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Al Ghazali et Descartes

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a012410

unread,
Jul 4, 2000, 3:00:00 AM7/4/00
to
Salut,
Le grand philosophe persan Abou Hamid Al Ghazali Al Tusi est le père
d'une école de pensée, au lieu de suivre aveuglement les enseignements
des anciens, notamment Aristote , il élabora un système de pensé fondé
sur le doute systématique, celui ci est le plus original des
philosophes de l'islam, Al Kindi ,Al Farabi ,Ibn Sina et Ibn Rochd
s‘appuyèrent sur la logique d 'Aristote sans pouvoir corriger ce dernier
.
En tenant compte de l'évolution des idées jusqu a notre époque, Ghazali
est le
Philosophe arabe médiéval le plus intéressant., proche de Kant et de
Descartes.
La difficulté et la faiblesse des savants musulmans du moyen age était
des se détacher de l’influence grecque, il faut donc saluer les travaux
du médecin syrien Ibn Nafis al
Dimashki, Ibn Al Haitham et le persan AL Biruni pour leurs
originalités(et d'autres), ce sont eux qui influencèrent la science
occidentale moderne.

Voici un article du journal libanais l’Orient le jour sur l'influence de
Ghazali sur Descartes:


Selon Frank Griffel, titulaire d'un doctorat en histoire de la
philosophie et spécialisé en théologie et philosophie arabes, «Descartes
a été fortement influencé par le
philosophe arabe du XIIe siècle al-Ghazali». Plus précisément, les
premières «Méditations» seraient largement inspirées de l'autobiographie
du penseur arabe,
intitulée «La Délivrance de l'erreur». «Le problème de cette
supposition, dont je ne suis pas l'initiateur, est qu'elle se heurte à
un vieux principe. En substance, celui-ci
affirme que, s'il n'y pas de preuve évidente d'influence, à savoir de
traduction, la recherche est invalide», apprend Frank Griffel.
«Pourtant, il suffit de lire et de
comparer les deux textes pour se rendre à l'évidence». À quelque 5
siècles de distance, les «acharites», disciples de al-Ghazali, et les
cartésiens ont le rejet du
système aristotélicien en commun : «La notion de scepticisme, ajoute le
professeur, très présente dans la pensée arabe, a influencé la
philosophie de Descartes». Le
conférencier essaie, en fait, de prouver que, «bien que Descartes n'a
jamais eu un exemplaire de l'autobiographie de al-Ghazali entre les
mains, elle l'a sûrement
beaucoup aidé dans sa recherche sur le "cogito" humain».

Voici quelques extraits de la conférence de Frank Griffel :
«Descartes est considéré comme le père de la philosophie moderne, dans
le sens où il a essayé de se détacher du système aristotélicien et de
reprendre la
philosophie à sa base. La pensée aristotélicienne est fondée sur le
principe déductif qui atteint la connaissance en plaçant le phénomène en
question sous un ordre
supérieurement connu. Ce système implique que toute connaissance donnée
est représentée par un nombre limité de propositions, qui peuvent toutes
être déduites
des principes connus. En sciences naturelles, la méthode
aristotélicienne ne recommande pas les expériences empiriques. Le
nouveau système, le cartésien,
encourage totalement les sciences empiriques, sans lequel les immenses
réussites des sciences naturelles accomplies ces derniers siècles
auraient été impensables».
«Pour Descartes, les idées innées et les perceptions claires et
distinctes sont les éléments les plus importants de sa reconstruction du
système de la connaissance
humaine (...). La source de l'intuition humaine et des perceptions
claires et distinctes n'est autre, selon Descartes, que Dieu lui-même,
qui, étant parfait et infiniment
sincère, ne peut se moquer de nous et nous laisser avoir des intuitions
qui nous mèneraient à de faux jugements (...) Alors que la philosophie
médiévale prenait ses
notions de vérité et de connaissance de "là-haut", la nouvelle méthode
de Descartes place la source de ces deux principes dans l'homme
lui-même».

Le scepticisme
«Le lien entre Descartes et al-Ghazali se situe dans l'usage
méthodologique du scepticisme (...). Al-Ghazali tire la plupart de ses
idées sur le scepticisme de ce qu'il
savait de la propagande menée par le mouvement des Ismaéliens (...).
Comme Descartes, ils n'étaient pas des sceptiques, mais ils utilisaient
le scepticisme à seule fin
de prouver que l'unique source de vérité était en Dieu (...). Il ne peut
y avoir aucune connaissance, et cela est la seule chose dont nous soyons
sûrs. Mais nous savons
que Descartes trouve la solution dans l'argument : «Je pense donc je
suis». Descartes dit : «Il y a au moins une seule vérité, c'est que je
pense, donc je suis. Quelle
solution offre al-Ghazali ? (...) Ses doutes concernant l'authenticité
de la connaissance humaine sont dépassés par la foi dans la sincérité de
Dieu et que ce dernier ne décevrait jamais l'individu jusqu'à ce point».

Sur la question des textes authentifiant une influence quelconque de la
philosophie arabe sur la pensée européenne, voici la réponse de Frank
Griffel : «Les historiens
de la philosophie, qu'ils soient Européens ou Arabes, partent du même
principe, selon lequel l'histoire de la philosophie est déterminée par
les textes (...) Ce que je
suggère, c'est de regarder les choses non pas comme un historien qui a
besoin de preuves écrites pour approuver une influence, mais plutôt avec
une attitude qui
considère le développement des idées comme un procédé d'interaction où
plusieurs individus sont impliqués. Je crois simplement qu'une idée, une
fois développée
par une ou plusieurs personnes, a une vie en soi, qui ne peut plus être
contrôlée par son ou ses inventeurs».
(...) «En conclusion, j'encourage à une plus grande flexibilité
lorsqu'on débat de l'influence de la philosophie arabe sur la pensée
européenne. Cela doit être dit des
deux côtés (...). Je pense que les questions de plagiat sont plutôt
ennuyeuses, comparées à d'autres, comme celle-ci par exemple : «Pourquoi
l'emploi de la notion de scepticisme chez Descartes a connu un tel
impact dans la pensée européenne, alors que la biographie d'al-Ghazali
n'a pas apporté un renouveau à la théologie et à la philosophie
islamique ?»

D.G.

Orient le jour ,Beyrouth

Amro ALKAIR

unread,
Jul 29, 2000, 3:00:00 AM7/29/00
to
a012410 wrote:

> Le grand philosophe persan Abou Hamid Al Ghazali Al Tusi[...]

