*Dictionnaire français-breton de Le Gonidec, enrichi d'additions et
d'un essai sur l'histoire de la langue bretonne, par Th. Hersart de La
Villemarqué, Saint-Brieuc, 1847.
*Dictionnaire breton-français de Le Gonidec, précédé de sa grammaire
bretonne, et enrichi d'un avant-propos, d'additions et des mots
gallois et gaëls correspondans au breton, par Th. Hersart de La
Villemarqué, Saint-Brieuc, 1850.
Le Gonidec n'était pas de ceux qui n'en ont "rien à foutre" des pays
celtiques. Est-il possible de tourner en dérision la référence à
l'orthographe des langues celtiques, reconnues en tant que telles dans
toutes les encyclopédies linguistiques ? Ira-t-on jusqu'à brocarder La
Villemarqué sur le forum >kervarker< ?! (1)
Les jeunes générations n'auraient pas le droit de savoir que le
breton a des quantités de mots communs (même racines, proches) avec
le gallois et le cornique ? (2) En d'autres termes, faut-il brûler les
dictionnaires Le Gonidec ? Les ignorer, les censurer ? Ont-ils
seulement été réédités depuis la fin du 19ème siècle ?
Le refus de reconnaître la filiation entre les différentes langues
celtique relève de la honte de soi, car il existe tellement de preuves
évidentes de cette parenté linguistique que nul n'est censé l'ignorer.
Le courant populiste qui sévit actuellement fustige le breton
"surunifié" et s'en prend avec hargne à l'oeuvre linguistique de
Roparz Hemon. Mais en dénigrant le travail d'unification de Gwalarn,
c'est en fait à Le Gonidec qu'on s'attaque. N'est-il pas en effet le
premier unificateur de la langue ? On croyait qu'après les analyses de
Michel Treguer, la contribution de R. Hemon (reconnue par ailleurs par
F. Favereau et même F. Broudic) ne serait plus remise en question.
Alors, faut-il brûler Le Gonidec pour faire enfin du passé table
rase ?
Et laisser la place aux chantres du breton "populaire", aux
dialectolâtres rêvant d'une révolution culturelle à la chinoise, où
l'on brûlerait les livres "bourgeois", "celtomanes" , qui propagent
l'art dégénéré du "breton chimique" ?
Quand j'entends parler de Preder, Diwan, TermBret, Ofis ar Br., je
sors mon badume ? On en est toujours là, comme dans les années 70 ?
Gwalarn avait traduit le Hamlet de Shakespeare. Il n'est pas réédité.
Faudrait-il le traduire en sous-dialecte de Plougourvest ?
Les populistes actuels sont les meilleurs fossoyeurs de la langue
bretonne. En s'opposant à toute unification linguistique, ils
découragent l'apprenant, lequel doit chercher désespérément des
référents du terroir pour être certain d'avoir le bon style, d'être
linguistiquement correct. Sous-entendu : les Haut-Bretons n'ont pas
le droit d'apprendre la langue, car ils ne pourraient que la massacrer
(3).
Le malheur est qu'aucun érudit renommé n'ose condamner le populisme et
la dialectolâtrie. Cette nouvelle campagne hargneuse "A bas le breton
unifié !" risque donc de durer encore un certain temps, avec la
bénédiction de Mme Morvan et de M. Markowicz (4).
Kilroy.
20/10/07.
==================================================================================
(1)-Voir le fil de discussion "BAS.-L'héritage des Celtes".
http://www.kervarker.org/modules.php?op=modload&name=Forums&file=viewtopic&topic=1800&forum=14
(2)- Cf : "Geriadur Kevredin ar yezhoù predenek", Yvan Guéhennec et
Mikael Keraotred, Imbourc'h 2002.
"Kembraeg evit ar vrezhoned", Yvan Guéhennec, Preder, 1997.
(3)-Voir http://bretonpopulaire.forumactif.com/search.forum?search_keywords=roparz+hemon&show_results=topics
(4)-"C'est ce que font certains lorsqu'ils fabriquent un breton unifié
plutôt que de défendre une langue vivante...
-Bien sûr". (Réponse de M. Markowicz, Revue Europe, N° 913. Mai 2005,
page 169)
> Les jeunes générations n'auraient pas le droit de savoir que le
> breton a des quantités de mots communs (même racines, proches) avec
> le gallois et le cornique ? (2) En d'autres termes, faut-il brûler les
> dictionnaires Le Gonidec ? Les ignorer, les censurer ? Ont-ils
> seulement été réédités depuis la fin du 19ème siècle ?
respont
Peb hani e oèr penaoz er langajou keltieg e zo bredeur. n'eo ket un
dra neùé.
Le Gonider en-nes lakeit diazéou mad eid skritur er brezoneg. gwech
erbed en-des greit ur yez unaneit.
Unaneit eroalh ima er yez d'he stad naturel, me gred.
Quelqu'un qui veut apprendre le breton a le choix traditionnellement
pour commencer entre le léonard et le vannetais.
Ce sont les meilleures options pour entrer rapidement dans la
littérature de haut niveau comme dans la culture populaire.
Si on veut simplifier les choses au début, on peut écrire des méthodes
de trégorois, le parler le plus clair avec le meilleur rapport entre
l'écrit et l'oral.
Mais ce serait pour mieux repousser les difficultés, parce qu'après,
l'apprenant devra bien se débrouiller devant les nombreux textes en
léonard et en vannetais.
Pour les hauts-Bretons j'ai toujours trouvé logique que ceux d'Il-ha-
Gwilenn apprennent le trégorois et ceux de Liger-Atlantel apprennent
le vannetais.
>
> Pour les hauts-Bretons j'ai toujours trouvé logique que ceux d'Il-ha-
> Gwilenn apprennent le trégorois et ceux de Liger-Atlantel apprennent
> le vannetais.
====================================================
Et après les écoliers apprenants breton du 35 seraient incapables de
communiquer
avec ceux du 44.
Désolé, c'est une mauvaise solution.
K.
>> Pour les hauts-Bretons j'ai toujours trouvé logique que ceux d'Il-ha-
>> Gwilenn apprennent le trégorois et ceux de Liger-Atlantel apprennent
>> le vannetais.
>
> ====================================================
> Et après les écoliers apprenants breton du 35 seraient incapables de
> communiquer
> avec ceux du 44.
> Désolé, c'est une mauvaise solution.
Mais quelle est donc cette langue dont les dialectes ne seraient pas
intercompréhensibles ? Mélenchon aurait-il donc raison ?
p.
Il sont intercompréhensibles au moins pour les lettrés.... et pour les gens
de bonne volonté.
Mais intercompréhension est une chose et communication fluide en est une
autre.
On a comparé avec raison le vannetais au portugais et le KLT à l'espagnol :
ce n'est pas faux puiqu'il semble quele vannetais soit né du fait d'un
territoire largement romanisé au 5ième sc à l'arrivée des Bretons... et
l'existence d'une véritable école littéraire dans ce dialecte jusqu'au début
du 20ième sc.
C'est pour des raisons politiques que l'unification de breton a été voulue
par ses acteurs écrivains. d'abord par l'entente du KLT de 1908 puis par sa
suite logique en 1941 à la demande des vannetais eux m^mes : Herrieu,
Roperzh ar Mason et Langleiz. Le nationalisme breton qui date de cette entre
deux guerres prôna l'unification du breton littéraire afin de faire du
breton un outil valable c'est à dire adapté au monde moderne, capable
d'aborder tous les plis de la pensée humaine. Ainsi il devint non plus un
ramassis de dialectes se multipliant à l'infini au fur et à mesure de la
diminution de ses locuteurs. De la langue des évêchés jusqu'au 19ième il est
devenu aujourd'hui la langue intime du quartier et des champs, où l'on ne
parle plus exactement pareil d'une commune à l'autre et m^me d'un quartier à
l'autre. A Loperc'hed F. Kervella notait 4 façons de désigner une vache sur
sa commune entre les deux guerres !
Pour un nationaliste breton, le breton a pour vocation essentielle de
devenir le vecteur linguistique de tous les bretons. En ce sens, les
dialectes n'ont qu'un intérêt affectif et une matière dont on doit tirer les
matériaux pour construire le breton moderne incluant les richesses des
dialectes.
Au 21ième sc parler dans un dialecte n'a plus de sens :
- 90 % des gens se marient à plus de 15 km de chez eux donc dans un terroir
différent (il y a 60 ans c'était exactement l'inverse)
- on déménage en moyenne en France une fois tous les 20 ans si ce n'est
moins : la notion d'aire l'inguistique n'est plus pertinante ;
- la quasi totalité de l'enseignement et de l'édition sont basées sur cette
langue standard commune, à cause des impératifs d'une société qui est
ouverte : la Bretagne est un petit village à l'heure de la mondialisation ;
- apprendre à nos enfants un dialecte particulier qui est de toute façon
moribond, vecteur d'une micro société paysanne révolue, ce n'est à mon avis
m^me pas responsable en tant que parents puique ce dialecte est limité à
tous points de vue.
