Étude réalisée par la Fondation littéraire Fleur de Lys
L'internet littéraire québécois
est une vraie honte !
COMMUNIQUÉ - 26 JUIN 2007
(Montréal, le 26 Juin 2007) À la lumière d'une étude effectuée du 15
au 22 Juin dernier, la Fondation littéraire Fleur de Lys conclut que
«l'internet littéraire québécois est une vraie honte» en comparaison
avec ce qui se fait ailleurs, notamment en France et aux États-Unis.
Faits saillants de l'étude
· Seulement 6% des membres de l'Union des Écrivaines et des
Écrivains Québécois ont un site internet déclaré à leur association.
· Plus de 40 éditeurs ont un site internet sans aucun mot-clé,
pas même les noms de leurs auteurs et les titres de leurs livres, pour
les fins de repérage par les moteurs de recherche.
· Plusieurs noms de domaine d'auteurs québécois reconnus n'ont
toujours pas été enregistrés et ainsi protégés de la fraude dont
suzannejacob.com, denisebombardier.com, marie-laberge.com et gilles-
vigneault.com.
· Des géants de la littérature québécoise voient leurs noms de
domaine détournés dont Michel Tremblay et Émile Nelligan
(micheltremblay.com et emilenelligan.com).
· Le «Portail du livre au Québec» fait la promotion d'auteurs
étrangers à même nos taxes et nos impôts.
· Mises à jour déficientes de plusieurs sites internet de
grande importance dont celui de l'Association Nationale des Éditeurs
de Livres où la dernière actualité remonte à plus d'un an.
· Le ministère québécois de la culture et des communications
qui parle du «Livre et de la lecture» au Québec uniquement en termes
d'«industrie», de «production» et de «marché local» sur son site
internet.
· Absence de portail culturel québécois sur internet alors que
le Canada et la France possèdent le leur depuis déjà plusieurs années.
C'est un article publié dans l'édition du 15 Juin dernier du quotidien
français Le Monde sous le titre «Les sites de promotion de livres se
diversifient et s'enrichissent» qui a incité la Fondation littéraire
Fleur de Lys à dresser un portrait de la situation au Québec.
Les sites internet des éditeurs québécois
L'organisme s'est penché tout d'abord sur les sites internet des
éditeurs québécois pour découvrir que plus de 40 d'entre eux ne
possèdent aucun mot-clé, pas même les noms de leurs auteurs et les
titres de leurs livres. Il faut savoir que les moteurs de recherche
tels Google et Yahoo se basent essentiellement sur les mots-clés d'une
page web pour la référer aux internautes suivant les termes utilisés
dans leurs requêtes. Et plus les mots-clés insérés dans le code de la
page sont répétés dans le texte publié sur cette page, plus cette
dernière sortira parmi les premiers résultats de la recherche de
l'internaute utilisant les mêmes mots-clés dans sa recherche.
L'absence de mots-clés est donc une véritable catastrophe pour ces
éditeurs et leurs auteurs.
La présence de nos auteurs sur internet
Ensuite, la fondation a évalué la présence de nos auteurs sur
internet. Elle a relevé que, sur les 1389 membres de l'Union des
Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ), seulement 80 ont un site
internet déclaré à leur association, soit 6%. On ne peut donc pas
soutenir que les membres de UNEQ soient passés à l'ère de l'internet.
La fondation croit que cette absence des auteurs sur internet est sans
aucun doute lié au fait qu'ils ont l'habitude de s'en remettre à leurs
éditeurs pour promouvoir leurs livres voire pour entretenir la
communication avec leurs auteurs.
La fondation a même relevé que les adresses URLs (Uniform Resource
Locator. Adresse d'une page web : http://www...) de plusieurs grands
auteurs québécois ne sont pas protégées. C'est le cas, par exemple, de
suzannejacob.com, gilles-vigneault.com, denisebombardier.com et
marielaberge.info Ainsi, n'importe qui peut se porter acquéreur de ces
URLs pour moins de 10.00$/an et les détourner à son profit. Nous en
avons pour preuve les détournements des URLs micheltremblay.com et
emilenelligan.com qui conduisent à des sites commerciaux unilingues
anglais qui exploitent la popularité de ces auteurs.
