Français, Créole, Frankétienne

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Marc-Arthur Pierre-Louis

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Apr 27, 2014, 9:03:40 AM4/27/14
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Lorsque Frankétienne se présenta au petit séminaire collège Saint-Martial fraîchement sorti d'un milieu rural ou il vécut dans une maison créolophone foncièrement unilingue, sa professeure lui posa en français une question de 3 mots, une des plus simples. Il ne comprit absolument rien de sa demande. Il n'avait que cinq ans. Un autre élève lui vint à la rescousse en lui lançant des invectives humiliantes. Voici comment il présente la situation :

Je venais d'une région rurale et j'ai été propulsé dans ce quartier populaire et populeux de Bel-Air, à Port-au-Prince. Un quartier totalement créolophone où l'on ne parle pas le français, où je me sentais donc encore chez moi. Mais ma mère a voulu me placer dans une institution dirigée par des jésuites, le petit séminaire collège Saint-Martial, où j'ai découvert, pour la première fois, l'existence d'une autre langue. J'avais cinq ans, et j'ai été étonné de constater qu'on pouvait, du point de vue phonétique, parler et s'exprimer différemment. L'acte fondateur est venu de cette question formulée par la soeur Félicienne : "Comment t'appelles-tu ?" C'est l'acte fondateur de l'écrivain Frankétienne.

Pourquoi ?

Parce que j'ai été traumatisé par cette question dont je ne comprenais pas le sens. J'étais dans une école huppée, où tous les élèves parlaient le français sauf moi. Je n'ai pas compris cette phrase, alors j'ai souri comme un imbécile. C'est un camarade de mon âge qui a traduit, mais en m'insultant : "Petit macaque, d'où sortez-vous, de quel quartier, de quel milieu venez-vous ? On vient de vous demander votre nom !" J'ai pleuré, bien sûr...

Frankétienne prendra sa revanche sur ses circonstances et deviendra l'un des auteurs les plus prolifiques de la littérature haïtienne. On peut sans ambages mentionner son nom dans les discussions sur le prix Nobel de littérature. Frankétienne fit du dictionnaire un de ses amis préférés. Il le dévora. Il faut souligner deux choses dans l'histoire de l’écrivain. 1) Il était un surdoué qui avait la volonté de travailler dur et 2) il eut le privilège d’étudier dans l'une des meilleures institutions du pays.

L’expérience de Frankétienne plus de 70 ans de cela est celle des millions d'Haïtiens. C'est une expérience qui a été jouée et rejouée ad infinitum et ad nauseum dans notre société. C'est un drame aux dimensions prométhéennes qui angoisse les petits de cinq ans comme le fut l’écrivain, aussi bien que les grands des fois âgés de 18 ans et qui sont en sixième, frais émoulus de la province, qui doivent non seulement se débarrasser de leur accent provincial créole aussi vite qu'ils le peuvent, comme nous l'avons constaté dans notre expérience sur singo, mais aussi « s'exprimer  correctement» en un français dont ils ne connaissent pas les rudiments les plus élémentaires. Malheureusement la majorité qui fait face à cette expérience traumatisante n'a pas le génie de Frankétienne ni n'a eu l'opportunité d'appartenir à une institution aussi prestigieuse que le petit séminaire collège Saint-Martial. Voila le drame Haïtien. Rien ne nous vient naturellement. Il faut toujours une opération à la césarienne. Notre indépendance. Le français. Le créole. Tout.

Nous sommes les produits de notre milieu. Nous avons hérité d'un système où des structures bancales ont été mises en place pour enseigner le français. Nous avons grandi dans ce système. Les privilégiés qui ont pu y réussir sont heureux qu'ils aient pu s'en sortir et ne pensent pas au sort des autres. D'ailleurs, bien maîtriser le français devenait un facteur de différentiation. Un avantage duquel il faut tirer un maximum de profit au détriment de ceux qui ne le maîtrisaient pas. Agir à l'encontre d'un pareil système était nager à contre-courant.

Malheureusement notre pays est un pays d’extrêmes. Extrême richesse. Extrême pauvreté. Cela ne serait pas etonnant si le volume per capita de livres produits en Haïti est  le plus élevé de la Caraïbe même si chez nous seulement 10% de la population peut lire ces livres. Les positions médianes sont rarissimes.

Il n'y a rien de mal à vouloir rendre le jeune Haïtien plus performant, plus efficace, et ceci très tôt, en lui enseignant dans une langue créole ou il comprend tout. Il est honorable d’œuvrer à éviter les traumatismes du genre de ceux que Frankétienne et des millions d'autres Haïtiens en firent l’amère expérience. Il faut mettre les structures en place pour réaliser cette vision. Voila pourquoi je salue les efforts de Michel Degraff et de la MIT et leur approche scientifique, par conséquent méthodique, qui visent à créer l'environnement idéal pour l'instruction en créole dans des matières critiques du système éducationnel haïtien. Il faut plaindre l'anarchie dont rapporte Emmanuelle si c'en est le cas. En ce faisant il ne faut pas passer sous silence le travail de Degraff qui semble être une approche équilibrée dans beaucoup d'aspects.

Le français c'est notre deuxième langue. Et il n'y a également rien de mal à ce que les jeunes Haïtiens apprennent le français et qu'ils le considèrent comme leur deuxième langue. Il faut qu’ils apprennent le français et qu’ils le maîtrisent sinon ils sont complètement coupés de la majeure partie de la littérature Haïtienne, de toutes ces productions littéraires, des jugements dans le domaine du droit, de l'histoire écrite d’Haïti, et d'autres domaines importants. Définitivement la stratégie de la table rase serait tout à fait calamiteuse. Cependant nous autres qui faisons la promotion du créole nous nous époumonons à dire que le français n'a pas pu embrasser la vie l'Haïtien dans son intégralité comme il en est le cas fait pour celle du Français. Ceci est la grande faute des élites qui n'ont pas su combler nos lacunes en la matière. Jusqu’à présent le français a été incapable, ou du moins on ne lui a pas donné la chance, de cerner entièrement la réalité haïtienne et ceci après plus de deux cents ans d’indépendance. C'est cette réalité à laquelle nous ne pouvons malheureusement pas échapper.

L'unilinguisme qu'il soit en français ou en créole n'a jamais été une option viable pour l'Haïtien. Disons du moins pas au cours de ces derniers 210 ans. Verra-t-on le jour ou le créole remplacera complètement le français ? C'est un choix qu’une société haïtienne ferait après qu'Haiti ait réalisé son indépendance économique et que le pays ait mis sur pieds tous les mécanismes qui assurent et maintiennent son développement durable, après qu'il ait été établi que le créole a franchi tous les paliers de la société haïtienne, niveau scientifique, intellectuel, éducationnel, universitaire, etc... Ce serait comme l’expérience du Vietnan avec la langue vietnamienne et le francais. Verra-t-on ce jour au cours de notre génération ? Cela est fort douteux. Peut-être un autre siècle. Notre devoir de patriote est de donner le plus d’opportunités au pays et de nous assurer que les Haïtiens aient ce qu'il faut pour que le mouvement vers l'avant s'effectue. Il nous faut laisser un héritage qui rendra les générations futures fières de nous. Il nous faut laisser une base sur laquelle elles pourront construire. Cela est crucial. Avec le créole la situation est étonnamment simple et les gars du site MathKreyol le résument avec brio : « nou panse ke ou aprann pi byen nan yon lang ou pale chak jou ». Pour le moment la cohabitation avec le français est une nécessité.

Tout phénomène ou le créole remplacerait complètement le français à l'heure actuelle serait un phénomène anormal. Il serait anormal car ce ne serait pas les jeunes qui décideraient dans quelle langue ils doivent être instruits. Une situation où les jeunes peuvent décider de leur propre chef d'abandonner le français serait catastrophique à leur propre éducation.

Il faut lamenter une pareille situation et la mettre sur le compte d'une anomalie que doit corriger le ministère de l’éducation nationale. Mais il ne faut pas perdre de vue ni ralentir les recherches scientifiques qui sont en train d’être entreprises, ni les plans en cours pour réaliser de façon significative l'instruction en créole. D'en faire une réalité qui bénéficie des avancées honorables, louables obtenues par les linguistes et par d'autres professionnels avec notre première langue. Le système n'est pas parfait et il nous revient, dans la mesure de nos possibilités et domaines d'expertise, d'en apporter les améliorations qui augurent bien pour le devenir de notre société. Dans ce sens l’expérience de Frankétienne doit nous rendre plus forts. Elle doit nous enseigner qu'il faut mettre en place tout ce qu’il faut pour permettre la floraison précoce de nos génies où qu'ils soient sur notre territoire.
 
Cordialement/Cordially
MAPL

Genyen moun ki fè listwa; genyen tou listwa fè. Dènye kalte moun sa yo ta dwe retounen donn nan bay listwa si pou lavi kontinye boujonnen. Se paske listwa te bezwen reboujonnen ki fè l te fè yo.
Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée.
There are people who make history; there are those made by history. The latter must return the favor if the cycle of life must continue since it is by creating them that history recreates itself.
MAPL

Hug...@aol.com

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Apr 27, 2014, 10:14:25 AM4/27/14
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Bonjour Marc Arthur,
 
J'ai beaucoup apprécié ce superbe article que tu as mis à la disposition de nos forums. J'espère que nos internautes le liront attentivement et surtout qu'ils le méditeront. Pendant trop longtemps, l'éducation conduite en français n'a laissé à la grande majorité des élèves haïtiens que le choix entre rester silencieux en classe ou apprendre par coeur des textes qu'ils ne comprenaient pas. Combien de talents ou de génies avons-nous gaspillés en Haïti parce que ces élèves ont du décroché, découragés qu'ils étaient d'apprendre dans une langue qu'ils ne comprenaient pas. Allons-nous continuer à sacrifier tant de générations?
 
Kenbe rèd,
 
Hugues

Dja Paul

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Apr 27, 2014, 12:33:30 PM4/27/14
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Je suis membre de certains fora haïtiens via lesquels je viens de recevoir ce "dossier" qui me motive à communiquer quelques réflexions succinctes car on est dimanche, le jour de repos par excellence.
De prime abord, permettez-moi d'ajouter des détails sur forum qui fait au pluriel forum (invariable, quand on fait allusion à des forum de style romain), forums et fora. Comme d'habitude, je fournis la preuve "béton":
Prononc. et Orth. : [fɔ ʀ ɔm]. Ds Ac. dep. 1762. Invar. Des forum suiv. Littré. Lar. encyclop. admet des forums ou des fora. D'apr. Dupré 1972, p. 1046 le plur. forums est tout à fait recevable dans la mesure où le mot a suivi une évolution et ne désigne plus seulement le forum romain mais toute réunion de discussion sur un thème pol. ou scientifique.