TG
Pom, pom, pom... Bon ben Peyo, tu as ta réponse. Relis ces 4
arguments, remplace "langue standard commune" par "français" et
"dialecte" par "breton" et voilà : Mélenchon akbar !
> Pom, pom, pom... Bon ben Peyo, tu as ta réponse. Relis ces 4
> arguments, remplace "langue standard commune" par "français" et
> "dialecte" par "breton" et voilà : Mélenchon akbar !
Hehe :-)
La seule vraie surprise pour moi, c'était de sortir de la killing-list :-)
p.
> La seule vraie surprise pour moi, c'était de sortir de la killing-list :-)
Probablement que sa killing list a un problème de dialecte : Peyo, c'est le
vannetais de...
(bip, bip, bip, bip, bip...)
F.
Et moi qui ai appris le [haut]cornouaillais !
Caramba ! Encore raté !
A la prchène / keno
P.G
Krèdein e hret en em gomprena ket tud Bro-Dreger ha tud Bro-Gwéned ?
daou langal dishaval zo ér broiou-zé ?
Laret dim ha dreist-oll de Depod ma gomprenet er gwénédeg hag er
léoneg.
P.G
K.
> Le fait d'utiliser des graphies différentes représente quand même un obstacle
> à la communication, non ?
Pourquoi ? Tu parles en braille toi ?
p.
Kilroy.
20/10/07.
(3)-Voir
http://bretonpopulaire.forumactif.com/search.forum?search_keywords=roparz+hemon&show_results=topics
=======================================================================
Gonideg ou pas, Hémon ou pas , il est évident que pour la pérennisation
de la langue bretonne il faut une orthographe unifié. Il se trouve que le ZH
a le vent en poupe et est utilisé par la plupart des écrivainsz bretons.
Il n'est certe pas parfait et ne permet pas toujours de transcrire des
sons dialectaux qu'il n'est pas possible de sacrifier sans
affecter la richesse de la langue en général. Il faut donc l'assouplir et
continuer le travail de Le Gonidec qui a lui-même emprunter aux autres
dialectes lorsque ça lui paraissait plus correct (voir sa préface). Le nom
de Hémon est certe entaché d'une connotation historique désagréable; Cela a
été voulu par nos détracteurs. Il faut faire avec et en finir avec cette
querelle de collabo ou pas collabo qui est parfaitement stérile pour l'étude
du breton. Hémon a promu une orthographe, eh bien si elle peut faire avancer
les choses, utilisons-la. C'est pas pour autant qu'on doit adhérer à ses
idées politique, s'il en avaient , ou à sa religion.
Je ne suis pas choqué d'entendre des étudiants mélanger peurunvan et
vannetais quand ils parlent. Cela prouve qu'ils restent attachés à leurs
racines et qu'en même temps ils ont une véritable culture de la langue
bretonne. Par contre, et cela est arrivé, je suis choqué qu'un étudiant en
breton tout frais licencié...en breton me dise : "vous ne parlez pas le vrai
breton" . Inversement, ceux qui prône le maintient coûte que coûte des
orthographes dialectales se font certe plaisir mais ne travaillent pas pour
l'avenir de la langue bretonne.
Alors soyez tolérant à l'égard des vieux cons comme moi qui ne
connaissent que leurs dialecte. Pour ma part, je suis parti, il y a bien
longtemps, de la curiosité d'approfondir ma langue maternelle, pas d'une
démarche nationaliste ou idéologique.
Pour en revenir à Le Gonidec , avant lui, Grégoire de Rostrenen et Le
Pelletier faisaient également référence au gallois et même au gaélique. Je
serais plus méfiant à l'égard de La Villemarqué. Celui-ci écrivaient pour
les cercles parisiens et le succès francophone de son oeuvre n'est
qu'inspiré de matière bretonne(on sait aujourd'hui que les textes des chant
qu'il a collectés sont complètement remaniés voire dénaturés). Mais c'est
vrai qu'il a ouvert la voie des élites vers la langue bretonne.
Voilà ! J'arrête là
Loeizig
K.
Ca fait plaisir, de nos jours, de l'entendre dire.
Les adeptes du bretpop (breton populaire) sont à prendre au sérieux.
Ne serait-ce que parce qu'ils sont instruits, ont un bon niveau
intellectuel, et connaissent le breton.
Comme le remarque un intervenant critique sur le forum bretpop
(Wojtek, polonais, prof. de français à Cracovie), le discours des
bretpops ressemble à s'y méprendre à celui du Parti des Travailleurs
et de la Libre Pensée.
Le courant bretpop n'est donc pas le joujou de quelques individus
dialectolâtres, qui s'amusent à se faire peur avec le Grand Satan
Diwan et les petits satans Ofis ar Brezh., Termbret, etc... Pour mieux
vitupérer Roparz Hemon, ils se réclament de Ch. Guyonvarc'h l'Ancien.
Ils investissent le forum kervarker en crachant sur la mémoire de La
Villemarqué, Le Gonidec, Vallée et autres démons du "breton chimique".
On se croirait revenu aux années 7O, à l'époque où l' Ecole de Brest
tirait à boulets rouges sur Per Denez et l'Ecole de Rennes. Bref, il
est temps d'admettre que le 3° Emsaw n'a pas accouché d'un mouvement
linguistique et littéraire comme Gwalarn, mais que de nos jours il se
trouve des militants (du bretpop) qui souhaitant faire table rase du
passé (les seventies) et vont jusqu'à railler Alan Stivell. Le 3°
Emsaw a sombré dans le populisme, voila la triste réalité, puisque de
tels prises de position sont banalisées. Il y a même une régression
par rapport aux années 7O, époque où rares étaient les militants
bretons qui souhaitaient que Le Gonidec n'ait jamais existé.
Relisons le Manifeste de Gwalarn (février 1925) et, sans en faire un
absurde copié-collé, essayons de tracer la ligne rouge à ne pas
dépaser lorsqu'on se réclame du breton populaire.
Puisque nos érudits se taisent, enfermés dans leur tour d'ivoire,
essayons de lancer une réflexion objective sur
* l'état actuel réel (et non fantasmé) des dialectes bretons et de
leurs sous-dialectes. Argoat et Armor, car les bretpops ne parlent que
de l'Argoat.
*la nécessité d'une langue commune, d'une koinê, qui ne peut survivre
au XXI°siècle sans admettre la création de néologismes.
Le beton, comme l'allemand, peut utiliser sa richesse de dérivation -
préfixes et suffixes - pour forger un langage philosophique de haut
niveau, évidemment inconnu des terminal speakers enfermés dans leur
sous-dialecte et leur créole du français.
*le respect du patrimoins philologique hérité du 1° Emsaw (Le Gonidec)
et du 2°Emsaw (Gwalarn). Hamlet a été traduit en breton par Gwalarn.
Il n'est même pas réédité. Imaginez-vous Hamlet en bretpop, truffé de
mots fançais ?
Kilroy
23/10/07.
Kilroy
23/10/07.
============================================================================
Il faut savoir ce qu'on veut :
- utiliser la langue bretonne pour faire avancer des idées politiques
avouable ou non-avouables
- parler breton pop uniquement pour se faire plaisir
- militer pour la pérennité de la langue.
Je choisis la troisième formule. Mais cela ne peut être efficace que si on a
une profonde connaissance de de la langue dans tous ses aspects dialectaux.
Ce qui n'est pas le cas des organismes aidés par l'Etat et qui imposent une
façon parfois arbitraire d'écrire et de parler. Cette façon a l'intérêt pour
l'Etat de couper les futures générations de bretonnants de leurs racines
linguistiques. D'où la réaction des pro-dialectaux qui va.exagérément dans
l'autre sens.
Chaque bretonnant devrait trouver dans la langue renouvelée les racines de
son dialecte : un son, un accent un vocabulaire . Or la nouvelle langue n'a
aucun accent si ce n'est l'accent parisien, son vocabulaire ignore les
synonymes dialectaux, les phonem sont parfaitement français sauf les c'h .
La nouvelle langue devrait insister sur l'oralité et non exclusivement sur
l'écrit.
Il faut enfin déconnecter le combat linguistique du combat politicien.
La bévue de Martial Ménard lorsque la presse avait rapporté l'expression "ar
c'hallaoued er maez " qu'il avait insérée dans son dictionnaire(grassement
subventionné par la Collectivité), a fait plus de dégâts que le livre de
Françoise Morvan ou les propos de Mélanchon. Or le mouvement breton n'a pas
sanctionné Martial Ménard , c'est dommage car c'est un cas grave
d'irresponsabilité.
