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HAITI-- Politique-- La vérité sur les 197 millions?

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Annette

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Nov 5, 2009, 8:09:34 AM11/5/09
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LE NOUVELLISTE 4 novembre 2009-11-04

Haïti: La vérité sur les 197 millions?

Les émissions de débat politique du week-end dernier ont en partie été
consacrées à la destitution de Michèle Pierre-Louis. La gestion des
197 millions du fonds d'urgence a été au coeur des débats.

Moins de 24 heures après la destitution de Mme Pierre-Louis, le
président du Sénat a soutenu que le Premier ministre démissionnaire
n'est impliqué ni de près ni de loin dans la gestion des 197 millions
de dollars décaissés dans le cadre de la loi d'urgence. La « mauvaise
gestion » de ces fonds a pourtant été l'un des motifs de son
interpellation, faut-il rappeler.

« Le seul reproche que je peux faire à Madame Pierre Louis c'est de ne
pas exiger un rapport détaillé de la part de chaque ministre qui avait
reçu une enveloppe », a indiqué Kelly C. Bastien.

Pour Mirlande Manigat, qui intervenait sur une station de la capitale,
Michèle Pierre-Louis voulait budgétiser les 197 millions de dollars,
ce qu'a refusé catégoriquement le chef de l'Etat. « Si cette somme
était entrée dans le budget, les fonctionnaires devraient rendre
compte devant les deux chambres à propos de leurs dépenses », a
martelé Mirlande Manigat.

La constitutionnaliste raconte même que Mme Pierre-Louis a tenté une
fois de démissionner, mais le président Préval et la communauté
internationale l'en ont dissuadée.

D'un autre côté, des panélistes d'une autre émission, tels l'ancien
sénateur Jean Gabriel Fortuné, Evans Paul ou Me Samuel Madistin ont
affirmé que les fonds de la loi d'urgence n'étaient pas gérés par la
Primature mais de préférence par la présidence.

Pour étayer leurs dires, ils ont avancé la création du nouveau Centre
national des équipements qui a coûté 90 millions de dollars, soit 45 %
des 197 millions. Ce nouveau CNE est présenté comme une institution
parallèle au ministère des Travaux publics, Transport et Communication
(MTPTC) tout en étant un instrument politique aux mains de René
Préval, estiment ces analystes.

« Les sénateurs de Lespwa réclament des explications sur des fonds qui
ont servi à leur élection. Chaque candidat de la plateforme Lespwa
avait un million de dollars pour mener campagne et d'ailleurs, on l'a
vu, ils étaient les seuls à mettre des affiches géantes ça et là lors
des dernières législatives partielles », a avancé l'un des
panélistes.

Michèle Duvivier Pierre Louis, ayant quitté la fonction publique,
n'aura ainsi donc aucune contrainte à faire la lumière sur ce dossier
brûlant. En attendant, les Haïtiens seront ceux qui, tôt ou tard,
auront à payer pour des fonds dont la gestion n'était pas des plus
transparentes.


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