LA THEOSOPHIE

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martial...@neuf.fr

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Nov 29, 2006, 8:12:33 AM11/29/06
to THOT
Théosophie, Théosophisme (du grec théos, Dieu, et sophia, science).

Ce nom désigne la sagesse ou science qui vient de Dieu, celle qui a
Dieu pour auteur, non celle qui se rapporte à Dieu et dont Dieu est
l'objet (et est la théologie).
En effet, écrit P. Lobstein, quelque variés que soient les essais et
les systèmes théosophiques qui ont paru dans l'histoire, ils ont tous
la prétention de procéder d'une inspiration immédiate, d'une
illumination directe de la divinité. Ce qui caractérise la
théosophie, c'est moins l'objet de la connaissance que la méthode
appliquée à l'acquisition de cette connaissance, les formes dont on
la revêt, les procédés par lesquels on s'en empare.

Elle substitue à la réflexion l'intuition, à la méthode
scientifique l'inspiration immédiate. Le théosophe n'est
véritablement ni un chercheur ni un savant; c'est un illuminé, un
voyant. Il ne puise pas les éléments de son système dans
l'observation de la nature ou dans l'histoire, mais dans une
révélation spéciale de la divinité.

A cet égard, la théosophie, qui est une variété de l'Illuminisme se
rapproche du mysticisme; mais elle en diffère par l'étendue à
laquelle elle prétend, c.-à-d. par sa prétention à s'élever à une
vue d'ensemble des choses finies dans leur relation avec l'infini, à
faire rentrer dans la sphère de sa connaissance l'universalité des
êtres, et à éclairer d'un jour divin cette connaissance; tandis que
le mysticisme n'aspire pas tout d'abord et nécessairement à embrasser
dans une vaste synthèse la nature et l'esprit, Dieu et le monde; il se
propose principalement d'établir le rapport religieux de l'individu
avec Dieu, l'union de l'âme et de Dieu.

Un trait commun à beaucoup de théosophes, c'est qu'ils cherchent à
pénétrer les secrets de la nature. Mais, comme le dit Weber (Histoire
de la philosophie européenne; Paris, 1872, pp. 269-70), la théosophie
n'étudie point la nature pour la nature, mais pour y découvrir
I'Être mystérieux que la nature cache en même temps qu'elle le
révèle. Or, pour le découvrir il faut une clef de sésame, un
instrument non moins mystérieux que les études théosophiques. La
théosophie est donc à la recherche des doctrines secrètes. Ce qui
s'offre à elle sous cette forme, elle le saisit avec avidité...

On ne peut y voir qu'un syncrétisme où se trouvent confondus
l'enthousiasme et l'observation de la nature, la tradition et le
raisonnement, l'alchimie et la théologie, la métaphysique et la
médecine. Le langage théosophie est ordinairement symbolique. Elle ne
se contente pas de sonder le grand mystère; il ne lui suffit pas de
connaître la nature; elle veut aussi et surtout régner sur elle, la
dominer, l'assujettir.

De même qu'elle prétend arriver à la connaissance des choses par une
doctrine secrète, elle se flatte de parvenir à se les assujettir par
un art secret, par des formules, des pratiques mystérieuses. C'est
dire qu'elle passe à la magie et à la théurgie.

La magie se base sur ce principe que le monde est une hiérarchie de
forces divines, un système d'agents échelonnés en une série
ascendante et descendante, dans laquelle les agents supérieurs
commandent et les agents inférieurs obéissent.

Pour que le théosophe puisse gouverner la nature et la transformer au
gré de ses désirs, il faut qu'il s'assimile les forces supérieures
dont relève la sphère sublunaire. Comme au point de vue d'Aristote et
de Ptolémée, ces forces supérieures sont les puissances célestes,
les agents sidéraux, l'astrologie joue un rôle capital dans les
élucubrations théosophiques ( Occultisme).
Les religions de L'Orient ont eu leurs théosophes. L'Inde, l'Arabie,
la Perse surtout ont donné naissance à des systèmes de spéculation
théosophique, dont quelques-uns n'ont pas été sans influence sur la
pensée chrétienne. Sous plus d'un rapport, le néoplatonisme est une
théosophie et une théurgie autant qu'une philosophie; et l'on a pu,
non sans raison, ranger Plotin et surtout Jamblique et Proclus parmi
les théosophes. Les systèmes gnostiques relèvent, eux aussi, de la
théosophie plutôt que de la théologie proprement dite. De toutes les
théosophies, la plus importante est peut-être la Cabbalejuive. Son
influence fut immense : on en retrouve la trace pendant tout le Moyen
âge; lors de la Renaissance, elle s'exerça d'une manière plus
sensible encore, et elle trouva des adeptes parmi les érudits et les
philosophes les plus éminents de cette époque.

On compte, parmi les théosophes, de grands esprits, dupes de leur
imagination : les uns, moins savants et plus portés vers les idées
religieuses, comme Théophraste Bombast, dit Paracelse, Jacob Boehme,
Gichtel, Saint-Martin, Scheiblet; d'autres, plus instruits et plus
portés à la discussion, comme Cornelius Agrippa de Nettesheim (De
Vanitate scientiaium), Valentin Weigel, Robert Fludd, Mercurius Van
Helmont, Jean-Baptiste Van Helmont, Jean-Amos Comenski, dit Comenius
(Synopsis physices ad lumen divinum reformatae). D'autres noms à
rattacher à la théosophie peuvent encore être cités : Pic de la
Mirandole, Reuschlin (De Verbo mirifico, De Arte cabalistica), Jérôme
Cardan, Antoinette Bourignon, Oetinger, Pasqualis Martinez, Emmanuel
Swedenborg, Franz von Baader, Schelling, etc. Les thématiques qu'ils
ont mis en oeuvre seront souvent récupérées plus tard par divers
mouvements ésotériques et autres sectes.

Ajoutons que dans une acception différente on a donné le nom de
théosophisme à la doctrine de quelques Cartésiens qui se rapprochent
le plus de Malebranche, et qui attribuent à l'action directe de Dieu
nos sentiments, nos pensées et nos volitions. Cette doctrine ne doit
pas être confondue avec la théosophie.

M.M

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