----- Original Message -----
Sent: Wednesday, December 26, 2007 12:12 PM
Subject: Re: {Espace STML} Re: Docteur, et ma foi dans tout
ça
Cher Ami
Hadrien,
Cher Ami Sofiane,
Chers Tous
D'habitude, la discussion religieuse
nous prend tous les Ramadan. Cette année, notre "religiosité" a été induite de
façon cousinale, sorte d'égayer l'atmosphère.
Sofiane a engagé la discussion sur
l'origine des religions et des croyances. Il y a long à discuter, la transition
entre hominidés et homo sapiens, si chère aux théories évolutionnistes et
surtout à la psychologie évolutionnistes peuvent nous éclairer ou amener la
discussion vers ce côté ""moléculaire"", bio-environnemental adaptatif des
hominidés.
A ce niveau là, l'idée que je
soutiens est que la croyance est une fatalité de la structure neurobiologique du
cerveau humain.
Croire est une fatalité biologique
du cerveau humain. Mon argument empirique est que le cerveau humain secrète des
substances qui induisent, soutiennent et entretiennent la peur. Ce sentiment est
d'une intensité telle qu'il entraine un état de torpeur et stupeur incompatibles
avec l'environnement hostile. La croyance (quelle que soit celle-ci) permet de
libérer certaines structures et synapses neuronales, permettant par là-même une
plus grande ""créativité"", un imaginaire de plus en plus étoffé. C'est cet
imaginaire qui a permis une meilleure adaptation au milieu
environnant.
Ces allégations
restent personnelles, empiriques et hypothétiques. Mais elles me
permettent de donner à la croyance sa dimension ubiquitaire pour homo
sapiens.
Un autre argument me rassure dans ma
théorie: les croyances (quelles qu'elles soient, serait-ce la croyance
à non croire) n'ont-elles pas été toutes rassurantes et gages de
sécurité??
Le systèmes de croyances sont
multiples. La philosophie a été la première à justement réfléchir
sur ces croyances remettant en discussion ces systèmes de
croyances pour les rendre ""intelligibles"".
Certains systèmes de croyances ont
le point commun de la notion de divinité. De force supérieure. De plusieurs vers
l'unique, la pensée humaine a fait son chemin et a évolué à travers les
civilisations.
Actuellement, le même parcours se
prolonge. La croyance ne passe plus par la notion de ""miracle"" (mouêêjiza),
mais par la notion de ""découverte"". Autrement, elle ne passe plus par la
réaffirmation de l'impuissance de l'humain (Îîjez), mais par l'affirmation de la
toute puissance de cet humain. La ""découverte"" n'est-elle pas la démonstration
que l'homme peut maîtriser la nature ou les phénomènes qu'il observe dans son
environnement???
Et c'est justement cette puissance,
cette toute-puissance qui est mise à l'épreuve dans la relation
Soigné-Soignant, Malade-Guérisseur, Malade-Médecin.
Sans la croyance en la
toute-puissance du pouvoir médical, quel malade pourrait guérir??
Dans cette relation de
toute-puissance du soignant, le Médecin est le maillon le plus fragile. Parce
que si le Médecin est pris dans cette tourmente de toute-puissance, quand
il commence à croire lui-même à sa propre toute-puissance, les dérives et
les dérapages sont immédiats.
La Médecine nous le rappelle
toujours: ""primum non nocere"".
La croyance reste le témoin de
l'humanité d'homo sapiens.
A suivre....
----- Original Message -----
Sent: Wednesday, December 26, 2007 10:42
AM
Subject: {Espace STML} Re: Docteur, et ma
foi dans tout ça
Cher Mounir,
Je te conseille vivement la lecture du livre de
P. Boyer "Et l'homme créa les Dieux" Ed Payot.
En résumé pour ceux qui
n'ont pas le temps :
Les débuts de la culture humaine est dans tout les
continents associée à la croyance en une multitude de Dieux comme si il était
impossible à au singe devenu homme d'accéder au langage, au symbolisme et la
représentation mentale de soi et de l'autre sans que quelque part dans
son système psychique n'apparaisse une place à une référence absolu que LACAN
a appelé le grand autre. C'est un peu comme en mathématiques un élément de
l'espace ne peut exister qu'en fonction de ses coordonnées. Les Axes X, Y, Z
sont certes une création de l'homme mais c'est au travers d'eux que l'espace
se crée. Cette notion de référence est fondamentale dans les sciences
cognitives par exemple pour expliquer la pensée et la logique.
