*Sur le site du breton vannetais* :
http://www.membres.lycos.fr/bretonguened/
"Certains n'aiment pas le breton populaire. Pourquoi? Parce que quand
l'on étudie le breton populaire, on s'aperçoit assez vite à quel point
il est différent du breton qui est souvent écrit... Le breton
populaire est très éloigné du français et de ses expressions. D'autre
part, une bonne partie des écrivains bretonnants du XXe siècle ne
connaissent pas bien le breton populaire. Ils écrivent dans un breton
qui reste très proche du français quand aux tournures de phrase et aux
manières d'exprimer les choses. Si l'on étudie bien la langue
populaire, il est flagrant que ces écrivains néo-bretonnants ne
maîtrisent pas le breton si bien que ça! Ainsi, presque toute la
littérature contemporaine en breton serait discréditée.
Nous n'avons pas peur d'affirmer cela. Nous aimons le vannetais, nous
aimons le breton populaire, d'où qu'il soit - Trégor, Cornouaille,
Léon, Goélo, Vannetais.
Dans toutes les langues du monde, la littérature est créée avant tout
par les locuteurs natifs de la langue. Pourtant, ça n'est pas le cas
pour le breton! Une partie des écrivains bretonnants les plus estimés
de l'époque moderne n'ont pas appris le breton sur les genoux de leur
mère mais dans les livres. Et personne ne s'en offusque. Pourtant
ceux-là n'écrivent pas aussi bien que les locuteurs natifs, loin s'en
faut. Comme dans les autres langues, mieux vaut étudier les écrits de
ceux qui maîtrisent la langue plutôt que ceux de gens qui l'ont appris
pendant leur adolescence ou bien plus tard encore.
Il est temps de remettre à l'honneur le breton populaire, et oublier
le néo-breton. Ce néo-breton n'est autre que du français traduit
mot-à-mot, généralement, et dissimulé sous des vocables inventés,
issus de racines "celtiques" ou empruntés au gallois. L'esprit de la
langue bretonne passe à la trappe. Je comprends bien, tout de même,
ceux qui promeuvent ce néo-breton: c'est vrai, il est beaucoup plus
simple d'apprendre une poignée de mots bizarres alignés sur le modèle
de la phrase française que d'apprendre les expressions idiomatiques
d'une langue entièrement nouvelle et la façon qu'ont les anciens
bretons d'exprimer les choses."
"René Groumal" <rene.g...@rgroumal.com> a écrit dans le message de news:
438dd56a$0$3094$636a...@news.free.fr...
=Bien sûr ! C'est pourquoi je pense que les dialectes, tous les
dialectes de France cousins du français ont leur place à côté de celui-ci.
Cette place est celle que leurs locuteurs auront la volonté de leur
garantir. Sans illusion toutefois certains mourront . Le français
d'ailleurs sera-t-il de ce monde dans 5 ou 10 siècles ?
Cordialement.
RG
Loeiz apporte un élément nouveau.
En effet, j'ai un ami, Josep Saint-Pierre, qui est à l'origine du
forum soc culture occitan, petra bennak ne 'skriv ket alies warnañ.
Eñv a gomz okitaneg hepken gant ar gerent, hag int a ra Josep gwir
anehañ a ket "Joseph". Met e gerent a gomz un okitaneg gant girioù
nebeut,
ar skrivagnerien nevez (an re o deus desket ar yezh) a skriv gant kalz
girioù meur, met o doare al lavarennoù zo un tammig evel e galleg a
wechoù. (evel ma zoare-skrivañ e brezhoneg, da skouer)
J'ajouterai trois raisons plus personnelles d'aimer le Vannetais:
- Ar c'hetañ brezhoneger am eus anavezet a oa un den Iwon Ar Fur. A oa
student e Toulouse e 1974-75 ha Gwenedad eo.
- Je préfère les côtes chaudes du pays vannetais aux côtes froides
du Aod an Arvor.
- Evit un istorour evel me, skedusoc'h eo bout "Uenetus/ Gwenedad" ,
deus ar pobl taer en deus stourmet a-henep Jul Kezar eget da skouer
bout mab ar C'horiosolited.