[The next text is from the Encyclopædia Universalis, I'll make a reply
containing some comments later- Amro].
------------------------------------------

GHAZALI (AL-)

Grand théologien de l’islam, mais aussi conseiller du calife de Bagdad puis
théoricien du droit, al-
Ghazali apparaît surtout, par son énigmatique abandon de l’enseignement et à
travers l’orientation
critique de ses écrits, comme le défenseur d’une doctrine mystique, qui
serait le chemin de la certitude.
Profondément musulman de pensée, il a puisé dans l’héritage grec, d’une
part, et dans les valeurs
chrétiennes, d’autre part, des éléments qu’il a su intégrer sans altérer la
pureté de sa foi. Plusieurs
critiques ont découvert en lui des sentiments chrétiens et l’ont rapproché
parfois de Pascal. Sur sa
personne même, on discute pour savoir si ses entreprises ont obéi à des
motivations purement religieuses
ou d’ordre politique. Il fut et reste honoré dans le monde musulman, qui lui
a donné les titres de « Preuve
de l’islam » et d’« Ornement de la religion » ; mais son influence réelle a
été très limitée. En revanche, il
fut connu en Occident, sous le nom d’Algazel, et on peut, comme l’a fait
Étienne Gilson en France,
retrouver plusieurs de ses idées dans les écrits des penseurs du Moyen Âge
latin.

- Le mystère de Ghazali

Abu Hamid Muhammad al-Tusi b. Muhammad al-Ghazali (ou Ghazzali) naquit en
450/1058 à Tus dans
l’est de l’Iran ; il y mourut en 505/1111. Il fit ses études à Nishapur,
ville où le premier prince saldjuqide
Tughril avait établi sa résidence en 1037. Il y fut distingué par Djuwayni,
dit Imam al-Haramayn, l’un
des grands théologiens de l’école ash‘arite. À cette époque, les ash‘arites,
principaux représentants du
sunnisme « orthodoxe », soutenaient les Seldjouqides contre les menées des
divers groupes shi‘ites. En
1091, le ministre Nizam al-Mulk nomma Ghazali, dont il était l’ami,
directeur de l’université Nizamiyya
qu’il avait fondée à Bagdad. Dans son Siyasat Nameh (Traité de gouvernement
), le ministre écrivait :
« Le souverain est tenu de s’enquérir de tout ce qui a trait à la religion,
aux obligations qu’elle impose et
à la tradition [...] Il est indispensable qu’une ou deux fois par semaine il
admette auprès de lui les
docteurs de la Loi. » Les activités de Ghazali à Bagdad ne furent pas
étrangères à ce programme.
Jusqu’en 1095, son enseignement connut un grand succès ; consulté par le
calife, il joua un rôle politique
et connut un prestige considérable.

- Le doute, chemin de la certitude

Alors se situe le mystère, non encore parfaitement éclairci, de la vie de
Ghazali : subitement, il quitte
Bagdad pour se rendre dans divers lieux saints de l’Islam, en Syrie, à La
Mecque, à Jérusalem. Il s’en est
expliqué dans son livre Erreur et délivrance (Al-munqidh min al-dalal ). Il
s’y présente comme un
homme épris de certitude, et qui, pour y accéder, n’hésite pas à se livrer
au doute et à remettre tout en
question : critique des coutumes héritées (ainsi le fait que les enfants des
juifs reçoivent une formation
juive et que, de même, les enfants des chrétiens et des musulmans soient
élevés selon les principes
religieux de leurs pères) ; critique des sens et de l’imagination par la
raison : l’éveil de la raison dissipe
les rêves de l’imagination sensible ; mais, réplique la sensation à la
raison, il existe peut-être un état qui
soit par rapport à ta veille ce que ta veille est par rapport à ton sommeil.
C’est l’ouverture à la
connaissance « savoureuse » des mystiques, due à une faculté de « goût »
(dhawq ) supérieure à la raison
(‘aql ). Il est certain que les divergences (ikhtilafat ) entre les docteurs
et entre les sectes de l’islam ont
profondément troublé Ghazali ; aussi a-t-il dénoncé avec vigueur le taqlid ,
imitation aveugle des maîtres.
Mais cette réaction peut être d’inspiration religieuse, ou d’inspiration
politique, ou les deux à la fois. Sur
le plan de la critique spéculative, Djuwayni avait remarqué, dans son Kitab
al-Irshad (Livre de la bonne
direction ), que l’usage de la raison, même armée de la logique, ne menait
pas nécessairement les
hommes à une vérité unanime, mais qu’à l’inverse de ce que croyaient les
philosophes comme Farabi il
engendrait autant de divergences que les passions. Aussi Ghazali
critique-t-il les théologiens spéculatifs
(mutakallimon ) et les philosophes (falasifa ) qui veulent, à des degrés
divers, faire de la raison en soi un
critère de la vérité en soi, alors qu’elle n’est qu’un instrument, une
balance ou un étalon qui permet de
mesurer la valeur des opérations de la connaissance humaine. Enfin, Ghazali
critique les batiniyya, secte
shi‘ite ésotérique, qui attendent l’initiation à une vérité cachée, grâce à
un imam ou à un maître
spécialement inspiré par Dieu pour dégager le sens profond (batin ) caché
sous le sens apparent (THahir )
des Écritures. En définitive, l’espoir de salut fondé en certitude ne peut
plus venir que de l’expérience
intuitive qu’est la connaissance mystique.

- La « conversion » et la retraite

C’est à cet endroit du Munqidh que Ghazali explique qu’il s’est retiré du
monde en raison d’une crise
spirituelle dont on vient de voir les motifs. Cet ouvrage intéresse les
Occidentaux par son ton personnel.
On y trouve une sorte d’autobiographie intellectuelle et religieuse
comparable au Discours de la
méthode ; en effet, comme Descartes, Ghazali va à la recherche de la
certitude par le doute. Mais on
s’est aussi demandé quelles étaient la sincérité et l’authenticité de ce
récit ; et l’on a pensé que l’auteur,
qui l’a écrit une dizaine d’années après l’événement (il approchait de
cinquante ans, comme il le dit lui-
même), a pu chercher à dissimuler, sous les dehors d’une « conversion » très
noble, des raisons de fuir
Bagdad qui ne sont pas sans rapport avec la situation politique.
En 1092, le prince saldjuqide Malik Shah meurt et son empire est partagé
entre son frère et ses fils
dont les discordes annoncent le déclin de la dynastie. La même année, Nizam
al-Mulk périt victime des
Assassins, adeptes d’une secte shi‘ite isma'ilienne qui avaient réussi à
s’installer dans les montagnes de
l’Elbourz et menaçaient le pouvoir établi. On ne peut pas ne pas voir une
relation entre ces événements et
la retraite de Ghazali. Il reprit son enseignement en 1105, cette fois à
Nishapur ; à cette époque, un des
fils de Malik Shah, Muhammad, qui régna de 1104 à 1118, avait réussi à
rétablir un certain contrôle à
travers l’empire. Est-ce encore une coïncidence ? Quoi qu’il en soit,
Ghazali ne tarda pas à se retirer
définitivement jusqu’à sa mort.

