𝑨 𝒒𝒐𝒖𝒊 𝒔𝒆𝒓𝒕 𝒍𝒆 𝒃𝒂𝒄 𝒆𝒏 𝑯𝒂ï𝒕𝒊: 𝐂𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒄𝒉𝒐𝒇𝒇𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒆 𝒕𝒂𝒙𝒊-𝒎𝒐𝒕𝒐 𝒐𝒖 𝒄𝒐𝒖𝒓𝒔𝒊𝒆𝒓𝒔 ? 𝑷𝒂𝒓 𝑬𝒅𝒅𝒆𝒓 𝑴𝒐𝒏𝒗𝒊𝒍

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Moise Dorcÿffffe9

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Jul 20, 2026, 1:17:52 AM (4 days ago) Jul 20
to Bernard Bayard
𝑨 𝒒𝒐𝒖𝒊 𝒔𝒆𝒓𝒕  𝒍𝒆 𝒃𝒂𝒄 𝒆𝒏 𝑯𝒂ï𝒕𝒊: 𝐂𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒄𝒉au𝒇𝒇𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒆 𝒕𝒂𝒙𝒊-𝒎𝒐𝒕𝒐 𝒐𝒖 𝒄𝒐𝒖𝒓𝒔𝒊𝒆𝒓𝒔 ? 
𝑷𝒂𝒓 𝑬𝒅𝒅𝒆𝒓 𝑴𝒐𝒏𝒗𝒊𝒍

L'examen du baccalauréat est une épreuve, mais c'est avant tout une occasion pour chacun de démontrer sa valeur. Des milliers de jeunes hommes et femmes, vêtus de leurs uniformes impeccables, se présentent aux épreuves du baccalauréat. Une lueur d'espoir brille dans leurs yeux. Pour leurs parents, qui ont consenti d'importants sacrifices financiers, ce moment marque le début d'un soulagement. Chants, prières et célébrations viennent marquer la fin du cycle sécondaire comme une victoire sur les aléas de la vie. Pour la session 2026, 118 090 jeunes Haïtiens à travers le pays se donnent à fond pour affronter les épreuves du baccalauréat.
Derrière chaque candidat, il y a des parents qui consentent à des sacrifices héroïques — souvent en finançant des cours particuliers pour renforcer les connaissances de leurs enfants tout en luttant contre la flambée du coût de la vie pour garantir un avenir décent à leurs enfants. Ce parchemin, autrefois considéré comme une clé en or de l’ascension sociale, cristallise encore tous les espoirs de nombreuses familles. Pourtant, regardons la réalité en face : une fois retombée la joie des résultats, la République sera-t-elle en mesure d'offrir des opportunités à chacun ?
Posons-nous cette question douloureuse, celle qui hante silencieusement l'esprit des étudiants haïtiens lorsqu'ils se heurtent soudain à un obstacle majeur sur leur parcours : à quoi bon passer du temps sur les bancs de l'université si l'excellence académique ne mène souvent qu'à conduire un moto-taxi ou à vendre des billets de loterie dans une borlette au coin de la rue ?
Aujourd'hui, des bacheliers ayant terminé leurs études secondaires, des étudiantes universitaires et même des diplômés titulaires de diplômes en ingénierie, comptabilité, agronomie et droit arpentent, sous un soleil de plomb, les rues poussiéreuses de Port-au-Prince, Delmas, Clercine, Tabarre, Pétion-Ville, Christ-Roi, Bon-Repos, Carrefour et Carrefour-Feuilles. Ils se frayent un chemin entre les nids-de-poule et les tas d'ordures pour vendre de petits paquets de bonbons, des flacons de parfum et des sachets d'eau, ou pour livrer de la nourriture.
La tragédie ne réside pas dans le métier de livreur, qui est une profession digne et tout à fait honorable. La véritable tragédie réside dans le manque d'opportunités pour les descendants d'une génération brillante de progresser dans la vie, dans un contexte de chômage généralisé. Plus grave encore, cette situation précaire est manifeste aux yeux de tous, alors que le favoritisme et la nomination de proches continuent de prospérer aux plus hauts niveaux de l'État. Le mérite républicain cède souvent brutalement la place aux relations, au népotisme et aux réseaux de favoritisme.
On attend des jeunes Haïtiens qu'ils se mobilisent, qu'ils servent de bouclier à la nation et qu'ils soutiennent vigoureusement les efforts visant à restaurer la souveraineté du pays. C'est un objectif noble. Toutefois, la forme la plus fondamentale de souveraineté est le droit de vivre dignement en récoltant les fruits de l'éducation reçue. Si le système éducatif haïtien ne produit que de nombreux étudiants travaillent comme chauffeurs de taxi-moto ou coursiers livreurs désabusés, ne sommes-nous pas en train de créer une véritable bombe à retardement ? Un pays qui cesse de récompenser l'effort intellectuel compromet sa propre survie.
Ce diplôme tant convoité est devenu un fardeau qui laisse un goût d'amertume. Ils errent dans les rues, surqualifiés mais inactifs, privés d'opportunités professionnelles même lorsque la chance leur sourit, et souvent en proie au désespoir. La souffrance n'est pas seulement financière ; elle est aussi psychologique, née du sentiment douloureux d'avoir tout donné à un système qui n'offre rien en retour. Cette situation pousse nombre d'entre eux à travailler comme chauffeurs de moto-taxi ou livreurs pour financer leurs études et affronter la crise économique, ou leur fait tout simplement perdre espoir.
Nous souhaitons bonne chance à nos jeunes pour le baccalauréat. Mais n'est-ce pas l'État qui a échoué à la véritable épreuve ?
𝑬𝒅𝒅𝒆𝒓 𝑴𝒐𝒏𝒗𝒊𝒍
Responsable de ressources humaines de l'organisation #Zantray #Ayiti
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