Il faut savoir qu'il y a plusieurs URLs possibles avec un même nom. On
peut enregistrer le nom en un seul mot ou encore avec un trait d'union
entre le prénom et le nom. Il faut aussi se protéger dans tous les
«domaines» possibles : .com, .info, .net, .org, .ca et autres. Par
exemple, si «marielabertge.info» n'a pas été enregistré,
«marielaberge.com» l'a été mais ses fans demeurent sur leur appétit
car le site internet de cet auteur à succès est toujours en
construction quatre ans après l'enregistrement de l'URL. Ce délai va à
l'encontre de l'internet car si un site peut être en construction
quelques jours voire quelques semaines, on dépasse toutes les limites
avec 4 ans d'attente.
«Notre» banque de données littéraires en ligne
Et toujours selon la Fondation, l'internaute ne peut pas se tourner
vers L'ILE, l'infocentre littéraire des écrivains québécois de l'UNEQ
car, cette banque de données littéraires est incomplète contrairement
à ce qui est écrit : «Un site complet, unique en son genre». En
réalité, le site comprend seulement 1067 écrivains, triés sur le
volet. Denise Bombardier n'est y pas. Léon Dion n'a pas été
sélectionné malgré qu'il ait remporté de nombreux prix littéraires
dont celui de l'Académie française en 1965. Cet «infocentre littéraire
des écrivains québécois» donne une fausse image de la littérature
québécoise aux visiteurs sur le site. Et pourtant, il est subventionné
par nos gouvernements !
Notre «Portail du livre au Québec»
Que dire du site qui prétend être le «Portail du livre au Québec»,
tenu par l'éditeur du journal Le libraire, qui fait la promotion
d'auteurs étrangers. Le 19 Juin dernier, «À la une» de ce «Portail du
livre au Québec», 10 auteurs étrangers et... 2 auteurs québécois. Et
dans la section «Liens / Sites d'auteurs», on retrouve un lien vers le
site de l'auteur des célèbres Harry Potter et les sites de plusieurs
auteurs français dont Jacques Attali, Jacques Salomé, Marc Lévy,...
comme si ces derniers avaient besoin de notre aide. Car, une fois de
plus, c'est avec l'argent des contribuables québécois que se fait
cette promotion d'auteurs étrangers au détriment d'auteurs québécois
sur internet.
L'internet littéraire québécois... international
La fondation a observé que cette approche internationale est très
répandue sur l'internet littéraire québécois. Elle va à l'encontre des
règles élémentaires du marketing qui se doit d'être ciblé pour bien
servir les internautes. On doit réduire la cible à la manière d'une
loupe qui concentre les rayons du soleil en un tout petit point,
surtout lorsque les investissements sont aussi limités qu'au Québec.
Le Guide Livres de La Toile du Québec est un bel exemple avec ses
liens tout azimuts. L'effort est plus que louable. Mais dans la
section «Actualité littéraire», il n'y a aucune distinction entre les
sites québécois et étrangers. Dans le contexte où le nombre de
magazines littéraires québécois est très limité, il va de soi, non
seulement d'en encourager leur lecture, à tous le moins de les
identifier comme québécois, mais aussi et surtout d'en n'oublier
aucun. Or, au moins quatre magazines québécois (Lettres québécoises,
Alibis, Solaris, lurelu) ne sont pas de la liste tandis qu'on retrouve
le New York Times, January Magazine et les sites français Livresse,
KaFkaïens Magazine, Magazine littéraire et Lire.