- Le shafi‘isme et l’emploi de la logique en droit

Ghazali était shafi‘ite en matière de fiqh (droit musulman). Cette école
reconnaissait la validité du
raisonnement analogique (qiyas ), qui procède par induction d’un principe
général de motivation (‘illa ) à
partir des règles particulières énoncées dans le Coran et la Tradition ;
puis par déduction et application à
d’autres cas particuliers non formulés dans les textes sacrés.
L’appartenance à cette école a probablement
conduit Ghazali à développer une logique juridique où il s’inspire de la
logique aristotélicienne, tout en
délimitant son usage et sa portée. Son intention apparaît clairement dans le
Qistas al-mustaqim (La
Balance juste ), où il met en forme des raisonnements qu’il trouve dans le
Coran et dont il tire différents
modes ou figures du syllogisme. La raison existe, créée par Dieu ; on peut
donc s’en servir ; mais c’est le
Créateur qui lui donne la matière qu’elle doit traiter et les normes qu’elle
doit observer. Alors seulement,
elle est efficace. Trois ouvrages qui forment comme un triptyque sont
consacrés à des questions
concernant les sciences et la logique. Ce sont : le Mihakk al-naTHar
(Pierre de touche de la spéculation ),
le Mi‘yr al-‘ilm (Étalon de la science ) et le Mustasfa min ‘ilm al-usul
(Le Nec plus ultra de la science
des principes ). Ce dernier traité, en deux livres, insiste particulièrement
sur l’application aux principes
du droit (Usul al-fiqh ) de notions logiques exposées dans l’introduction à
partir d’Aristote : définition
(hadd ), preuve démonstrative (burhan ). Mais, dans un esprit très musulman,
Ghazali met l’accent sur
les mots et les termes, et non sur des idées qui, ayant une réalité
intelligible en elles-mêmes, risqueraient
de s’opposer à la volonté divine, laquelle est au-delà de toute emprise
rationnelle. Il écrit par exemple :
« Sache que le général et le particulier relèvent des caractères accidentels
des termes, non des réalités
signifiées ni des actions. » Ghazali ne veut pas qu’à la faveur de la
logique l’esprit humain réalise en
entités des concepts généraux et abstraits qui conduiraient à une
philosophie des essences. Ce que Dieu a
créé, c’est l’être concret et particulier. Une objection disait : pourquoi
une action ne serait-elle pas
générale ? Par exemple, quand on donne à Zayd et à ‘Amr, l’action de donner
s’étend de façon générale
aux deux. Ghazali répond : « Le don fait à Zayd est distinct du don fait à
‘Amr parce qu’il s’agit d’un
acte et qu’il n’y a pas dans l’existence un acte unique, ici le don, qui
serait avec Zayd et ‘Amr dans un
rapport unique. » Il en dit autant des concepts : « Les sciences et les
puissances des hommes, bien
qu’associées dans le fait d’être science et puissance, ne peuvent être
qualifiées de générales », car ce qui
existe, c’est la science de Zayd. Même point de vue sur l’existence :
l’existence du noir est distincte de
l’existence du blanc, « et l’existence n’est pas un signifiable unique,
effectif, commun aux deux, bien que
sa réalité dans la raison soit unique ». Ghazali, en bon musulman, refuse
presque instinctivement
l’analogie de l’Être.

- Ghazali et l’ash‘arisme

Ghazali, en théologie, était ash‘arite. Abu’l-Hasan al-Ash‘ari peut être
considéré comme le créateur
d’une doctrine du juste milieu entre les interprétations purement littérales
du Coran qui conduisent à
l’anthropomorphisme de certains ?anbalites, et l’exégèse rationnelle des
mu‘tazilites qui risque
d’escamoter le contenu des textes par le commentaire figuré. Sur deux points
en particulier, l’ash‘arisme
tentait de garder une position moyenne : le problème des attributs divins et
celui de la prédestination et
de la liberté. Équilibre difficile : il disait par exemple que les attributs
ne sont pas Dieu et ne sont pas
autre chose que Dieu. Dieu crée les actes humains, mais l’homme se les
approprie. Ghazali a écrit un
ouvrage intitulé Al-iqtisad fi‘l-i‘tiqad (Le Juste Milieu dans la croyance
), où l’on peut lire : « Qu’ils
apprennent le chemin qui concilie les exigences de la Loi et les nécessités
de la raison. Qu’ils le sachent :
ceux des anthropomorphistes qui croient nécessaire de se figer dans
l’imitation aveugle et de suivre le
sens apparent des textes, n’avancent ces doctrines que par faiblesse
d’intelligence et pauvreté d’intuition,
tandis que les philosophes et les mu‘tazilites extrêmes qui s’engagent dans
le libre usage de la raison, au
point d’attaquer les déclarations péremptoires de la Loi, n’avancent ces
doctrines que poussés par la
malignité de leur pensée intime. Les uns tendent au défaut, les autres à
l’excès ; chacun de ces deux
extrêmes est loin de la fermeté et de la circonspection. » Rappelons que la
conception ghazalienne de la
logique est intermédiaire entre celle des fal?sifa qui en fait la loi de
l’être, et celle des théologiens
« intégristes » qui la rejettent comme une science impie.

- La théologie, science des intrigants

Ghazali a également développé la conception que se faisait Ash‘ar? de la
théologie. La religion et la foi
ne sont pas liées à une spéculation théologique. Les compagnons du Prophète
ignoraient toutes ces
subtilités, et ils étaient pourtant, tel Abu Bakr, de parfaits croyants.
Mais les sectes hétérodoxes ayant
pullulé, il faut bien les réfuter et définir la vraie croyance. Aussi a-t-on
besoin d’une enquête théologique.
Dans son grand ouvrage Vivification des sciences de la foi (Ihya’ ‘ulom
al-din ), Ghazali montre
qu’après les quatre premiers califes, les Rachidin , ceux qui suivaient la
voie droite, qui étaient capables
d’un effort personnel (idjtihad ) et ne s’adressaient aux juristes (fuqaha’
) que là où la consultation
(mushawara ) est indispensable, leurs successeurs, incapables d’initiatives,
eurent recours à un corps
constitué de docteurs. Les hommes pieux, fidèles aux méthodes du passé,
refusèrent leur concours ; mais,
la demande augmentant, des ambitieux briguèrent ces places. L’esprit de
rivalité engendra les discussions
que les puissants de ce monde favorisèrent. Des débats juridiques, on passa
aux débats dogmatiques ; la
politique des grands s’en mêla et on s’appliqua à l’étude de la théologie
(kalam ). Mais les sectes, par
leurs luttes qui allaient jusqu’à l’effusion du sang, ébranlaient l’islam.
Il y eut une réaction, et les chefs
voulurent de nouveau orienter les discussions vers les problèmes juridiques
et l’explication des écoles de
fiqh qui s’étaient constituées. Les docteurs laissèrent donc le kal?m pour
le droit. Ce faisant, tout en
suivant les inclinations des grands, ces savants justifiaient chaque fois
leur attitude en prétendant faire
exactement ce que faisaient les compagnons du Prophète et les Anciens.
Prétention sans fondement.