Mettons en exergue cette opinion de HSF:
Combien de talents ou de génies avons-nous gaspillés en Haïti parce que ces élèves ont du décroché, découragés qu'ils étaient d'apprendre dans une langue qu'ils ne comprenaient pas. Allons-nous continuer à sacrifier tant de générations.
Ce système n'a pas sacrifié beaucoup de talents ou de génies. C'était et c'est encore une dure réalité, à n'en pas douter, à laquelle l'enfant féminin ou masculin uniquement unilingue kreyòl était (ou est peut-être toujours) confronté. Il devait s'adapter et comme l'Homme est un animal de raison et le plus adaptable au Monde, surtout dans sa jeunesse, il arrivait à franchir toutes les étapes douloureuses minorantes des frustrations découlant du choc d'être confronté à une langue inconnue, et surtout aux sarcasmes des autres étudiants. En bas âge, ils sont déjà méchants les uns envers les autres, retors, ...
Ils ne devaient pas être des surdoués tous ceux (je parle toujours des 2 sexes) qui ont franchi ces étapes douloureuses. Ils sont nombreux. Ils sont majoritaires. Ils forment la quasi totale majorité de celles et ceux qui ont eu les moyens de fréquenter le système scolaire. 
Je réponds ici aussi à MAPL:
 Il faut souligner deux choses dans l'histoire de l’écrivain. 1) Il était un surdoué qui avait la volonté de travailler dur et 2) il eut le privilège d’étudier dans l'une des meilleures institutions du pays. 
C'était l'époque lors de laquelle fréquenter les bancs scolaires était rude. Il y avait aussi: les avilissements verbaux des enseignants, les punitions dont la liste est longue (des centaines de copies d'une ligne, des coups de bâtonnet sur les mains, la fessée, la mise au petit coin, le bonnet d'âne de l'idiot et la promenade affublée de cet oripeau dans la cour de l'école, etc).
C'est un temps qui est, je l'espère, révolu. Il doit en être de même pour éviter les premiers chocs frontaux avec la langue française. C'est la raison pour laquelle, avec toi, avec HSF (lui, il s'est expromé très clairement sur ce sujet mais il a ajouté qu'il parlait aussi au nom de ses pairs, POINT D'INTERROGATION), et peut-être avec les responsables de la formation-éducation en Haïti, on doit mettre en pratique l'apprentissage simultané en français et en ayisyin (nettement mieux approprié que le kreyòl dans cette alternative de formation-éducation concomitante dès la première année primaire).
Une de mes opinions et convictions qui sera explicitée dans mon article "Mon Credo (CE QUE JE CROIS) ..." est: Au niveau primaire uniquement on doit enseigner "ton pied-mon pied" dans les deux (2) langues officielles d'Haïti.
Ainsi, dans le cas de Frankétienne, l'instituteur féminin aurait eu à poser la question dans les deux (2) langues, avec choix de pouvoir la poser dans une seule langue si par des signes extérieurs l'instituteur féminin et masculin arrive à deviner le niveau social de l'élève et la possibilité qu'il puisse maîtriser le français.

Maintenant j'aborde certains autres points du texte de MAPL.
1. Heureusement que Frankétienne (peut-être déjà surdoué? peut-être déjà un génie? Je n'en sais rien. Je ne le conteste donc pas. A bien lire et méditer ces mots entre parenthèses avant de m'asséner des coups de bâton littéraires que je suis en train de minorer un de mes compatriotes) ait eu ce passage douloureux dans sa vie. Il est devenu l'illustre écrivain que l'on connait actuellement. Si à l'époque il avait pu faire son cursus dans une structure éducative unilingue kreyòl aurait-il la même renommée que de nos jours?
Donc la solution est d'éviter le choc frontal du premier contact de l'apprenant créolophone avec le français. Et dès qu'il maîtrise le français on ne fait plus usage du kreyòl. Ce sera un autre point qui sera développé dans "Mon Credo ..." .

2. Voici un extrait du texte de MAPL:
 Il faut plaindre l'anarchie dont rapporte Emmanuelle si c'en est le cas. En ce faisant il ne faut pas passer sous silence le travail de Degraff qui semble être une approche équilibrée dans beaucoup d'aspects.

Pourquoi de prime abord, tout de go, vous doutez des résultats des observations de Mme EG? Pour elle, vous devenez thomiste. Magnifique progrès! Dommage que pour d'autres vous êtes un laudateur AYIBOBO même sans qu'ils daignent présenter des références "béton". Il faut thomiste vis-à-vis de tout être humain, quidam ou ès-machin-chouette.
Dans l'environnement décrit par Mme EG tout apport mélioratif y introduit n'aboutira à rien, sauf à une perte de temps, de moyens, de ressources, de ... Il faut régler les préalables. Comme on le dit vulgairement: il faut mettre les bœufs avant la charrue.
Ce point sera développé aussi dans "Mon Credo ...".

3. Un autre extrait du texte de MAPL:
En ce faisant il ne faut pas passer sous silence le travail de Degraff qui semble être une approche équilibrée dans beaucoup d'aspects.
En vous lisant on devine que vous êtes au courant de la teneur des travaux de M. DEGRAFF. Pourriez-vous avoir l'amabilité de la partager avec vos correspondants internautes féminins et masculins?
Je fais la même demande à M. DEGRAFF qui me lit en ampliation.
Dans l'ignorance de ces éventuels travaux je n'ai aucun commentaire.

4. Le dernier extrait du texte de MAPL/
Verra-t-on le jour ou le créole remplacera complètement le français ? C'est un choix qu’une société haïtienne ferait après qu'Haiti ait réalisé son indépendance économique et que le pays ait mis sur pieds tous les mécanismes qui assurent et maintiennent son développement durable, après qu'il ait été établi que le créole a franchi tous les paliers de la société haïtienne, niveau scientifique, intellectuel, éducationnel, universitaire, etc... Ce serait comme l’expérience du Vietnan avec la langue vietnamienne et le francais. Verra-t-on ce jour au cours de notre génération ? Cela est fort douteux
Votre texte m'a laissé supposer que pour un futur, même fort lointain, vous souhaiteriez qu'Haïti soit un pays unilingue créole. Peut-être suis-je dans l'erreur? Haïti doit un pays polyglotte avec des langues dites "internationales ou émergentes" + l'ayisyin. Le multilinguisme en Haïti sera un autre point qui sera développé dans "Mon Credo ..."
Le Viêt Nam ne parle pas que vietnamien.
Voici un modeste extrait de WIKIPEDIA que vous pouvez trouver sur le Net. L'article sur le Viêt Nam est long. Idem pour la simple rubrique "Langues".
Le Viêt Nam fait partie de la francophonie : en effet, le pays, ancienne colonie française, comporte une minorité francophone (environ 120 000 francophones « réels » ou partiels, dont ceux de la diaspora en France)9 essentiellement constituée de personnes âgées ayant connu l'époque coloniale. Aujourd'hui, le français reste très peu enseigné dans les écoles du pays. Le Français souffre de son isolement dans la région, ce qui est l'un des aspects visible de la mondialisation (échanges commerciaux, diplomatie, etc.). Les jeunes Vietnamiens misent désormais surtout sur l'apprentissage de l'anglais (2 500 000 anglophones réels au minimum), et il y a autant d'anglophones partiels, ce qui fait du Viêt Nam le pays d'Asie du Sud-Est qui a le plus d'anglophones, après les Philippines, et avant la Thaïlande. Ainsi, plus de 5 millions de Vietnamiens maîtrisent, à des degrés divers, l'anglais, soit environ 6,5 % de la population en 2001. Cette situation s'explique par la forte présence de soldats Américains entre 1961 et 1975 au Sud-Vietnam, ainsi que par la forte émigration. Une grande partie des plus de 2 millions de Vietnamiens émigrés sont allés dans des pays anglophones (États-Unis, Australie)[réf. nécessaire].
L'anglais est aussi la langue de l'APEC et de l'ASEAN, pour communiquer avec les autres pays d'Asie. L'anglais est aussi utilisé par une grande partie de la diaspora, qui vit dans des pays anglo-saxons, tels que les États-Unis, le Canada, l'Australie, et est aussi une langue largement utilisée dans l'administration, et dans la diplomatie.
Une faible partie des Amérasiens (plusieurs milliers, enfants nés de soldats Américains et de Vietnamiennes) nés durant la guerre, avant 1975, sont anglophones. La plupart sont analphabètes, et ne parlent que vietnamien.
Il faut tout de même noter que la francophonie évolue elle aussi à travers ses institutions au Viêt Nam : l'Organisation internationale de la francophonie10 dont le Viêt Nam fait partie de même que l'Association internationale des régions francophones11 dont la province de Thua Thien Hué fait partie.

Ma modeste contribution à votre article.

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Dja Paul

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Apr 27, 2014, 12:49:08 PM4/27/14
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Par une fausse manœuvre mon précédent texte a été envoyé sans que j'ai pu le relire.
Mille excuses alors pour les fautes, surtout typographiques. 

Marc-Arthur Pierre-Louis

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Apr 29, 2014, 11:35:17 AM4/29/14
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Mon Cher Dja,

    Je te remercie de ta réaction à  mon article. Toi et moi avions eu des échanges dans le passé au sujet de ton interaction avec mon ami HSF et tu sais que nous avons des divergences sur ton approche. Tu sais aussi que j'essaie d'avoir une approche conviviale avec les tous les internautes. Il y en a qui refusent complètement d’être raisonnables. Ceux-là, j'essaie d’éviter les échanges avec eux pour minimiser les frictions. Tu sais aussi, que je ne me dérobe pas a un débat contradictoire marqué par le respect mutuel. Je pense qu'un grand nombre d'internautes incluant HSF apprécie ces formes d’échanges  ou il y a divergences dans la mesure où l'intention n'est pas d'essayer de discréditer l'autre ou d'essayer de mettre en doute sur ses compétences, d'essayer de marquer des points sur lui pour créer une illusion d'intelligence à ses dépens. Il y a plein d’opportunités de se montrer intelligent sans que ce soit au détriment d'un autre, de rabaisser l'autre dans l'espoir de s’élever. Je pense que tu as, a tort, essayé de t'en prendre à HSF avec cette tactique.

HSF a étudié à la Sorbonne. Il est un agrégé en lettres. Il fait des recherches scientifiques sur la linguistique et la créolistique. Je respecte son travail. Il fournit des références dans un domaine où il a des compétences et je reconnais ses capacités. Nous ne sommes pas d'accord sur tous les sujets mais je ne gagne absolument rien à le dénigrer ni en essayant de le mettre en mauvaise posture parce que nous avons une divergence quelque part.

S'il y a une question technique sur la créolistique, HSF est l'un des experts à qui l'on s'adressera pour les répondre. J’apprécie l'engagement de HSF sur les forums. Il est l'un des rares savants à vouloir partager ses connaissances avec nous. Il est l'un des rares à qui l'on peut poser des questions et qui mettra de coté le temps nécessaire à vous répondre. Si ton intention est d'apprendre comme tu le dis, je suis sûr que HSF partagera ses connaissances avec toi. Quitte a toi de lui faire part de tes divergences. Dans une série d’échanges marqués par le respect mutuel où il y a des divergences qui ne sont pas résolues, HSF te dira « let's agree to disagree. »

Je dois aussi te dire que par formation j'ai appris a jeter un regard exhaustif sur les situations dans lesquelles je me trouve dans le but d'apprécier leurs aspects positifs et négatifs. Le fait que j'ai une divergence avec un interlocuteur ne m'obligera pas de ne voir que l'aspect négatif de notre interaction.

Par formation comme je l'ai dit, j'ai une certaine prédisposition a l'encouragement et aux compliments sincères. Franchement je dois te dire, comme je l'ai déjà dit, que notre Toile est avare en compliments. C'est comme si chaque fois que l'on complimente quelqu'un on le flatterait. Nous avons un besoin pressant d'affirmation. C'est ce que a quoi j'ai essayé d'encourager la Toile dans des Textes comme « La différance d’inférence, le ralentissement qui sauvera les forums » dans lequel j'ai écrit ceci: « Si les forums doivent sauver Haïti, il faut qu'ils soient sauvés d’eux-mêmes. » Voila pourquoi j'essaie de prôner ce climat de "vivre ensemble," c'est aussi pourquoi je suis séduit par des mouvements comme Kita Nago, Singo qui devraient  nous aider à être plus affables les uns envers les autres ; je suis attiré par des mouvements qui priorisent un climat où nous sommes de moins en moins à couteaux tirés et, de préférence, nous motivent à conjuguer nos forces et compétences à réaliser l'extraordinaire, en emboîtant enfin le pas à nos ancêtres dans leurs prouesses du début du 19e siècle.

Avec le créole, Haïti devrait être en position forte. 100% de la population haïtienne le parle. Il été démontré qu'avec le créole on peut véhiculer toutes sortes d’idées. Ainsi les possibilités sont illimitées. Du moins les limites qu'elles connaitraient seraient uniquement les limites que nous leur imposons, les limites de notre créativité et de notre capacité d'innovation.

