Copie d'un message reçu :
--------------------------------------
Une triste histoire où se révèle les soumissions en chaîne (mère,
fille) et la prétention (se pa fòt mwen!) de l'homme dominant
cherchant un alibi dans sa "culture". Un tableau d'une société qu'il
faut regarder en face et ne pas s'écrier " Ah mon chè! Se konsa bagay
la ye! Sa w vle fè pou sa?"
----------------------------------------------------------
Publié le 01 décembre 2009 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Sa belle-fille lui servait d'objet sexuel
Caroline Touzin
Un homme de 62 ans est condamné à cinq ans de prison.
Un enfant ne doit jamais servir d'objet sexuel à ses parents. C'est le
triste rappel qu'a dû faire la juge Ellen Paré, hier, à un homme
d'origine haïtienne de 62 ans qui avait invoqué «sa culture» pour se
défendre d'accusations d'agressions sexuelles répétées commis sur sa
belle-fille mineure.
Hier, la juge de la Cour du Québec lui a imposé une peine de cinq ans
de prison pour avoir agressé sexuellement l'enfant pendant 9 ans - dès
l'âge de 11 ans -, au palais de justice de Longueuil.
À son procès, l'homme d'origine haïtienne avait invoqué pour sa
défense que «dans sa culture, ce n'est pas un problème de partager le
lit avec sa fille ou son garçon», tout en niant avoir commis des
gestes à caractère sexuel sur sa belle-fille.
La juge Paré ne l'a pas cru. Pas plus qu'elle n'a cru la femme de
l'accusé, qui a rendu un «témoignage complaisant» en faveur de son
mari avec qui elle a eu deux enfants. «Les enfants ne doivent pas
servir de divertissement, d'alternative à l'ennui, d'objet sexuel pour
combler le vide dans la vie d'adultes», a indiqué la juge en regardant
l'accusé assis aux côtés de sa femme dans la salle de cour. Une
ordonnance de non-publication nous empêche d'identifier l'accusé en
raison de son lien de parenté avec la victime.
La victime, âgée de 29 ans aujourd'hui, a aussi fait allusion à sa
culture au moment du procès. Mais pour une raison bien différente.
Elle a ainsi justifié le temps qu'elle a mis avant de porter plainte à
la police contre son beau-père qu'elle considérait comme son père:
«Dans ma culture, c'est une chose énorme qui ne se fait pas», a-t-elle
témoigné.
Au cours d'une réunion de famille présidée par un pasteur, la jeune
femme a bien essayé de dénoncer son beau-père en lisant devant tout le
monde un passage de la Bible traitant de l'impudicité et de la
souillure. Sauf que sa mère et l'accusé - très croyants - l'ont
ensuite insultée et frappée, selon les faits rapportés au procès. La
jeune femme s'est décidée à porter plainte en 2006 après la
médiatisation de «l'affaire Guy Cloutier».
Les agressions ont eu lieu à la maison, parfois lorsque d'autres
membres de la famille s'y trouvaient. L'accusé, chauffeur d'autobus
scolaire, a même forcé sa belle-fille à lui faire des fellations dans
l'autobus, alors qu'elle était la dernière enfant à bord. Quand elle
avait 11 ans, il lui a expliqué que «dévierger une fille, c'est
difficile». Il lui a précisé que les «jeunes hommes souvent le font
mal et que lui pouvait faire bien et graduellement de fois en fois».
Aux yeux de la juge Paré, le seul facteur atténuant dans ce cas-ci est
que l'accusé n'a pas d'antécédent judiciaire. Reconnu coupable au
terme d'un procès en mai dernier, il écope ainsi de cinq ans de
pénitencier. Il ne pourra plus se trouver en présence d'enfants dans
des lieux publics. La victime, devenue mère de famille, était présente
dans la salle avec son bébé.
«C'est malheureusement un cas comme on en voit trop souvent. Malgré
les années qui ont passé, aujourd'hui, la victime et la société
peuvent être satisfaites de la sentence rendue», a commenté la
procureure de la Couronne, Me Marie-Josée Guillemette, à sa sortie de
la salle d'audience.