"René Groumal" <rene.g...@rgroumal.com> a écrit dans le message de news:
438dd56a$0$3094$636a...@news.free.fr...
1- Mon breton acquis de mes parents correspondait au français de
niveau
certificat d'étude primaire que j'ai passé à 14 ans . Mais que de
mots
français appris depuis ! En breton , c'est pareil, en se cultivant, en
lisant, en voyageant, on apprend d'autres mots , on s'enrichit, ce que
je
crois avoir fait . 2- Et je peux me permettre aujourd'hui de converser
avec
des léonard ou des cornouillais qui ont fait de même , sans pour
autant
renier mon accent originel ni les spécificités vannetaises.
4- Mais je m'efforce de parler distinctement ,de minimiser les
particularismes, bref
j'essaie de me faire comprendre en utilisant mon dialecte , et ... ça
marche !
3- Ca aurait pu être une voie naturelle d'unification, sur plusieurs
génération.
Ce qui manque à chaque locuteur dialectal c'est une vue d'ensemble
du
breton ou des bretons
_________________________________
Nebeut a dra me meus da lavaret. Je voulais surtout faire ressortir ce
passage.
1- Evidemment, si on veut donner au breton la même dignité qu'au
français, on est obligé de faire par soi même pour le breton ce que
l'école a fait pour le français.
2- TRES IMPORTANT: les néo occitanophones et donc d'après vous aussi
les néo-britophones sous estiment cet aspect: quelqu'un qui parle
très bien son dialecte naturel comprend aisément les autres, à
condition d'accepter d'avoir une attention plus soutenue que
d'habitude.
C'est notre pratique habituelle au Felibrige.
Les nouveaux locuteurs souvent négligent ce fait, ils l'ignorent, et
se sentent obligé d'unifier de manière artificielle et surtout
brutale.
3- Il est évident que la langue se re-socialise, l'unité se refait.
(même si dans le cas de l'occitan certaines variantes sont
irréductibles depuis l'origine de la langue: - en graphie
mistralienne: cami/ camin, chami/ cami, mèu/mèl, oustau/oustal)
4- "Mais je
m'efforce de parler distinctement ,de minimiser les particularismes,
bref
j'essaie de me faire comprendre en utilisant mon dialecte ,"
Même expérience. Si je garde tous les traits spécifiques à
l'Auvergnat, en n'enlevant que les particularismes très spécifiques
au canton de Mauriac, je me fais comprendre partout.
Bien sûr, on n'est pas obligé pour garder sa spécificité de
parler comme les vieux qui ont le dentier qui bouge!
Groupes de discussion : soc.culture.breton
De : pikatxu <t...@txu.oo> - Rechercher les messages de cet auteur
Date : Wed, 30 Nov 2005 18:32:25 +0100
Local : Mer 30 nov 2005 18:32
Objet : Re: Breton populaire ou breton savant ?
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Ah les conflits de dialectes, écrits dans une autre langue, c'est un
grand
classique. Si vous voulez imposer un dialecte aux autres, il n'y a
qu'un
seul moyen constructif : utilisez-le.
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Il est vrai que le problème du breton se retrouvera bientôt en
occitan. Dans 20 ou 30 ans les écrivains risquent bien d'être
exculsivement des néo-occitanophones et leur langue est souvent assez
éloignée de la mienne, à tel point pour certains qu'elle ne
m'intéresse pas du tout et que je préfère le français à leur sabir
d'occitan, catalan et espagnol.
Ceci dit, pour ceux d'entre eux qui ont choisi de s'enraciner dans un
dialecte précis et d'écouter avec une (relative) humilité les 4
millions d'occitanophones encore vivants, ils parlent une langue qui a
quelques petits tics qui m'énervent, mais si je dois choisir entre la
mort et cette langue là, je choisis leur langue.
A partir de cet enfant un peu raté on pourrra faire renaître la
langue véritable.
A la fin des années 70 le Catalan d'Espagne était tellement laid
que les véritables catalanophones craignaient pour la survie de la
langue authentique.