- La véritable connaissance religieuse

De ce court historique, Ghazali conclut que la théologie est devenue la
science des intrigants qui veulent
non pas saisir la vérité, mais triompher de leur adversaire par les méthodes
de la dialectique. Contre cette
théologie aberrante, Ghazali revendique une connaissance qui, s’appuyant au
départ sur une purification
de l’âme, rapproche réellement l’homme de Dieu. À l’opposé de ces joutes
entre savants dans le fiqh et
le kalam , il loue la véritable science religieuse et ses deux subdivisions
: la mu‘amala , science des lois
divines qui règlent les relations humaines, et la mukashafa , science du
dévoilement. La première est une
préparation à la seconde ; toutes deux sont des sciences de la vie et sont
vécues ; ce sont des lumières que
Dieu jette dans le cœur. Ce cœur, dont la notion vient du Coran et qui se
retrouve chez tous les penseurs
musulmans, surtout les mystiques, évoque, chez Ghazali, le cœur pascalien.
Comme les grands soufis de
l’islam, Ghazali méprise la théologie dogmatique, parce que ce n’est pas par
elle qu’on atteint Dieu. Elle
n’a qu’un rôle défensif.
Sur ces idées, il a édifié un système d’éducation où l’autorité très forte
du maître n’a pour but que
d’empêcher le disciple, en cours de formation, de se laisser séduire par les
attraits d’une fausse liberté.
Mais le but est d’assurer un jour son indépendance (istiqlal ). Ce système
est exposé en termes théoriques
dans l’Ihya’ , et de façon pratique dans un petit écrit intitulé Ô jeune
homme ! (Ayyuha’l-walad ) :
« Quand tu étudies ou apprends une science, il faut que ta science améliore
ton cœur et purifie ton âme ;
c’est comme si tu savais qu’il ne te reste qu’une semaine à vivre ; tu ne
t’emploierais pas, dans ce laps de
temps, à étudier le droit, ni la morale, ni les fondements de la théologie
spéculative, ni rien de ce genre,
car tu sais bien que ces sciences ne te serviraient à rien [...] Ô enfant !
Un conseil est chose facile à
donner ; la difficulté est de le recevoir, car au goût de qui s’adonne à la
passion, le conseil est amer,
puisque ce qui est interdit, c’est ce qu’il aime en son cœur. Et cela est
particulièrement vrai de celui qui
recherche la science formelle, préoccupé de sa propre valeur et des talents
honorés en ce monde. »
Contre les « philosophes » et les batinites
Deux ouvrages sont consacrés aux philosophes néoplatoniciens, dont Farabi et
Ibn Sina (Avicenne) sont
les représentants : Maqasid al-falasifa (Les Intentions des philosophes )
et Tahafut al-falasifa
(Destructio philosophorum , ou encore Incohérence ou Ruine des philosophes
). Le premier est un
véritable traité d’histoire de la philosophie musulmane d’Orient. Il faut
connaître les doctrines pour bien
voir leurs erreurs. Ghazali considère les sciences des philosophes : les
mathématiques où il n’y a rien à
refuser et qui sont hors de notre propos ; la logique où la plupart des
questions traitées sont conduites
selon une méthode juste ; la physique où sont mêlées vérités et erreurs ; la
métaphysique dont la plupart
des doctrines sont contraires à la vérité. Le Munqidh signale trois erreurs
fondamentales : d’abord la
négation de la résurrection des corps et la doctrine des sanctions purement
spirituelles dans l’autre vie ;
ensuite l’idée que Dieu ne connaît que l’universel et ignore les
particuliers en tant que tels ; enfin la
doctrine de l’éternité du monde. Le Tahafut al-falasifa est une attaque de
cette métaphysique ; il est
consacré dans sa plus grande partie à la réfutation de l’éternité du monde
telle que la conçoivent les
néoplatoniciens, partisans de l’émanation. Ibn Rushd (Averroès), dans son
Tahafut al-tahafut , tout en
reconnaissant avec Ghazali les erreurs d’Avicenne, rétablira contre le même
Ghazali la vérité
philosophique en s’appuyant sur Aristote.
La vie de Ghazali en milieu saldjuqide explique l’importance qu’il a
attachée à la critique de la secte
shi‘ite des bat,iniyya. En dehors d’un chapitre du Munqidh , il a consacré à
cette réfutation un ouvrage
connu sous le titre abrégé de Mustazhiri , écrit à la demande du calife
al-Mustazhir pour mettre les
croyants en garde contre les ruses de ses adversaires. L’intention
doctrinale se double d’une intention
politique contre la thèse que les croyants doivent suivre aveuglément un
imam infaillible.
La synthèse de l’Ihya’ et la doctrine mystique
L’Ihya’ ‘ulom al-din , vaste synthèse de la pensée de Ghazali, présente
l’ensemble des activités
humaines, profanes (par exemple la médecine) ou religieuses (le culte, la
lutte pour le bien contre le mal,
la recherche de la connaissance – ma‘rifa – de Dieu), dans leur convergence
vers une mystique où se
découvre enfin la certitude. Le chemin suivi pour arriver à ce terme est
après coup éclairé par la lumière
qui s’est dévoilée. Par suite, tout ce qui, dans la vie humaine, a une
valeur positive, petite ou grande, est
mis à sa place. Rien n’est rejeté que l’erreur. Tout en restant fidèle à la
matérialité de la Loi, Ghazali en
montre la signification intérieure et spirituelle. Il explique comment une
lecture sérieuse et attentive du
Coran peut agir sur le lecteur, le conduire à un approfondissement de sa vie
et développer en lui le sens
intime de la vérité de Dieu. Une telle lecture apprend au fidèle ce que sont
les états mystiques et en même
temps elle les engendre en lui. Ces états sont ceux-là mêmes que le Coran
signale : le repentir, la patience
à supporter ce qui vient de Dieu, l’abandon total à Dieu, l’agrément à la
volonté divine, etc. Ce que dit
Ghazali de ces états a une grande valeur spirituelle et présente, par sa
finesse d’analyse, un intérêt moral
et psychologique considérable. Mais, sur le fond, Ghazali n’est pas un
inventeur, il a eu des modèles, en
particulier Abu Talib al-Makki, l’auteur de Qot al-Qulob (La Nourriture des
cœurs ).

___________________________________
© 1995 Encyclopædia Universalis France S.A.Tous droits de propriété
intellectuelle et industrielle réservés


Amro ALKAIR

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Jul 29, 2000, 3:00:00 AM7/29/00
to
a012410 wrote:

> Le grand philosophe persan Abou Hamid Al Ghazali Al Tusi

[I hope this one will have less line cuts...]


[The next text is from the Encyclopædia Universalis, I'll make a reply

containing some comments later-- Amro].
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GHAZALI (AL-)

Grand théologien de l’islam, mais aussi conseiller du calife de Bagdad puis

théoricien du droit, al-Ghazali apparaît surtout, par son énigmatique


abandon de l’enseignement et à travers l’orientation critique de ses écrits,
comme le défenseur d’une doctrine mystique, qui serait le chemin de la
certitude.
Profondément musulman de pensée, il a puisé dans l’héritage grec, d’une
part, et dans les valeurs chrétiennes, d’autre part, des éléments qu’il a su
intégrer sans altérer la pureté de sa foi. Plusieurs critiques ont découvert
en lui des sentiments chrétiens et l’ont rapproché parfois de Pascal. Sur sa
personne même, on discute pour savoir si ses entreprises ont obéi à des
motivations purement religieuses ou d’ordre politique. Il fut et reste
honoré dans le monde musulman, qui lui a donné les titres de « Preuve de
l’islam » et d’« Ornement de la religion » ; mais son influence réelle a été
très limitée. En revanche, il fut connu en Occident, sous le nom d’Algazel,
et on peut, comme l’a fait Étienne Gilson en France, retrouver plusieurs de
ses idées dans les écrits des penseurs du Moyen Âge latin.