Ainsi, à la question de la possibilité à Frankétienne d'atteindre son statut actuel s'il produisait uniquement en créole je te répondrais par la négative. Cela est largement dû au fait que nous n'avions presque rien fait en tant que société pour donner à notre créole le statut qu'il lui faut. Si nous n’apprécions pas ce que nous possédons, il est fort difficile aux autres de le faire comme nous le ferions. Beaucoup d'Haïtiens ont combattu du bec et des ongles les efforts visant à aider le créole a atteindre tout son potentiel dans le milieu Haïtien. Mais à la minute ou nous faisons de notre langue ce qu’elle doit être on peut commencer à espérer grand de ceux qui vont y produire. Il est question d’idées. Ce sont les idées qui mènent le monde comme je le dis souvent. Ce sera la qualité de nos idées qui signalera les œuvres que nous produisons au monde. La langue est utilisée à transporter les idées mon cher ami. Des langues des 110 prix Nobel de littérature l'anglais, le francais, l'allemand et l'espagnol ont été les langues prédominantes mais il y a eu des prix Nobel pour des œuvres en bengali, japonais, polonais, serbe-croate, chinois, yiddish, finlandais, turc, occitan, arabe, et d'autres pas aussi connues que les quatre « grandes ». Alors pourquoi pas le créole un jour?

Tu as conclu que je souhaite qu’Haïti devienne un pays unilingue en te basant sur ma référence à cette éventualité. Il n'est pas question de souhait ici. Il est question de possibilités. Le créole peut devenir la langue prédominante d'Haiti a tous les niveaux sans qu'Haiti cesse d'enseigner d'autres langues. Mon cher ami ce serait un phénomène naturel. Tu as essayé de donner un contre-exemple à ma déclaration que le vietnamien a « remplacé » complètement le français...naturellement c’était un hyperbole mais même dans les données avancées par toi il est aisé de voir la tendance quasi irreversible vers le déclin du français dans la société vietnamienne. Ajourd'hui cette langue est minoritaire, parlée par peu de gens, sauf ceux de l'ancienne génération qui eurent un contact direct avec les colons français. J'ai eu par le passé des relations professionnelles avec des jeunes Vietnamiens et ils ne parlent pas le français et ils font toujours référence à leurs parents ou grand parents lorsqu'on aborde la question du français avec eux. Il est question de quelques années que cette langue soit complètement éclipsée ou que son influence déjà négligeable dans la société vietnamienne ne devienne même plus un facteur. Dans tes données on lit ceci : Aujourd'hui, le français reste très peu enseigné dans les écoles du pays. Il semblerait même que ce jour soit déjà sur les Vietnamiens, selon cette phrase. Donc si dans la société haïtienne l'usage du créole continue a envahir tous les domaines et si les structures sont mises en place pour que cela se fasse de façon scientifique, ordonnée, méthodique, et efficace, le jour viendra ou cette société fera le constat que le créole peut jouer le rôle de langue unique pour Haïti par ce qu’il n'y a rien qui ne puisse se dire et se faire en créole. Il faut observer la tendance et les facteurs socioculturels et politiques qui jouent des rôles de catalyseurs. Alors la société fera un choix basé sur des critères objectifs.

Ensuite le fait que dans une société les gens parlent une multiplicité de langues ne signifie pas qu'il n'y aurait pas une langue prédominante dans cette société. Dire qu'Haiti est une société unilingue ne veut dire que dans cette société les gens ne peuvent pas parler d'autres langues. Très souvent nous commettons l'erreur de faire l’équivalence entre la langue officielle d'un pays et les langues qui se parlent par les gens de ce pays. Faire du créole la langue officielle et unique d’Haïti ne veut en aucune façon signifier un abandon de l'enseignement, agressif même, d'autres langues comme le français, l'anglais et l'espagnol. Par exemple nous avons maintenant deux langues officielles, et l'enseignement intensif de l'anglais et de l'espagnol en Haïti ne fera pas de ces dernières deux autres langues officielles d’Haïti. Ne vas pas me faire un procès d’intention ici. Je ne te fais pas part d’un désir ; je ne mets en relief qu'une possibilité en me basant sur ma lecture de la situation de notre pays.

Comment devrait-on comprendre ta déclaration dans un de tes courriels que l'enseignement du créole selon toi ne devrait etre fourni qu'au stade primaire ?

Je dois aussi te dire que comme toi je pense que nous devrions utiliser le « é » mais pour des raisons différentes. Le é devrait être utilisé dans les cas ou la voyelle « en » introduit une ambiguïté. Par exemple le mot « jen » use la voyelle « en » et est le « juin » français mais lorsqu'on ecrit « jeni » la voyelle « en » disparaît ; cette ambiguïté apparaît encore plus dans les mots comme beni, senyè, senyen, benyen, benyè, enjenyè, penyen, Penyèl, tenyen, tenya, venyèl, zenyè, zenyèz et d'autres. On devrait avoir un moyen clair de conserver le son e devant la lettre n comme on le fait pour à, è, ò. Ainsi on pourrait écrire sényè sans ambiguïté et si un écrivain ou artiste voudrait introduire un mot nouveau comme senyè rendre l’idée de celui qui pratique une saignée, alors il aurait cette possibilité qui est maintenant interdite.

Pour finir on doit se demander si tu es sérieux avec ta proposition de remplacer le r par w dans les cas comme « pwan, » « kweye »... clairement ce que tu demandes est que le particulier remplace le général. Je sais que certaines personnes utilisent le r de cette façon. Par exemple lorsqu'ils disent « kote w ap pwan » ou bien « ou pwan l nan men m ». Mais des fois j'entends certaines personnes dire « ne craignez prin » pour « ne craignez point ». Cela me semble être une transposition. Ce n'est pas un usage qui est répandu dans le pays. Dis-moi, Dja est-ce ce que tu veux codifier en t'obstinant a écrire w la ou le créole haïtien demande un r ?

Bien a toi,
 
Cordialement/Cordially
MAPL

Genyen moun ki fè listwa; genyen tou listwa fè. Dènye kalte moun sa yo ta dwe retounen donn nan bay listwa si pou lavi kontinye boujonnen. Se paske listwa te bezwen reboujonnen ki fè l te fè yo.
Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée.
There are people who make history; there are those made by history. The latter must return the favor if the cycle of life must continue since it is by creating them that history recreates itself.
MAPL

Marc-Arthur Pierre-Louis

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Apr 29, 2014, 1:25:04 PM4/29/14
to Dja Paul, tout-...@googlegroups.com, koze-ma...@googlegroup.com, haiti-...@googlegroups.com, haitico...@aol.com, grandsdeb...@yahoo.com, forumc...@yahoo.com, manu...@yahoo.com, Hug...@aol.com, deg...@mit.edu, berroue...@gmail.com, maxma...@aol.com
Cher Dja,

HSF a attiré mon attention sur le fait que qu'il a obtenu un doctorat en linguistique de la Sorbonne. J'ai corrigé là ou j'ai écrit agrégé. Je m'en excuse.

J'ai aussi ajouté à la fin du courriel des références au travail de Michel Degraff publiés dans Le Nouvelliste.
 

Mon Cher Dja,
    Je te remercie de ta réaction à  mon article. Toi et moi avions eu des échanges dans le passé au sujet de ton interaction avec mon ami HSF et tu sais que nous avons des divergences sur ton approche. Tu sais aussi que j'essaie d'avoir une approche conviviale avec les tous les internautes. Il y en a qui refusent complètement d’être raisonnables. Ceux-là, j'essaie d’éviter les échanges avec eux pour minimiser les frictions. Tu sais aussi, que je ne me dérobe pas a un débat contradictoire marqué par le respect mutuel. Je pense qu'un grand nombre d'internautes incluant HSF apprécie ces formes d’échanges  ou il y a divergences dans la mesure où l'intention n'est pas d'essayer de discréditer l'autre ou d'essayer de mettre en doute sur ses compétences, d'essayer de marquer des points sur lui pour créer une illusion d'intelligence à ses dépens. Il y a plein d’opportunités de se montrer intelligent sans que ce soit au détriment d'un autre, en rabaissant l'autre dans l'espoir de s’élever. Je pense que tu as, à tort, essayé de t'en prendre à HSF avec cette tactique.

HSF a étudié à la Sorbonne. Il y a obtenu un doctorat en linguistique. Il fait des recherches scientifiques sur la linguistique et la créolistique. Je respecte son travail. Il fournit des références dans un domaine où il a des compétences et je reconnais ses capacités. Nous ne sommes pas d'accord sur tous les sujets mais je ne gagne absolument rien à le dénigrer ni en essayant de le mettre en mauvaise posture parce que nous avons une divergence quelque part.


S'il y a une question technique sur la créolistique, HSF est l'un des experts à qui l'on s'adressera pour les répondre. J’apprécie l'engagement de HSF sur les forums. Il est l'un des rares savants à vouloir partager ses connaissances avec nous. Il est l'un des rares à qui l'on peut poser des questions et qui mettra de coté le temps nécessaire à vous répondre. Si ton intention est d'apprendre comme tu le dis, je suis sûr que HSF partagera ses connaissances avec toi. Quitte a toi de lui faire part de tes divergences. Dans une série d’échanges marqués par le respect mutuel où il y a des divergences qui ne sont pas résolues, HSF te dira « let's agree to disagree. »


Je dois aussi te dire que par formation j'ai appris a jeter un regard exhaustif sur les situations dans lesquelles je me trouve dans le but d'apprécier leurs aspects positifs et négatifs. Le fait que j'ai une divergence avec un interlocuteur ne m'obligera pas de ne voir que l'aspect négatif de notre interaction.

Par formation comme je l'ai dit, j'ai une certaine prédisposition a l'encouragement et aux compliments sincères. Franchement je dois te dire, comme je l'ai déjà dit, que notre Toile est avare en compliments. C'est comme si chaque fois que l'on complimente quelqu'un on le flatterait. Nous avons un besoin pressant d'affirmation. C'est ce que a quoi j'ai essayé d'encourager la Toile dans des Textes comme « La différance d’inférence, le ralentissement qui sauvera les forums » dans lequel j'ai écrit ceci: « Si les forums doivent sauver Haïti, il faut qu'ils soient sauvés d’eux-mêmes. » Voila pourquoi j'essaie de prôner ce climat de "vivre ensemble," c'est aussi pourquoi je suis séduit par des mouvements comme Kita Nago, Singo qui devraient  nous aider à être plus affables les uns envers les autres ; je suis attiré par des mouvements qui priorisent un climat où nous sommes de moins en moins à couteaux tirés et qui, de préférence, nous motivent à conjuguer nos forces et compétences à réaliser l'extraordinaire, en emboîtant enfin le pas à nos ancêtres dans leurs prouesses du début du 19e siècle.

Avec le créole, Haïti devrait être en position forte. 100% de la population haïtienne le parle. Il été démontré qu'avec le créole on peut véhiculer toutes sortes d’idées. Ainsi les possibilités sont illimitées. Du moins les limites qu'elles connaitraient seraient uniquement les limites que nous leur imposons, les limites de notre créativité et de notre capacité d'innovation.


Ainsi, à la question de la possibilité à Frankétienne d'atteindre son statut actuel s'il produisait uniquement en créole je te répondrais par la négative. Cela est largement dû au fait que nous n'avions presque rien fait en tant que société pour donner à notre créole le statut qu'il lui faut. Si nous n’apprécions pas ce que nous possédons, il est fort difficile aux autres de le faire comme nous le ferions. Beaucoup d'Haïtiens ont combattu du bec et des ongles les efforts visant à aider le créole a atteindre tout son potentiel dans le milieu Haïtien. Mais à la minute ou nous faisons de notre langue ce qu’elle doit être on peut commencer à espérer grand de ceux qui vont y produire. Il est question d’idées. Ce sont les idées qui mènent le monde comme je le dis souvent. Ce sera la qualité de nos idées qui signalera les œuvres que nous produisons au monde. La langue est utilisée à transporter les idées mon cher ami. Des langues des 110 prix Nobel de littérature l'anglais, le francais, l'allemand et l'espagnol ont été les langues prédominantes mais il y a eu des prix Nobel pour des œuvres en bengali, japonais, polonais, serbe-croate, chinois, yiddish, finlandais, turc, occitan, arabe, et d'autres pas aussi connues que les quatre « grandes ». Alors pourquoi pas le créole un jour?