Hiniù en dei (da gomz guéneg) le Catalan du Barcelonais ou du
Sabadelien moyen est presque parfait. Les espagnolismes dans le
vocabulaires sont assez peu nombreux, mais surtout la prononciation
authentique est réapparue comme par miracle, et les tournures
spécifiques reviennent l'une après l'autre.
Une chose est certaine: une langue unifiée ne peut pas devenir
immédiatement langue de création littéraire. La forme de
languedocien que certains veulent promouvoir ne donne rien sur ce plan,
alors même qu'elle pourrait fonctionner pour une langue
administrative.
Un certain Roger Teulat a assez bien expliqué pourquoi.
Donc pour un certain temps la littérature est obligatoirement
Auvergnate, Rouergate, Provençale, Gasconne, Limousine, Gavotte...
Le peu que je connais de littérature bretonne semble indiquer la
même chose.
La langue unifiée bretonne est magnifique, et une revue de qualité
comme "Imbourc'h" montre bien qu'elle peut servir pour manier les
concepts les plus précis, mais elle n'a pas encore le naturel, la
richesse d'expression du breton dialectal. C'est pourquoi les grands
écrivains font tous des concessions aux dialectes.
Répondre
C'est pourquoi le Provençal mistralien et sa littérature colossale
promeut cent fois mieux le Provençal que tous les discours théoriques
ne promeuvent un "lengadocian referencial" toujours pas défini avec
précision depuis plus de 60 ans qu'il est théorisé.
Il faut dire que le "lengadocian referencial" n'a donné aucune oeuvre
littéraire.
Ses tenants en sont réduit à "corriger" les troubadours ou l'oeuvre
en dialecte rouergat de Jouan Boudou pour donner un peu de corps à
leur projet funeste.
Son interlocuteur ne connaît pas ce mot français et lui demande sa
signification. Moralité: en français on a le droit de jouer à
l'intellectuelle, en breton non ! Cherchez l'erreur.
Ceci dit, j'ai eu plaisir à consulter ce site et à le lire. Qu'il ait une
longue vie!
gg
Pour la collecte de Larboulette, diffusion!!! Sortir de l'artisanat!
Impossible de la trouver dans le Leclerc que je fréquente et où pourtant il
m'arrive d'acheter des livres ou des CD en breton. Il ne faut pas croire
qu'il n'y aurait pas d'acheteurs, même à Nantes.
"loeiz" <loe...@club-internet.fr> a écrit dans le message de news:
438f0198$0$18581$7a62...@news.club-internet.fr...
1. Il n'y a pas de "breton populaire" mais DES breton populaire
2. En langue orale, le 19ième sc a vu de grands collecteurs sauver ce qui
pouvait l'être
3. Au 20 ième sc, le "breton populaire" est surtout un magma d'une infinie
multiplicité de dialects, sous et sous-sous dialectes, qui, en s'émiettant
donnent des parlers locaux sans grand intérêt sauf pour des universitaires
tordus étudiant la désagrégation d'une langue (lire à ce sujet l'article de
Goulc'han Kervella dans Al Liamm sur l'isoglose "Hiziv" en Leon qui évolue
en "'tnant"
4. Il est insultant pour les nombreux écrivains bretonnants qui ont permis
le renouveau de la langue en créant une véritable école littéraire avec
Gwalarn de dire à leur sujet que leur breton n'était pas du BON BRETON.
C'était du bon breton, de l'excellent breton.
La vérité la voilà : ceux qui ont sauvé le breton en créant une langue
standard littéraire ont commis là un péché mortel, impardonnable, puisque
ils proclament par là leur volonté politique de détacher un jour notre
destin de celui de la France.
= Est-ce que pour vous tout contributeur de ce forum qui ne pense pas
comme vous est un provocateur ?
Mon intention en publiant ce teste était simplement de créer un débat
sur un problème qui pour vous n'existe pas bien évidemment mais qui
existe pour d'autres.
