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HAITI -- Infrastuctures-- Vendre la Teleco?

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Annette

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Jan 5, 2010, 8:00:56 AM1/5/10
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Vendre la Téléco : quelle urgence ?

Par Harold Isaac
Contributeur à la chronique technologique « Koneksyon » de Gotson
Pierre ; webmestre du site RadioKiskeya.com depuis 2004 ; personne-
ressource pour tout ce qui a trait aux technologies de l’information à
Radio Kiskeya.

samedi 2 janvier 2010,

Radio Kiskeya


La Téléco, anciennement fleuron des entreprises d’Etat haïtiennes et
maintenant véritable peau de chagrin, est en vente. Le processus
d’appel d’offres semble se préciser autour du fournisseur vietnamien
Viettel qui propose 59 millions de dollars américains pour une
éventuelle acquisition. Que penser d’une telle transaction ?

La compagnie Télécommunications d’Haïti (TELECO) est en apparente
décrépitude et n’a pas été en bonne forme depuis au moins deux
décennies. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation entre
autres les nombreux détournements et vols des avoirs de l’entreprise
(revenus et ressources) pour financer des activités politiques aussi
bien que pour assouvir des intérêts personnels. Mais la
"paupérisation" de l’entreprise s’est accentuée avec les embauches
partisanes massives de personnels non-requis et non-qualifiés. En
somme, la Téléco a été gangrénée par la corruption.

Il semblerait donc logique de se départir au plus vite de ce boulet
désormais encombrant et lui donner une meilleure utilité, mais surtout
ramener cette machine sur la voie de la rentabilité. Après tout,
l’Etat n’est généralement pas réputé être un bon gestionnaire, du
moins par rapport au privé dont le but fondamental est le profit.

Mais voilà, le problème se situe dans le contexte : Haïti. Un pays où
l’Etat est une espèce en voie de disparition. Les institutions y sont
soit embryonnaires ou atrophiées. La transaction y prend donc une
tournure toute politique puisqu’elle ressemble plus à une manoeuvre
néo-libérale visant l’atomisation de ce qui reste d’institutions
étatiques dans le pays.

C’est là qu’on est en droit de se poser les questions : Pourquoi ? Et
pourquoi maintenant ?

Pourquoi ? Parce que la transaction ne rapportera pas des tonnes. Pour
un individu 60 millions de dollars peut sembler énorme mais pour un
État avec un budget annuel de plus d’un demi-milliard de dollars,
c’est tout de même dérisoire.

Quelle est l’urgence de vendre la Téléco surtout lorsqu’il y a déjà
trois autres opérateurs qui comble le vide laissé par la société
d’État et dont l’absence aurait pu justifier l’empressement de fournir
un meilleur service à la communauté.

Dans l’état dans lequel se trouve la compagnie, on peut aussi se
demander qu’est-ce qu’elle pourrait avoir de bien séduisant pour un
éventuel acquéreur. Après tout l’équipement est probablement désuet et
obsolète. Il doit donc s’agir d’autre chose.

Se pourrait-il que l’on soit en train de parler de droits, de
monopoles et d’accès privilégiés à des canaux internationaux ? Ceci
aurait de toute évidence beaucoup plus de valeur que de pauvres câbles
de cuivre.

Si tel était le cas, cette vente ressemblerait plus à une aubaine,
voire un cadeau, pour l’acquéreur et ceux qui tireront leur commission
obligatoire au passage.

De plus, la Téléco est, par la force des choses, plus qu’une simple
entreprise, mais plutôt un des rares agents de l’Etat, un vague rappel
aux citoyens en perte de repères qu’ils font encore partie d’un pays
et non pas d’une corporation.

Et si, malgré ces considérations, la vente devait quand même avoir
lieu, ne serait-il pas nécessaire de prendre le temps qu’il faut et
obtenir l’aval de la population pour qu’elle sache qu’elle vend
sciemment des actifs de valeur ?

Enfin, si votre voiture tombe en panne, la vendriez-vous (en tout ou
en partie) pour la réparer ?

Harold Isaac


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