D'autres sites associés au monde québécois du livre sont tout aussi
louables mais peine perdue pour fidéliser les internautes en raison
d'une mise à jour défaillante. Par exemple, sur le site de
l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), la dernière
actualité et le dernier événement littéraire en liste remontent à plus
d'un an, respectivement à Mai 2006 et Novembre 2005. Et au moment de
l'étude, l'agenda du site de l'Association des libraires du Québec ne
comptait qu'une seule activité pour le mois en cours et aucune à
venir... jusqu'en avril 2008. En pareil cas, il vaut mieux éliminer la
section plutôt que de donner l'impression qu'il ne s'est rien passé,
qu'il ne se passe rien et qu'il ne se passera rien car l'image de la
vitalité du monde québécois du livre en prend pour son rhume aux yeux
des internautes. La fidélisation de ces derniers repose sur une mise à
jour journalière, hebdomadaire, à tout le moins mensuelle, des sites
internet. Les internautes délaissent rapidement les sites dits
«statiques», sans mise à jour régulière. On ne peut pas alors compter
sur ces sites pour promouvoir les nouveautés et intéresser les gens à
une actualité le temps venu.
Le livre québécois sur le site internet du ministère québécois
de la culture et des communications
Enfin, la fondation a analysé le site du ministère québécois de la
Culture et des Communications, section «Livre et lecture». Si le
ministère affirme avoir pour responsabilité «de soutenir le livre et
la lecture», c'est loin d'être le cas de son site internet. Le
«Panorama du secteur» donne une vision très restreinte du monde du
livre au Québec. Le discours y est essentiellement affairiste. On y
dit que «l'édition de livres est la plus ancienne des industries
culturelles québécoises», «apparue au cours des années 1960», et on en
parle uniquement en termes de «production» et de «marché local». Ce
discours confirme, aux yeux du monde entier, que notre gouvernement
n'accorde d'importance à la culture que sous son aspect industriel et
économique. Il n'est donc pas étonnant que le mot «littérature» soit
absent du panorama que dresse notre ministère du secteur du livre et
de la lecture au Québec.
Est-ce que cette approche purement administrative est commune à tous
les sites gouvernementaux à travers le monde ? Non. Le site du
ministère français de la Culture et de la Communication est beaucoup
plus convivial pour l'auteur, l'éditeur et le libraire. Par exemple,
le nouvel auteur y trouvera une page d'information bien documentée qui
répond aux questions suivantes : Comment protéger votre oeuvre ?
Qu'est-ce que le droit de copie ? Comment faire éditer votre oeuvre ?
Pouvez-vous bénéficier d'aides, de bourses...?
Au sujet des droits d'auteur, le site de notre ministère donne
uniquement deux références aux nouveaux auteurs, l'Union des
Écrivaines et des Écrivains québécois (UNEQ) et l'Association
québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), sans aucune autre
explication. Ces deux références laissent croire aux visiteurs que les
droits d'auteur au Québec relèvent légalement de ces deux
associations. Or, le secteur des droits d'auteurs au Québec, comme
dans les autres provinces canadiennes, est plutôt sous la
responsabilité du gouvernement du Canada. Un lien vers l'Office de la
propriété intellectuelle du Canada et un autre vers la Commission du
droit d'auteur du Canada s'imposent lorsque vient le temps de parler
des droits d'auteur.
L'internet littéraire et la culture québécoise
encore et toujours sans portail
Enfin, la Fondation souligne dans son étude l'absence de portail
culturel québécois sur internet. Un portail est un «site Web dont la
page d'accueil propose, en plus d'un moteur de recherche, des
hyperliens avec une foule d'informations et de services utiles et
attrayants, qui est conçu pour guider les internautes et faciliter
leur accès au réseau» (Office québécois de la langue française). C'est
la multitude des sites internet sur un sujet donné et la difficulté
pour l'internaute de tous les trouver qui a donné naissance aux
portails. En fait, il s'agit sans doute du moyen le plus efficace pour
l'internaute d'avoir une vue d'ensemble d'un secteur sur internet qui
soit le juste reflet de la réalité.