- Le mystère de Ghazali

Abu Hamid Muhammad al-Tusi b. Muhammad al-Ghazali (ou Ghazzali) naquit en
450/1058 à Tus dans l’est de l’Iran ; il y mourut en 505/1111. Il fit ses
études à Nishapur, ville où le premier prince saldjuqide Tughril avait
établi sa résidence en 1037. Il y fut distingué par Djuwayni, dit Imam
al-Haramayn, l’un des grands théologiens de l’école ash‘arite. À cette
époque, les ash‘arites, principaux représentants du sunnisme « orthodoxe »,
soutenaient les Seldjouqides contre les menées des divers groupes shi‘ites.
En 1091, le ministre Nizam al-Mulk nomma Ghazali, dont il était l’ami,
directeur de l’université Nizamiyya qu’il avait fondée à Bagdad. Dans son

Siyasat Nameh (Traité de gouvernement), le ministre écrivait :

Ghazali critique-t-il les théologiens spéculatifs(mutakallimon ) et les


philosophes (falasifa ) qui veulent, à des degrés divers, faire de la raison
en soi un critère de la vérité en soi, alors qu’elle n’est qu’un instrument,
une balance ou un étalon qui permet de mesurer la valeur des opérations de
la connaissance humaine. Enfin, Ghazali critique les batiniyya, secte
shi‘ite ésotérique, qui attendent l’initiation à une vérité cachée, grâce à
un imam ou à un maître spécialement inspiré par Dieu pour dégager le sens
profond (batin ) caché sous le sens apparent (THahir ) des Écritures. En
définitive, l’espoir de salut fondé en certitude ne peut plus venir que de
l’expérience intuitive qu’est la connaissance mystique.

- La « conversion » et la retraite

C’est à cet endroit du Munqidh que Ghazali explique qu’il s’est retiré du
monde en raison d’une crise spirituelle dont on vient de voir les motifs.
Cet ouvrage intéresse les Occidentaux par son ton personnel. On y trouve une
sorte d’autobiographie intellectuelle et religieuse comparable au Discours
de la méthode ; en effet, comme Descartes, Ghazali va à la recherche de la
certitude par le doute. Mais on s’est aussi demandé quelles étaient la
sincérité et l’authenticité de ce récit ; et l’on a pensé que l’auteur, qui
l’a écrit une dizaine d’années après l’événement (il approchait de cinquante

ans, comme il le dit lui-même), a pu chercher à dissimuler, sous les dehors

croyance), où l’on peut lire : « Qu’ils apprennent le chemin qui concilie

serviraient à rien [...] Ô enfant ! Un conseil est chose facile àdonner ; la

Amro ALKAIR

unread,
Jul 29, 2000, 3:00:00 AM7/29/00
to
The Encyclopædia Universalis wrote:

> GHAZALI (AL-)


>
> C’est à cet endroit du Munqidh que Ghazali explique qu’il s’est retiré du

> monde en raison d’une crise spirituelle [...] On y trouve une


> sorte d’autobiographie intellectuelle et religieuse comparable au Discours
> de la méthode ; en effet, comme Descartes, Ghazali va à la recherche de la

> certitude par le doute [...]

Actually, this is the only common point that we can find between Al Ghazali and
Descartes. All the other points show, mainly, the differences.
While Descartes uses his mind to prove, to find the truth, Abu 7amid uses the
religion to accept or refuses the "truths" presented by the mind.
While the philosophy of Descartes was a construction who went crescendo towards
a great scientific and logical construction, the thought of Abu 7amid went right
and left until he finished his life as, mainly, a Sufi! A guy who refuses the
world and the human thinking.

But the main difference is in the "inheritance" of the two men: While the
famous "Je pense, donc je suis" of Descartes is considered as a great principle
by the rational, scientific and progressive people, the books of Abu 7amid, as
well as the so-called "tahafut al falasifah", the so-called "faDa'7o'lbaTinyyah"
or the (incredibly!) called "I7ya' 3olom eddin" are the main propaganda weapons
in the hands of the most reactionary regimes (the Saoudians and alike).

Of course, a man is responsible for what he wrote and what he did, not for what
other people choose to hear and to read, a man is not responsible for the
inheritance he leaves after his death, and you may also add that the period of
Abu 7amid was the period of the decadence (in7iTAT) for the Islam, while the
period of Descartes was the beginning of the new European Renaissance, but in
all cases, I guess that when you make a comparison between these two men, you
may more logically mention the differences rather than the *only* common point.

A common point that is shared... By almost all the humans! Each man, at one
time or at another had some doubts, did not he?

--
Amro

Amro ALKAIR

unread,
Jul 29, 2000, 3:00:00 AM7/29/00
to
The Encyclopædia Universalis wrote:

> Contre les « philosophes » et les batinites Deux ouvrages sont consacrés aux
> philosophes néoplatoniciens, dont Farabi et Ibn Sina (Avicenne) sont les
> représentants : Maqasid al-falasifa (Les Intentions des philosophes ) et
> Tahafut al-falasifa (Destructio philosophorum , ou encore Incohérence ou
> Ruine des philosophes ).

This gave one of the most funny (but useful) misunderstanding of the history of
the philosophy:

Actually, Abu 7amid, who was a Muslim, decided to show how the philosophers are
wrong. To do that, he decided to start by telling what they say (this is what
he did in his book Maqasid Al falasifah) and, in a second book to show why they
are wrong, this was his second book (tahafut al falasifah).

These two book were translated into Latin language (by... A spanish Jew,
heheheeh!). But the second book was lost and the only book that the European
could read was the Maqasid!
In this book, Abu 7amid, as any honest Muslim, make a conscientious study of the
Enemy, he did not write *any* lie, he explained the Philosophy with a maximum of
Honesty and scientific respect.

And the main philosopher he explained was Aristotle, of course!

In one word, the book of Abu 7amid, "maqasid al falasifah" was a *very good,
very serious, very clear* book for whoever wants to study Aristotle!

And that's what happened with that book, and with the author: For a long time,
Abu 7amid, known in the West under the name of "Algazel" was considered as... A
great philosopher, a great disciple of Aristotle!


--
Amro

Amro ALKAIR

unread,
Jul 29, 2000, 3:00:00 AM7/29/00
to
The Encyclopædia Universalis wrote:

> Contre les « philosophes » [..] dont Farabi et Ibn Sina (Avicenne) [...]


> Tahafut al-falasifa (Destructio philosophorum , ou encore Incohérence ou
> Ruine des philosophes ).

> Ibn Rushd (Averroès), dans son Tahafut al-tahafut[...]


> rétablira contre le même Ghazali la vérité philosophique en
> s’appuyant sur Aristote.

