Avis d'un Psychiatre

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hatem....@topnet.tn

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Dec 7, 2005, 7:25:30 AM12/7/05
to syndicat
Chers Amis Syndicalistes,
Les Psychiatres s'intéressent de près au sort réservé à notre Confrère. Voici deux interventions que je me permets de vous transférer.
Amitiés.
 
----- Original Message -----
Sent: Tuesday, December 06, 2005 10:30 PM
Subject: RE: De Quelle forêt est il question?

Chère Jouda, Cher Hatem, Cher Vous tous

 

Au-delà du fait que ce n’est pas moi qui a qualifié mon intervention de politique mais c’est Hatem qui en qualifie la sienne, nous pourrons nous demander qu’est ce le politique. Et ce n’est pas une question philosophique du fait même de l’extension actuelle du champ d’intervention du psychiatre qu’on soit pour ou contre, qui recouvre en partie le champ politique. Ne serait ce quand on parle d’éducation, de famille, de développement de la personnalité, de culture, de société nous faisons de la politique car on présuppose des modèles sains qu’on oppose à des modèles malsains (ou supposés l’être).

 

A l’heure actuelle, pour ne pas nous éloigner du débat qui nous occupe, un de nos confrères est incarcéré à Sousse. Je ne connais ni les vrais motifs ni la manière dont cette incarcération a été opérée, si ce n’est par oui dire et je ne veux pas verser la dedans.

 

Néanmoins, si notre confrère est incarcéré pour des motifs ayant trait à son exercice de la médecine, j’estime et je soutiens sans l’ombre d’un doute Hatem Achache, qu’il y a ici une grave défaillance du conseil de l’ordre à la quelle il faudra remédier sans délai.

 

En effet, comment accepter que des tiers non médecins puissent juger ou non de la pertinence d’un acte médical, comment accepter que le conseil régional de Sousse reste silencieux sur les faits reprochés à notre confrère. S’il s’avère qu’il a fauté, le conseil de l’ordre doit dire qu’il y a eu faute seulement après expertise et délibération et décider ensuite de transférer l’affaire à la Justice s’il y a lieu.

 

Je ne rejette pas la responsabilité sur la société ni sur les instances politiques ou judiciaires qui ont agit en constatant le vide flagrant d’action laissé par le conseil de l’ordre. A la limite c’est leur droit et devoir de protéger la société.

 

Concernant notre confrère, je propose à Hatem de commencer à écrire une lettre destinée au président du conseil de l’ordre national l’avertissant de la grave erreur commise et que nous signerons tous, lui demandant pour qu’immédiatement le C.O engage un avocat pour défendre notre confrère et solliciter par son intermédiaire le juge qui s’occupe de l’affaire de provoquer une expertise médicale. Il est urgent que la médecine se réapproprie en premier chef cette affaire.

 

Le conseil de l’ordre devra à mon sens demander à se saisir du dossier et provoquer une réunion d’experts pour étudier ce cas. Même si notre confrère est à 100% coupable, même s’il mérite tous les enfers du monde, seul un médecin peut dire que tel médecin a fauté et permettre ensuite à la société de le punir. Si cela n’est pas fait, demain mes amis privés comme publics vous pleurerez à chaudes larmes, car vous vous êtes résignés à abandonner la dernière armure qui vus protège, vous serez nus sans êtres  anges,  vous serez le diable alors que vous vous croyez messie !

 

 

Je le répète, la question de l’Artane ou trihexyphenedyl doit dans l’urgence être résolue, nous passons notre temps au cabinet à nous bagarrer avec des toxicomanes qui veulent obtenir quoi qu’il leur en coûte ce produit. Je le répète, demain il y aura coups et blessures et peut être plus si ce produit n’est pas retiré immédiatement du marché. Il ne s’agit plus de débattre du rapport à la toxicomanie, il s’agit de sauver sa peau.