La proclamation de Gwalarn n'intéresse pas le peuple. Aucun Breton
n'envisage le monolinguisme en Bretagne. Ce qu'il souhaite c'est la
pérennisation d'une langue qu il entend encore dans les campagnes. Et c'est
à partir de là qu'il faut échaffauder une stratégie de ré-apprentissage de
la langue. Prenons au passé les matériaux qui nous paraissent solides qu'ils
soient de Gwalarn ou non, et avançons.
Loeizig.
=== pour des raisons historiques. (les choix différents des jésuites
dans des évêchés différents)
> Le fait d'utiliser des graphies différentes représente quand même un
> obstacle
> à la communication, non ?
>
> K.
=== un tammig, èl-rézon.
Ceci dit la seule différence graphique est la valeur attribuée à la
lettre e.
Le reste, ce sont des différences dialectales, pas graphiques.
> Je ne suis pas choqué d'entendre des étudiants mélanger peurunvan et
> vannetais quand ils parlent. Cela prouve qu'ils restent attachés à leurs
> racines et qu'en même temps ils ont une véritable culture de la langue
> bretonne.
respont
En plus c'est un signe de vitalité de la langue. Quand une langue sert
à communiquer réellement entre gens de zones dialectales différentes,
les gens font naturellement un mélange.
C'est ce mélange qui sera la langue nationale, par un processus tout à
fait naturel.
Dier-benn er skritur, er perunvan a zo ré bouner, me gav dein
> Vous imaginez une société bretonne sans l'écrit ?
Non.
>Uniquement du breton parlé ?
Non.
> Vous imaginez les Bretons, les Corses, les Alsaciens communiquer en
> français au moyen de graphies différentes ?
Je serais curieux de voir ça :-) Quoique, quand je vois la graphie SMS...
Ceci dit, pour des tas d'autres langues, y compris celtiques, vivantes
ou mortes, des graphies différentes ne posent pas de problèmes majeurs
et ne gênent pas l'intercompréhension, ce qui est quand même l'objectif
de base. Je ne vois franchement pas l'intérêt d'appliquer au breton
l'héghemon;-)nisme graphique en oeuvre pour le français.
Je ne suis pas forcément pour le n'importe quoi, mais je pense que la
coexistence de graphies diférentes, y compris - pourquoi pas ? - le BAS,
doit être possible. L'Histoire fera certainement une sélection dans les
différentes options ; tout ce qe je souhaite, c'est que cette sélection
soit naturelle.
p.
> Ceci dit, pour des tas d'autres langues, y compris celtiques, vivantes
> ou mortes, des graphies différentes ne posent pas de problèmes majeurs
> et ne gênent pas l'intercompréhension, ce qui est quand même l'objectif
> de base. Je ne vois franchement pas l'intérêt d'appliquer au breton
> l'héghemon;-)nisme graphique en oeuvre pour le français.
>
> Je ne suis pas forcément pour le n'importe quoi, mais je pense que la
> coexistence de graphies diférentes, y compris - pourquoi pas ? - le BAS,
> doit être possible. L'Histoire fera certainement une sélection dans les
> différentes options ; tout ce qe je souhaite, c'est que cette sélection
> soit naturelle.
>
> p.
Et je suis convaincu que pour ma part le résultat naturel sera assez
proche de l'orthographe de "Brud Nevez" et "Emgleo Breiz" (marteze e
ran ur fazi, med merhed ema ar wirione genein).
Surtout, si vous comparez à d'autres langues (le piémontais, la langue
d'oc, le wallon, le luxembourgeois) les différences entre orthographes
bretonnes sont assez minimes.
- tout le monde écrit les voyelles de la même manière
- une personne qui ne connaîtrait qu'un seul système d'écriture
breton, comprendrait quand-même les autres (quite à lire avec
difficulté) (alors que ce n'est pas du tout le cas dans les langues et
dialects sus-mentionnés)
C'est ce qui explique la grande tolérance des rédacteurs de "'Brud
Nevez" qui n'hésitent pas à faire de la pub à des livres en peurunvan
s'ils sont intéressants.
Je pense que leurs idées sous-jacentes sont:
- les lecteurs vont comprendre quand-même
- l'avenir dira qui du skolveurieg et du peurunvan est le meilleur.
(memez tra eid ar BAS)
> Il faut savoir ce qu'on veut :
> - utiliser la langue bretonne pour faire avancer des idées politiques
> avouable ou non-avouables
> - parler breton pop uniquement pour se faire plaisir
> - militer pour la pérennité de la langue.
Tu oublies une autre voie :
- parler, pour se faire plaisir, un breton "peurunvan-
arnevez" (tendance "Aber") "surrenouvelé" et "épuré" des emprunts
franco-gréco-latins au profit de néologismes d'origine celtique.
En fait c'est l'expression "pour se faire plaisir" qui décrit l'avenir
d'une telle option : la restriction à un club très fermé, destiné à
disparaître à plus ou moins court terme.
Kilroy parlait de néologie ici:
> *la nécessité d'une langue commune, d'une koinê, qui ne peut survivre
> au XXI°siècle sans admettre la création de néologismes.
Certes, mais lesquels ?
> Le beton, comme l'allemand, peut utiliser sa richesse de dérivation -
> préfixes et suffixes - pour forger un langage philosophique de haut
> niveau, évidemment inconnu des terminal speakers enfermés dans leur
> sous-dialecte et leur créole du français.
Je suis désolé Kilroy, mais il y a plusieurs façons d'aborder la
néologie.
On peut très bien envisager une néologie se basant de façon
prépondérante sur les emprunts au vocabulaire le courant dans les
langues occidentales les plus répandues -- et dans ce cas, c'est la
dérivation gréco-latine qui s'impose. C'est le modèle choisi au pays
Basque, c'est également la source dominante de néologismes en anglais
-- pourtant, qui songe une seule seconde à qualifier les néologismes
anglais de "créole" ?
Ne peut-on pas aussi parler de "créole" chez les néo-bretonnants qui,
s'ils assimilent un vocabulaire "celtiquement correct", n'en
empruntent pas moins au français l'accent tonique et les formes
syntaxiques ou gramaticales ? Sans parler d'expressions idiomatiques
traduites mot-à-mot ?
Quant aux "terminal speakers enfermés dans leur sous-dialecte et leur
créole du français" l'autre façon de devenir un terminal speaker du
breton, bien enfermé dans son petit monde, c'est de créer de toutes
pièces et de n'utiliser qu'un sous-dialecte reniant les mots d'origine
franco-gréco-latine, et par conséquent compris par une minorité
infime. Dans ma vie quotidienne, j'ai déjà suffisamment peu l'occasion
de causer avec des bretonnants (et j'habite pourtant dans le Trégor)
si en plus je leur parle un sabir celtomaniaque, ils s'en tiendront au
"Mad ar jeu ?" pour toute conversation.
Je souscris entièrement par ailleurs à ce que dit Loeizig sur
l'efficacité de l'Ofis par rapport à l'usage quotidien que l'on fait
de la langue. Quant à ceci :
> La bévue de Martial Ménard lorsque la presse avait rapporté l'expression "ar
> c'hallaoued er maez " qu'il avait insérée dans son dictionnaire(grassement
> subventionné par la Collectivité), a fait plus de dégâts que le livre de
> Françoise Morvan ou les propos de Mélanchon. Or le mouvement breton n'a pas
> sanctionné Martial Ménard , c'est dommage car c'est un cas grave
> d'irresponsabilité.
Difficile de dire si le mouvement breton a ou non sanctionné Ménard,
ce qui est certain, c'est qu'un autre Grand Satan, "la main invisible
du marché", s'est chargé de le faire, et personne du mouvement breton
ne s'est précipité au secours d'An Here. La maison d'édition n'est
plus qu'un souvenir, ses stocks ont été rachetés à vil prix par Coop
Breizh, Al Liamm (qui avait été acquis par An Here) vivote de nouveau
par ses propres moyens et fait appel au besoin à Coop Breizh pour les
opérations les plus onéreuses (réédition du pitidico de RH) .
Pour le reste, je rejoins le pragmatisme de Loeizig : s'appuyer sur ce
qui est solide et bien établi, peu importe ses origines. L'écriture
peurunvan est la plus utilisée actuellement, utilisons-là quitte à
l'assouplir un peu pour refléter les formes dialectales. Certains
ouvrages comme la grammaire de Kervella sont, et restent
incontournables. Y en a un peu marre de faire table rase à tout bout
de champ, on ne contruit rien de cette façon.
HG
Gast ! c'est le bon choix;
une langue peu traficotée par les grammaticulteurs,
qui a évolué écologiquement à coups de gist depuis Nominoé.
Iffic
http://www.1000questions.net/br/adam-br.html
"Citoyen de la République" <citoyendel...@laposte.net> a écrit dans
le message de news: 471fc6e1$0$5113$ba4a...@news.orange.fr...