Yes. Let's just forget the hilarious delirium tremens that Abu 7amid wrote in
his "tahafut alfalasifah" (I really don't know how to translate into English the
word "tahafut", you may choose among: Weakness, Errors, Destruction, etc..., so
the title of that book may be "The Weakness of the Philosophers", "The Errors of
the Philosophers", "The Destruction of the Philosophers", etc...).

Yes, let's just forget it for a while (just for a while, I'll tell you more
later). After all, the great Muslim scholar, Ibn Rushd (French: Averroès), said
why that book was a stupidity and, with a sarcastic smile, he entitled his own
book: "Tahafut at tahafut" ("The Weakness of "The Weakness"", or "The Errors of
"The Errors"", etc...).

But let's take what another "great" :-o Muslim scholar Ibn Taimyyah said, I
quote him:
"Abu 7amid ibtala3a 'lfalasifat thoma arad an yataqayya'ahom fama 'staTa3!". A
translation into English may be:

"Abu 7amid swallowed (= studied very well) the philosopher and, after that, he
wanted to vomit (= to refuse) them but he could not!".

Frankly, for that time I find Ibn Taimyyah not only right, but, over all, funny.

Isn't that funny? I find Ibn Taimyyah funny?

But let's ask the *true* question:

Why abu 7amid was unable to "vomit" (to refuse) the philosophers?

Please let me make a "flash-back":
In the past, I wrote an article about the "Satanic Verses", I mentioned my
references (Tabri and IbnSa3d). I will not mention the 99,97% (heheheeh!) of
the replies I got which were nothing but stupidities: One of the (too few)
rational replies was Xeno's one. Even if he did not answer my questions, he
made, at least, a good point by reminding (against the main average nowadays
Muslim) that the fact that Tabri wrote this story showed the integrity of the
Muslim scholars.

This is the main point: The Muslim scholars were honest (on the contrary of
99.97% (heheheeeh) of the so-called Muslims of our days): They did not say
lies, they were "Muslims" in the *true* sense of that word.

(Yes, Golani and alike: The khwanjeih: You I mean: You are nothing but klab,
and you religion is the religion of klab...).

Abu 7amid was also a honest man, a Muslim in the *true* sense of that word: On
the contrary of the kalb who says "The Syrian Regime is an Alawi regime and the
Iraqi regime is not a Sunni regime", Abu 7amid was a honest guy. And, after
studying the philosopher, he knew that he can not refuse the truth of what they
say, even, and in particular since, he entitled his book "tahafut al falasifah",
he knew very well that the only "tahafut" that he proved is the "tahafut" of
whoever try to refuse the mind and to replace it by a religion.

Abu 7amid was a honest man: His book about Aristotle, that he considered as an
"enemy", was the best reference for those who want to study Aristotle.

Yes, Abu 7amid was honest *and* he was intelligent. Understanding that he will
never be able to really "destroy" the philosophers, he finished his life as a
Sufi. Canceling for ever his project to "destroy" the philosophers and to
"rebirth" (i7ya') the "science of the religion" (3olom ad-din).

The only funny thing in that story is, as I said before, that the inheritance of
that wise man, who, at the end of his life accepted his defeat in front of the
scientific thinking, this inheritance is mainly used by the most reactionary,
the most disgusting, the most archaic, the most criminal regimes that can ever
exist: The Saudi regime.

--
Amro

Golani M Golani

unread,
Jul 29, 2000, 3:00:00 AM7/29/00
to
Sonce no decant people on SCS and SCl discuss any matter with him any
more, he is doing it again. Amro Alayr has created another
identity "a012410" similler to "Nana" to discuss with himself in public some
religious issues he is 100% ignorant about.

Do not let this SOB fool you, he is posting and re-posting under many
identities , the newest one is "a012410" .. and beofre that was "nana" and
many others as "allah", "Saddam", "ammaro", etc ... this is anold game..
easy to discover...fuck your mother amro.. in your ears..

go ahead Amro zibbi, speak to yourself...but rememeber, I am the one
bihind your isolation,, I contained you in the same cells wityh Jews and like
omri and amronite dogs like charli and Max eid...

This is Golani , your worst nightmare...


In article <39829242...@club-internet.fr>,

--
The Arab Palestine is mine , from the Jordan River to the Mediterranean
shores


Sent via Deja.com http://www.deja.com/
Before you buy.

Amro ALKAIR

unread,
Jul 30, 2000, 3:00:00 AM7/30/00
to
Amro ALKAIR wrote:

> Yes. Let's just forget the hilarious delirium tremens that Abu 7amid wrote in

> his "tahafut alfalasifah" ( (just for a while, I'll tell you more later)

Now we are later. So I'll tell more:
One of the points for which Abu 7amid "kaffar alfalasifah" (declared the
philosophers as enemies of the religion) was because they say the Universe has no
beginning.

Charlie, which is our best mathematician, will make a brief description of Abu
7amid's hilarious) "proof" in (1) and, he (=Charlie) will show you that Abu 7amid
based his "proof" on the "fact" that the infinity can not exist!

So, let's summarize:
- Abu 7amid "kaffar alfalasifah" because they dared say the infinity may exist,
- The Catholic Church "kaffarat" Giordano Bruno because he dared say that other suns
and other planets may exist.

Can you see any difference?
--------------------------------------------
(1) Charlie's demonstration:

1- Abu 7amid's "proof":
Abu 7amid started by taking some "time unit": The rotation of some planets around
their sun, the rotation of some sun around something, don't care.
After that, Abu 7amid considered the "number" of rotation that we can have at a
given time: Is that number odd? Is it even? Is it odd and even at the same time?
Is it nor odd neither even?
Abu 7amid "proved" that none of these four possibilities can be and, in fact, the
infinity is nor odd, neither even, neither both of them, neither none of them...).
So Abu 7amid concluded that the considered number can not be (=> infinity can not
be), so the Universe must have a finit, a given beginning.

2- Charlie's analysis of Abu 7amid's "proof":
2.1- The "Planets around the suns...": For this point, with a huge laugh, Charlie
said that Abu 7amid seems unable to imagine a changing Universe in which Planets
(and suns) appear and disappear. By fighting the "only" form he can understand, Abu
7amid did not prove it's wrong, he proved his lake of understanding, his "tahafut".

2.2- The "time unit": It's legal, as did Abu 7amid, to consider a time unit, but
Charlie can not but smile when he reads Abu 7amid writing that this "time unit" can
apply at the whole history of the Universe: Actually, Charlie is enough smart to
understand that a "time unit" can only be a "local" time unit: It may apply on our
"now" but it can not apply much more.

2.3- The infinity, can it be? Charlie reminds you that any student in a secondary
school in Syria uses the infinity hundreds of times per day. But since Abu 7amid
did not study at the Syrian school, Charlie will prove the infinity exist:

2.3.1- Charlie's definition of the Infinity:
"I say that a thing T contains an infinity of elements if and only if:
Whatever the finit number N you give me, I can prove that:
The thing T contains a number M of elements such that M > N"

2.3.2- Charlie's example of the infinity:
Charlie chooses to give the example of the Natural Numbers Group: 1, 2, 3, ...:
Charlie says that this Group has an infinite number of elements:

Actually, if you tell me N = 1, then I'll answer you: And M = 11, and M > N.
If you tell me N = 1000, I'll tell you M = 11000 and M > N.
In a general manner, whatever N you choose, I choose M such that M is written as 1
followed by N, and M is greater than N.