C'est dans ce contexte que les gouvernements de la France et du Canada
se sont dotés d'un portail culturel en prenant soin de réserver une
section entièrement dédiée au livre. Ce n'est pas le cas du
gouvernement du Québec qui officialise encore une fois sa difficulté à
se mettre à l'heure de l'internet. L'internaute se voit toujours
obligé de chercher à gauche et à droite sur le web pour découvrir ici
et là une parcelle de l'univers culturel québécois en l'absence d'un
portail officiel.
Le retard du Québec saute aux yeux à la simple lecture de la liste des
sous-sections de «Livres et littérature» du portail culturel français.
Par exemple, on se demande quelles informations le gouvernement du
Québec pourrait bien transmettre aux internautes au sujet de la
Littérature en ligne, de la Littérature/hypertexte/ordinateurs et du
Livre électronique, quels Exemples de création littéraire sur internet
pourrait-il donner, et où orienterait-il les internautes quant à la
Vente en ligne d'ouvrages numérisés, puisqu'il est en retard dans tous
ces domaines et plusieurs autres, dont l'édition en ligne. La
Fondation littéraire Fleur de Lys se bat depuis cinq ans pour obtenir
une aide gouvernementale pour sa maison d'édition en ligne mais les
gouvernements du Québec et du Canada restent sourds à ses demandes,
préférant financer d'autres sites et activités sur internet qui, nous
venons de le voir, sont loin d'être à la hauteur des normes
professionnelles reconnues.
Malheureusement, l'internaute ne peut pas se fier au portail culturel
du Canada, notamment à la section «Écriture», sous section «Québec»
puisque cette dernière liste seulement 14 sites internet québécois
alors qu'il y en a quelques centaines sinon plus d'un millier dans ce
domaine. Il se peut que le gouvernement du Canada ne reconnaisse pas
les autres sites littéraires québécois comme étant des «liens
culturels de qualité». Ainsi, il y aurait au Québec seulement deux
salons du livre dignes de mention selon le portail culturel du Canada,
celui de l'Outaouais et celui de Montréal. Il ne faut pas que
l'internaute oublie qu'il se trouve sur un portail sélectif.
Autrement, il croira que seulement deux régions du Québec organisent
leur salon du livre. Et n'oublions pas que cette fausse image du monde
québécois du livre sur le portail culturel canadien est en partie
financé par les contribuables du Québec.
Pour notre fondation, ce manque rigueur sur internet de la part de nos
gouvernements n'a d'égal que leur manque de compétence et leur manque
d'expériences professionnelles des avantages de l'internet.
Formation et appel d'offre
Notre étude confirme le besoin observé au cours des cinq dernières
années à titre de pionniers de l'édition en ligne au Québec : il y a
un besoin criant de formation pratique des éditeurs, y compris leurs
webmestres, et des auteurs. C'est pourquoi nous annonçons un programme
de formation pour l'automne prochain dont l'objectif est d'aider les
éditeurs à rendre leurs sites internet plus performants à peu de frais
et les auteurs à se doter d'un site internet et/ou d'un blogue
(carnet), des outils essentiels pour assurer leur présence sur le net.
Et dans certains cas, tels les blogues, ces outils sont disponibles
gratuitement. Il suffit de s'y investir personnellement pour apprendre
comment s'en servir efficacement et ainsi rejoindre des milliers de
lecteurs potentiels.
L'étude met également en évidence le besoin d'un portail littéraire
québécois à combler de toute urgence compte tenu de l'ampleur de notre
retard. La Fondation littéraire Fleur de Lys lance donc un appel
d'offre aux concepteurs de sites web intéressés par la complexité d'un
tel projet où chaque aspect de la littérature aura sa propre section à
l'instar de chaque région du Québec, un projet qui pourra assurément
servir de modèle à un portail élargi à l'ensemble de la culture
québécoise. Informations disponibles sur le site internet de la
fondation (manuscritdepot.com). On peut également prendre connaissance
des autres détails de l'étude de la fondation au sujet de l'internet
littéraire québécois sur le même site internet.
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Source :
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
TÉLÉPHONE
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