>
> 1. Il n'y a pas de "breton populaire" mais DES breton populaire
> 2. En langue orale, le 19ième sc a vu de grands collecteurs sauver ce qui
> pouvait l'être
> 3. Au 20 ième sc, le "breton populaire" est surtout un magma d'une infinie
> multiplicité de dialects, sous et sous-sous dialectes, qui, en s'émiettant
> donnent des parlers locaux sans grand intérêt sauf pour des universitaires
> tordus étudiant la désagrégation d'une langue (lire à ce sujet l'article de
> Goulc'han Kervella dans Al Liamm sur l'isoglose "Hiziv" en Leon qui évolue
> en "'tnant"
> 4. Il est insultant pour les nombreux écrivains bretonnants qui ont permis
> le renouveau de la langue en créant une véritable école littéraire avec
> Gwalarn de dire à leur sujet que leur breton n'était pas du BON BRETON.
> C'était du bon breton, de l'excellent breton.
>
> La vérité la voilà : ceux qui ont sauvé le breton en créant une langue
> standard littéraire ont commis là un péché mortel, impardonnable, puisque
> ils proclament par là leur volonté politique de détacher un jour notre
> destin de celui de la France.
= Totalement inexact c'est *vous* qui accolez un projet politique à
cette création d'un breton littéraire.
gg
le site enseigne entre autres assez bien comment a été conçu le
peurunvan, en intégrant plus que je ne le pensais le T et le K.
Par exemple, je ne savias pas que "pegoulz" est uniquement trégorois
au départ.
Que "ouzon" est plus encore K que L. (à cause de la forme bas
léonaise "ouzoun")
........
Par ailleurs son but principale est atteint: faire mieux connaître le
vannetais.
A ce sujet, son concepteur Bastian ar Go a l'honnêteté et la science
de présenter les variantes à l'intérieur du vannetais.
Et si le haut vannetais me semble devoir avoir une écriture
spécifique, on peut à la rigueur transcrire le bas vannetais en
peurunvan approximatif, c'est à dire en acceptant quelques w au lieu
de quelques v par exemple.
haut vennetais: chéleu, un peut difficile à transcrire en peurunvan
bas vannetais: chilaou , assez bien transcrit "silaou" ou même
"selaou".
Répondre
Peut être que c'est ce que pense M Groumal, mais en tout cas il ne le
dit pas.
Il fait part plutôt d'une préoccupation liée au manque de naturel de
l'expression de certains néo-bretonnants, par rapport au britophones
natifs... ce qu'étaient d'ailleurrs les rédacteurs de Gwalarn.
Certains exagèrent en préconisant de dire "siañs umen"' ou
"boñjour" au lieu de
"skiantoù denel" et "demat", c'est à dire qu'ils acceptent la
dégradation du breton, jusqu'à sa disparition.
Mais je suppose que ce n'est pas le cas de tout le monde, et il y a
quand même une objection intéressante, et en tout cas légitime dans
le cas des locuteurs du Haut Vannetais.
En lisant par exemple Sébastien le Goff, je n'ai pas l'impression de
lire un patois, mais bien une langue... malgré un assez grand nombre
de francismes.
Un auteur cévenol des années 1890 1920, "Jan Castagno" (Pèire
Brabò) a lui aussi un nombre de francismes inhabituel, mais malgré
ça une langue de haute tenue littéraire, par son naturel, son
élégance, et évidemment son inspiration.
Ceci dit, Pèire Brabò ne critiquait pas les choix des autres.
Je comprends le choix de ne pas écrire en peurunvan un breton standard
Je ne comprends pas qu'on reproche à ceux qui ont choisi ce breton
standard leur choix différend.
La réalité c'est que le peurunvan et le standard défendent les
dialectes au lieu de les combattre
et que les tenants d'un breton dialectal maintiennent aussi les
ressources rbetonnes dans lesquelles puise le standard.
Le seul ennemi, c'est l'abandon du breton
On peut tirer dans la même direction sur une autre corde..
Répondre
Peut être que c'est ce que pense M Groumal, mais en tout cas il ne le
dit pas.
======= Il affirme que cela n'est que mon opinion alors que toute l'ecole
Gwalarn est basée sur ce postulat (voir le manifeste de Gwalarn)
Tant qu'à y être, je vais préciser encore, au risque d'éclabousser encore
avec mes gros sabots :
- Il n'y a pas de Breton populaire parce qu'il n'y a plus de peuple : nous
sommes dans une société de petits bourgeois lettrés ;
- le peu de "breton populaire" écrit me fait penser qu'il est temps de
démolir l'idole du "peuple" : on en a fait un être extraordinaire, source de
la bretonnitude
alors que ces gens du peuple n'auraient pas donné de sens politique à leurs
création. Sous l'influence du romantisme, on en a déduit la théorie du
"Génie Populaire".