>
> Difficile de dire si le mouvement breton a ou non sanctionné Ménard,
> ce qui est certain, c'est qu'un autre Grand Satan, "la main invisible
> du marché", s'est chargé de le faire, et personne du mouvement breton
> ne s'est précipité au secours d'An Here. La maison d'édition n'est
> plus qu'un souvenir, ses stocks ont été rachetés à vil prix par Coop
> Breizh, Al Liamm (qui avait été acquis par An Here) vivote de nouveau
> par ses propres moyens et fait appel au besoin à Coop Breizh pour les
> opérations les plus onéreuses (réédition du pitidico de RH) .
>
> Pour le reste, je rejoins le pragmatisme de Loeizig : s'appuyer sur ce
> qui est solide et bien établi, peu importe ses origines. L'écriture
> peurunvan est la plus utilisée actuellement, utilisons-là quitte à
> l'assouplir un peu pour refléter les formes dialectales.
>
> HG
Dire "L'écriture peurunvan est la plus utilisée actuellement," est un
acte de foi militante.
Cette affirmation est d'ailleurs contredite par votre paragraphe
précédent. Même avant, "Emgleo Breiz" était déja la seule maison
d'édition sérieuse par le nombre de ses livres. (Elle s'appelle Emgleo
Breiz, pas "Emglev Breizh")
Mais peu importe, si vous assouplissez le peurunvan, vous arrivez à
peu près au skolveurieg. Il n'y aura plus de raison graphique de
s'engueuler.
Que la dérivation greco-latine soir prépondérante dans la néologie
basque, je veux bien le croire, mais il faudrait quelques preuves.
N'oublions pas que le refus de la néologie celtique, chez les
Bretpops, porte sur les mots abstraits, par exemple sur les suffixes -
EZH ou -ADUR (lire leur délire sur le site >bretonpopulaire< déjà
cité). Les Basques adoptent vraiment beaucoup de mots abstraits issus
du modèle gréco-latin ?
On peut très bien adopter Taxi, Polar, Tsunami, en breton comme en
basque. Mais de là à copier le français pour dire "Traité
constitutionnel" ou "Troubles obsessionnels compulsifs", il y a une
marge...
La comparaison avec l'anglais n'est pas pertinente. L'anglais a fait
son plein de néologisme il y longtemps. C'est une langue d'Etat, en
pleine expansion. Le breton est une langue sans Etat, sur le déclin.
Le breton ne peut pas se permettre d'être laxiste en matière
d'emprunts au français. Les derniers Actu Breizh (TV Breizh) en
breton, avant qu'ils soient supprimés, nous montraient bien à quel
point le breton badume était créolisé. Est-ce là la langue à enseigner
à Diwan dès le début du cursus ? A Divskouarn (Cf: Bremañ, Here
2007). Faut-il bannir le mot Soubidigezh (néologisme daté 1992 d'après
Deshayes) pour dire et enseigner le mot IMERSION , giz Bretpop?
Le hongrois et le tchéque, il n'y a pas si longtemps, au moment de
leur unification, chacun de leur côté, ont dû procéder à un tri pour
éliminer un certain nombre de mots allemands ou polonais. Je doute que
les érudits fondateurs du hongrois et du tchéque moderne soient
brocardés dans leurs pays comme Le Gonidec et R. Hemon le sont
continuellement en Bretagne, pour avoir fait la même chose avec le
français.
Les néo-bretonnants constitueront bientôt - s'ils ne le sont déjà - la
majorité des locuteurs et lecteurs. Il serait temps de cesser de les
culpabiliser. A eux, à chacun d'eux, de faire l'effort nécessaire pour
la maîtrise de l'accent tonique (comme il faut le faire en anglais),
la maîtrise des formes syntaxiques, grammaticales correctes et pour
la recherche d'expressions idiomatiques.
Nos érudits, quant à eux, ont une part non négligeable de
responsabilité dans le marasme actuel et l'apparition des Bretpops.
Depuis 1975, ils ont refusé la voie de la discussion scientifique et
de la tolérance politique, ils ont césse de se rencontrer pour
résoudre les problèmes linguistiques en suspens, notamment celuii de
l'orthographe. Il y a eu deux rendez-vous manqués, deux occasions
perdues. La première fois, avec la parution de l'Assimil de F.
Morvannou. Skol Vreizh n'a pas défendu avec assez de punch l'
Etrevroadel. La deuxième fois, lors de la parution du Dictionnaire
étymologique du breton, on a vu Gw. Le Menn tirer à boulets rouges sur
l'ouvrage de A. Deshayes, sans qu'il y ait discussion sur les
innovations graphiques proposées.
A mon avis, le déclin de la langue bretonne va continuer s'il n'y a
pas un sursaut en faveur d'une unification plus poussée (intégration
du vannetais). Au lieu de la fuite en avant préconisée par les
Bretpops, un retour aux sources brittoniques s'impose. Complété,
conjugué, avec l'adoption des ressources modernes offertes par
l'Alphabet phonétique international. Ce serait la meilleure façon des
trancher les litiges.
La parole est aux érudits. Faut-il brûler Le Gonidec ? Quand certains
esprits extrêmistes répondent allègrement OUI, on aimerait voir
quelques érudits réagir. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Y
compris sur le forum Kervarker, la mode popu tient le haut du pavé. La
Villemarqué ? Un ringard peu fiable dont on aurait fort bien pu se
passer. Bientôt, ce sont tous les grands noms de l'Histoire de la
littérature bretonne de F. Faverau qu'il faudra éviter de citer, sous
peine de passer pour un affreux "élitiste". sous prétexte que "Ca
barbe les jeunes!" ou que "Dans mon badume, personne ne connaît ces
gens-là!".
> Que la dérivation greco-latine soir prépondérante dans la néologie
> basque, je veux bien le croire, mais il faudrait quelques preuves.
> N'oublions pas que le refus de la néologie celtique, chez les
> Bretpops, porte sur les mots abstraits, par exemple sur les suffixes -
> EZH ou -ADUR (lire leur délire sur le site >bretonpopulaire< déjà
> cité). Les Basques adoptent vraiment beaucoup de mots abstraits issus
> du modèle gréco-latin ?
Oui. Ils en sont même plutôt fiers. L'enjeu, comme en bretagne
d'ailleurs, c'est plutôt le vocabulaire de la vie quotidienne moderne :
sandwich par exemple :-)
> On peut très bien adopter Taxi, Polar, Tsunami, en breton comme en
> basque. Mais de là à copier le français pour dire "Traité
> constitutionnel" ou "Troubles obsessionnels compulsifs", il y a une
> marge...
Tu pointes bien un des aspects du problème : doit-on aller chercher le
français de France ? Je n'en suis pas si sûr. Pour moi, l'exemple type,
c'est (téléphone) portable qui donne "hezoug" (j'ai vraiment eu du mal
la première fois que je l'ai rencontré celui-là ; parfois utilisé comme
un substantif !). Doit-on aller chercher ce "portable" qui n'est guère
employé qu'en France alors que le reste du monde va chercher le "mobile"
ou le "cellulaire" ?
> La comparaison avec l'anglais n'est pas pertinente.
On ne risque donc pas d'aller bien loin :-)
> Depuis 1975, ils ont refusé la voie de la discussion scientifique et
> de la tolérance politique
C'est bien tout le problème de la langue bretonne à mon avis. Mélenchon,
bien renseigné ;-), ne s'y trompe d'ailleurs pas.
> A mon avis, le déclin de la langue bretonne va continuer s'il n'y a
> pas un sursaut en faveur d'une unification plus poussée (intégration
> du vannetais). Au lieu de la fuite en avant préconisée par les
> Bretpops, un retour aux sources brittoniques s'impose. Complété,
> conjugué, avec l'adoption des ressources modernes offertes par
> l'Alphabet phonétique international. Ce serait la meilleure façon des
> trancher les litiges.
La meilleure façon de les trancher, c'est de de l'entendre et la parler.
Tant que sa visibilité (ou son audibilité) sera cantonnée à des cercles
fermés et à des créneaux horaires dérisoires, on n'avancera pas ;
retournons cette tendance et laissons la sélection naturelle faire ;-).
Déès lors, chacun choisira s'il veut dire "traité constitutionnel
européen", "constitution européenne", "TCE" ou "piège à Giscard" ;-)
Mes 2 centimes,
p.
TG : Tout d'abord je déplore que cette discussion se fasse en français alors
qu'il s'agit d'un débat qui regarde uniquement les bretonnants.