Tu as conclu que je souhaite qu’Haïti devienne un pays unilingue en te basant sur ma référence à cette éventualité. Il n'est pas question de souhait ici. Il est question de possibilités. Le créole peut devenir la langue prédominante d’Haïti à tous les niveaux sans qu'Haiti cesse d'enseigner d'autres langues. Mon cher ami ce serait un phénomène naturel. Tu as essayé de donner un contre-exemple à ma déclaration que le vietnamien a « remplacé » complètement le français...naturellement c’était une hyperbole mais même dans les données avancées par toi il est aisé de voir la tendance quasi irreversible vers le déclin du français dans la société vietnamienne. Ajourd'hui cette langue est minoritaire, parlée par peu de gens, sauf ceux de l'ancienne génération qui eurent un contact direct avec les colons français. J'ai eu par le passé des relations professionnelles avec des jeunes Vietnamiens et ils ne parlent pas le français et ils font toujours référence à leurs parents ou grand parents lorsqu'on aborde la question du français avec eux. Il est question de quelques années que cette langue soit complètement éclipsée ou que son influence déjà négligeable dans la société vietnamienne ne devienne même plus un facteur. Dans tes données on lit ceci : Aujourd'hui, le français reste très peu enseigné dans les écoles du pays. Il semblerait même que ce jour soit déjà sur les Vietnamiens, selon cette phrase. Donc si dans la société haïtienne l'usage du créole continue a envahir tous les domaines et si les structures sont mises en place pour que cela se fasse de façon scientifique, ordonnée, méthodique, et efficace, le jour viendra ou cette société fera le constat que le créole peut jouer le rôle de langue unique pour Haïti par ce qu’il n'y aurait rien qui ne pourrait se dire et se faire en créole. Il faut observer la tendance et les facteurs socioculturels et politiques qui jouent des rôles de catalyseurs. Alors la société fera un choix basé sur des critères objectifs.


Ensuite le fait que dans une société les gens parlent une multiplicité de langues ne signifie pas qu'il n'y aurait pas une langue prédominante dans cette société. Dire qu'Haiti est une société unilingue ne veut pas dire que dans cette société les gens ne peuvent pas parler d'autres langues. Très souvent nous commettons l'erreur de faire l’équivalence entre la langue officielle d'un pays et les langues qui se parlent par les gens de ce pays. Faire du créole la langue officielle et unique d’Haïti ne veut en aucune façon signifier un abandon de l'enseignement, agressif même, d'autres langues comme le français, l'anglais et l'espagnol. Par exemple nous avons maintenant deux langues officielles, et l'enseignement intensif de l'anglais et de l'espagnol en Haïti ne fera pas de ces dernières deux autres langues officielles d’Haïti. Ne vas pas me faire un procès d’intention ici. Je ne te fais pas part d’un désir ; je ne mets en relief qu'une possibilité en me basant sur ma lecture de la situation de notre pays.


Comment devrait-on comprendre ta déclaration dans un de tes courriels que l'enseignement du créole selon toi ne devrait etre fourni qu'au stade primaire ?


Je dois aussi te dire que comme toi je pense que nous devrions utiliser le « é » mais pour des raisons différentes. Le é devrait être utilisé dans les cas ou la voyelle « en » introduit une ambiguïté. Par exemple le mot « jen » use la voyelle « en » et est le « juin » français mais lorsqu'on ecrit « jeni » la voyelle « en » disparaît ; cette ambiguïté apparaît encore plus dans les mots comme beni, senyè, senyen, benyen, benyè, enjenyè, penyen, Penyèl, tenyen, tenya, venyèl, zenyè, zenyèz et d'autres. On devrait avoir un moyen clair de conserver le son e devant la lettre n comme on le fait pour à, è, ò. Ainsi on pourrait écrire sényè sans ambiguïté et si un écrivain ou artiste voudrait introduire un mot nouveau comme senyè pour rendre l’idée de celui qui pratique une saignée, alors il aurait cette possibilité qui est maintenant interdite.

Pour finir on doit se demander si tu es sérieux avec ta proposition de remplacer le r par w dans les cas comme « pwan, » « kweye »... clairement ce que tu demandes est que le particulier remplace le général. Je sais que certaines personnes utilisent le r de cette façon. Par exemple lorsqu'ils disent « kote w ap pwan » ou bien « ou pwan l nan men m ». Mais des fois j'entends certaines personnes dire « ne craignez prin » pour « ne craignez point ». Cela me semble être une transposition. Ce n'est pas un usage qui est répandu dans le pays. Dis-moi, Dja est-ce ce que tu veux codifier en t'obstinant a écrire w la ou le créole haïtien
demande un r ?

Et pour les questions de references au travail de Michel Degraff tu peux consulter certains articles du Nouvelliste ou l'initiative est discutée. Je mets quelques uns ci-dessous.
http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/128832/Inisyativ-MIT-Ayiti-ap-kore-edikasyon-san-barye-ann-Ayiti.html

Dja Paul

unread,
May 1, 2014, 11:43:41 AM5/1/14
to
Cher M-APL,
Un immense plaisir de vous lire de nouveau après un si long silence!
Les contenus de mes récents écrits depuis votre mutisme ont dû certainement modifier votre jugement à mon égard. Tant mieux, je m'en réjouis!

La teneur de votre courriel avec beaucoup de reproches contre mon comportement récurrent envers HSF m'interpelle. Je me suis dit que si même vous, tu quoque mi fili, avec qui j'avais beaucoup échangé précédemment, puissiez avoir un tel jugement, alors que doivent penser mes autres correspondants féminins et masculins? Je crois que je leur dois, et à vous aussi,et à HSF qui me lira en ampliation, la même franche mise au point effectuée précédemment confidentiellement à une locutrice qui m'avait questionné à ce sujet. Ce sera alors la énième, et dernière fois, que j'expliciterai mon comportement envers HSF, à l'évidence sans discuter de tous les points avec moult détails. Je vais me borner à l'essentiel, mais je serai long tout de même.

1. HSF est Dr. ès-Linguistique de La Sorbonne, PARIS, France. Il est professeur et écrit des articles publiés surtout sur le Net dans les domaines de la linguistique, de la créolistique, ... Il a le bagage intellectuel dans ces domaines, et la preuve "béton" doit être son diplôme de la Sorbonne que ses employeurs ont dû consulter avant de l'engager. 

J'ai employé à dessein "doit être" car en tant que thomiste invétéré je n'ai pas eu l'occasion de prendre connaissance de ce document. Néanmoins je fais foi aux dires de HSF et à la fiabilité des processus de ses recrutements, cependant je suis "échaudé comme le chat qui par la suite a même peur de l'eau froide" car jusqu'à présent PREVAL est considéré comme un Ir. Agro. de Belgique.

Voici un extrait d'un site Internet:
Hugues Saint-Fort a fait des études de lettres modernes et de linguistique aux Universités de Paris III Sorbonne Nouvelle et de Paris V René Descartes-Sorbonne d’où il a obtenu un Doctorat de linguistique. Il a enseigné la linguistique et/ou le français à l’ile Maurice, puis à Queens College, City College of New York, Kingsborough Community College.
Ses intérêts de recherche portent sur la création lexicale en créole haïtien, le phénomène des alternances codiques en anglais/français-créole haïtien dans les communautés linguistiques haïtiennes, la genèse du créole haïtien  et l’évolution de la littérature haïtienne dans l’émigration nord-américaine.

De cet extrait l'on peut se poser les questions suivantes: i) pourquoi cette succession de postes dans son CV? Dans quelle période temps? Je n'ai pas de réponses pour le moment.

Il est doué de bonnes intentions en essayant de vulgariser gratos sa science sur le Net, mais il y fait sa pub. Néanmoins son penchant récurrent se focalise à être très théorique, fort livresque. Il est un conservateur, un bon exécutant, un excellent "psittaciste" mais il n'a pas une once d'esprit de changement, de modification. Il n'est pas novateur (l'inconnu, l'aventure lui font peur). Il aime sa routine, ses aises, son confort intellectuel. Il ne va pas être un lanceur d'alertes, un lanceur d'initiatives;

A une question simple vous devez vous attendre à une réponse complexe. Vous lisez, lisez, lisez ses écrits dans ses courriels, vous engrangez des informations, des connaissances multiples dans toutes les directions des points cardinaux, mais en conclusion vous n'avez pas la réponse ad'hoc à votre question de départ. Il vous a noyé dans un flot d'informations accessoires qu'en final votre cervelle est embrouillée dans votre crâne qui, à partir du menton, est seul encore visible au-dessus de l'eau.

Avec lui, c'est inéluctablement pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Il y a des gens qui aiment faire étalage de leur diplôme, de leur science, de leur savoir. Moi, je préfère celles qui en "un couple de mots" arrive à résumer deux (2) phrases et vous donne la réponse correspondante 5/5 ("kolé-séwé") à la question de départ.

Je me souviens de ces propos rapportés au sujet d'un compatriote ex-co-citadin lors de la présentation de sa thèse de fin d'études universitaires. A la fin de son exposé de trois (3) heures son patron de thèse a conclu ainsi: Notre très cher ami haïtien a bien parlé, avec de bons mots français de France, mais pour ne rien dire. Vous êtes à côté de la plaque. Échec! Remettez-vous à l'ouvrage!

Au début, HSF et moi, nous avons eu d'excellents échanges, courtois, scientifiques, ... En tant qu'apprenant, autodidacte, néophyte en linguistique, je buvais et me noyais même dans son océan de savoir. Je "gobais" son savoir. Alors il faisait un monologue car en avalant je ne pouvais pas en même temps poser des questions, ouvrir la bouche pour cette finalité.

Puis selon l'évolution de la vie j'ai eu ma phase de digestion des informations. A ce moment-là je n'avalais plus, j’avais la bouche libre à accomplir autre chose et j'ai commencé à lui poser des questions.

Et à ce stade, l'édifice en cours de construction a commencé à se lézarder, à craqueler, ..., pour finir par s'effondrer, car je n'arrivais pas à avoir les réponses directes, "kolé-séwé", "son pied -mon pied" de lui.

Alors je me suis adressé à certains de ses pairs étrangers (A leur requête je ne dévoile pas leur identité). Parfois j'obtenais des réponses appropriées, mais le plus souvent NON. Ou silence sidéral! Alors j'ai pris la décision d'aller surfer studieusement sur le Net pour essayer de trouver moi-même des réponses. Je ne comptais pas rester "ignare" toute ma vie, donc sans rien faire. 

Etant un "ignare perpétuel", j'ai pris mon bâton de pèlerin et me suis lancé dans les méandres du WEB. Je n'accepte jamais l'ignorance, l'obscurantisme. Je n'allais pas me dire: "mon gars, tu as posé des questions à maintes personnes soi-disant qualifiées pour te fournir des réponses; tu ne les as pas; alors va vaquer à d'autres occupations".
Je n'attends pas que l'on me mâche ma nourriture et qu'on me la mette ensuite à la bouche.

J'ai préféré voler de mes propres ailes, compter sur mes propres forces, compter sur mon expérience du Net, sur mon modeste savoir scientifique et mon sens critique, pour trouver par moi-même les réponses.

Je les proposais ensuite à HSF. Qui dit "proposer" dit soumettre à l'appréciation et au jugement d'une personne qu'on considère digne de fournir des réponses idoines. Pourquoi ne les ai-je pas proposées à MM, LL, Stéphanie, Sophia, ...? Parce que je considérais que ces personnes n'étaient pas susceptibles de me fournir des réponses idoines car elles n'avaient aucun titre, aucune réputation, dans ces domaines de la linguistique et de la créolistique. 