Ijin ar Bobl. .. alors que ce n'est qu'un fatras sans queue ni tête qui
montre souvent que ces censéments "bretons populaires" quand ils écrivent
c'est que justement ils ont accès à l'écriture, aux lettres, ce qui signifie
évidemment qu'ils ... sont à moitié francisés.
- le "Breton populaire" est aussi fantasmagorique que le concept de
"Culture" qui date de la m^me époque. Il n'y a en effet pour moi PAS de
culture populaire : il n'y a que des modes, des danses, une
sous-littérature, et tout ceci reste très largement au niveau des
divertissements et non pas d'une cultrue au sens noble duquel on fait croire
que l'on parle. D'ailleurs entre les deux guerres, l'accordéon n'avait-il
pas remplacé notre biniou bien breton sans que personne ne dise que la
culture populaire en soit affectée ? Et pourtant cette évolution témoigne
d'une débretonnisation évidente de la "culture populaire" en Bretagne.
Notons que c'est après guerre que la bombarde et le biniou sont revenus sous
l'impulsion des cercles celtiques, bagadoù et festoù-Noz, mais pourquoi ne
dit on pas que ce fut une RESURECTION UNIQUEMENT DUE AU MOUVEMENT BRETON...
et le m^me phénomène s'est produit pour la langue mais dès 1925 avec
Gwalarn...
En résumé, la "culture" et la langue "populaires" sont des champs de
bataille terrains naturels du nationalisme breton.
- j'ajoute que tout ceci n'est que du folklore pour moi et qu'on ne peut pas
faire d'un simple folklore une religion comme les régionalistes sont tentés
de le faire inconsciemment à cause du background romantique qui conditionne
tout ceci. Une seule chose comptait pour Roparz Hemon et compte pour moi
aujourd'hui : créer une VRAIE CULTURE POUR AUJOURD'HUI : sa langue ne sera
pas "populaire" parce que sinon elle restera pour hier, les champs ou le
romantisme du 19ième : elle sera MODERNE, parfaitement adaptée, et aupremier
chef au point de vue linguistique.
La suite au prochain N° peut-être : ce qui est à retenir c'est que
l'histoire récente montre clairement que c'est l'Emsav qui fait revivre tout
ce qui est breton et que par conséquent c'est par l'Emsav que le breton de
demain existera . L'Emsav a des revendications politiques plus ou moins
exprimées suivant ses chapelles, mais elles tendent toutes vers une
émancipation bretonne : on voit donc bien que sans volonté politique, la
langue bretonne n'a pas de sens (et soner du biniou non plus)
Mais bon : encore une idée pas politquement correcte.
TG
>
> Tant qu'à y être, je vais préciser encore, au risque d'éclabousser encore
> avec mes gros sabots :
> - Il n'y a pas de Breton populaire parce qu'il n'y a plus de peuple : nous
> sommes dans une société de petits bourgeois lettrés ;
======= C'est sans doute déjà vrai en Bretagne et ça le devient à
grande vitesse dans certaines régions occitanes, les plaines pour
faire simple.
> - le peu de "breton populaire" écrit me fait penser qu'il est temps de
> démolir l'idole du "peuple" : on en a fait un être extraordinaire, source de
> la bretonnitude
> alors que ces gens du peuple n'auraient pas donné de sens politique à leurs
> création.
======== Vous avez encore raison. En occitan il y a encore la
différence entre littérature "haute" et littérature populaire
écrites par des gens qui ont l'occitan comme langue quotidienne. Ca ne
veut pas dire qu'ils soient illettrés ! Dans le cas des prêtres
autour de 1900 on peut supposer qu'ils savent bien aussi le français,
le latin , le grec, et qu'ils ont de bonnes notions d'Hébreu biblique.
