Publié le 23 décembre 2008 à 19h27 | Mis à jour le 23 décembre 2008 à 19h29
Un Témoin de Jéhovah passe un mauvais quart d'heure
Régis Bouchard
Le Droit
«Je suis peut-être Témoin de Jéhovah mais je ne suis pas une casserole.»
Mario Correia, 38 ans, relate ainsi les événements vécus le 7 novembre
2007 lorsqu'il s'est présenté, en sa qualité de Témoin de Jéhovah, chez
un homme de 57 ans de Ripon afin de fixer un rendez-vous pour
l'enseignement de la Bible.
Mais à peine M. Carreia avait-il mis les pieds dans le commerce de René
Séguin que ce dernier lui a clairement laissé connaître ses intentions.
Lors de son témoignage à l'enquête préliminaire de M. Séguin, M. Carreia
a expliqué que son hôte s'était placé devant la porte où il a clairement
affiché ses couleurs.
« Tu sors plus d'ici. Vous autres, les Témoins de Jéhovah, vous êtes
tous une gang de crosseurs et tu vas payer pour la bâtisse pour laquelle
vous payez pas de taxes », s'est fait dire le ministre du culte qui
s'était présenté au commerce de M. Séguin après que ce dernier a
semble-t-il, lors d'une précédente visite, témoigné de l'intérêt pour
l'enseignement de la Bible.
Se souvenant de l'enseignement de la Bible à l'effet qu'une parole douce
détourne la fureur, M. Carreia a répondu à son interlocuteur qu'il
travaillait comme tout le monde, ce qui, de toute évidence, n'a pas eu
l'effet apaisant escompté. « J'étais sûr qu'il allait me sauter dessus
», a relaté la victime qui se souvient qu'un employé de M. Séguin tenait
une pièce de métal qu'il faisait tourner dans ses mains.
« Si tu veux sortir d'ici, tu vas me donner 100 $ », lui aurait alors
dit René Séguin en répétant qu'il allait payer pour tous les Témoins de
Jéhovah qui ne paient pas de taxes en ajoutant « je vais te crucifier ».
« Je pensais qu'il allait me tuer », a précisé M. Carreia dont la
frayeur a augmenté lorsque l'accusé a demandé à son employé d'aller
chercher la pepinne et les tuyaux.
Dès lors, la victime s'est souvenue que le salut résidait dans la fuite,
et c'est ce qu'a fait M. Carreia, se hâtant de rejoindre son épouse et
deux autres personnes qui attendaient dans une voiture. La victime est
parvenue à quitter les lieux, mais M. Séguin, qui s'était lancé à sa
poursuite, a réussi à ouvrir à deux reprises la portière, que la victime
a refermée aussitôt.
À l'issue de l'enquête préliminaire, le juge Raymond Séguin, de la Cour
du Québec, a ajouté un troisième chef d'accusation à l'encontre de
l'accusé, celui d'avoir proféré des menaces de mort ou de causer des
lésions à la victime.
René Séguin qui demeure à Ripon, était déjà accusé de séquestration et
de tentative d'extorsion.
La communauté des Témoins de Jéhovah qui possède sa salle du Royaume à
St-André Avellin, compte une soixantaine de disciples.