Dieu pour tous ?

3 views
Skip to first unread message

Christian

unread,
Jul 20, 2010, 4:41:55 PM7/20/10
to Theolib
En relisant la biographie de Karl Gustav Jung j'ai été frappé par la
sentence qu'il avait fait graver sur sa pierre tombale : " Vocatus
Atque Non Vocatus, Deus Aderit" soit "Appelé ou non, Dieu sera là".
Cette sentence aurait été prononcée par l'oracle de Delphe, la Pythie
à l'intention d'une ambassade de Sparte.

Dieu, le divin ou le Numem comme le désignait Jung est présent pour
tous, qu'ils croient ou non en sa présence; qu'ils l'appellent ou non,
qu'ils désirent ou non être assistés dans leur vie ou dans leur mort.
Peut-on imaginer plus belle expression de la foi, de l'espérance ou
plutôt de la certitude de l'existence de cela que l'on ne sait nommer
autrement que Dieu et qui représente la Présence de l'Etre. Cette
phrase plaisait certainement à Jung parce qu'il était proche des
Gnostiques et sa spiritualité était plus proche d'un savoir que d'une
croyance. Il avait expérimenté la rencontre avec le divin, il avait
vécu cet instant de l'unification du moi et de l'inconscient.Il avait
fait l'expérience de la connaissance d'un au-delà de la réalité
ordinaire.
"La possibilité d'une réalité autre, existant derrière les apparences,
devient une problème inéluctable, et nous sommes contraints d'ouvrir
les yeux : notre monde est en rapport avec un autre ordre des choses
" (Dans Ma vie de Jung).

"Appelé ou non, Dieu sera là" ... ne pourrions-nous pas faire de cette
phrase le plus beau des messages pour tous les hommes ?

Didier Fougeras

unread,
Jul 21, 2010, 8:03:15 AM7/21/10
to Theolib
Bonjour,
J'avais bien aimé aussi cette biographie (par Aniéla Jaffé).
Il me semble qu'il y a souvent un moment critique dans le discours
issu de "l'expérience" (religieuse ou autre), où la parole du
témoignage (ou du symptôme) qui tente de se comprendre elle-même dans
un langage encore commun se transforme en parole de savoir "objectif"
et/ou "imaginaire" à portée universelle. A ce point (sauf éclat de
rire salvateur) l'apologétique se renverse: il ne s'agit plus
d'essayer de rendre compte de ce qu'on a vécu, mais d'expliquer
pourquoi les autres (même s'ils sont très très nombreux) persistent à
ne pas penser (c.-à-d. parler) comme nous.
A l'opposé (?), je trouve intéressante aussi la réponse qu'Andrei
Tarkovski disait avoir reçu, enfant, de son père à la question de
l'existence de Dieu (de mémoire): "pour ceux qui croient en lui, il
existe; pour les autres, il n'existe pas".

JeePeeHell22

unread,
Jul 21, 2010, 10:22:13 AM7/21/10
to Theolib
On 21 juil, 14:03, Didier Fougeras <sperm0lo...@yahoo.fr> wrote:
> Il me semble qu'il y a souvent un moment critique dans le discours
> issu de "l'expérience" (religieuse ou autre), où la parole du
> témoignage (ou du symptôme) qui tente de se comprendre elle-même dans
> un langage encore commun se transforme en parole de savoir "objectif"
> et/ou "imaginaire" à portée universelle.(...)

Effectivement;Nous avons tous- je crois- connu de ces gens brillants
dans un domaine (les maths par ex.) qui ne "comprennent pas" que les
autres ne comprennent pas les maths.
Le "parce que c' est lumineux pour moi çà devrait l' être pour les
autres"
(en fait, cà nous arrive je crois à tous à certains moments, d' être
tentés de penser ainsi )
Jeep

Christian

unread,
Jul 21, 2010, 12:40:06 PM7/21/10
to Theolib
Bonjour,
justement à propos de la difficulté de partager le même ressenti, j'ai
le sentiment qu'on est en plein dedans. En proposant mon sujet
j'espérais surtout attirer l'attention sur la sentence "Appelé ou non,
dieu sera là" et non sur K.G. Jung et son expérience numineuse. Si ce
dernier est bien intéressant par lui même il n'était ici que celui
qui, déjà, avait porté une attention particulière sur cette phrase,
l'ayant fait graver sur sa tombe. En lisant cette phrase, j'ai sans
doute aussi perçu tout ce qu'elle contenait en substance et combien
elle ouvrait de perspectives de réflexion sur Dieu lui-même, le fait
d'être croyant ou non, la nécessité d'une "religion" etc... Il en est
ainsi parfois de quelques mots qui derrière leur simplicité déchirent
le voile et laissent entrevoir un infini de possibles.
Mais peut-être que l'on est parfois seul à "sentir" ces choses en
effet et que l'on ne sache ensuite pas les partager.
Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages