[Langage Et Pouvoir Symbolique Epub Download

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Iberio Ralda

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Jun 13, 2024, 12:53:20 AM6/13/24
to tackfurviepo

Faut-il faire prcder d'une prface la traduction du Tractatus ? L'exemple malheureux de Russell suffirait nous en dissuader. Rdige par l'un des philosophes les plus pntrants de son temps, et apparemment le plus capable de comprendre l'originalit de son cadet, sa prface que l'on lira n'eut pas l'heur, c'est le moins que l'on puisse dire, de plaire Wittgenstein. Il crit dans une lettre en allemand du 6 mai 1922, adresse Russell:

Ton Introduction ne sera pas imprime, et, par consquent, il est vraisemblable que mon livre ne le sera pas non plus. Car lorsque j'ai eu devant les yeux la traduction allemande de l'Introduction, je n'ai pu alors me rsoudre la laisser imprimer avec mon livre. La finesse de ton style anglais s'tait en effet, comme il est naturel, perdue dans la traduction, et ce qui restait n'tait que superficialit et incomprhension[1]...

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Le Tractatus propose une philosophie complte. Les sept aphorismes principaux ne sont cependant pas des thses, mais des lucidations, successivement enchanes, de ce qu'il est lgitime de formuler dans le langage touchant la ralit (le monde). Il s'agit donc d'une philosophie ngative , au sens o les thologiens parlent d'une thologie ngative, circonscrivant seulement les frontires de ce qui serait pensable propos de Dieu. Le Tractatus a pour but non de dire ce qu'est la ralit du monde, mais de dlimiter ce qui en est pensable, c'est--dire exprimable dans un langage. Et seules les propositions de la science, vraies ou fausses, satisferaient cette exigence. Le discours du philosophe ne peut que rendre manifeste le fonctionnement correct du langage et montrer le caractre illusoire de son usage lorsqu'il prtend aller au-del d'une description des faits.

Wittgenstein reviendra plus tard, dans ses crits postrieurs, sur les difficults internes de cette philosophie ngative, sans toutefois abandonner vraiment l'ide qu'un tel discours ne peut rien nous dire du monde des faits. Il insistera alors sur la pluralit des formes possibles d'utilisation du langage, et sur le caractre thrapeutique de l'usage que le philosophe en peut faire. Aussi bien, comme il le fait remarquer lui-mme en quelque endroit, on ne saurait saisir le sens de cette philosophie renouvele que si l'on a travers le moment du Tractatus.

Cette traduction doit beaucoup Franoise Hock, nagure ma collgue l'Universit de Provence, qui a bien voulu en rviser, et en a considrablement amlior, une premire version. Je lui exprime ici le plaisir que m'a donn cette collaboration, et ma trs vive gratitude. Il va de soi que je suis seul responsable de l'ensemble et des aspects critiquables qui peuvent y subsister.

Jusqu' quel point mes efforts concident avec ceux d'autres philosophes, je n'en veux pas juger. En vrit, ce que j'ai ici crit n'lve dans son dtail absolument aucune prtention la nouveaut ; et c'est pourquoi je ne donne pas non plus de sources, car il m'est indiffrent que ce que j'ai pens, un autre l'ait dj pens avant moi.

Si ce travail a quelque valeur, elle consiste en deux choses distinctes. Premirement, en ceci, que des penses y sont exprimes, et cette valeur sera d'autant plus grande que les penses y sont mieux exprimes. D'autant mieux on aura frapp sur la tte du clou. Je suis conscient, sur ce point, d'tre rest bien loin en de du possible. Simplement parce que mes forces sont trop modiques pour dominer la tche. Puissent d'autres venir qui feront mieux.

Nanmoins, la vrit des penses ici communiques me semble intangible et dfinitive. Mon opinion est donc que j'ai, pour l'essentiel, rsolu les problmes d'une manire dcisive. Et si en cela je ne me trompe pas, la valeur de ce travail consiste alors, en second lieu, en ceci, qu'il montre combien peu a t fait quand ces problmes ont t rsolus.

De mme que nous ne pouvons absolument nous figurer des objets spatiaux en dehors de l'espace, des objets temporels en dehors du temps, de mme ne pouvons-nous nous figurer aucun objet en dehors de la possibilit de sa connexion avec d'autres.


2.0122 La chose est indpendante, en tant qu'elle peut se prsenter dans toutes situations possibles, mais cette forme d'indpendance est une forme d'interdpendance avec l'tat de choses, une forme de non-indpendance. (Il est impossible que des mots apparaissent la fois de deux faons diffrentes, isols et dans la proposition.)

Une tache dans le champ visuel n'a certes pas besoin d'tre rouge, mais elle doit avoir une couleur : elle porte pour ainsi dire autour d'elle l'espace des couleurs. Le son doit avoir une hauteur, l'objet du tact une duret, etc.


