A propos des langues universelles, le Nouveau Dictionnaire de Pédagogie et d'Instruction primaire (Ferdinand Buisson, dit.) contient un excellent article. (Parenthèse : eh oui ! nous avons terminé la réédition de ce dictionnaire en 12 volumes !)
Voici un intéressant comparatif :
AVANT :
Sudre composa, vers le milieu
du dix-neuvième siècle, une langue dont les seuls éléments étaient les sept
notes musicales diversement combinées. Malgré les plus hauts encouragements,
cette tentative échoua, comme doivent inévitablement échouer tous les essais de
langues inventées arbitrairement qui, ne s’appuyant point sur nos habitudes
linguistiques, délient les mémoires les plus sûres et ne peuvent devenir de
véritables langues vivantes. C’est dans cette catégorie que rentrent les
projets récents dits Spokil, Langue Bleue, Dilpok, etc., dont la seule chose
que l’on puisse dire est que personne, pas même leurs auteurs, n’a été capable
de les apprendre et de s’en servir. On doit également considérer comme une
langue de ce genre le Volapük (1879), inventé par Mgr Schleier, qui,
malgré sa prétention d’emprunter ses radicaux aux langues existantes, les
déforme tellement, en vertu de principes arbitraires, qu’il les rend
méconnaissables. Qui reconnaîtrait, par exemple, dans le mot même de volapük,
les racines world, monde, et speak, parler ?
APRÈS :
Le succès de l’Espéranto a,
comme il était naturel, suscité des concurrences, et les auteurs de langues
internationales continuent à proposer leurs projets, dont le principal défaut
est de n’être jamais que des projets. C’est ainsi que nous avons vu paraître,
depuis 1887, le Kosmos, le Lingua, le Latinesce, l’Anglo-franca, le Myrana, le
Communia, le Novlatin, le Mundolingue, l’Universala, le Novilatiin, le Nuoveroman,
l’Idiom neutral, l’Apolema, l’Ido, puis les incessants projets d’Ido
perfectionné de Brandt, Seidel, Duthil, etc., qui se détruisent l’un l’autre.
Bref, l'humain n'a pas fini de babéliser !