Et c'est pourquoi n'ayant pas des réponses de HSF, sauf des propos minorants et insultants (petit monsieur; vous ne savez pas de quoi vous parlez; comment osez-vous mettre en doute ce que moi Dr. linguiste diplômé de La Sorbonne vous dit; et tout récemment un "nul" allusif; ...), je me suis adressé à d'autres personnes susceptibles de me fournir des réponses: un spécialiste au MIT, un terminologue auteur de "l'île anaphore", un écrivain ayant bossé sur les mots créoles, ... (Tous me lisent en ampliation). N'ayant toujours pas de réponses j'ai envoyé une lettre ouverte à tous les linguistes francophones créolophones de la Terre, surtout les haïtiens féminins et masculins.

My goodness, éké, jézu-mawi-jozèf, j'ai été mis sur mes ergots par un silence sidéral assourdissant et pesant. Quasi 5 ans de silence pour trois (3) simples questions mais fondamentales!

Ainsi donc, enfin, rien dans mon comportement envers les linguistes ne permet d'affirmer que je les minore, que je ne tiens pas compte de leur savoir, ... Au contraire je soumets mes propositions à leur sagacité, perspicacité, savoir, ...

Néanmoins, quand leur silence me "selle et me bride", je leur alloue des qualificatifs. Ils sont utilisés non pas comme injures, jurons, voire même propos irrévérencieux, mais simplement pour donner un nom, un adjectif, un qualificatif à un comportement.

Quand je provoque en un duel littéraire et que personne ne bouge, alors j'écris: lâche, félon.

Quand personne n'arrive à répondre à trois (3) simples questions, je leur dis de choisir le qualificatif approprié à ce comportement entre: incompétence, paresse, laxisme, snobisme, trop d'estime de soi pour répondre à un "ignare", ossification de la cervelle, ...

Quand on me traite "d'ignare" je dis de faire attention au boomerang avec des boules puantes. Quand le boomerang rate la cible (tel est le cas, car je me déclare "ignare perpétuel" et preuve béton: la musique de J. GABIN) il revient en plein visage de l'expéditeur. Est-ce ma faute d'avoir juste esquivé le boomerang? Était-ce la faute de BUSH d'avoir évité la chaussure?

Depuis la fin de mes échanges cordiaux avec HSF je réagis, et je lui avais fait la promesse que j'allais agir ainsi, à tous ses manquements. Parfois il est d'une désinvolture incompréhensible dans ses domaines de compétence.

Ce n'est pas possible. On ne peut pas tolérer cela. Du moins, moi en tant qu'intellectuel, cadre, je ne peux pas tolérer qu'un pair ne soit pas un guide. Son laxisme rend HSF un fossoyeur du savoir, qui plus est de la Sorbonne (les mauvais résultats de PREVAL à la présidence d'Haïti, un soi-disant Ir. Agro de Belgique, ont entraîné le fait qu'un ex-musicien grivois ait pu se dire qu'il peut faire mieux, s'est présenté à des élections présidentielles, et soit devenu Président. MM le dit lui-même lors de ses discours (ex. lors d'un passage en Belgique): il ne comprend pas comment il est à ce poste, mais comme il y est il essaie de donner le meilleur de sa personne, avec des couacs parfois: chasser le naturel il revient au galop). 

La désinvolture de HSF le rend promoteur de l'obscurantisme. Il devrait être au contraire la lumière, "le guide éclairé".
Je pense avoir été franc, exhaustif sur mes relations avec HSF. J'aimerais ne plus y revenir.

En conclusion: Je considère HSF comme un ami, comme un Dr. ès-linguistique de la Sorbonne, qui doit en toutes circonstances agir selon son rang, son savoir, son titre, ses papiers, son cursus, ...

S'il vient "parader", "plastronner" sur le Net, s'il vient "booster", faire montre de son savoir, s'il vient pour aider gratuitement ses locutrices et locuteurs pour leur inculquer des connaissances dans ses domaines de compétence, sans que personne ne le lui demande, sans que personne ne le force à agir ainsi, sans que personne ne lui fasse commande d'un article contre rémunération, il doit s'attendre à ce qu'on lui pose des questions par la suite et surtout à ce qu'il fournisse des réponses. SIMPLES. SIMPLES. ET FIABLES, AVÉRÉES. 

Pas des réponses livresques, qui sentent la collecte d'opinions et convictions, de notions et concepts dans des livres. Ses interlocuteurs féminins et masculins ne lui posent pas des questions pour devenir linguistes. Ils veulent juste des réponses simples. Alors HSF doit faire oeuvre de vulgarisateur: rendre simple et compréhensible ce qui au départ semble complexe, pas abordable intellectuellement.

On doit ressentir que HSF se focalise sur ses finalités fondamentales, que ses assertions viennent de lui et qu'en plus il fournisse à chaque fois des preuves "béton" positives ou négatives; , ... Ses habitudes de mention de citations et de leurs traductions en français si elles sont dans une autre langue sont appréciées à leur juste valeur.

Mais il pratique le plus souvent des oukases, des diktats, ...: Moi, HSF, Dieu de l'Olympe Linguistique-Créolistique j'ai dit! Il ne doit pas s'attendre à ce que je dise: AVE HSF, comme on disait Ave César.

2. Je n'ai pas les intentions que vous me prêtez contre HSF, les reproches que vous avez l'air de me faire, ... et je me suis demandé si vous ne vous trompez pas de personne. Je ne me suis reconnu dans aucun d'eux.

Voici mon éclaircissement généralisant!
a. Je n'ai jamais adressé d'injures, de jurons, de vilains mots à HSF. Je viens de lui dire après son "nul" qu'il perd son temps s'il pense qu'il peut m'amener à ce comportement délétère de disputes injurieuses entre lui et moi. Cela n'arrivera jamais. Je préférerai alors lui donner le gain. Et je l'ai déjà fait.

b. Cependant j'avoue que je lui adresse très souvent les qualificatifs qui désignent comme des gants ses comportements à des années-lumière de ce que l'on peut considérer comme 3B (Beau-Bon-Bien), ex. lâche, félon, traître, ... Comment qualifier un linguiste en duel littéraire de fournir 3 réponses simples à 3 questions simples et qui refuse? Comment qualifier une personne qui écrit un texte en mettant en exergue une allusion quasi identitaire à une personne et qui n'adresse pas à cette personne le texte allusif en ampliation? 

Faites l'inventaire de tous mes qualificatifs contre HSF et vous verrez qu'ils désignent un comportement déplorable de HSF. A toute action comportementale de HSF, non selon les règles de l'art, il reçoit en retour ma réaction par l'attribution d'un qualificatif. Qui est fautif? Celui qui agit en premier. Alors moi je réagis: qui me cherche me trouve! Parfois je n'ai même rien à faire: le boomerang avec les boules puantes ayant raté la cible revient à son expéditeur en plein visage. Le destinataire n'est pas fautif si l'expéditeur a raté sa cible.

c. Je n'ai jamais infériorisé, minoré (minorisé; les deux se disent), HSF. Il donne des réponses, il exprime des affirmations qui sont simplement infirmées par mes arguments et mes preuves "béton". Dois-je ne pas répondre? Dois-je passer sous silence les réponses justes (car avec preuves "béton") qui ipso facto vont faire passer les écrits de HSF pour faux? Je serais alors complice et coupable de laisser véhiculer des erreurs.
 
Enfin, il semble que je suis arrivé au bout! Je me sens à nu devant HSF et mes différents correspondants. J'ai tenu à le faire cependant pour éviter toute confusion sur les buts de mes actes contre HSF. Je n'ai rien contre sa personne. Je ne souhaite pas le minorer. Que du contraire! Il doit simplement percevoir que sa désinvolture en se disant "moi je suis Dr. de La Sorbonne" et fournir des arguments erronés et sans preuves lui joue des tours pendables. 

Il doit se contraindre à ne plus être désinvolte car il sait, c'est une de mes promesses, que je ne manquerai pas de mettre en exergue ses erreurs, fautes, lacunes, manquements, dysfonctionnements. Je le motive à bosser selon les règles de l'art de ses domaines de compétence et d'expérience. En principe, il aurait dû me remercier. Vous aussi, son ami. Je ne lui veux que du bien, et pour cela je suis son tisonnier, sa "muleta", ...

Bien, j'espère que je ne devrai plus revenir sur mes relations avec HSF. Pour moi, c'est un ami que je châtie bien, selon l'adage. Je termine mes courriels à sa destination par "En toute amitié", et je vous jure, je suis sincère en écrivant cela.

Je suis un peu fatigué alors permettez-moi de répondre par style quasi télégraphique aux autres points de ton courriel.
  • Je veux bien échanger en toute sérénité avec HSF. Il suffit qu'il réponde à mes questions, surtout aux trois (3) fondamentales de ma "lettre ouverte aux linguistes", avec des preuves justificatives "béton".
  • Je comprends ta sagesse de toujours vouloir éviter les conflits. C'est bien, mais parfois c'est mal. On n'avance pas ainsi. Parfois il faut accepter le conflit (littéraire) et y aller et s'engager frontalement et à fond. Il faut essayer de faire bouger le statu quo, de vaincre le Moment d'Inertie. 

Il faut savoir que depuis PRESSOIR (je dis de mémoire 1947, mais je peux me tromper car je pense me souvenir de cette date dans un texte de HSF de 2012) on discute du "é", du "en" pour "in", de "g" pour "gu", ..., du "w" pour "r", ... Depuis 1947! 

Par conséquent, en évitant des situations conflictuelles intrinsèques à la mentalité haïtienne, cela fait plus de 67 ans que rien n'a bougé. Et tout un chacun, féminin et masculin, pratique le "oum vagisme", pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec des linguistes, et ce au détriment de générations d'élèves durant 67 années. Pour moi le choix est fait sans hésitation. Je suis du côté du plus grand nombre. Tant pis pour les dégâts d'estime, de renommée qui seront causés à même pas une centaine de linguistes!

Comme aurait dit P. KAGAME, président du Rwanda: Ils peuvent être puissants mais les faits historiques sont têtus. Nos compatriotes d'antan se sont "reposés" et ont laissé entre les mains d'un pasteur et d'un professeur anglo-saxons, qui maîtrisent l'anglais et l'anglo-américain, qui plus est avec une machine à écrire mécanique à clavier QWERTY, la fondamentale tâche de formuler les codes/symboles graphiques de l'ayisyin (le terme kreyòl pour moi est mort et enterré de sa belle mort), seconde langue vernaculaire et véhiculaires d'Haïti. 

L'ayisyin se fixe dès son élaboration le soin d'éliminer tous les "polluants" anglo-saxons en vue qu'il soit proche, "kolé-séwé", 'ton pied-mon pied" avec sa base lexicale française dont il n'aurait jamais dû s'écarter comme 10 créoles à base française sur 12. 

L'île Maurice, malgré une dernière occupation anglaise avant son indépendance, n'a jamais permis que son mauricien à base lexicale française soit pollué par des apports anglo-saxons. Vive les Mauriciens féminins et masculins dans le concert de la communauté créolophone à base lexicale française! Quand pourrais-je adresser les mêmes vivats pour mon pays Alma Mater? 

On est déjà à 67 ans depuis que PRESSOIR & consorts a émis des réserves sur les symboles graphiques du kreyòl, c'est suffisant. Cela équivaut quatre (4) générations, la première nos parents, la seconde nous-mêmes, la troisième nos enfants et la quatrième nos petits-enfants.

Il est temps de dire STOP et de changer ce qui doit être changé pour une formation-éducation de nos jeunes simultanément en français et en ayisyin pour le développement de ses deux (2) langues "officielles" en Haïti, pour le progrès et le développement d'Haïti.

  • Les premières années d'enseignement de l'ayisyin et du français simultanés vont servir d'années d'expérimentation pour savoir en quelle classe les élèves apprenants ont une totale maîtrise de leur langue maternelle, seconde langue officielle haïtienne.

Dès cette maîtrise atteinte on n'enseigne plus l'ayisyin

Son enseignement était pour permettre aux élèves d'apprendre l'écriture et la lecture de leur langue maternelle (le parler est déjà acquis quasi à la sortie du berceau, du sevrage, de la faculté du langage), et principalement de servir de support, de béquilles pour l'apprentissage du français. 