2.02331 Ou bien une chose a des proprits que ne possde aucune autre, et l'on peut alors sans plus la dtacher des autres par une description, et la dsigner ; ou bien au contraire il y a plusieurs choses qui ont en commun toutes leurs proprits, et il est alors absolument impossible de montrer l'une d'elles parmi les autres.


3.032 Figurer dans le langage quelque chose de contraire la logique , on ne le peut pas plus que figurer en gomtrie par ses coordonnes une figure qui contredirait aux lois de l'espace ; ou donner les coordonnes d'un point qui n'existe pas.

Le complexe ne peut tre donn que par une description, et celle-ci convient ou ne convient pas. La proposition dans laquelle il est question d'un complexe, si celui-ci n'existe pas, ne sera pas dpourvue de sens[8], mais simplement fausse.

Qu'un lment propositionnel dnote un complexe, on peut le reconnatre une indtermination dans les propositions o il apparat. Nous savons que par cette proposition tout n'est pas encore dtermin. (La notation du gnral contient en effet une image primitive.)

Deux signes, l'un primitif et l'autre dfini par des signes primitifs, ne peuvent dnoter de la mme manire. On ne peut dmembrer des noms au moyen de dfinitions. (Ni aucun signe qui a une signification isolment et par soi-mme.)


3.263 Les significations des signes primitifs peuvent tre expliques par des claircissements. Les claircissements sont des propositions contenant les signes primitifs. Ils ne peuvent donc tre compris que si les significations de ces signes sont dj connues.


3.315 Si nous transformons en variable une partie constituante d'une proposition, il existe alors une classe de propositions qui sont toutes les valeurs de la proposition variable ainsi cre. Cette classe dpend encore en gnral de ce que par convention arbitraire nous entendons par parties de cette proposition. Mais si nous transformons en variable tout signe dont la signification a t arbitrairement dtermine, il existe encore une telle classe, mais elle ne dpend plus alors d'aucune convention, et dpend seulement de la nature de la proposition. Elle correspond une forme logique, une image logique primitive.


3.322 Que nous dnotions deux objets par le mme signe, mais selon deux modes de dnotation diffrents, ne peut jamais indiquer la marque commune de ces objets. Car le signe est arbitraire. On pourrait donc aussi bien choisir deux signes diffrents, et o serait alors le caractre commun dans la dnotation ?

Ainsi le mot est apparat comme copule, comme signe d'galit et comme expression de l'existence ; exister comme verbe intransitif, la faon d' aller ; identique comme adjectif qualificatif ; nous parlons de quelque chose , mais disons aussi que quelque chose arrive.


3.33 Dans la syntaxe logique, la signification d'un signe ne saurait jouer aucun rle ; il faut que la syntaxe soit tablie sans pour autant faire tat de la signification d'un signe, elle ne peut que supposer seulement la description des expressions.

Supposons, par exemple, que la fonction F(fx) puisse tre son propre argument ; il y aurait donc alors une proposition F(F(fx)) , dans laquelle la fonction externe F et la fonction interne F devraient avoir des significations diffrentes, car la fonction interne est de la forme φ(fx), l'externe ψ(φ(fx)). Seule est commune aux deux fonctions la lettre F, mais qui en elle-mme ne dnote rien.


3.3411 On pourrait donc dire : le vritable nom est ce que tous les symboles qui dnotent l'objet ont en commun. Il s'ensuivrait, de proche en proche, qu'aucune composition n'est essentielle au nom.


3.3421 Il se peut qu'un mode particulier de dnotation soit sans importance, mais ce qui est toujours important, c'est qu'il soit un mode possible de dnotation. Ainsi en est-il, en rgle gnrale, en philosophie : l'individuel se rvle toujours comme tant sans importance, mais la possibilit de chaque cas individuel nous rvle quelque chose sur l'essence du monde.


3.343 Les dfinitions sont des rgles de traduction d'une langue dans une autre. Tout symbolisme correct doit pouvoir tre traduit dans tout autre au moyen de telles rgles : c'est cela qu'ils ont tous en commun.


3.4 La proposition dtermine un lieu dans l'espace logique. L'existence de ce lieu logique est garantie par la seule existence des parties constituantes, par l'existence de la proposition pourvue de sens.


4.002 L'homme possde la capacit de construire des langues par le moyen desquelles tout sens peut tre exprim, sans qu'il ait une ide de ce que chaque mot signifie, ni comment il signifie. De mme aussi l'on parle sans savoir comment sont produits les diffrents sons.

La langue dguise la pense. Et de telle manire que l'on ne peut, d'aprs la forme extrieure du vtement, dcouvrir la forme de la pense qu'il habille ; car la forme extrieure du vtement est modele de tout autres fins qu' celle de faire connatre la forme du corps.


4.003 La plupart des propositions et des questions qui ont t crites touchant les matires philosophiques ne sont pas fausses, mais sont dpourvues de sens. Nous ne pouvons donc en aucune faon rpondre de telles questions, mais seulement tablir leur non-sens. La plupart des propositions et questions des philosophes dcoulent de notre incomprhension de la logique de la langue.

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