La plateforme de financement participatif Celluloid Angels, qui avait dj financ la restauration des "Tontons flingueurs", a annonc mercredi que plus de 16'000 euros ont t rcolts pour restaurer "La Belle marinire", long-mtrage d'Harry Lachman avec Jean Gabin et Madeleine Renaud.
Parmi les 150 contributeurs qui ont particip cette opration figure la commune de Mriel (Val d'Oise) o se trouve le muse Jean-Gabin et le muse du Cinma Jean-Delannoy de Bueil (Eure), du nom du monteur du film, devenu ensuite ralisateur.
Tourn par Paramount en France, le film n'a plus t vu depuis les annes 30, car un incendie avait dtruit la plupart des ngatifs du studio. Une copie 35 mm a t retrouve en 2004 dans des archives UCLA, o il tait rang sous un titre erron.
"C'est a qui est beau dans le fait de parler de vieux amis, on n'a pas besoin de trop expliquer, de tout reprendre depuis le dbut", confie la narratrice de "Moi, Jean Gabin". Les vieux amis lecteurs de Goliarda Sapienza goteront le dlice des retrouvailles avec la voix singulirement imptueuse de l'auteur de "L'art de la joie". Publi par Viviane Hamy en 2005, ce livre devenu classique la rvla jusqu'en son pays natal, l'Italie. Les autres tiennent, avec ce bref roman autobiographique sur son enfance sicilienne, publi le jour anniversaire de sa mort (30 aot 1996), une porte d'entre idale dans son oeuvre. A Catane, dans le quartier populaire de Civita, Goliarda, fille d'un couple d'anarchistes luttant nuit et jour contre le fascisme de ces annes 30, grandit en prenant conscience qu'tre une Sapienza n'est pas une sincure... Mais au moins l'enfant jouit-elle d'une libert inoue : son cole est celle de la rue. Et du cinma de quartier. C'est l qu'elle va se projeter, dans le regard bleu d'un homme qui sait parler aux femmes, un voleur qui connat la vraie vie, un homme de la rue, aussi. Jean Gabin, que lui rvle "Pp le Moko", devient son matre : "Apprendre de lui vivre, avoir mon rve d'une vie diffrente ."
Roman d'apprentissage buissonnier, "Moi, Jean Gabin" raconte l'enfant dj pote, se cherchant entre famille et entourage, soucieuse de bien conduire sa "voiture motionnelle"- de lutter contre toute forme d'ingalit (atavisme !) tout en mnageant ses revenus (elle se fait payer par les copains pour leur raconter les films), bref, de jongler entre grands idaux et petits arrangements. Avec humour, lucidit et grce, Sapienza retrouve au soir de sa vie la fracheur d'tre de la petite personne dtermine qu'elle fut et demeura, prise d'absolu."Seule, dambulant d'un pas court et nergique clatant de courage altier, j'adaptais mes petits pieds la dmarche pleine d'autosuffisance virile de Jean Gabin"... Comment ne pas la suivre ?
"Jean-Paul avait triomph avec Vittorio de Sica et Sophia Loren, sublime, dans La Ciociara. Mais le rle d'Umberto D. est l'un des plus beaux de l'histoire du cinma italien. Marlon Brando, Richard Burton, Spencer Tracy, Vittorio Gassman et Jean Gabin avaient souhait le reprendre. C'est un rle la mesure de Belmondo. Il rclame une vraie humanit, une profondeur et une simplicit bouleversante, une beaut ravage, une sduction et une rage, une insolence aussi face la socit, et cette force de caractre, cet humour froce que Jean-Paul possde de par ses origines italiennes.
Je mesure quel point ce film est soutenu par la ferveur des gens qui sont proches du tournage Paris. Rien ne transpirera jusqu' la sortie, pour que le public soit le premier retrouver ?son? Jean-Paul. Le Bbel cascadeur, gouailleur, qu'on adorait, a tourn la page. C'est l'un des plus grands acteurs de l'histoire du cinma qui revient.
A nu et sans esbroufe, humble, travailleur acharn, surtout pas en star mais en partenaire d'acteurs venus servir comme lui un film, tout simplement. Jean-Paul est drle, dtendu, blagueur. D'une rigueur sur le plateau, d'une prcision dans son jeu, d'une concentration exceptionnelles. Il a travaill ce rle avec tant de passion qu'il est devenu vraiment le hros du film. Son partenaire privilgi, le chien Clap, l'aime comme un fou. Un btard pas cabot qui arrachera des larmes une fourrire. J'ai du mal arrter les lchouilles pendant les prises.
Je connais Jean-Paul depuis trente ans. J'ai admir Bbel, ador Belmondo, la star mythique des plus grands, Melville, Resnais, Sautet, De Sica, de Broca, Lelouch, Truffaut, Becker, Verneuil, Oury, Godard et autres dieux. Mais toute l'quipe est poustoufle par ce qu'il est devenu: l'incarnation d'un rle fascinant. Il n'a jamais t aussi beau, aussi mouvant. Le couple qu'il forme avec Hafsia me fait penser celui qu'il cra avec Jean Seberg. Il est comme ses dbuts, impressionnant de vrit. J'espre que Jean Gabin l-haut est fier de lui! Nous, en tout cas, nous le sommes chaque jour. Merci tous les comdiens. Leur attitude honore notre mtier."