Mais enfin autour d'eux et avec leur aide, écrivent aussi des
paysans pour ainsi dire illétrés en français.
Le problème est que les derniers écrivains populaires ont 75 ans
comme le grand Zefir Bòsc, ou le moins grand Joan Glaudi Mauri.
Donc dans dix ou quinze ans nous n'aurons nous non plus, plus rien à
attendre de la "culture populaire".
__________________________________________________________________________
Sous l'influence du romantisme, on en a déduit la théorie du
> "Génie Populaire".
> Ijin ar Bobl. .. alors que ce n'est qu'un fatras sans queue ni tête qui
> montre souvent que ces censéments "bretons populaires" quand ils écrivent
> c'est que justement ils ont accès à l'écriture, aux lettres, ce qui signifie
> évidemment qu'ils ... sont à moitié francisés.
==== Vous avez raison une fois de plus. D'ailleurs une partie du
succès de Mistral à Paris était dûe à ce fantasme. On feignait de
croire qu'il écrivait en gardant les chèvres. Or, il avait une
licence de droit, parlait latin et grec.... et son oeuvre est pleine de
réminiscences et de références à Virgile et Homère.
_____________________________________________________________________________
> -
D'ailleurs entre les deux guerres, l'accordéon n'avait-il
> pas remplacé notre biniou bien breton sans que personne ne dise que la
> culture populaire en soit affectée ? Et pourtant cette évolution témoigne
> d'une débretonnisation évidente de la "culture populaire" en Bretagne.
> Notons que c'est après guerre que la bombarde et le biniou sont revenus sous
> l'impulsion des cercles celtiques, bagadoù et festoù-Noz, mais pourquoi ne
> dit on pas que ce fut une RESURECTION UNIQUEMENT DUE AU MOUVEMENT BRETON...
> et le m^me phénomène s'est produit pour la langue mais dès 1925 avec
> Gwalarn...
======== memes tra evit ar Sardana e Katalonia. Ce sont les
Catalanistes qui sont allés chercher en Roussillon cette danse, morte
en Catalogne espagnole. N'eo ket kalz gouiet.
__________________________________________________________________
>
> En résumé, la "culture" et la langue "populaires" sont des champs de
> bataille terrains naturels du nationalisme breton.
======== comme le maintien, voire la renaissance des diverses "fêtes
traditionnelles" du Bas Languedoc qu'on nous montre à la télévision.
Il n'y a guère que la pratique de la bourrée auvergnate qui se
soit maintenue d'elle-même dans tout le Massif Central.
_________________________________________________________________________
> - j'ajoute que tout ceci n'est que du folklore pour moi et qu'on ne peut pas
> faire d'un simple folklore une religion comme les régionalistes sont tentés
> de le faire inconsciemment à cause du background romantique qui conditionne
> tout ceci.
==== J'ai eu pendant longtemps une grande indifférence pour le
folklore, et puis maintenant je le défends en espérant sauver autre
chose avec.
Effectivement c'est du background romantique. Je ne l'avais
pas perçu.
Mais les manifestations folkloriques, prétendûment
naturelles ou clairement organisées, ont l'avantage d'être les
dernières occasions où l'occitan est une langue normale en public.
Hors de ces moments-là, la langue devient un langage
privé, ce qui accélère la fragmentation dialectale.
_____________________________________________________________________________
on voit donc bien que sans volonté politique, la
> langue bretonne n'a pas de sens (et soner du biniou non plus)
> Mais bon : encore une idée pas politquement correcte.
> TG
J'espère que si. En effet en Occitanie de l'ouest les gens sont bien
conscients que les instruments et la musique traditionnels n'ont pas de
sens sans un minimum de langue.
En Provence, il est vrai, il y a des académies de "flahutaires
tambourinaires" sans aucun lien avec la langue.
Comme j'avais écrit dans la revue "Lo Gai Saber" (je traduis):
"Les tambourinaires ont un sens quand la langue vit, ils sont ridicules
quand elle est morte."
Le coeur de mon article concernait les panneaux en occitan à
l'entrée des communes. C'est bien si c'est en plus. C'est un
faire-part de décès si c'est A LA PLACE du combat pour la langue.