Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

Le Liban, refuge des chrétiens syriens

1,057 views
Skip to first unread message

Farhat

unread,
May 8, 2001, 10:11:26 PM5/8/01
to
Le Liban, refuge des chrétiens syriens


Le Figaro
Beyrouth : Sibylle Rizk
Publié le 7 mai 2001, page 2


Dans le cabinet du docteur Jean-Marie Mégarbané, à Beyrouth, un arbre
généalogique rappelle à ses patients les origines du chirurgien dentiste:
chrétien de Syrie. Sur les 19 branches de la famille Mégarbané, qui a donné
son nom à une rue d'Alep, deux seulement vivent encore en Syrie.
Tous les autres ont émigré, à l'instar d'une grande partie de la bourgeoisie
chrétienne. Direction le Canada, les Etats-Unis, la France, mais surtout le
Liban, où beaucoup ont trouvé une seconde patrie. En 2001, Alep compte
autant de chrétiens qu'à l'époque du mandat français. Mais ces quelque 150
000 «Nazaréens» représentent aujourd'hui à peine plus de 10% de la
population, contre un quart il y a cent ans.«A Beyrouth, les chrétiens se
sentent plus à l'aise, plus libres», explique une Syrienne émigrée au Liban.
Très tôt, sur les bancs de l'école à Alep, elle a eu le sentiment
d'appartenir à une minorité.

La grande vague des départs date du milieu des années 1960, à l'époque des
nationalisations en Syrie. «Du jour au lendemain, nous n'avons plus pu
accéder à notre usine. Même une veste, laissée dans un bureau, je n'aurais
pas pu la récupérer», se souvient Joseph Djénandji, qui a quitté Alep en
1965, avec femme et enfants.

En privant ces familles de leur source principale de revenus, le pouvoir
syrien a accéléré un processus d'émigration qui avait déjà commencé au sein
de la bourgeoisie, dès les premières mesures dirigistes apparues dans les
années 1950. Le mouvement s'est amplifié au moment de l'union entre la Syrie
et l'Egypte de Nasser, qui a conduit à l'étatisation des écoles
confessionnelles. «J'ai déménagé à Beyrouth dès 1958, car je voulais assurer
une éducation de qualité à mes enfants», explique Bechara.

Traditionnel refuge des chrétiens d'Orient, le Liban s'est imposé comme une
destination évidente pour ces Syriens qui y passaient leurs vacances d'été
et, pour les plus aisés d'entre eux, envoyaient leurs enfants étudier chez
les jésuites. Même pour le commerce, la transition n'a pas vraiment
constitué un choc. «Chacun gardait une bougie allumée à Beyrouth», selon
l'expression d'un descendant de l'une de ces familles commerçantes qui
répartissaient leurs fils entre les bureaux de Damas, d'Alep et de Beyrouth.

Alep ayant été coupé de son port naturel d'Alexandrette, donné à la Turquie
par les Français, le transport des marchandises s'effectuait par les ports
libanais. «Dès 1920, mon oncle est venu s'installer au Liban pour s'occuper
des affaires de la famille tandis, que mon père restait en charge de la
branche de Damas. Au moment des nationalisations, nous nous sommes tous
regroupés à Beyrouth», raconte Khalil Fattal.

Le Liban a accueilli d'autant mieux ces nouveaux arrivants qu'ils
appartenaient à des familles riches. Eduqués dans les écoles de
missionnaires européens, les chrétiens connaissaient les langues étrangères?
ce qui avait permis à nombre d'entre eux de faire fortune grâce au commerce.
La plupart ont été naturalisés sans problème. Certains se retrouvent
aujourd'hui à la tête de grandes entreprises.

Totalement intégrés à la société libanaise, ils ne renient certes pas leurs
origines, mais les évoquent avec prudence de peur de créer des remous dans
un pays où les relations avec la Syrie voisine demeurent problématiques. Un
rôle pourtant leur semble assigné: donner corps à la complémentarité
économique que les deux voisins appellent de leurs voux. Ce n'est pas un
hasard si trois des quatre banques libanaises qui ont obtenu les premières
licences pour opérer en Syrie sont dirigées par des familles d'origine
syrienne, dont deux chrétiennes. Le marché syrien -16 millions de
consommateurs- représente l'avenir. «L'histoire est cyclique. Aujourd'hui,
nous reprenons le chemin de Damas» , dit Khalil Fattal.