 

Je répète don les propositions faites lors de mon dernier mail :

NOUS DEMANDERONS AU BUREAU DE L’ATPEP DE LA REMETTRE A MONSIEUR LE MINISTRE DE LA SANTE PUBLIQUE QUI EST UN HOMME PARTICULIEREMENT OUVERT ET COMPREHENSIF TRES PROCHE DES MEDECINS POUR AVOIR ETE SECRETAIRE GENERAL DE L’ASSOCIATION GENERALE DES MEDECINS DE TUNISIE., UNE LETTRE LUI DEMANDANT DE PORTER SON ATTENTION SUR DEUX SUJETS :

  1. LE PSYCHIATRE N’EST PAS UN DEALER : LES PSYCHOTROPES RECONNUS TOXICOMANOGENES DOIVENT ETRE RESERVES A LA PRESCRIPTION HOSPITALIERE ET LES MALADES DE VILLE BENIFICIER IMMEDIATEMENT A L’INSTAR DES PATIENTS HOSPITALIER DE L’AKINETON OU SON EQUIVALENT. L’IDEE QUE LA PHARMACIE CENTRALE A UN STOCK DE PARKIZOL QU’ELLE DOIT ECOULER EST PARTICULIEREMENT IRRESPONSABLE.
  2. LE PSYCHIATRE N’EST PAS UN COMMERCANT DES REPOS POUR LONGUE MALADIE : LE PSYCHIATRE TRAITANT, COMME N’IMPORTE QUEL AUTRE MEDECIN, PROPOSERA A UNE COMMISSION SPECIALISEE AU NIVEAU DE CHAQUE GOUVERNERAT LE CAS DU PATIENT QU’IL ESTIME DEVOIR BENIFICIER D’UN REPOS POUR LONGUE MALADIE. C’EST A LA COMMISSION D’ACCEPTER OU DE REFUSER LE REPOS ET A ELLE D’ASSUMER SES RESPONSABILITES, UNE LISTE DES MALADIES AUTORISANT UN TEL REPOS POURRA ETRE PUBLIEE. LE PSYCHIATRE QU’IL SOIT PRESCRIPTEUR OU CONTROLEUR DU CONGE NE DOIT PLUS FACE AU MALADE PASSER POUR CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE LA SOUFFRANCE OU LA DETRESSE SOCIALE DE CELUI QUI EST DANS LE BESOIN. ON DEMANDE AU PSYCHIATRE D’ETRE RESPONSABLE, SOIT. MAIS LA LOI DOIT AIDER LE PSYCHIATRE A RESISTER A LA PRESSION SOCIALE OU NE PAS FAIRE EN SORTE QU’IL SOIT LA SOLUTION A DES TAS DE PROBLEMES DANS LA SOCIETE. CELA SUFFIT, TOUT LE MONDE PENSE QUE LES PSY PRIVES GAGNENT LEUR PAIN EN PRESCRIVANT DES CLD, C’EST ARCHI FAUX, S’IL YA DES DEPASSEMENTS C’EST LA SOCIETE QUI LES PROVOQUE, LE PSYCHIATRE SE TROUVE DANS LA POSITION DE LA SOUPAPE QUI RELACHE LE SURPLUS DE PRESSION, DELIVRONS LE DE CETTE POSITION INCONFORTABLE. IL SUFFIT DE CREER DES COMMISSIONS A L’INSTAR DE CE QUE FAIT LA CNSS QUI DECIDENT  PAS DE CLD POUR CE CAS DEUX MOIS POUR CELUI-CI UN AN POUR CELUI LA. LE MEDECIN ET PAS NECESSAIREMENT PSYCHIATRE NE FERA QUE PROPOSER ET EVENTUELLEMENT DEFENDRE SON PATIENT DEVANT LA COMMISSION.

 

 

 


De : jouda [mailto:jouda....@rns.tn]
Envoyé : mardi 6 décembre 2005 18:18
À : Dr Hatem Achache; zribi....@wanadoo.tn; li...@alfapsy.com
Objet : De Quelle forêt est il question?

 

Cher sofiène, cher Hatem

 

Merci de vous préoccuper de continuer à prendre la parole sur la scéne psychiatrique, de vos courriers qui sont une bouffée d'oxygène soit par l'humour qu'ils tentent de communiquer soit en nous nvitant régulièrement à réfléchir, et ce que l'on partage ou non vos opinions.

Merci de prendre de votre temps pour communiquer et partager vos  connaissances, vos questions et vos informations.

Merci enfin du risque que vous prenez - auprés de la communauté psychiatrique j'entend, car elle m'est apparue au fil des années le plus redoutable de nos intances de censure- à émettre vos opinions.

 

N'ayant pas le sentiment d'avoir grand chose à dire, ou n'accordant pas grand intérêt à mes opinions ou compétences - il s'agit bien sûr d'une intériorisation tantôt saine, tantôt dépressive de la ^position qu'il m'est possible d'occuper sur la scène que vous animez- je me suis confondue avec la masse silencieuse de tous ceux qui se contentent de vous lire.