D'autre part, je dois repréciser mon opinion qui est aussi celle de Roparz
Hemon et Youenn Olier : il n'est pas question pour nous d'oeuvrer à
l'éradication des dialectes : nous constatons seulement :
1. qu'ils ne sont pas adaptés à la société moderne ;
2. que , pour donner un avenir au breton dans la société moderne, il lui
fallait une standartisation amorcée par le Gonidec et Vallée et continuée
par Roparz Hemon
3. celui-ci a fait le travail sur le terrain qu'il a choisi : la
littérature. Ses motivations sont évidemment liées au nationalisme breton
mais c'est un autre problème. Ce que je veux souligner c'est qu'il s'est
limité à la littérature et à la linguistique ;
4. ses successeurs naturels dans cette volonté de modrrnisation salutaire du
breton , après 1962, se sont attelés au vocabulaire spécialisé dans tous les
domaines. Là le travail était plus ingrat parce que la déconnection avec la
"langue du peuple" qui délaissait en masse le breton depuis 50 ans et
n'élevait plus nulle part les enfants dans la langue, a nommé ce traivail
"le breton chimique" ;
5. Il n'empêche : ce travail ingrat a été commencé et a connu de réels
succès : voir les éditions Preder notamment, mais aussi Imbourc'h (par
exemple le livre deux fois édité "En donvor da Vreizh" de Jil Ewan, le seul
ouvrage de théorie politique jamais édité en breton sur le fédéralisme
intégral, ar gevangevreadelouriezh.
6. Imbourc'h a aussi édité trois dicos. Sur les dizaines de miliers de
néologismes qui sont sortis de cet immense effort, on peu regretter le peu
de "réinvestissement" de ces proposition, concrètement, c'est vrai. Disons
qu'au moins un pour cent de ces propositions ont passé la barre de leur
appropriation par les intellectuels bretonnants de tous bords : j'en veux
pour preuve le mot "Kenderc'herezh" inventé par Youenn Olier en 1945.
"Pellgomz" qui a été accepté grace à des milliers de décalquemanies collés
par Youenn souffez sur les cabines téléphoniques entre 1970 et 1990, à ses
frais.
7. La situation de l'Allemand a peu de choses à voir avec le breton :
7.1 Nous n'avons pas d'état, c'est à dire que nous sommes en face d'un état
qui veut la mort de notre nationalité incarnée essentiellement par notre
langue ;
7.2 Nous n'avions pas de littérature digne de ce nom avant La Villemarqué et
surtout l'école de Gwalarn animée par R Hemon. La littérature bretonne est
donc à voir comme un outil, un instrument, une arme pour organiser la survie
du breton dos au mur de son éradication. ceci est oublié et très important.
Youenn Olier a écrit deux volumes qui mettent cela en évidence (réédité
trois fois par Imbourc'h) où il montrer écrivain par écrivain que leur
oeuvre est TOUJOURS liée à ce combat pour la vie de notre langue ;
7.3 A cet égard, j'insiste encore pour souligner que Roparz Hemon, tout
comme Youenn Olier auraient pu choisir d'autres terrains pour ce combat.
L'essence est clairement nationaliste. Idem pour yann Vari Perrot
d'ailleurs. Roparz Hemon a d'ailleurs adossé Gwlarn au Parti National Breton
en 1925 à la création, et Youenn Olier a commencé par l'action politique en
1945 avec AVEL AN TREC'H et c'est lui qui a imposé le premier la fidélité au
peurunvan dans l'immédiate après guerre alors que Al Liamm parraissait dans
ses premier numéros dans l'écriture de 1908. La signification politique
nationaliste est évidente. Youenn Olier a ensuite délaissé l'action
politique pour faire oeuvre d'écrivain à son tour mais aussi de critique
littéraire et de philosophe ou au moins de penseur pour donner du sens à
cette modernisation du breton.
7.4 Contrairement à l'allemand, en 1954 et 1970 dates où deux écritures
antinationalistes ont été inventées l'une à l'initiative de l'alliance de
l'Univertsit (c'est à dire l'état) et l'Eglise en Finistère (pour se
démarquer des affreux nationalistes accusés à tort de collaborationisme
pendant la guerre) , l'autre à l'initiative de l'UDB qui rejettait ainsi la
paternité du nationalisme historique issu du PNB. A chaque chapelle
politique son écriture !!! On voit bien que cette posture divisait les force
et servait la cause de l'état français assasin de notre langue nationale.
Contrairement à l'Allemand donc, nous n'avons presqu'aucun levier pour
changer quoi que ce soit dans l'abandon massif de notre langue. Les seuls
leviers possibles furent un travail de littérature, de standardisation,
d'aditions de revues peu diffisées et de qualité failbe : ABK AL Liamm
Imbourc'h, Hor Yezh, Emsav, Barr-Heol , d'enseignement de cours par
correspondance ou du soir, et les camps de KEAV : un travail qui ne
concernait qu'un petit nombre d'intellectuels bretonnants, à peine un
millier tout au plus.
7.5 En allemand le Hochdeutch est la algue commune et il y a des dialectes
qui comptent des dizaines de millions de locuteurs. En Bretagne aujourd'hui
vous avez au maximum 200.000 locuteurs dont peu d'enfants : 5000 et
seulement 30 à 40.000 personnes à peu près lettrées dans notre langue. Mais
seulement quelques centaines maîtrisent assez bien le breton pour pouvoir se
passer du français. Tous les dialectes sont moribonds.
7.6. La situation géographique socio-politique n'est absolument pas la m^me.
Imaginons un instant que par miracle il y ait un gouvernement fédéral en
Bretagne à l'image des länders et que l'on érige le breton en langue
officielle avec apprentissage obligatoire de la langue dans les écoles et
pour tous les fonctionnaires. On peut rêver et cela est très loin d'arriver
: la réalité est toute différente, ne prenons pas nos désirs pour la réalité
La réalité c'est que nous sommes en présenced'une idéologie soixantehuitarte
et gauchiste du retour dans le ventre de la mère et l'on ne voit pas que
cette mère ne peut plus enfanter : il y a plus de soixante ans qu'elle a
fait sa ménopose. Elle a perdu ses dents et son baraguin et de moins en
moins audible ; sa voix s'éteint ; elle ne comprend rien à ce monde. La
question est de savoir si on va l'euthanasier. Hé bien non ! On va la
laisser s'en aller en paix, l'entourer de notre affection... mais on ne va
pas arracher les dents de nos enfants pour qu'ils prononcent les mots comme
elle, et on ne va pas les loger dans une masure sans téléphone ni
élctricité, télé internet et skybox pour autant. Non : on se met à genoux au
pied de son lit pour prier Dieu et les saints fondateurs de la Bretagne,
avec elle, pour qu'elle le retrouve au paradis et que ses enfants donnent un
avenir à ce pays, dans une langue renouvelée, adaptée à eux, un outil qui ne
soit pas rouillé et un manche qui ne soit pas vermoulu. Ils ont été chercher
la pelle rouilllée dans l'établi, en ont gratté la rouille, fait quelques
point de soudure au besoin, puis il l'ont peinte d'une peinture antirouille
et sont allés chercher une branche de chataîgner pour confectinner un
nouveau manche à l'identique.
Et maintenat ils creusent les fondations de la nouvelle maison, an Ti Nevez,
juste à côté du Ty Coz. Le samedi soir ils vont la voir, jouer aux dominos
avec elle, regarder les photos de ses parents en habits de mariés, le
diplome de certificats d'étude encadré et la multitudes de calendriers sous
la crasse de merde de mouches qui entourent l'apoteiz, et manger des crêpes
au goût rance du boeurre que Mamm-Goz continue à faire pour s'occupper,
avant la prière du soir, signal du Kenavo.
Mais de retour au Ti Nevez les enfants le lendemain préparent leur brevet et
leur bac en breton, le père fait un thèse de doctorat sur les énergies
nouvelles et la mère se demande continue avec opiniatreté à essayer
d'enrichir son breton avec Skol Ober. Elle a a traduire : "Le brûleur du
plan de cuisson à encastrement ne s'alume pas ou la flamme n'est pas
uniforme. Avez vous contrôlé si les orifices de sortie du gaz ne sont pas
pas hasard bouchés, si les pièces amovibles sont bien montées correctement
ou si il n'y a pas de courants d'air dans les environs de la table (...)"
Parce qu'elle sait qu'elle est le maillon faible pour que sa famille
continue à être bretonnante, la seule de ce canton de l'arrondissement de
Chateaulin d'ailleurs.
> Elle a perdu ses dents et son baraguin et de moins en moins audible
Encore cette obsession pour la dentition... Vous avez été traumatisé par une
prothèse dentaire durant votre adolescence ?
> on se met à genoux au pied de son lit pour prier Dieu et les saints
> fondateurs de la Bretagne, avec elle, pour qu'elle le retrouve au paradis
> et que ses enfants donnent un avenir à ce pays, dans une langue
> renouvelée, adaptée à eux, un outil qui ne soit pas rouillé et un manche
> qui ne soit pas vermoulu.
Pourquoi ?
Je ne comprends pas l'objectif premier de "donner un avenir à ce pays" alors
qu'il devrait être de donner un avenir aux Bretons. Et si ce pays s'incarne
en eux par leur sentiment identitaire, quelle étrange façon de le respecter
en le reconstruisant de toute pièce pour... ben oui, à nouveau, pourquoi en
fait ? Ne perdez pas de temps à dénoncer le fait que je dénierais tout droit
à l'avenir de ce pays, ce qui serait une esquive infondée : ce qui
m'intéresse vraiment, c'est votre objectif réel, qui se cache derrière cette
idée abstraite d'avenir d'un pays.