L'ayisyin étant acquis et la compréhension du français aussi acquise, on oublie l'ayisyin dans les autres classes supérieures. 

L'enseignement se fait en français et dans des langues étrangères par options. Déjà pour être conforme à un efficace coût d'opportunité! (J'espère que vous avez consulté WIKIPEDIA à ma requête).

Haïti étant dans l'environnement où il se trouve doit promouvoir principalement les langues de son hémisphère: anglais, espagnol, portugais (Brésil). Pourquoi? Vu les conditions misérables en Haïti il y a une forte déperdition du nombre d'élèves qui poursuivront leurs études en secondaire. C'est pourquoi dès le primaire il faut offrir au moins le "b-a-ba" des langues étrangères en options. 

Les élèves féminins et masculins en primaire peuvent déjà faire un choix. Ceux qui ont déjà des parents au Brésil et qui pensent qu'ils iront les rejoindre choisiront le portugais. Ceux qui ont de la famille aux USA et au Canada, sélectionneront l'anglais. Mutatis mutandis pour le choix de l'espagnol (République dominicaine, Amérique latine).

La langue française (L1) sera la langue N°1, obligatoire car officielle.
L'ayisyin (uniquement en primaire; avis "empirique" pour le moment que les années primaires sont suffisantes pour l'acquisition de sa lecture et de son écriture) sera la langue (L2). La langue N° 2 est obligatoire car officielle.
La langue N°3 (L3) sera au choix de l'élève.

Ainsi tout élève qui quittera le système scolaire après son primaire aura une base importante dans la langue de son choix pour aller rejoindre d'autres membres de sa famille et bénéficier aussi de cet endroit où l'herbe semble être plus verte.

J'écris ces précédentes phrases avec tristesse. Je fournis des armes et des munitions pour que mes compatriotes quittent notre pays, mais il faut être réaliste.

Dans les prochaines années Haïti ne sera pas en mesure de "sustenter", dans tous les domaines d'une chienne de vie terrestre normale, toutes ses filles et ses fils. Leur salut est d'aller grossir les diasporas d'Haïti "all over the world". Ne vous en faites pas, ils reviendront ventre à terre quand Haïti sera un pays de Droit avec des pouvoirs régaliens œuvrant pour le bien collectif de tout un chacun, des "kokowat" aux Elites. Dans le cas contraire, oubliez-les, sauf des inconséquents qui viendront s'encanailler lors de certaines festivités: carnaval, ...

Il y a de nos jours des Haïtiens errants, comme jadis il y avait des Juifs errants. Au fin fond de la Sibérie vous allez trouver un Haïtien. Au fin fond de la Papouasie-Nouvelle Guinée, vous allez croiser une Haïtienne. Haïti a au moins un ou une représentant(e) partout.

Triste réalité!
La faute à qui? Sé fôt nou, Ayisyin, natif-natal.
"Wi fout tonè! Pa di'm sé fôt zôt, sé fôt blan! (A-yayay-yayay-yayay, ti-nèg-la komansé sélé-bwidé!)

  • Merci pour ta communication du lien donnant un aperçu élémentaire du programme de DEGRAFF au MIT. Cela me permet d'écrire ce qui suit. Et je précise aussi que je n'ai rien contre lui, sa personne. Je suis contre des éléments mentionnés dans le programme MIT. Je donne mon avis. A chacun d'être d'accord avec moi ou pas! Free to agree or disagree!

C'est mieux que l'expert haïtien au MIT réclame une nouvelle allocation de son budget de $1.000.000,00US pour des livres de maths, de sciences, etc. en kreyòl. On comprend qu'il ne souhaite pas perdre ce budget, alors qu'il réclame une affectation de ce montant à d'autres finalités.

Qu'il demande de consacrer ce budget à un colloque sur les modifications à apporter au kreyòl, à des voyages d'études à l'île Maurice, au Cameroun, aux Seychelles, ... Et même au Rwanda! Voilà un pays francophone qui faisant suite à la présidence de KAGAME est devenu d'un coup anglophone, disons mieux bilingue! Comment a-t-on procédé?

Que le budget serve à l'édition de livres d'apprentissage de l'ayisyin? Que le budget serve à la formation des enseignants féminins et masculins? Avec des raisonnements valables, des arguments "béton", j'ose espérer que les bailleurs de fonds accepteront d'autres allocations des fonds.

AVIS IMPORTANT:
Ne mettez pas trop d'espoir dans la mise en place de l'Académie de l'ayisyin. Les membres qui seront invités à la mise en place de cette Académie sont les mêmes qui actuellement ne peuvent pas fournir 3 réponses, mais fondamentales.
On ne changera rien. 
Ils et elles vont faire comme en cyclisme: ils ne vont pas changer la chambre à air "pourrie et gâtée" mais ils poseront des rustines (patch) tant et plus.

Les élèves maîtrisant correctement le français, les livres scolaires de maths, de sciences, de technique, de physique, ... seront en français (ou dans la langue internationale qui sera la plus habilitée à transmettre le savoir. On fera des traductions en français). A l'évidence les études universitaires seront en français, bien entendu avec l'apprentissage d'autres langues par options.

Moi, j'ai accompli des études universitaires dans un pays européen. En maths, sciences, technique, physique, biologie, ... les bouquins de référence à l'université étaient des traductions françaises de livres russes. Ils étaient simples, exhaustifs, compréhensibles, ... C'étaient de bons bouquins.

L'été passé je revenais des USA. Dans l'avion il y avait deux (2) familles belges avec enfants. Un des enfants était assis à côté de moi. Il a sorti de son sac un bouquin de biologie avec des planches (figures) de toute beauté de cellules, de mitochondries, d'amibes, ... Le bouquin était américain. Il m'a dit que c'était le livre de son cours de biologie en Belgique. Le livre n'est ni en français, ni en flamand, ni en allemand, langues ethniques belges comme aurait dit feu MOBUTU, mais les belges disent communautaires au lieu d'ethniques. Le péjoratif est pour les autres, pas pour eux. L'Haïtien le péjoratif "kreyòl" est pour lui, pas pour autrui! A tomber sur ses ergots!

Encore un apport récent sur le "péjoratif" et le "politiquement correct". A. ROUMANOFF, réputée humoriste française, est soumise à une bronca médiatique. Elle a osé imiter l'accent antillais de Mme TAUBIRA. La Guyane et les Antilles françaises sont des DROM-COM de la France parlant créole et ne prononçant par les "r". ROUMANOFF imitait TAUBIRA en disant qu'elle n'était pas au kouwan, au kououan (= au courant) que SARKO était sous écoutes. Le commentateur radio pour éviter ce côté péjoratif, pour être politiquement correct avec ses compatriotes antillais a dit: ROUMANOFF a imité Mme TAUBIRA avec l'accent africain. 

Faux, les Africains prononcent les "r"! A PARIS, si en se baladant on croise un Black et qu'on voudrait savoir s'il est Antillais ou Africain, il suffit de demander à prononcer "du riz". Souvenez du cas des Haïtiens en "Dominicanie" et la prononciation en mot espagnol pour "persil"!

A cause de la connotation péjorative du kreyòl (comme on dit Black pour Noir, Nègre; Senoir pour retraité et non vieux ou personne agée; etc.) alors disons "ayisyin" au lieu de "kreyòl" ou créole haïtien.
  
Alors dans l'enseignement on utilisera des livres en français et en anglais (et en d'autres langues). Les seuls livres en ayisyin que l'on doit mettre en place sont des livres d'apprentissage de l'ayisyin. That's all! That's enough! Ce point sera mieux explicité dans "Mon Credo" en linguistique et créolistique pour Haïti.

Cependant tout natif-natal haïtien sera en mesure d'éditer, publier, diffuser des livres en ayisyin en droit d'auteur ou en droit d'éditeur à sa guise. L'Etat ne devra consacrer aucun budget pour de tels livres. Cela ne doit pas être du devoir régalien de l'Etat. C'est dans ce domaine que l'on trouvera les livres-biens culturels: musique, cinéma, littérature, poésie, sociologie, philosophie, ..., recettes de cuisine, faune, flore, utilisation des plantes médicinales, ..., bricolage, trucs et astuces, mécanique, entretien bicyclettes et motos, ..., techniques de pêche, techniques de construction de maisons, ..., agriculture, découpe en boucherie, ..., diagnostic sanitaire d'un animal abattu, ..., religions, ..., distinction entre AMOUR et SEXUALITÉ, ..., etc.

Ne point oublier que si on est francophone, si l'ayisyin est adopté et qu'il soit proche du français, alors si vous maîtrisez le français vous maîtrisez inéluctablement l'ayisyin. Qui a reçu un apprentissage pour appréhender le langage SMS? Celle ou celui qui a répondu OUI doit m'envoyer $500,00US par WESTERN UNION. 

L'ayisyin sera un peu plus que le SMS du français.

  • Merci d'accepter l'utilisation du "é", du "in" au lieu de "en" même en cas de yod en français!

"w" et "r"
Tu me lis depuis le début. Tu sais bien alors que là je laisse entière liberté aux créolophones d'utiliser le "w" ou le "r". Ils sont libres d'agir comme ils le font en kreyòl. OK?

  • Cependant j'ajoute qu'agir comme on le fait en kreyòl c'est se mentir à soi-même. 
J'ai accompagné récemment une dame haïtienne à une consultation de diététique. Elle est assez forte; elle doit perdre du poids. 
La diététicienne-nutritionniste lui a demandé de citer sa diète quotidienne. On est au produit laitier, fromage.
La dame dit "kioui". La nutritionniste lui dit que kiwi est un fruit, on le notera plus tard.
La dame dit non, je mange du "kioui". Pas possible "kioui" est un fruit.
J'interviens en disant: Madame, nous Antillais, c'est notre façon de prononcer les "r".
Elle vous parle du petit fromage en carré dénommé K - I - R - I.
J'ai préféré épeler car j'allais prononcer aussi "kioui".

Un autre événement historique et avéré aussi:
Quand j'étais étudiant universitaire j'étais régulier au mess estudiantin. Il semblerait que la serveuse devait me servir beaucoup de riz quand ce plat était disponible.
Alors elle avait pris l'habitude de dire quand j'étais en face d'elle et qu'il y avait du riz.
Ah, aujourd'hui vous allez trop manger, le chef a cuisiné "diwi", et elle rigolait.  
C'était sa façon de me taquiner. Pourtant je pense avoir toujours dit au moins "duwi".

Je crois me souvenir que déjà du temps de PRESSOIR (lecture d'un texte de HSF) des compatriotes réclamaient l'emploi du "w" pour le "r" en kreyòl.
Rien de nouveau sous le soleil!
On est encore au même point 67 ans plus tard.

Un cheveu dans la soupe:
HSF est en face de plusieurs questions, dont trois (3) fondamentales, depuis 2009. Au lieu de chercher des réponses il diffuse un texte quasi recto-verso d'un texte qu'il a publié en 2012. On est en 2014. Au lieu d'avancer il veut nous contraindre à reculer et nous ramener à 2012.

Je peux me tromper. Il a peut-être corrigé des erreurs dans son premier texte. Alors ce qui serait mieux et judicieux ce serait qu'il fasse un tableau comparatif des points qu'il a modifiés et POINT FINAL.

Dans l'attente de ce tableau comparatif, merci. 

Malé!
Bèf-chèn'n bato-a lagé voal-yo!


Maman les p'tits bateaux
Qui vont sur l'eau
Ont-ils des jambes?
Mais oui, mon gros bêta
S'ils n'en avaient pas
Ils ne march'raient pas.

Allant droit devant eux
Ils font le tour du monde
Mais comme la terre est ronde
Ils reviennent chez eux.