 

Mais la condamnation de notre confrère m'interpelle dans mes retranchements; et ce n'est pas seulement du fait des fonctions que j'assume actuellement. Sans vouloir me perdre en commentaires inutiles sur mes propres états d'âmes qui ne concernent que moi, permettez moi,  à toutes fin utiles, non de répondre mais de donner suite  à votre courrier d'information.

 

Tout d'abord Sofiène, permets moi de commencer par te demander quel problème pose ta prise de parole que tu qualifies de politique ?

De fait cette question même si elle ne parait pas prioritaire (j'ai bien utilisé le terme de prioritaire, sans remettre en question son utilité) en regard des problèmes en rapport avec l'arrestation de ce confrère; me parait indispensable à poser, histoire de ne pas se tromper d'objectif ou de débat, si bien sûr ton courrier est destiné à ouvrir un débat.  

 

Par ailleurs de quelle nature est la forêt dont vous parlez?

 

Pardonnez moi si ces questions vous paraissent absurdes mais elles ne visent en toute humilité qu'à tenter de rechercher une approche efficace pour aider notre confrère de l'erreur de jugement ou de traitement dont il fait l'objet, voire notre profession du discrédit dont cette arrestation témoigne.

 

Afin de parer au plus urgent, il me paraît plus efficace de s'adresser aux institutions habilitées à résoudre ce genre de situations qui pour révoltantes qu'elles soient doivent nous conduire à une approche réfléchie et ....responsable!!..  

 

Plutôt que de rejeter la responsabilité sur la société - qu'on parle de social, de politique ou de ne sais quoi d'autres,- ne serait il  pas plus efficace de voir ce qu'il serait possible de faire? et pour celà de faire appel à toutes les bonnes volontés susceptibles de contribuer à lever ce qui me paraît être de l'ordre du malentendu.

 

 Malentendu qui soulève - ou dénonce, mais en utilisant des termes guerriers qu'aurrions nous à gagner et quel résultat garantirrions nous pour notre confrère?-  et concerne des problèmes de compétences - celle du médecin-psychiatre concerné, des structures de contrôle e/ou de tutelle et/ou de supervision de son exercice, d'un tribunal qui a porté un jugement.

 

Comment solliciter les institutions et sociétés scientifiques garantes d'un ou des savoir(s) : d'une part celles qui président à la délivrance des diplômes, à la capacité de faire des diagnostics dont doivent découler les prescriptions, d'autre part  celles qui interprètent et appliquent les lois, dans le but de garantir tant le bon fonctionnement de la société, que les droits du citoyens dont les malades comme les médecins font partie. 

 

SOFIENE, JE NE SUIS PAS HABILITEE A JUGER DE LA QUALITE POLITIQUE OU NON DE TON DISCOURS, NI DE JUGER TOUT COURT. . MAIS IL ME PARÄITTRAIT  IRRESPONSABLE DE NE PAS REAGIR AU PROBLEMES QUE SOULEVE CETTE ARRESTATION QUI ME / NOUS INTERPELLE TANT DANS NOTRE STATUT PROFESSIONNEL ET NOS CONNAISSANCES OU NOS COMPETENCES A LES EXERCER, QUE DANS LE CORPUS JURIDIQUE QUI REGIT L'EXERCICE DE NOTRE PROFESSION.

 

Aussi plutôt que de d'émettre des opinions personnelles ou de les  ériger en discours politique, je propose de nous engager à mettre nos compétences au service d'une approche efficace et concrète de la situation:

 

- Un telle démarche suppose que nous sommes prêts 

    •  à assumer nos responsabilités et nos devoirs non seulement en vue du soutien d'un confrère en difficulté - et ce sans préjuger de ses responsabilités, ni de la voie à adopter et qui ne peut que dépendre de l'étude de son cas en particulier-  mais aussi de notre profession
    • à reconnaître l'abcense ou l'insuffisance de mobilisation et pire encore  de reflexion scientifique de nos sociétés "savantes" concernant la confrontation entre l''approche juridique des problèmes de prescription et les connaissances scientifiques actuelles.

 

- je suggère comme fil conducteur à notre démarche,  un plaidoyer scientifique et technique en laissant la politique à ceux qui sont en mesure de l'assumer. Car la politique est un métier quand ce n'est pas un art; et comme tout métier  ou tout art on ne peut être crédible, si on n'a ni le temps ni l'engagement suffisant pour s'y consacrer.