> Et maintenat ils creusent les fondations de la nouvelle maison, an Ti
> Nevez, juste à côté du Ty Coz.
Ca marche pour les familles recomposées, arabo-bretonnes, devenues
homoparentales après un divorce par consentement mutuel ?
F.
On peut très bien adopter Taxi, Polar, Tsunami, en breton comme en
basque. Mais de là à copier le français pour dire "Traité
constitutionnel" ou "Troubles obsessionnels compulsifs", il y a une
marge...
La comparaison avec l'anglais n'est pas pertinente. L'anglais a fait
son plein de néologisme il y longtemps. C'est une langue d'Etat, en
pleine expansion. Le breton est une langue sans Etat, sur le déclin.
Le breton ne peut pas se permettre d'être laxiste en matière
d'emprunts au français. Les derniers Actu Breizh (TV Breizh) en
breton, avant qu'ils soient supprimés, nous montraient bien à quel
point le breton badume était créolisé. Est-ce là la langue à enseigner
à Diwan dès le début du cursus ? A Divskouarn (Cf: Bremañ, Here
2007). Faut-il bannir le mot Soubidigezh (néologisme daté 1992 d'après
Deshayes) pour dire et enseigner le mot IMERSION , giz Bretpop?
Le hongrois et le tchéque, il n'y a pas si longtemps, au moment de
leur unification, chacun de leur côté, ont dû procéder à un tri pour
éliminer un certain nombre de mots allemands ou polonais. Je doute que
les érudits fondateurs du hongrois et du tchéque moderne soient
brocardés dans leurs pays comme Le Gonidec et R. Hemon le sont
continuellement en Bretagne, pour avoir fait la même chose avec le
français.
Les néo-bretonnants constitueront bientôt - s'ils ne le sont déjà - la
majorité des locuteurs et lecteurs. Il serait temps de cesser de les
culpabiliser. A eux, à chacun d'eux, de faire l'effort nécessaire pour
la maîtrise de l'accent tonique (comme il faut le faire en anglais),
la maîtrise des formes syntaxiques, grammaticales correctes et pour
la recherche d'expressions idiomatiques.
Nos érudits, quant à eux, ont une part non négligeable de
responsabilité dans le marasme actuel et l'apparition des BRETPOPS.
Depuis 1975, ils ont refusé la voie de la discussion scientifique et
de la tolérance politique, ils ont césse de se rencontrer pour
résoudre les problèmes linguistiques en suspens, notamment celuii de
l'orthographe. Il y a eu deux rendez-vous manqués, deux occasions
perdues. La première fois, avec la parution de l'Assimil de F.
Morvannou. Skol Vreizh n'a pas défendu avec assez de punch l'
Etrevroadel. La deuxième fois, lors de la parution du Dictionnaire
étymologique du breton, on a vu Gw. Le Menn tirer à boulets rouges sur
l'ouvrage de A. Deshayes, sans qu'il y ait discussion sur les
innovations graphiques proposées.
A mon avis, le déclin de la langue bretonne va continuer s'il n'y a
pas un sursaut en faveur d'une unification plus poussée (intégration
du vannetais). Au lieu de la fuite en avant préconisée par les
Bretpops, un retour aux sources brittoniques s'impose. Complété,
conjugué, avec l'adoption des ressources modernes offertes par
l'Alphabet phonétique international. Ce serait la meilleure façon des
trancher les litiges.
La parole est aux érudits. Faut-il brûler Le Gonidec ? Quand certains
>> On peut très bien adopter Taxi, Polar, Tsunami, en breton comme en
>> basque. Mais de là à copier le français pour dire "Traité
>> constitutionnel" ou "Troubles obsessionnels compulsifs", il y a une
>> marge...
>
> Tu pointes bien un des aspects du problème : doit-on aller chercher le
> français de France ? Je n'en suis pas si sûr. Pour moi, l'exemple type,
> c'est (téléphone) portable qui donne "hezoug" (j'ai vraiment eu du mal
> la première fois que je l'ai rencontré celui-là ; parfois utilisé comme
> un substantif !). Doit-on aller chercher ce "portable" qui n'est guère
> employé qu'en France alors que le reste du monde va chercher le "mobile"
> ou le "cellulaire" ?
>
Hezoug: pas mal. Ça me rappelle l'esprit du mot pour portable en hébreu
moderne: péléphone (pélé = miracle), adopté d'abord par la compagnie qui
a lancé le "mobile" en Israël, et éventuellement repris par tout le monde.
-Gildas
Arf. Les bretonnants non-lettrés n'ont pas attendu les délibérations
d'Ofis ar Brezhoneg pour créer leur propre vocabulaire. Entendu en
Kerne-Uhel :
"Ah, te 'teus prenet un telefon-godell ivez ?"
La langue bretonne et son esprit vivent encore, loin d'une improbable
bureaucratie linguistique....
HG
K.
K.
> Les Italiens disent "telefonino".
> On peut penser à "telefonik" ou "pellgomzik".
Ca confirme donc bien la productivité des racines gréco-latines en
breton. Bien.
Ceci dit, j'ai toujours bien aimé pellgomz (très comparable à l'allemand
Fernsehen) car il est formé de deux mots *simples*, appartenant à un
vocabulaire "de base" et est un calque parfait de l'emprunt grec. C'est,
selon moi, la piste qui doit être empruntée en néologie. Si les racines
utilisées sont trop savantes et/ou trop obsolètes, autant revenir au
gréco-latin.
> Mais "telefon-godell" n'est pas mal non plus !
Je dirais même qu'il est carrément rock 'n roll :-)
p.
Pom, pom, pom... Bon ben Peyo, tu as ta réponse. Relis ces 4
arguments, remplace "langue standard commune" par "français" et
"dialecte" par "breton" et voilà : Mélenchon akbar !
TG : en effet ! Mélanchon fait mine de regarder le breton comme un dialecte
sans intérêt.
En réalité il voit très bien le danger - en puissance, bien
malheureusement - que constitue le breton vu comme langue nationale des
Bretons : cela met en cause la fameuse "unité nationale" extraconale.
Pour moi le breton a pour vocation de redevenir notre langue nationale :
quoi de plus logique pour y parvenir de commencer par la libérer du carcan
des dialectes pour arriver à un vecteur standard commun à tous les
bretonnants ? Ce vecteur est un outil pour construire ensemble la Bretagne
de demain, autant qu'elle est aussi par là-m^me le lien commun qui incarne
la communauté.
Ya, me ivez a gompren mat-a-walc'h ar gwenedeg, ha dreist-holl hini Gwened
Izel. Plijus eo o fouezh mouezh evel an holl brezhonegoù
TG
>
TG : en quoi cela serait-il logique ? Du 35 il faut faire 100 km au moins
pour trouver des terminal speakers parlant ce dialecte. Ce qui est logique
c'est qu'ils apprennent le trégorois en plus de la langue commune pour
attrapper un accent correct et goûtent un peu la saveur d'un breton du
terroir, si le tregor est la zone bretonnante la plus proche de chez eux...
Mais pour la vraie vie, celle de tous les jours, le seul vecteur valable est
celui des écoles où ils metteont leurs enfants, les émissions de radio
qu'ils capteront, et les gens qu'ils rencontreront : ceux là ne viennet pas
en majorité du Trégor !
TG : cela c'est du bon sens.
Il se trouve que le ZH
> a le vent en poupe et est utilisé par la plupart des écrivainsz bretons.
TG : c'est d'ailleurs sa légitimité. En 1941, c'est la quasi totalité des
écrivains qui ont souscrit à cette unification orthographique, y compris
Keravel et Merser.
> Il n'est certe pas parfait et ne permet pas toujours de transcrire des
> sons dialectaux qu'il n'est pas possible de sacrifier sans
> affecter la richesse de la langue en général.
TG : c'est le propre de n'importe quelle orthographe de na pas transcrire
toutes les prononciations dialectales et sous-dialectales. Le locuteur dans
un dialecte donné connaît lui la clé entre l'orthographe et son dialecte,
s'il est lettré. Et s'il n'est pas lettré... il n'a pas besoin
d'orthographe.
par définition.
< Il faut donc l'assouplir
TG Absolument pas. Le travail de 1941 a consisté à faire quelques
concessions pour intégrer le vannetais pour les principales différences,
notamment le fameux Z klt prononcé C'H en vannetais. Du point de vue de la
syntaxe et de mots particuliers venant du vannetais, l'orthographe
n'intervient PAS et c'est là à mon avis où le vannetais doit surtout
apporter sa richesse particulière à ne pas sacrifier comme vous dite avec
raison.