Maman les p'tits bateaux
Qui vont sur l'eau
Ont-ils des jambes?
Mais oui, mon gros bêta
S'ils n'en avaient pas
Ils ne march'raient pas

Marc-Arthur Pierre-Louis

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May 1, 2014, 12:22:53 PM5/1/14
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Réflexions sur l'acte-fondateur de Frankétienne
par MAPL

Traumatisme. Violence verbale. Discrimination intellectuelle. Statut de bête attribué au locuteur créolophone unilingue. Mépris des quartiers défavorisés où le français brille par son absence. Ce sont là les composants de l'acte-fondateur de l’écrivain. Naturellement à la genèse de cette expérience bouleversante, déstabilisatrice, effroyable, se trouve cette question simple de trois mots, posée en français par la sœur Félicienne. L'anglo saxon parlerait d'un « 3-worder », et les mathématiques d'un 3-tuple. Comment t'appelles-tu ? Mais cette question donnera lieu a une séquence de mots qui constitueront l'aspect cautérisant de l’expérience qui marquera l’écrivain toute sa vie en les gravant en caractères indélébiles dans sa mémoire. Cette expérience inoubliable de l’écrivain est surprenante par la violence des mots surtout par ce qu'ils viennent d'un enfant.

Il est étonnant de constater la mesure dans laquelle un enfant entre quatre et six ans peut répliquer avec fidélité les préjugés de sa classe sociale. Frankétienne a la peau claire. Son père était un blanc. Cela aurait du être à son avantage. Ce serait compter sans sa condition « débilitante ». Il avait quelque chose d'autre qui militait contre lui: à cinq ans il était un créolophone unilingue. C’était un péché mortel, impardonnable. Son petit camarade de classe qui le voyait pour la première fois sut rapidement qu’il n’était pas l'un des siens. Son ignorance totale du français l'avait trahi. Les enfants des fois ne tolèrent pas la différence et vous la font payer chèrement. Son petit condisciple ouvrit sa bouche pour le châtier avec virulence. Avec célérité il arriva à la conclusion que Frankétienne était un nègre dans la peau d'un mulâtre, selon le proverbe haïtien défini par Jean-Jacques Acaau : « nèg rich se milat, milat pòv se nèg.» (nous remercions le Dr. St Fort qui donna l'information aux forums que ce diction est d'Acaau). Dans sa pensée d'enfant il avait intériorisé, peut-être même dans son subconscient, ce dicton néfaste et fit l’inférence que le jeune Etienne n’était pas de son milieu et par conséquent n’était à sa place dans la salle de classe. Le petit lui appliqua une claque verbale et retentissante d'une violence incroyable pour un enfant :

"Petit macaque, d'où sortez-vous, de quel quartier, de quel milieu venez-vous ? On vient de vous demander votre nom !"

Il l’appela macaque. Cette injure est une fessée que le jeune bourreau administra au nouveau venu, une punition infligée à cause d'une langue qu'il ne parlait pas, aussi bien que de celle qu'il parlait. Il était bête parce que la langue qu’il parlait le stigmatisait. Il était bête par ce que sa langue n’était pas le français. Le petit indexa rapidement sa provenance comme un repaire d'animaux, car les macaques ne peuvent absolument pas parler le français, mais le créole est a leur portée. Ainsi, selon sa compréhension, le créole est une langue de bêtes. Il était macaque et ceux qui partageaient son sort, ceux qui vivaient dans son milieu étaient tout aussi bien des macaques. D'où sortez-vous ? De quel quartier, de quel milieu venez-vous ? Trois questions en successions rapides qui devaient sonner aux oreilles de l'auteur de Pèlen tèt et de Dezafi comme une rafale de mitrailleuse manipulée avec dextérité par ce mitrailleur précoce qui avait bien appris à mitrailler en utilisant les clichés méchants des adultes.

On ne saura peut-être jamais l’étendue des dommages causés par cette manie de terroriser ceux qui n'ont pas eu le privilège de parler une langue dans les premières années de leurs vies. Frankétienne est un surdoué a cause de sa volonté de surmonter des obstacles débilitants qui auraient pu décourager plus d'uns. D'autres enfants auraient pu demander à leur mère de ne plus retourner à cette école. Il est un surdoué à cause de son intelligence non seulement à acquérir avec brio le français mais aussi à cause de sa mémoire phénoménale qui lui permit de mémoriser le petit Larousse ; à cause de son esprit innovateur ; pour avoir inauguré le mouvement littéraire spiraliste ; à cause d'une écriture intelligente mais dure à percer, demandant un effort cérébral immense ; a cause de sa capacité d'agencement des mots, de sa vision de la littérature ; à cause de sa façon géniale d’intégrer le créole dans son œuvre. Tout érudit qu’il est il rapporte que l'une de ses plus grandes satisfactions était de se voir interpeller par des marchandes lui demandant quand il allait les inspirer avec une nouvelle pièce théâtrale.

La naissance d'un individu est un acte violent. Le plus souvent on voit le jour au milieu des hurlements, des vociférations, et des imprécations de toutes sortes. La naissance littéraire de l’écrivain Frankétienne ne sera pas une exception a cette règle bien qu'il aurait pu été autrement. Malheureusement chez nous nous n'avons pas ce luxe. Dans mon manifeste « l’état de siège » j'avais fait état de cette violence qui s'est établie à tous les paliers de notre société. De la maison au palais national, en passant par toutes nos institutions indistinctement et en envahissant nos forums en cyberespace.

Frankétienne n'avait pas voulu être un écrivain traditionnel. … J’en ai eu conscience très tôt. Parce que j’ai été un grand dévoreur de livres, d’écrits, de signes plus exactement, un avaleur de signes. Je me suis rendu compte qu’il y avait, dans les livres que je lisais, un côté répétitif qui m’agaçait. Non seulement des clichés, des stéréotypes, mais aussi une intertextualité gênante. Je trouvais que les écrivains se recopiaient les uns les autres. Je me suis dit que j’allais m’arranger pour dire les choses autrement, notamment parce que je suis inscrit dans un courant de multilinguisme : Haïti est non seulement sous l’influence du créole et du français, mais aussi de l’espagnol en raison de sa proximité avec la République dominicaine et Cuba, ainsi que de l’anglais, avec les Etats-Unis, non loin.

Ainsi l'auteur entreprit une aventure avec une conscience nette qu'il lui fallait souligner à l'encre forte une différence qui tint compte de sa langue maternelle. Mais avant ces dernières années et à quelques exceptions près, le créole était toujours considéré par certains comme un outil abêtissant et le français l'outil par excellence de la civilisation. Cette obsession avec le français donnait l'impression que la langue était notre « tout » et que sans elle notre monde s’écroulerait. Ainsi ceux qui firent la conquête du français devenaient des écrivains qui écrivaient beaucoup mais dont les œuvres ne transformaient pas la société haïtienne. Avec la violence qui engouffrait tout le pays, où ceux qui arrivaient au pouvoir s'y maintenaient par les armes, les abus, et la fraude, on ne donnait pas aux masses le privilège de s’éduquer et d'apprendre le français, encore moins de faire du créole un instrument par lequel le savoir classique pouvait s’acquérir. Il était un danger grave de donner au peuple accès à l’éducation. Il était plus aisé de contrôler par la corruption et la peur la minorité éduquée qui gravitait dans les corridors du pouvoir.

On se retrouvait donc dans une boucle infinie où ceux qui écrivaient le français étaient en majorité ceux qui avaient fait de cette langue leur domaine de spécialisation ou, à la rigueur, étaient des experts en sciences sociales. Il n'y a absolument rien de mal à ces disciplines. Nonobstant, on conviendra que dans un système où il y a peu de gens lettrés mais une prolifération d'hommes de lettres dans la minorité lettrée, le déséquilibre causé par l'absence d'une concentration dans les sciences pures engendre une situation de stagnation et de dépendance de l’étranger. On aura des avancées fortes dans l'aire de l’écriture pure, descriptive. Mais même dans les cas, où il y aurait des prescriptions dans les domaines éthiques ou des rares sciences cognitives où nous avons quelques maigres compétences on trouverait très peu de consommateurs, justement a cause de la carence de gens lettrés dans la masse.

Un aspect du drame Haïtien peut se résumer ainsi. Il y a très peu d' Haïtiens qui lisent et comprennent bien le français. La minorité qui maîtrise bien le français offre de très belles performances et produit de belles œuvres littéraires en français. Malheureusement ces œuvres ne sont pas lues à cause de la déficience de la population dans la langue française et de sa situation économique précaire. De l'autre coté, la minorité qui maîtrise le français produit très peu d’œuvres scientifiques et technologiques parce qu'elle possède peu de connaissance dans ces domaines. Par conséquent les Haïtiens n'ont pas pu développer leur pays parce qu'ils ont eu une focalisation outrée dans les arts, les lettres et non les sciences.

Il est clair que nous avons besoin d'un second acte-fondateur. Il faut pour les sciences ce qui a été fait pour les lettres où Frankétienne fait figure de proue. Il nous faut des centaines, des milliers de Frankétienne dans les sciences.

On ne peut ne pas établir un contraste entre l'acte-fondateur de Frankétienne et l'autre qui doit prendre place. Le premier, plus précisément l'action du petit terroriste, a été le résultat d’une volonté d’exclusion, alors que le second inclurait 100% des jeunes Haïtiens. Le premier fut utilisé par un seul homme doué d'un esprit innovateur pour se signaler au monde alors que le second devra cultiver ce même esprit d'innovation et permettre à des centaines de milliers de jeunes Haïtiens de se signaler au monde. Le premier a été inauguré par le traumatisme de l'exclusion émanant d'une langue que l’étudiant ne comprend pas, alors que le second devra éviter tout traumatisme en enseignant l’étudiant dans une langue où il comprend tout. Le premier donna a Haïti un génie dans les lettres alors que le second aura le potentiel de mettre en relief des centaines de génies dans les sciences.

Oui, on nait dans la violence mais l'intelligence humaine, les sciences de la vie, et plus particulièrement anesthésiques sont en train de faire des merveilles pour éliminer les douleurs atroces de l'enfantement. Nous avons besoin de ces sciences et de bien d'autres en Haiti. Au sens propre comme au figuré. Alors pourquoi ne pas implémenter l'environnement qui rendra les deux possibles. Mais pour réaliser cette vision au sens propre il faut d'abord passer par le figuré; il faut que le 3-tuple toujours effrayant pour certains enfants soit remplacé par un autre 3-tuple plus accueillant envers eux. Les génies fleuriront avec abondance en les inspirant, mais rarement en les terrifiant.
 
Cordialement/Cordially
MAPL

Genyen moun ki fè listwa; genyen tou listwa fè. Dènye kalte moun sa yo ta dwe retounen donn nan bay listwa si pou lavi kontinye boujonnen. Se paske listwa te bezwen reboujonnen ki fè l te fè yo.
Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée.
There are people who make history; there are those made by history. The latter must return the favor if the cycle of life must continue since it is by creating them that history recreates itself.
MAPL

Sent: Tuesday, April 29, 2014 1:25 PM
Subject: Re: Français, Créole, Frankétienne - correction

Marc-Arthur Pierre-Louis

unread,
May 1, 2014, 5:02:01 PM5/1/14
to tout-...@googlegroups.com
Dja,
    Je dois te donner un conseil d'ami. Je te tutoies a dessein. Il faut cesser ces attaques contre HSF et tu devrais le faire immédiatement. Elles ne conduisent qu'a l'antagonisme gratuit. Elles ne riment a rien. absolument rien. Je t'assure que beaucoup d'internautes qui te lisent sont aussi sidérés de cette attitude. Je n'ai pas peur de personne sur la Toile et lorsqu'il est nécessaire il faut chercher un conflit. Seulement lorsque c'est nécessaire. Autrement on perd son énergie pour rien.

Tu ne paies rien a HSF. Il n'est pas obligé de te répondre. Oui, s'il a bossé dur pour gagner son doctorat il devrait pouvoir le dire sur la Toile.

Si tu penses que ta façon de procéder va plier HSF à tes desiderata, qu'il agisse comme tu le veux, alors là tu serais un grand naïf. Puisque je sais que tu n'es pas naïf il est à se demander quelles sont tes vraies intentions?

Il y a des choses qui ne se font pas. Je suis abasourdi que tu en viennes jusqu'a questionner sa performance de travail. C’était comme si tu lui donnais une entrevue pour un boulot. Dans un forum public! Faire cela!