 

Je propose donc qu'aprés une analyse aussi objective que possible  des difficultés qui ont conduit notre confrère en prison , de soumette aux reponsables concernés les arguments relevant de nos compétences, si ce n'est de nos connaissances, si elles s'avèrent nécessaires pour lever tout malentendu sur les responsabilités impliquées et sur les procédures engagées.

 

Arrêtons de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, et préoccupons nous de mettre nos compétences au service de notre société, de nos concitoyens,  de nos dirigeants. A chacun ses responsabilités. Commençons a nous assurer que nous assumons bien les nôtres.... 

 

Ainsi, je crois qu'en apportant des éclairages, des arguments utiles pour éclairer la justice nous ne faisons pas autre chose que notre devoirs de citoyen et que nous n'assumons autre chose que l'engagement nécessaire envers l'exercice de notre profession  et la dignité nécessaire pour l'exercer

 

Commençons donc par solliciter les institutions concernées en nous reférant, aux connaissances scientifiques concernant l'Artane, confrontons les motifs de l'arrestation à l'arsenal juridique régissant l'exercice de notre profession et soumettons nos connaissances, notre argumentation et nos propositions en faisant appel à l'arbitrage des ministrères concernés. Nous avons la chance d'avoir un médecin à la tête du Ministère de la Santé. Sa présence ainsi que celle du représentant du Ministère de la Justice à la journée sur l'approche scientifique des conduites addictives, témoignent de leur engagement pour une meilleure approche de ces questions?

 

Je ne m'étalerais pas sur l'abcense remarquable des psychiatres ce jour là, (Etaient ils tous à la journée annuelle de la STP?) 

Ayant peu de plaisir à celà, je n'abordes cette question que pour nous rappeler à tous nos responsabilités dans l'image que nous offrons à une société qui nous le constatons tous les jours, si elle ne nous comprend pas toujours , nous attribue un pouvoir auquel il est tout aussi dangereux de succomber qu'il n'est irresponsable de mépriser ou de sous-estimer.

 

J'invite à nouveau  les Sociétés a sortir de leur silence ou de leur désaffectation qui en ce qui concerne nos patients est pour le moins qu'on puisse dire irresponsable. Je rappelle que la toxicomanie est a présent reconnue, y compris en Tunisie comme une pathologie a part entière; que le concept d'Addiction introduit au prix de grands efforts y compris auprés de nos responsables politiques n'est pas simplement une tête d'affiche destinée" à fournir une opportunité de congrés et d'accumuler des communications accrocheuses ou médiatiques; Il nous  invite à revoir notre approche des patients , nos rapports avec les textes de lois et leur modalités d'application; à changer nos représentations à l'égard de ceux qui  nous consultent  avant de reprocher aux responsables politiques de ne pas nous comprendre ou d'alliéner notre pratique; Avant de juger les juges, agissons auprés d'eux, invitons les à un partage des connaissances, partageons les responsabilités du changement que nous souhaitons les voir adopter.

 

Puique l'Artane anime les passions et semble tant source de plaisir pour les uns et source de passion ou de répression pour les autres, ne serait il pas possible de lui accorder notre intérêt...scientifique je précise!  Et cette association Psychopathie toxicomanie n'est il pas temps de sortir des clichés et des idées reçues qui la sous-tendent? comment demander à la justice de faire la différence quand la distinction entre un consommateur en souffrance et un dealer psychopathe reste confuse dans l' esprit de la majorité des psychiatres ?

 

Si celà pouvait réveiller les adeptes de la psychiatrie culturelle, nous pourrions proposer de dire que  ces thèmes font partie de notre folklore psychiatyrique. Mais la psychiatrie culturelle n'est peut-être pas de mode. ces thèmes n'intéressent bien sûr pas non plus les labos...Celà justifie t-il que nous nous en désintéressions?

 

 

Mais arrêtons là les commentaires...et permettez moi seulement avant de vous quitter de rappeler qu'il est certainement plus confortable de jouer à se faire peur ou à éviter de se remettre en question en se laissant convaincre que les politiques n'ont rien de mieux à faire qu'à réprimer nos petits délires; ....Et finalement de  croire qu'il n'y a d'engagement que politique .....risque de n'aboutir qu'à cautionner tous les désengagements.

 

Alors face à la condamnation de notre confrère, la question est qu'est il possible et réaliste de faire et comment?

 

                                                        Avec ma confraternelle amitié. J.B

 

 

 

 

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