Sans ces
coordonnées il n'y a ni culture, ni langage ni humanité; juste l'expression
biologique de l'existant et de l'inné.
Par la suite d'un système de
coordonnées ùultiple l'homme a évolué vers un système de coordonnées unique
(monotheisme) et le matérialisme scientifique a de nouveau remis en question
la notion de coordonnées abstraites (Dieu) pour les ramener à des coordonnées
matérielles (l'homme, la productivité, les droits de l'homme, le Justice
etc....).
Reste que quelques soient nos valeurs, nous avons en permanence
besoins de coordonnées pour exister. Pour certains en situation de
désorientation (les malades) l'attachement obsessionnel à leur boussole (la
religion) leur permet de se rassurer qu'ils sont sur le bon chemin- Il n'est
pas à mon sens du rôle du médecin de les désorienter d'avantage. Bonne année
2008
Le 26/12/07, hadrien <mounir...@gmail.com> a écrit
:
Je
ne rentrerai pas dans cette discussion car je serai vite
banni.
Cependant, je suis d'accord avec vous sur l'effet placebo (ou
anti-
nocebo pour faire plus compliqué) des croyances.
Croire au
pouvoir surnaturel d'une force indépendante de la nature
rassure les
esprits même les plus rationnels, comme une famille qui
couve ses
enfants, mais le jour où ils sont jetés en pâture à la
réalité, à l'effet
aléatoire de la nature, il leur faut alors plus que
de bonnes
paroles.
Un dieu est utile pour les pépés et les mémés en dépression de
fin de
course, pour avoir cette illusion de réincarnation (du bouddhisme
à
l'islam) et mieux vivre, là où les antidépresseurs ne sont pas d'un
grand secours car la déchéance est alors une réalité.
Mais pour les
plus jeunes et les moins jeunes, traiter par une
croyance comme le fait
Dr(sic) elfiky ou Dr(resic) Amroukhaled est
nuisible pour les santé
mentale et même physique.
Donner à un jeune une accroche religieuse,
surtout avec ces
manipulateurs de renom peut en faire de potentielles
bombes humaines,
qui prennent leur suicide comme un acte de charité (je
pense que la
fonction essentielle du psychiatre est de réduire le taux de
suicide...), et l'au-delà (qui structure toutes les autres
notions
religieuses) prend un autre sens qu'une sanction-récompense des
actes
terrestres.
Je n'ai que queques notions de psychiatrie, et vous
en savez plus que
moi dans votre exercice quotidien, et si je me trompe,
pointez
l'erreur, et si vous avez des lectures en ce sens elles sont
les
bienvenues.
On 25 déc, 18:38, "Hatem Achache" < hatem.acha...@topnet.tn>
wrote:
> Je te vois venir Cousin!!!
> Tu as ouvert une
discussion très psy.
> Les croyances peuvent-elles guérir, ou du moins
aider à la guérison??
> Bien sûr, sans croyances nous ne pouvons avoir
que l'effet nocebo. La religion, les croyances en général ont ce "magique"
effet placebo. Et tant mieux!
>
> ----- Original
Message -----
> From: Dr Foued
Bouzaouache
> To: STML
>
> Cc: MMF...@googlegroups.com
>
Sent: Tuesday, December 25, 2007 3:09 PM
> Subject:
{Espace STML} JIM - Docteur, et ma foi dans tout ça
_
>
> Pour
changer un peu l'atmosphère maussade d'after-Aid, voici un article sympa lu
sur le JIM
d'aujourd'hui.
>
>
Bonne
lecture
>
>
>
> imstp_chubbi_by_im_fr.gif
>
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