Amro ALKAIR

unread,
May 10, 2001, 6:59:42 AM5/10/01
to
Farhat wrote:

>Le Figaro
>Beyrouth : Sibylle Rizk
>Publié le 7 mai 2001, page 2

Farhat, je vais te faire une confession:

Cet article du "Figaro" m'a fait bien marrer!
Avec ta permission, je vais pointer quelques passages!

D'abord, le titre:


> Le Liban, refuge des chrétiens syriens

C'est limpide!

Ces pauvre chrétiens syriens que ces mauvais Musulmans sont en train de bouffer
tout crus, ils se trouvent refuge au , alléluia!, Liban (soit entendu,
sous-entendu et bien entendu, le REFUGE des pauvres chrétiens d'Orient crée, Oh
Dieu de miséricorde Merci!, grâce à la France Eternelle et etc et des
âneries...)

Mais passons!

Voici ce que dit l'article:

> La grande vague des départs date du milieu des années 1960, à l'époque des

> nationalisations en Syrie. [...] un processus d'émigration qui avait déjà
> commencé au sein
> de la bourgeoisie[...]

Donc l'article situe bien son sujet: Il s'agit de la bourgeoisie syrienne qui a
trouvé refuge au Liban (à l'économie libéral) pour fuire les nationalisations
(du pouvoir socialiste) en Syrie...

Or, on ne peut que noter deux choses:

Et de un:
La bourgeoisie syrienne, qui a effectivement trouvé refuge en Liban à cette
époque, n'est nullement une bourgeoisie "chrétienne", nom d'une pipe!
Certes il y avait des Chrétiens dans la bourgeoisie syrienne, mais la
bourgeoisie syrienne était composée essentiellement des Musulmans (Sunnites) de
Damas et d'Alep!!!
Et tous ont fuit les nationalisations vers le Liban... On constate que ce cher
vieux "Figaro" oublie la grand majorité de ces gens pour parler ***uniquement***
des Chrétiens....

Et de Deux:
Il y avait bien des Chrétiens riches... Mais l'immense majorité des Chrétiens,
qui représentent, faut-il le rappeler? +-10% de la population syrienne, sont des
pauvres... Aussi "Le Figaro" oublie ces millions de Chrétiens (+- 2 millions)
qui sont resté en Syrie et prend le cas de quelques centaines de personnes pour
titrer:
"Le Liban, refuge des chrétiens syriens"...

Mais bon, il faut pas en vouloir à ce cher vieux "Figaro"... A l'époque ou le
plus arriéré des plus pauvres paysans dans le coin le plus reculé des sommets
des Himalaya est capable de recevoir CNN et de comprendre le monde, "le Figaro"
croit ***dur comme fer*** que nous vivons encore à l'époque de la politique des
canonniers...

Et puis merde! Où va le monde si on ne peut plus chanter les louanges de LA
FRANCE ETERNELLE, LA CIVILISATION CHRETIENNE?

"Marchons, marchons,
Et qu'un sanguimpur abreuve nos sillons!"

Oui... Le sanguimpur!

Non mais sans blagues!

--
Amro


Farhat

unread,
May 12, 2001, 4:00:33 PM5/12/01
to
L'auteur de l'article est une journaliste qui écrit dans l'orient le jour, c
'est à dire, le Figaro libanais. Tu as raison en dénoncant l'esprit du
Figaro qui cultive une certaine idée de la France qui m'est tout aussi
exécrable, qu'elle est pour toi.
Je ne pense pas que la bourgeoisie syrienne qui émigra après les
nationalisations (spoliations)était essentiellement sunnite, surtout si l'on
tient compte du pourcentage de la population chrétienne en Syrie. A propos
de la situation matérielle, la population chrétienne d'Alep était surtout
célèbre pour sa grande aisance matérielle. Peu après la seconde guerre
mondiale, y avait autant d'avocats à Alep qu'à Lyon. Au début des années 30,
l'ancien président libanais Charles el Helou (damascène par sa mère ) et
Said Freiha, fondateur du groupe de presse libanais Al Sayad ,travaillèrent
dans la presse alépine francophone. Je touchais un salaire mensuel de 100
L.L.", confia Charles el Helou, alors qu'au ministère des Finances où il
avait commencé à travailler, son salaire mensuel était de 30 livres
seulement. La bourgeoisie syrienne ,spoliée en Syrie, joua un rôle
primordial dans la prospérité du Liban des années 60,à titre indicatif le
secteur bancaire libanais était dominé à plus de 50 % par des syriens .


Farhat

0 new messages