2.3.3- Charlie smiling: Charlie, who is a very good mathematician, is smiling
because he knows very well that the above "example" of the infinity is, in fact, the
*very single exact* definition of the infinity (and of the Natural Numbers Group...)

2.3.4- Charlie's challenge to Abu 7amid:
Given that Charlie is saying that the Natural Numbers Group has an infinity of
numbers, he is asking Abu 7amid (with a nice sarcastic smile):

Now, ya Abu 7amid,
Either you "prove" that the number of the Natural numbers is finit, all you need is
to give me some number N such that I can not find the M such that M > N.

Either you apply your "own" demonstration on this group and tell us:

Is the number of Natural numbers odd? Is it even? Is it odd and even at the same
time? Is it nor odd neither even?

Or do you conclude (as you did before) that the Natural numbers do not exist?

3- Charlie's conclusion: Abu 7amid tried to use the contradictions of the infinity
is a philosophical discussion, unfortunately, he was so bad in mathematics and in
logic so his "contradiction" is invalid. But I (=Charlie) will gave you soon some
example of contradictions about the infinity that are valid and useful.


--
Amro

Amro ALKAIR

unread,
Jul 30, 2000, 3:00:00 AM7/30/00
to
Amro ALKAIR wrote:

> 3- Charlie's conclusion: Abu 7amid tried to use the contradictions of the infinity

> [...] unfortunately, he was so bad in mathematics and in


> logic so his "contradiction" is invalid. But I (=Charlie) will gave you soon some
> example of contradictions about the infinity that are valid and useful.

The contradiction of Abu 7amid (is the infinity odd or even) is invalid because it
ignores the very definition of the odd/even qualities: Actually, these two qualities
apply, by definition, on finite numbers.

By asking if the infinity is odd or even (or other), Abu 7amid is as bad as a guy who
asks: How many kilometers are between the 1st July 1999 and the 1st july 2000?

On the other hand, a guy who wrote some intelligent and useful contradictions about the
notion of the infinity was Zénon d'Elée (This is his French name, I don't know how to
write it in English (perhaps Xenon?)). The most famous contradictions of Zénon were
"Achille [French name] unable to pass the turtle" and "The arrow is moving but it's
motionless".

As promised, Charlie will explain for you the first one:

1- The contradiction: Achille, the most quick of the humans, will make a racing against
the turtle and he accepts to give an advantage of some meters to the turtle.
So, at the beginning of the race the turtle has some distance (that we call D0) in front
of Achille.
They start to run, and in a very little time (that we call T1) Achille will cover the
distance D0.
But during that time (T1), the turtle had covered some new distance (that we call D1)
and, once again, it is in front of Achille.
But Achille continues to run and in a very little time (that we call T2) he covers the
distance D1.
But, meanwhile, the turtle continued to walk and during that time (T2) it covered some
new distance (that we call D2).

And so on... Whatever Achille does, the turtle will always be in front of him!

The most quick of the humans is unable to pass the turtle!

2- Charlie's analysis of this contradiction: Actually, Zénon's contradiction may be
translated into a clear question:

"The sum of an infinite number of elements can it be finite"?
in other words:
"Can an infinite sum (action od adding things) give a finite result?"

3- Charlie's answer:
Charlie reminds you that any student in the Syrian secondary school have to answer such
a question for a lot of "infinite sums". And the answer depends on the nature of the
infinite sum.

4- Charlie's arithmetic answer to Zénon:
Charlie will consider that Achille is many times more quick than the turtle, so, if we
consider the speed of the turtle as V, Charlie will consider the speed of Achille as (X
* V) with X very big (greater than 1).

4.1- The finite sum of the infinite sum:
To start, Charlie noticed that:

T1 = D0 / (X * V).
During this time, the turtle made a distance D1 = V * T1 = (V * D0) / (X * V) = D0 / X.
So, Achille, to cover this new distance will need a time T2 such that:
T2 = D1 / (X * V) = D0 / (X * X * V) = D0 / (V * X^2).
And so on. Charlie concludes that, in general:

Tn = D0 / (V * X^n).

And Charlie note D0/V as C:
And Charlie write the question of Zénon:
What is the sum of T1 + T2 + ... = C / X + C / X^2 + ...

What is Sum(C/(X^n) for n = 1, 2, ...?

To answer the question, Charlie writes that for a given n we have:
Sum(n) = C /X + C/(X^2) + ... + C/(X^n)
And
(Sum(n + 1) = C/(X) + C/(X^2) + ...+ C/(X^(n+1)).
So:
Sum(n)/X = C/(X^2) + C/(VX^3) + ... + C/(X^(n + 1))
So
Sum (n + 1) = Sum(n) / X + C/X.
So, When n goes to infinity we get:

Sum(infinity) = Sum(infinity) / X + C /X
=>
(1 - 1/X) * Sum(infinity) = C/X
=> ((X - 1) / X) * Sum(infinity) = C/X.
So:
Sum(infinity) = (C/X) * (X / (X - 1)) = C/(X - 1) = D0 / (V * (X - 1)).

So, After a time equal to C/ (X -1) Achille will be in front of the turtle.
That will happen after a distance equals to:
V * X * (C/ (X - 1)) = V * X * C /(X - 1) = V * X * D0 / (V * (X - 1)) = (X * D0) / (X -
1).

4.2- And Charlie reminds you that the speed of "Achille compared to the turtle" (his
relative speed) is:
V * X - V = (X - 1) * V.
So, Charlie concludes that to pass the turtle (which is at a D0 distance in front of
him), Achille need a time T such that:

T = D0 / (V * (X - 1)).
And he would have covered a distance D such that:
D = X * V * D0 /(V * (X - 1)) = (X * D0) / (X - 1).

5- Charlie giving you homework:
Charlie asks you to verify if the result he got in 4.1 is or is not the same as the
result he got in 4.2.

--
Amro

Golani M Golani

unread,
Jul 31, 2000, 3:00:00 AM7/31/00
to
The motherfucker Amro writes a posts than hehe responses to himself....
had so far written 7 responses to himself, the asshole is talking to himself
has not realised that no one want s to talk to him.

In article <39841490...@club-internet.fr>,

--

MSYM

unread,
Aug 1, 2000, 3:00:00 AM8/1/00
to
Amro ALKAIR a écrit :

> The Encyclopædia Universalis wrote:
>
> > Contre les « philosophes » [..] dont Farabi et Ibn Sina (Avicenne) [...]


> > Tahafut al-falasifa (Destructio philosophorum , ou encore Incohérence ou
> > Ruine des philosophes ).

> > Ibn Rushd (Averroès), dans son Tahafut al-tahafut[...]