Puisque selon ta déclaration tu as été a l’université en Europe voudrais-tu présenter ton CV pour que l'on évalue ta performance?

 Vas-y Dja mon ami, réponds-moi?

Voila pourquoi j'evite ces conflits. Ton desir,  comme tu l'as déclaré d'être la muleta de HSF a conduit a ces hostilités. J'ai noté qu'il t'a appelé ignare. Moi à sa place je ne le ferais pas. Mais je dis cela avec précaution par ce que des fois mes réactions me surprennent. On ne peut pas sous-estimer les réactions d'un homme poussé à bout. Si tu avais noté que HSF ne repondais pas tes questions comme tu l'aurais voulu et que tu avais la Toile comme source tu n'avais qu'a le laisser en paix et utiliser la Toile. Franchement je ne comprends pas cette obsession. Est-ce qu'elle cacherait quelque chose d'autre?

Cordialement/Cordially
MAPL

Genyen moun ki fè listwa; genyen tou listwa fè. Dènye kalte moun sa yo ta dwe retounen donn nan bay listwa si pou lavi kontinye boujonnen. Se paske listwa te bezwen reboujonnen ki fè l te fè yo.
Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée.
There are people who make history; there are those made by history. The latter must return the favor if the cycle of life must continue since it is by creating them that history recreates itself.
MAPL


From: 'Dja Paul' via Tout-Haiti <tout-...@googlegroups.com>
To:
Sent: Thursday, May 1, 2014 11:43 AM
Subject: [Tout-Haiti] Mon Credo (CE QUE JE PENSE/SUPPOSE, CROIS, PROPOSE,...) pour mon comportement envers HSF + réponses à votre courriel Français, Créole, Frankétienne - correction

Dja Paul

unread,
May 1, 2014, 5:52:35 PM5/1/14
to tout-...@googlegroups.com, Marc-Arthur Pierre-Louis, deg...@mit.edu, berroue...@gmail.com, Hug...@aol.com, HaitiCo...@yahoogroups.com, haiti Nation
Vous m'avez poussé à dévoiler mes sentiments les plus sincères et à fournir des explications les plus franches sur mon comportement récurrent envers HSF. J'ai répondu à votre requête. Je me suis mis à nu. Je l'ai écrit.
Je vous les livre et vous sortez de vos gonds.

Je suis étonné qu'après mon long texte, très détaillé, très argumenté c'est ce que vous avez perçu et que ce sont ces conclusions que vous en tirez.
Je réitère uniquement ceci: Je n'ai jamais attaqué HSF. Je lui attribue des qualificatifs désignant en un (1) simple mot un trait de son comportement, donc caractère. 

Lui, il m'attaque (il est dans l'action). Moi je réagis, parfois juste en esquivant et le boomerang lui revient (je suis dans la réaction).
Et je sais que vous savez que toute action induit une réaction. Alors ...!

Je ne me dédis jamais donc je n'y reviens plus en détails.
Je vous donne le gain.
Mais tout article publié sur le Net est sujet à commentaires, critiques positives ou négatives. Si HSF souhaite obtenir mes critiques positives il sait qu'il doit bosser selon les règles de son art. Il en a la preuve: mes félicitations récentes pour ses textes sur les Haïtiens à New-York.

Mais si je ne suis pas d'accord, - heureusement que sur le Net, il n'y a pas encore une dictature du Net; il y a parfois blocage, censure -, le Net m'offre la faculté, la possibilité et la liberté d'écrire que je ne suis pas d'accord.
Free to agree or to disagree!
This is it, that's that.

N. B.
Enfin vous avez le droit de douter de mon diplôme. Vous avez le droit de me demander "gentiment" de vous faire parvenir une copie. J'ai le droit d'exaucer votre requête ou non. Ce sera NON.

HSF aurait pu agir de même. Mais à la différence de moi il vient "booster" sur le Net. C'est son droit. Mais il ne doit pas avancer des idées erronées, fausses surtout que les internautes ne lui avaient rien demandé. 

Elles sont jugées comme fausses sur le Net avec preuves "béton" à l'appui. Alors s'il est convaincu qu'il a raison, et moi de ce fait tort, il doit me répondre en avançant des arguments avec preuves "béton" que la fiabilité et la véracité sont de son côté. Alors il doit produire des réponses argumentées "béton" pour permettre de trancher les différends. That's all!

Je pense que nous nous sommes compris.
Nous avons mis les points sur les "i".
Je vous donne le gain. 
Adieu et non au revoir.

Dja Paul

unread,
May 1, 2014, 6:11:24 PM5/1/14
to tout-...@googlegroups.com, deg...@mit.edu, berroue...@gmail.com, Hug...@aol.com, HaitiCo...@yahoogroups.com, haiti Nation
Je constate que j'ai oublié un point.
Je ne réagis pas contre HSF. Ce n'est pas une affaire entre HSF vs. DJA. Ce n'est pas une affaire entre deux (2) personnes.
Je réagis contre les assertions erronées de HSF en lui communiquant des arguments avec preuves "béton" à l'appui.
Ainsi c'est une affaire entre arguments et preuves "béton" de DJA vs. oukases, diktats de HSF.
Ce sont mes arguments qui sont à l'opposé (parfois à 180°) des assertions de HSF.
Nous deux (2) nous ne pouvons pas alors avoir raison en même temps.
Un (1) de nous deux (2) a raison: c'est celui qui avance des preuves "béton" surtout si l'autre reste silencieux plus de 5 ans, selon ma compréhension.
That's enough!

Un autre point:
Je ne suis point étonné que certains internautes féminins et masculins soient sidérés par mon comportement. Même de proches amis qui se conforment à la stricte mentalité haïtienne idoine me le disent. Mais quand on échange sereinement sur ce point certains me reconnaissent un bien-fondé, ou des circonstances atténuantes, d'autres même pas. Vous et vos amis sidérés sont aussi de ce dernier lot.

Carl Henri Jedidiah Gomez

unread,
May 1, 2014, 7:24:14 PM5/1/14
to HaitiConnexion, tout-...@googlegroups.com, deg...@mit.edu, berroue...@gmail.com, hughes St fort, haiti Nation, dja_...@yahoo.fr, forumculturel, Haiti Think Tank
Mr. Dja Paul.
 

Mr. Paul,

Nous sommes complètement sidérés jusqu’à l'offense de lire que vous fouillez dans la vie personnelle du Dr. Hughes St Fort. Vous faites un œuvre similaire à celui de la NSA. Remarquez bien, nous avons écrit le Dr. Hughes St Fort en sa qualité d'un intellectuel qui a fait son chemin.

La vie privée de quelqu'un pour nous est sacrée et "off limits". Vous n'avez aucun droit de pénétrer dans son intimité ou de faire des recherches sur sa vie privée à moins qu'il vous en donne l'autorisation.


Nous avons des différents majeurs avec Mr. St Fort, des points de vue opposée. mais il jouit de notre admiration et de notre respect. Cette diversité ne peut que nous réjouir. Vous auriez du garder votre "cool" malgré les vicissitudes des échanges sérés aux forums.


Non, Mr. Paul vos aveux vous condamnent et vous n'avez qu'un choix, celui de présenter des excuses avec la promesse tacite et formelle que vous ne récidiverez plus.


Les discussions aux forums n'ont nul besoin de cet apport personnel, qui en fait détourne l'attention sur le sujet de la discussion.


Bien à vous,


Jedi (miroir d'Haïti)


 

To: tout-...@googlegroups.com; deg...@mit.edu; berroue...@gmail.com; Hug...@aol.com; HaitiCo...@yahoogroups.com; haiti-...@googlegroups.com
From: dja_...@yahoo.fr
Date: Thu, 1 May 2014 23:11:24 +0100
Subject: [HaitiConnexion] Re: [Tout-Haiti] Re: Mon Credo (CE QUE JE PENSE/SUPPOSE, CROIS, PROPOSE,...) pour mon comportement envers HSF + réponses à votre courriel Français, Créole, Frankétienne - correction

 
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Marc-Arthur Pierre-Louis

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May 1, 2014, 8:01:28 PM5/1/14
to tout-...@googlegroups.com, deg...@mit.edu, berroue...@gmail.com, Hug...@aol.com, HaitiCo...@yahoogroups.com, haiti Nation
Mon cher Dja,

    Je continue de te tutoyer. Je n'ai pu m’empêcher de faire des constats sur tes deux derniers courriels et je te les communique rapido comme tu dirais.

   1. J'ai noté une certaine déception de ta part. Je dirais même un mécontentement de mes observations. Je n'avais aucune intention de t'offenser et je m'en excuse. Mais je dois attirer ton attention sur le fait que mes remarques n'ont été faites que pour te porter à voir que tu étais en train de t'en prendre a un homme qui ne méritait pas ce traitement. Je dois aussi te dire que comparé a ce que tu as dit de HSF mes remarques sont anodines. Mais voila que tu t'en formalises et est offensé. Une fois de plus je m'excuse de l'offense mais pense un moment a ce ce que HSF doit ressentir de ces attaques constantes.

2. On en est a arrivé à cela par ce que tu réagissais sur mon article. Dans ta réaction tu me presentais comme un être inconsistent qui accepte les faits de certains et devient un laudateur  qui crie AYIBOBO sans poser de questions alors que pour d'autres il devient un thomiste. Tu te presentais comme possedant l'attitude correcte du thomiste qui doute de tout. Je n'avais pas prêté trop d'attention aux attaques personnelles et ma réponse à toi était cordiale bien que j'avais indexé ton comportement envers HSF. J'avais même pris le temps de noter un point d'accord entre toi et moi sur la lettre "é" bien que pour des raisons différentes. J'avais aussi réagi sur certaines de tes propositions sur le créole que tu avais choisi d'ignorer. Tout compte fait j’étais disposé à continuer les echanges cordiales entre nous.

3. Je réitère. Si je m'en tiens a ta réaction peinée sur mon courriel je dois profiter de l'occasion pour te dire que si tu étais a la place de HSF les commentaires de Dja Paul t'auraient détruits. Ta sensibilité est une bonne chose, alors pourquoi ne pas l'utiliser pour se mettre dans la peau de l'autre, agir avec un peu d'empathie. A moins que cette sensibilité ne soit un piège pour amadouer l'interlocuteur, moi en l’occurrence. Toi seul le sait mais moi je réagis selon tes mots.
  
4. Dois-je noter une petite contradiction dans ton discours ici. Dans l'avant dernier courriel tu avais écrit que tu ne te dédis jamais. Dans le même courriel tu m'avais dit "adieu" et non "au revoir." Alors selon moi tu mettais une fin définitive à toute conversation et interaction entre nous sur la Toile. J'avais le cœur brisé en milles pièces de voir les choses finir ainsi entre nous. Alors tu comprendras ma joie de voir que tu m'avais envoyé un autre courriel qui non seulement me donna l'espoir que tu ne veux plus me dire adieu, mais aussi de constater que tu venais de risquer de te dédire pour me donner une précision. Alors là il me faut apprécier ce geste magnanime. A moins que ce ne soit aussi un autre piège... peut-être que tu disais adieu juste dans le contexte de la discussion sur HSF...hummm....on ne sait jamais. Alors cher ami je m'en remets a toi.

J’apprécie enormement!

Cordialement/Cordially
MAPL

Genyen moun ki fè listwa; genyen tou listwa fè. Dènye kalte moun sa yo ta dwe retounen donn nan bay listwa si pou lavi kontinye boujonnen. Se paske listwa te bezwen reboujonnen ki fè l te fè yo.
Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée.
There are people who make history; there are those made by history. The latter must return the favor if the cycle of life must continue since it is by creating them that history recreates itself.
MAPL

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Sent: Thursday, May 1, 2014 6:11 PM
Subject: Re: [Tout-Haiti] Re: Mon Credo (CE QUE JE PENSE/SUPPOSE, CROIS, PROPOSE,...) pour mon comportement envers HSF + réponses à votre courriel Français, Créole, Frankétienne - correction
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