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Haiti -- Affaire SOCABANK -- Révélations de la BRH

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Annette

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Feb 1, 2007, 7:48:44 AM2/1/07
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La Banque centrale sort de sa réserve et fait à son tour de
troublantes révélations sur la "dilapidation" des fonds de la SOCABANK
La BNC s'apprête à absorber la SOCABANK

mercredi 31 janvier 2007,

Radio Kiskeya

Le conseil d'administration de la Banque de la République d'Haïti
(BRH, Banque centrale) est finalement sorti mercredi de sa réserve en
fixant sa position dans un débat qui date déjà de plusieurs semaines
autour des décisions exceptionnelles qu'il a prises dans le dossier de
la Société Caribéenne de Banque S.A. (SOCABANK).

Le gouverneur de la Banque centrale, Raymond Magloire, a justifié
toutes les mesures prises, jusqu'à la décision de conclure un accord
avec la Banque Nationale de Crédit (BNC, banque commerciale d'Etat)
pour qu'elle absorbe la SOCABANK. La signature de cet accord est
annoncée pour ce vendredi.

En fait, explique le gouverneur, la BRH avait dû assurer la gestion de
la SOCABANK qui avait accusé un déficit de un milliard quatre cent
millions de gourdes (1.400.000.000.00) dans ses fonds propres. En vue
de protéger les actionnaires et les 150.000 déposants et épargnants de
la banque, ainsi que le système financier et l'économie en général, la
Banque centrale a dû injecter un milliard neuf cent millions
(1.900.000.000.00) de gourdes au sein de la SOCABANK. Mais, vu son
statut de régulateur du système bancaire, la BRH a finalement jugé bon
de se retirer au profit de la BNC, non seulement du fait que la BNC
est une banque d'Etat (et donc les fonds investis dans SOCABANK seront
préservés par une entreprise d'Etat), mais aussi parce que la BNC
jouit d'une excellente santé financière, a indiqué M. Magloire.

Quant à la « gestion catastrophique » de la SOCABANK ayant conduit aux
mesures prises, la BRH révèle des pratiques scandaleuses qui ont
abouti à la faillite de l'institution. Selon le gouverneur de la
banque centrale, les actionnaires majoritaires et les administrateurs
de la banque ont eux-mêmes utilisé 60% du portefeuille de crédit de
celle-ci. Parmi eux, deux actionnaires importants ont à eux seuls
accaparé 43% du portefeuille.

Il s'agit de prêts improductifs dans la mesure où les intérêts ne sont
pas versés et que les capitaux ne sont pas remboursés, commente le
gouverneur de la Banque centrale. Qui pis est, ajoute-t-il, ils
prêtent à des taux d'intérêt nettement inférieurs à ceux pratiqués par
la banque et, dans certains cas, ils placent à la banque même les
sommes empruntées à des taux d'intérêt plus élevés que ceux pratiqués
par la banque.

Les cas de prêts accordés sans garantie aucune sont multiples, relève
le conseil de la BRH.

La banque a également réalisé des investissements improductifs. Le
gouverneur de la BRH cite à ce propos les cas de SOCABEL et de
SOCATRANSFERT. Selon lui, au lieu de rapporter des bénéfices à la
banque, ces deux institutions ne faisaient que l'engloutir davantage.
Parallèlement, les administrateurs se servaient des ressources de ces
entités comme s'il s'agissait de leurs fonds propres et des pièces
sont disponibles établissant dans quelle proportion se pratiquaient
détournements et malversations de toutes sortes.

Le conseil d'administration de la BRH s'est d'autre part défendu
contre un ensemble d'arguments avancés par des parlementaires et
avocats qui ont mené campagne contre les mesures adoptées.

D'abord, la BRH rejette la thèse selon laquelle elle a délibérément
réduit à 50 gourdes des actions qui valaient 500 gourdes, dans le but
apparent de prendre possession de la banque. M. Magloire a expliqué
que la valeur de ces actions était tout simplement négative au regard
du « trou » de plus de 1 milliard de gourdes existant dans les fonds
propres.

La BRH a d'autre part fourni des explications sur les motifs de la non
conclusion d'un accord de sauvetage de la SOCABANK avec une
institution bancaire étrangère et sur la politique qu'elle a suivi
dans le cas de deux autres banques commerciales privées qui étaient en
difficulté, en l'occurrence la PROMOBANK et la Banque de l'Union
Haïtienne. Le gouverneur estime que, contrairement aux critiques, la
BRH s'est montrée plus contraignante envers ces banques qu'à l'endroit
de la SOCABANK.

La SOCABANK fait actuellement l'objet d'une poursuite exercée par
l'Etat haïtien, via la Direction Générale des Impôts (DGI) qui a
commis 3 avocats pour assister et représenter l'Etat haïtien. Une
résolution adoptée le 25 janvier par le Sénat exige le retrait de
toutes les mesures prises et la recherche d'une solution négociée
entre la BRH et la SOCABANK. Mais, l'affaire allait prendre une autre
tournure avec les révélations du sénateur Gabriel Fortuné selon qui la
plupart de ceux qui ont voté ladite résolution ont été soudoyés par
l'un des principaux actionnaires de la SOCABANK, M. Franck Ciné, PDG
de la firme de téléphonie mobile Haïtel. [jmd/RK]

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