> continuer le travail de Le Gonidec qui a lui-même emprunter aux autres
> dialectes lorsque ça lui paraissait plus correct (voir sa préface).
TG On n'est pas dans le domaine de l'orthographe là. J'ai l'impression que
l'on fait un amalgame.
Le nom
> de Hémon est certe entaché d'une connotation historique désagréable; Cela
> a été voulu par nos détracteurs.
TG Tout à fait. Et cela a été relayé à l'intérieur du mouvement breton et au
plus haut niveau. Le CA de Diwan en particulier qui a fait allégeance au PSF
pendant la cavale de 2001.
Il faut faire avec et en finir avec cette
> querelle de collabo ou pas collabo qui est parfaitement stérile pour
> l'étude du breton. Hémon a promu une orthographe, eh bien si elle peut
> faire avancer les choses, utilisons-la. C'est pas pour autant qu'on doit
> adhérer à ses idées politique, s'il en avaient , ou à sa religion.
TG : Je ne vais pas tout à fait jusque là personnellement mais je comprend
votre position qui est assez courante aujourd'hui. Permettez moi de redire
mon point de vue : pour moi, il faut bien voir la volonté politique liée à
l'unification de 1941. Cette volonté est nationaliste, suivant le théorème
qu'une nation en devenir comme la nôtre a besoin d'une langue nationale
unifiée pour tout son territoire. Pour permettre son enseignement et devenir
l'outil du futur état breton. Si on en était resté à l'antagonisme
KLT/vannetais il restait deux solutions : la dispartion radicale du
vannetais et l'adoption du KLT comme langue nationale. Roparz Hemon jusqu'en
1940 était pour cette option pour des raisons pratiques évidentes (en KLT il
existait un noyau intellectuel qui allait grandissant avec Skol Walarn,
tandisqu'en vannetais, il n'y avait pas cette perspective et les dialectes
vannetais allaient à volo beaucoup plus rapidement que dans la zone KLT,
plus grande et plus homogène).
On ne peut pas mettre sous le boisseau que ceux qui ont lutté contre le ZH
dès 45 l'ont fait également principalement pour contrer cette vision
nationaliste de la langue : en 1954 c'est l'alliance du goupillon et de
l'Etat proposant le falc'huneg et le Henrioeg (la graphie vannetaise
nouvelle) pour se démarquer des affreux nationalistes-collabos ; en 1970
c'est l'UDB qui se sert aussi de l'orthographe comme moyen d'identification
entre ses membres et refuser l'oeuvre de modernisation de la langue
entreprise par Gwalarn, d'esprit élitiste (former une élite maîtrisant le
breton dans des domaines vitaux pour le sicècle et où le breton était
dramatiquement absent; Preder imbourc'h et autres ont abordé d'autres
domaines que la littérature sans cèder aux chimères de s'entererer vivant à
Glomel pour sauver son breton par acharnement thérapeutique) : on promeut
les dialectes en croyant pouvoir les sauver, et on rejette la vision
nationalitaire de la langue pour aller avec l'eau du fleuve , c'est à dire
après 68 un gauchisme qui donne la m^me valeur à tout et refuse notamment la
valeur supérieure du breton standard par rapport aux parlers locaux. En
toute logique, ces tenants ont cru et font toujours croire que le
bilinguisme est la planche de salut pour notre langue, qui en passant, n'est
plus nationale par définition, sans acdepter le fait qu'aucune langue au
monde ne peut survivre autre qu'en soins palliatifs dans ces conditions : le
bilinguisme n'est en réalité que le passage d'un monilinguisme à un autre
monolinguisme, est c'est exactement ce à quoi on assiste.
< Je ne suis pas choqué d'entendre des étudiants mélanger peurunvan et
> vannetais quand ils parlent.
TG : moi non plus si cela n'affecte pas trop une conversation fluide. Le
propre d'une conversation est que les deux locuteurs adaptent leur langage à
celui de leur interlocuteurs. Je ne parle pas tout à fait le ^m^me breton
avec mes voisins qu'avec mes enfants ou encore lorsque j'écris dans
imbourc'h.
<Cela prouve qu'ils restent attachés à leurs
> racines et qu'en même temps ils ont une véritable culture de la langue
> bretonne.
TG : disons qu'ils connaissent un dialecte, tout simplement. Quand à une
véritable culture de la langue bretonne, il faudrait définir ce que c'est.
Pour moi il n'y a vait pas de culture de la langue bretonne à proprement dit
avant 1925, si on définit cette expression par la possibilité que donne une
langue d'avoir une fenêtre propre à elle ouverte sur le monde. Jusqu'en 1925
on avait affaire à une sous culture en breton, limitée aux frontières du
canton et le néant presque complet au point de vue de la littérature écrite.
Cette véritable culture de la langue bretonne elle a été possible par la
normalisation d'une langue écrite standard pour tout le terrtoire breton.
Quand l'abbé Bourdellez traduit la Divina Comedia en breton, nous avons eu
accès à un trésor de culture complètement interdit jusqu'à présent aux
bretonnants. Lire la divna Comedia en breton, voilà comment le bretonnant
d'aujourd'hui acquiert une véritable culture de la langue bretonne et une
véritable culture tout court, qui est met le breton debout. Avant on n'avait
rien, que du breton des vaches. Savoureux mais qui implique l'adoption d'une
autre culture par ailleurs : soit le français, culture imposée aux bretons,
soit, pour ceux qui en ont eu le courage et fait les sacrifices nécessaires,
la création du breton littéraire avec Gwalarn, soit, en 2007, une troisième
possibilité qui semble en fait être le choix plus ou moins conscient de
beaucoup d'entre nous, l'adoption de l'anglais (je remarque que Hemon, Ronan
Huon et sont fils, Favereau, Madeg, Brisson, F. Kastel et beaucoup d'autres
acteurs du mouvement breton sont professeurs d'anglais à l'origine et lisent
dans cette langue : il se profile une idée pragmatique selon laquelle on
renonce plus ou moins à l'universalité du breton, qui serait limitée à la
langue de la famille, pour adopter l'anglais comme véritable langue de
culture et ... le français en attendant qu'il soit détrôné par l'anglais)
< Par contre, et cela est arrivé, je suis choqué qu'un étudiant en
> breton tout frais licencié...en breton me dise : "vous ne parlez pas le
> vrai breton" .
TG : il aurait dû dire : "vous ne parlez pas le breton écrit" un point c'est
tout ! Et vous lui auriez répondu "le breton écrit, s'écrit, et quand on
parle on parle". On ne demande pas à un poney d'être un mulet et
inversement.
Inversement, ceux qui prône le maintient coûte que coûte des
> orthographes dialectales se font certe plaisir mais ne travaillent pas
> pour l'avenir de la langue bretonne.
TG c'est dur à entendre mais c'est le bon sens ! Si je vivais dans le
vannetais, ce qui m'est arrivé, je ferais avec deux orthographes : l'une le
peurunvan pour mon esprit et l'autre, une adpatation de celle de Herrieu en
essayant de rapprocher du Peurunvan sans choquer le lecteur illéttré en
breton mais terminal speaker notamment pour l'Eglise (cantiques). C'est ce
que fait l'Abbé Blanchard recteur de Kistinid, natif de Gourin (zone KLT),
abonné déjà à Gwalarn mais qui utilise bien évidemment le breton de sa
paroisse lorsqu'il prêche dans leur dialecte. C'est une question de bon
sens.
> Alors soyez tolérant à l'égard des vieux cons comme moi qui ne
> connaissent que leurs dialecte.
TG Vieux peut-être, con surement pas à vous lire, mais peut-être pas assez
sur de lui-meme pour oser franchir le pas et de faire tendre son breton vers
la langue commune, et en le pratiquant sur SCB petit à petit. Pas à la
manière d'un Broc qui invente un sabir ridicul pour ne pas dire infect. En
adaptant son breton natif à des locuteurs qui ne sont pas de votre canton,
setu aze toud.
Pour ma part, je suis parti, il y a bien
> longtemps, de la curiosité d'approfondir ma langue maternelle, pas d'une
> démarche nationaliste ou idéologique.
TG j'aimerai vraiment échanger en breton avec vous sur SCB. j'ai surement
des tas de choses à apprendre et vous feriez à force des progrès fulgurants,
à n'en pas douter, et meme dans la connaissance de votre propre breton
natif.
> Pour en revenir à Le Gonidec , avant lui, Grégoire de Rostrenen et Le
> Pelletier faisaient également référence au gallois et même au gaélique. Je
> serais plus méfiant à l'égard de La Villemarqué. Celui-ci écrivaient pour
> les cercles parisiens et le succès francophone de son oeuvre n'est
> qu'inspiré de matière bretonne(on sait aujourd'hui que les textes des
> chant qu'il a collectés sont complètement remaniés voire dénaturés).
