C 'est décidément une série à succès, comme les "blockbusters"
américains du grand écran (Zorro, Schreck, Star War etc.) que ce mythe
de nos complexes "judéo-chrétien".
A l' occasion d' un de ses articles concernant l' affaire Woerth/
Bettencourt, l' hebdomadaire Marianne évoque "nos vieux blocages Judéo-
Chrétiens" concernant les affaires d' argent. (blocages culturels qu'
aurait évoqué et dont aurait essayé de s' affranchir notre Président
actuel et ses principaux barons).
Supposons, pour faire court, que notre culture ne soit "que" Judéo-
chrétienne - et pas Latine, etc comme évoqué dans de précédents posts.
S' il y a bien une culture qu' on a taxé (si j' ose dire) d' un
intêret excessif pour les affaires d' argent, au point d' en faire un
motif central de rejet, c' est la culture Juive; L' image du banquier,
du prêteur, pendant des siècles, çà a été plutot le juif , au point à
certains moments non seulement de leur interdire toute autre activité
mais de quasiment les y forcer.(voir à ce sujet ce qu' en dit le livre
de Jacques Attali ).Au point que même un écrivain du siècle des
lumières comme Voltaire y fait référence.
Et puis "Chrétien": Mais c' est oublier que les nations dont on nous
cite la culture comme ayant moins de complexe avec l' argent (Anglo-
saxonnes, principalement) sont tout aussi "Judéo-Chrétiennes" d'
héritage que nous, au détail près qu' elles sont à dominante
Protestantes (ou Anglicanes).
Et donc ne serait-il pas plus judicieux de parler ici de complexe
"Romano-Catholique"?
J' ai de mes quelques lectures latines gardé une impression
persistante que le monde Romain avait, lui, quelque chose qui
ressemble beaucoup à nos sentiments concernant la chose financière.
A côté des des descendants des grandes familles (les "gens") de l'
aristocratie foncière, on avait ceux dont la fortune était récente
(les "novi"), et quand on avait besoin de prêt (parce que quand même,
faire marcher une société un tant soit peu complexe sans crédit est
assez compliqué).
Il me semble qu' il y a eu quelques auteurs Grecs pour "penser" les
questions économiques (Aristote et la "chrémastique"), mais je ne suis
pas sûr qu' ils aient envisagé les questions pariculières du prêt à
interêt (si un hélléniste connait la réponse...?)
Si j' en crois la "fiche de cours" de Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Usure_(finance)
on a pourtant réfléchi à cela depuis le code d' Hammourabi.
Bien sûr les habitués de l' Ancien Testament ont en mémoire les
diverses reglementations rappelées dans cette fiche
http://fr.wikipedia.org/wiki/Intérêt_(finance)
Une des notions qui permettent de re-contextualiser la chose, au
passage, est qu' un élément essentiel de l' économie antique est l'
esclavage.
Et qu' une des façons habituelles de se retrouver esclave, c' était de
se retrouver avec trop de dettes à rembourser.
D' où, a-t-on dit, les limitations rabbiniques centrées sur les
"frères".
Salut à tous
Jeep