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Moise Dorcรฟffffe9

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Jul 13, 2026, 3:46:53โ€ฏPMJul 13
to Didier Hรฉctor
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Pendant longtemps, nous avons voulu croire que la violence des groupes armรฉs avait une gรฉographie prรฉcise. Nous lโ€™avons enfermรฉe dans les brousses lointaines, dans les zones rouges, au-delร  de frontiรจres poreuses, ou dans les noms devenus familiers des communiquรฉs sรฉcuritaires. Nous avons pensรฉ, souvent ร  tort, quโ€™elle vivait loin de nous ; quโ€™elle appartenait exclusivement ร  Citรฉ-Soleil, ร  La Saline ou ร  certaines poches de Bel-Air, mais pas ร  nos rues, pas ร  nos concessions, pas ร  nos habitudes. Ce mirage optique s'est effondrรฉ. C'est l'invraisemblable qui devient le vrai ; c'est l'irrรฉel qui dicte dรฉsormais notre rรฉalitรฉ.
La violence d'aujourdโ€™hui ne se rรฉsume plus au fracas des armes ou aux colonnes de fumรฉe aperรงues au loin. Elle s'avance vers nous ร  bas bruit. Elle sโ€™infiltre dans nos quartiers par la drogue, par les rรฉseaux criminels, par lโ€™argent sale, par la banalisation de lโ€™illรฉgalitรฉ, par les complicitรฉs silencieuses et par lโ€™indiffรฉrence collective. Elle ne porte pas toujours un treillis. Elle ne crie pas toujours son nom. Parfois, elle prend le visage ordinaire du voisin discret, du revendeur de poison, du passeur dโ€™informations ou de ce relรขchement moral que lโ€™on finit par tolรฉrer.
Cโ€™est cela, le grand basculement : le front intรฉrieur est dรฉsormais une rรฉalitรฉ. La sรฉcuritรฉ nationale nโ€™est plus seulement une affaire de frontiรจres ร  dรฉfendre ; elle est aussi une affaire de quartiers ร  surveiller, de familles ร  protรฉger et de jeunesse ร  sauver. Quand des milliers de jeunes tombent dans les griffes des groupes armรฉs, ce nโ€™est pas seulement un problรจme de police, cโ€™est une dรฉfaite sociale en prรฉparation. Quand des rรฉseaux criminels prospรจrent dans lโ€™ombre, ce nโ€™est pas seulement lโ€™ordre public qui vacille, cโ€™est lโ€™autoritรฉ mรชme de lโ€™ร‰tat qui est mise ร  l'รฉpreuve.
Il faut donc changer de rรฉflexe. La vigilance ne doit plus รชtre perรงue comme une paranoรฏa, mais comme un devoir civique. Le brigadier, la coalition des auto-dรฉfenses, les commerรงants, le chef de quartier, les parents, lโ€™enseignant, le voisin : chacun devient un maillon de la dรฉfense nationale. Non pas pour cรฉder ร  la dรฉlation aveugle, mais pour refuser lโ€™indiffรฉrence complice.
Le temps oรน lโ€™on regardait la violence armรฉe comme un spectacle lointain est rรฉvolu. Elle commence dรฉsormais au pas de notre porte, lร  oรน se joue en silence une part dรฉcisive de lโ€™avenir du pays. Si nous ne protรฉgeons pas nos rues, nos familles et nos enfants, dโ€™autres viendront imposer leur loi ร  notre place, et nous finirons par perdre tout ce qui nous est cher. Qui que vous soyez, oรน que vous soyez, quoi que vous fassiez, devenez un dรฉfenseur de l'avenir en disant : non ร  la violence ! Oui ร  une nouvelle Haรฏti, prospรจre et solidaire.
Lโ€™heure nโ€™est plus ร  l'observation passive ni ร  la rรฉsignation. Face ร  une menace qui a brisรฉ ses anciennes digues pour s'infiltrer au cล“ur mรชme de notre quotidien, le sursaut doit รชtre collectif. Rebรขtir Haรฏti ne se fera pas par dรฉcret, mais par la rรฉappropriation de nos espaces communaux, le refus de la peur et la restauration du lien social. En opposant une barriรจre civique infranchissable ร  la terreur, nous ne faisons pas que dรฉfendre nos quartiers : nous jetons les bases d'une nation souveraine, juste et rรฉconciliรฉe avec elle-mรชme. Le choix nous appartient dรฉsormais, car sauver notre pays, c'est d'abord sauver nos rues.
๐‘ฌ๐’…๐’…๐’†๐’“ ๐‘ด๐’๐’๐’—๐’Š๐’
Responsable de ressources humaines de l'organisation #Zantray #Ayiti#
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