> > rétablira contre le même Ghazali la vérité philosophique en
> > s’appuyant sur Aristote.
>

> Yes. Let's just forget the hilarious delirium tremens that Abu 7amid wrote in

> his "tahafut alfalasifah" (I really don't know how to translate into English the
> word "tahafut", you may choose among: Weakness, Errors, Destruction, etc..., so
> the title of that book may be "The Weakness of the Philosophers", "The Errors of
> the Philosophers", "The Destruction of the Philosophers", etc...).
>
> Yes, let's just forget it for a while (just for a while, I'll tell you more
> later). After all, the great Muslim scholar, Ibn Rushd (French: Averroès), said
> why that book was a stupidity and, with a sarcastic smile, he entitled his own
> book: "Tahafut at tahafut" ("The Weakness of "The Weakness"", or "The Errors of
> "The Errors"", etc...).
>
> But let's take what another "great" :-o Muslim scholar Ibn Taimyyah said, I
> quote him:
> "Abu 7amid ibtala3a 'lfalasifat thoma arad an yataqayya'ahom fama 'staTa3!". A
> translation into English may be:
>
> "Abu 7amid swallowed (= studied very well) the philosopher and, after that, he
> wanted to vomit (= to refuse) them but he could not!".

I think of Ghazali as someone who wanted to fight philosophers using their arms.
That give me one an idea that logic became so dominating that an enemy of
philosophers couldn't avoid.

Sadly, that was different latter and somehow the expression of Ibn Taymiyah
demonstrates it.

Another point : in general all those who want to establish faith using reason finish
as Sufi when they want to escape with their faith (If they are honest with
themselves)
A recent example is Mustafa Mahmoud.


Amro ALKAIR

unread,
Aug 1, 2000, 3:00:00 AM8/1/00
to
MSYM wrote:

> I think Ghazali [is] someone who wanted to fight philosophers using their [weapons].
> [but the] logic [is] so dominating that an enemy of philosophers couldn't avoid [it].
>
> Sadly, that was different later

The guy to whom you replied, Al Dawali-medrei-shou, is a perfect example of the modern
use of the logic by the modern so-called "Muslims".

> [...] If they are honest with themselves

I guess this is the main point:

A guy such as Abu 7amid Al Ghazali was enough clever *and* honest to see and accept his
defeat in front of the logic, a guy such as Tabri (or Ibn Sa3d) was enough honest to
tell as-is the story of the "Satanic Verses".

This point was described by the (Moroccan) philosopher Al 3aroui who explained why the
Arab books of history were so honest:
(3aroui's explanation):

In fact, those Muslims were *really Muslims*, they did believe in some God that may
punish them if they lied, they were horrified of telling lies.
In one word: A Muslim (a true one, like Al Ghazali, At Tabri, or whoever you want) is a
honest man.

On the other hand, to judge how "believers" are the so-called "Muslims" of our days...
All you need is to listen to their lies.

You don't even need to read the bestialities of Al-Dawa-trou-de-cul to see it: Just
take *any* group who speaks in the name of the Islam:
- The (Syrian or Egyptian or...) Muslim brothers,
- The Saudi regime,
- The Iranian regime (even if it's thousands of times more honest than the others),
- And even the Hizbollah (which is, undoubtedly, the most honest among the so-called
"Muslims").

It's a simple fact: Nowadays, being Muslim has nothing to do with any god, any
religion, any faith! Nowadays "Islam" seems to mean (in particular for those who cry
loudly that they are "Muslims") nothing but to cut hands and legs "min khilaf"!

Hal min khilaf?

--------------------------------


p.s. You wrote:
>Sadly, that was different latter and somehow the expression
>of Ibn Taymiyah demonstrates it.

I did not get your point. Can you please tell me more?
--
Amro

MSYM

unread,
Aug 3, 2000, 3:00:00 AM8/3/00
to
Amro ALKAIR a écrit :

> MSYM wrote:
>
> >Sadly, that was different latter and somehow the expression
> >of Ibn Taymiyah demonstrates it.
>
> I did not get your point. Can you please tell me more?
> --
> Amro

I think that Ibn Taymiyah wanted to say. If you learn "logic" you can't avoid it. So simply
don't do it!!!

That could mean that, at his time, "logic" was no more dominating ...


Amro ALKAIR

unread,
Aug 3, 2000, 3:00:00 AM8/3/00
to
MSYM wrote:

> I think Ibn Taymiyah wanted to say: "If you learn "logic" you can't avoid it" [etc...]

Hmmm. I'm afraid I don't agree with you!

Such a sentence can only be said (or thought) by a clever guy!
So I don't think Ibn Taimyyah thought that manner!

Except if you consider Ibn Taimyyah as a clever guy!

And, if this is the case, why not 3adnan BouZou (to be considered as clever)?

[Well, after thinking, I'm afraid I was ugly with 3adnan BouZou... After all, he did never say
"The Iraqi (or any other) team is more dangerous than the Jews and the Majous".

Yes, in fact, 3adnan BouZou is perhaps not very smart but he is not as donkey as the donkey you
mentioned...

Oops! One more time: I'm afraid I was ugly with donkeys! After all, no donkey have ever
called for the extermination of the Alawis...

So I present my formal apologies to these nice animals who must not be compared to Ibn
Taimyyah...]

--
Amro

anno...@hotmail.com

unread,
Aug 4, 2000, 3:00:00 AM8/4/00
to
In article <3982B9BB...@club-internet.fr>,
Amro ALKAIR <am...@club-internet.fr> wrote:

(.....)


> Yes, Abu 7amid was honest *and* he was intelligent. Understanding
that he will never be able to really "destroy" the philosophers, he
finished his life as a Sufi.

le problème avec Aghazali, n'est ni son intelligence ni son honnêteté,
mais son "inconscience" qui a plongé le monde musulman dans sa éthargie
intellectuelle. d'abord,arrivée devant le constat que la philo ne peut
pas expliquer certains phénomènes métaphysiques, par définition,
indémontrables, il a considéré que les phiosophes ou savants
ne "devaient" pas s'occuper de ces domaines et accepter "'naql" au lieu
de "'l3aql", de quel droit??
Ensuite, sur 3 thèmes traités par ses prédécesseurs, dont a question
de "7achr 'lajsam", il a décidé que des phiosophes comme Alfarabi,
Akindi ou Ibn Sinaa pouvaient être considérés comme des apostats !!
C'est un jugement sur la foi INADMISSIBLe de sa part.
Enfin, comme cela a été rappelé, Al Ghazali était dans la cour du
Calife et avait son oreil. Juger des savants comme des apostats en
fixant des limites infranchissables à la pensée islamique sous peine de
jugement de mort par les dirigeants de 'époque, est de l'inconscience.
Depuis, tous les savants musulmans ont fini par s'exiler, travailler
dans l'ombre ou se taire. On connait la suite, depuis e 12ème siècle.
Seuls les phiosophes du Maghreb et Andalousie ont échappé à ce diktat.
D'où la réponse de Ibn Ruchd....
La crise de la pensée islamique ou sa radicalisation, est le résultat,
entre autres, de ce muselage...

> --
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