessité de continuer les efforts de prévention: les jeunes. Moins bonne connaissance des modes
de transmission du VIH et de protection, doutes sur l'efficacité du
préservatif, diminution de son utilisation lors du dernier rapport sexuel, le
dernier bulletin de l'INVS consacré au VIH, indique que pour la première fois
depuis 1994, les 18-30 ans ont une moins bonne connaissance des mécanismes de
transmission du virus que leurs aînés.
En termes de prévention, les pays du
sud présentent de nombreux contrastes. Globalement, la
promotion de l'usage du préservatif progresse, tout comme la prévention sur les
comportements à risque.
Ces dix
dernières années les investissements en prévention ont augmenté, qu'elle ait
été à destination des hétérosexuels comme des homosexuels.
Véritable ombre au tableau, on
dénombre peu voire pas de programmes de prévention à destination des usagers de
drogues. Pourtant, la prévalence du VIH parmi les toxicomanes est en moyenne 22
fois plus élevée que dans le reste de la population.