Petite réponse à JeePee, et aux autres lecteurs, que je serais tenté d'intituler : "Y'a un 'hic'"
En fait, et de façon très étrange, on tend aujourd'hui à ne plus distinguer deux graphies, jadis très importantes : "laïc" et "laïque".
Le terme "laïc" n'a effectivement de sens que dans le contexte catholique, celui de l'opposition des clercs et du peuple.
Le terme "laïque" désigne tout autre chose, se situant en refus de cette opposition.
Quand nous avons réédité "Libre pensée et protestantisme libéral" (le dialogue Buisson-Wagner", nous avons également édité un ouvrage de Pierre-Jean Ruff, bel hommage à Charles Wagner.
De façon assez drôle, Pierre-Jean citait une version épuisée du dialogue Buisson-Wagner, où l'on pouvait lire (je cite de mémoire) : "Jésus était un laïc, au commencement l'évangile était laïc, etc."
La citation était extraite d'une réédition.
Mais l'original disait bien : "Jésus était un laïque, au commencement l'évangile était laïque, etc."
Le sens, même si cela peut nous semblait bizarre, est totalement différent !
Pour faire simple : "laïc" = pas ordonné par l'Eglise (catholique)
Par contre : "laîque" = se situant sur un terrain humain, sans sacralité (sur-)ajoutée.
Autrement dit, le concept à associer au terme "laïque" n'est en aucun cas celui d'anti-religieux ou que sais-je, mais d'en-dehors de la structuration romaine du champ religieux...
Au fond, la laïcité peut être "religieuse" (Buisson et Séailles l'ont bien montré), mais à condition de ne pas faire de la dimension "religieuse" le prétexte d'une "coupure pure" entre - mais c'est autre chose - "laïcs" et "clercs".
Il reste qu'il est difficile de rendre cela très "clair"...
Bonne soirée !