TG Hopala ! Donatien laurent a démontré le contraire : on a retrouvé ses
carnets de collectage. La thèse de Gourvil ne tient plus mais je vois
qu'elle a fait son travail d'intox.
Mais c'est
> vrai qu'il a ouvert la voie des élites vers la langue bretonne.
> Voilà ! J'arrête là
> Loeizig
>
Trugarez deoc'h evit ho sav-boent.
TG
>
>
-Gildas
Hezoug n'eo ket heson-tre. N'eo ket sur e teuio a-benn d'ober e doull er
brezhoneg. Me 'lavar "Pellgomz" , ha pa vez dav resisaat e ran gant Pellgomz
hezoug.
Hezoug e unan a zo diaes da zistagan d'am sonj.
Tg
Merci à Citoyen de la réplique de répondre pour moi.
Les dialectes sont une richesse du point de vue de la linguistique pure
comme des mines à matériaux comme quand on prend du l'uranium pour faire du
plutonium. C'est un danger au point de vue idéologique si on s'en sert pour
refuser à notre communauté nationale de disposer d'un outil commun et
capable d'appréhender le monde grâce à lui en tant que vecteur privilégié de
cette communauté. En réalité, concrètement, les dialectes, c'est largement
de l'histoire passée : leur sort est scellé, et il n'a pas été scellé par
les affreux nationalistes mais bien par votre République qui est en
responsabilité en Bretagne.
TG
TG Ce qui est intéressant c'est quand meme le pourquoi et surtout le pour
quoi.
POURQUOI ? C'est assez facile : le breton est une richesse objective et nous
refusons tous que cet héritage qui nous appartient nous soit enlevé.
POUR QUOI ? Il faut distinguer cause finale et cause efficiente. Une langue
n'est pas cause finale en elle-meme. On ne sonne pas sa vie pour une langue,
aussi belle soit-elle, mais on peut la donner pour ce qu'elle représente
pour nous c'est à dire en l'occurence quelque chose plus précieuse que la
vie.
Sinon, si le breton n'est pas plus précieux que la vie : c'est un hobbie, un
jouet, ou un instrument au service d'une ambition plus ou moins vaniteuse.
Oui, le breton est plus précieux que la vie au sens où il incarne l'âme de
ce pays, ce pays que j'aime , au m^me titre que ma famille : un pays c'est
la famille élargie. La question est de savoir si on est intellectuellement
prêt à donner sa vie pour ceux qu'on aime, tout simplement. Si mon épouse
était en danger : oui je suis prêt à risquer ma vie pour elle ; pour mes
enfants aussi . Et en tant que patriote et fondamentalement en tant que
chrétien : pour mon prochain, à l'image du Christ.
Cela je pense valait la peine d'être écrit. Maintenant, cela reste
évidemment théorique : dans l'action, la pluqpart du temps quand nos proches
sont en danger , on ne raisonne pas : c'est le coeur qui parle.
Et cette réflexion sur la valeur du Breton suppérieure à la vie, dans les
faits, rares sont ceux qui ont effectivement donné leur vie pour le breton
en escomptant un bien pour elle ou pour leur pays. Je n'en vois que quelque
uns : Yann-Vari Perrot, quelques membres du Bezenn Perrot assasinés après
guerre comme Coet Logon, Yann-Kel Kernalegenn et autres membres de groupes
clandestins dans les années FLB ARB. Chaque cas est particulier et ce sont
toutes des morts brutales dont le risque était plus ou moins accepté.
D'autres ont donné leur vie chaque jour de leur existence, comme roparz
Hemon, Vallée, Le Gonidec, Youenn Olier, Debauvais.
Ils ont sacrifé leur réussite professionnelle par amour de la Bretagne, pour
qu'elle vive. Cela au moins on ne peut le leur enlever, m^me si leurs choix
idéologique ou d'action ne sont pas les nôtres. Au moins honorons leur
mémoire pour cela : c'est cette mémoire qui est faite chaque année le Lundi
de Pâques à SKigneg, o l'on lit la liste des décès de l'année de ceux qui
ont oeuvré comme ils ont pu tout ou partie de leur vie pour la Bretagne.
Je ne crois pas que l'on puisse faire l'économie du POUR QUOI.
En ce sens votre première proposition gagnerait à être modifiée : pour tous
ceux là ce n'est pas premièrement pour faire avancer leur idées politiques
ou religieuses, mais bien par un amour viscéral pour la Bretagne, un amour
que vous ressentez surement aussi j'espère en tout cas, qui s'enracine
chronologiquement parlant dans ce que nous avons reçu dès la naissance : le
breton maternel, voire dialectal, pour certains d'entre nous, pour d'autre
d'autres aspects de notre identité nationale plus ou moins conscienmment...
La découverte ou l'ignorance. Ce que YV Perrot dit très clairement pour moi
"En hor yaouankiz en deus Doue fiziiet ennomp amzer da zont hor bro".
Le problème dans votre proposition est que cela me semble trop manichéen.
Nous sommes un. Ainsi moi quand je lutte pour ma langue et mon pays, je le
fais avec toutes les dimensions de mon être : donc bien entendu en
conformité avec ma foi catholique; avec mon intelligence je cherche à
définir un projet de société meilleur que le modèle français dans tous les
domaines (pas seulement politique, mais aussi économique, social...).
M^me si sincérité n'équivaut pas vérité, j'estime avec l'Eglise qu'on peut y
tendre avec l'aide de l'intelligence ... et de Dieu. Dans tous les domaines.
Sinon le nationalisme est une idole ; une icone de soi-m^me ; vanité. Et la
langue bretonne un vieil outil sans utilité, et m^me nuisible au sens où il
ne me permetterait pas d'appréhender tout le réel parce que par trop limité,
impotent, comme une grand-mère d'un autre siècle, un cocon déconnecté de la
réalité.
Donc en somme, vouloir que vive le breton sincèrement c'est forcément sans
arrière-pensée politicienne mais bien vouloir le BIEN pour la Bretagne et
cela suffit, m^me si leur appréhension du monde n'est pas commune à tous les
bretons (comment cela pourrait-il être ? Nous sommes tous différents,
d'autant plus que la société n'a plus de bases morales et religieuses
communes). Vous semblez soupçonner certains de le faire avec des arrières
pensées : ces gens là ne sont pas de vrais patriotes. Je pense que vouloir
le BIEN pour notre pays, sincèrement, doit suffire parce que cela implique
d'accepter de marcher avec les autres Bretons, et de chercher la vérité
ensemble.
TG
= Ce jour là, le breton sera mort, avant ou avec lui.
>
> Ceci dit, j'ai toujours bien aimé pellgomz (très comparable à l'allemand
> Fernsehen) car il est formé de deux mots *simples*, appartenant à un
> vocabulaire "de base" et est un calque parfait de l'emprunt grec. C'est,
> selon moi, la piste qui doit être empruntée en néologie. Si les racines
> utilisées sont trop savantes et/ou trop obsolètes, autant revenir au
> gréco-latin.
>
> > Mais "telefon-godell" n'est pas mal non plus !
>
> Je dirais même qu'il est carrément rock 'n roll :-)
>
> p.
"Pell-gomz" comme "karr-néj" fait partie des néologismes bien faits,
que les bretonnants naturels comprennent aussitôt, même si rien
n'empêche d'employer concurrentiellement "telefon".
On fait comme ça en allemand, "Telefon" ou "Fernsprecher".
Fañch Morvannoù dit que le premier est plus employé en Allemagne et le
second plus en Autriche.
N'ouien ket med é ouian mad eo an daou ér langal lennegel alemant.
respont
A du genoh on diar ar pennad am-eus lakeit aman.
Gelloud a ran respont un tammig de zaou houlenn.
LES BASQUES
la langue littéraire d'Iparalde (Pays Basque français), qui est le
labourdin a eu recours à de nombreux emprunts gréco-latins (plus grecs
que latins) pour les néologismes.
Il n'y a pas eu d'excès, mais on a refusé de faire des néologismes qui
ne soient pas immédiatement compréhensibles.
Au sud, à la fin du XIXème Sebastiano de Arana Goiri, qui était très
raciste par ailleurs, a chassé tous les mots d'origine non-basque, c à
d non seulement les néologismes, mais même de vénérables mots basques
entrés dans la langue à l'époque romaine:
par exemple "holio" (l'huile) et "laket" (plaire) venus directement du
latin "holium" et "placet".
Il y a encore quelques fanatiques qui pratiquent cette langue
complètement reconstruite et artificielle. Ce sont en gros les
militants d'ETA.
Dans la pratique, au Pays basque espagnol, la langue littéraire est le
Guipuzcoan, ce qui amène déja quelques différences importantes avec le
nord (notamment la grammaire du guipuzocan est plus simple, mais moins
riche, que celle du labourdin).
Pour les néologismes, les gens naviguent entre les deux solutions et
chacun fait sa petite semoule personnelle.
En tout cas, é baskeg hag é brezoneg, c'est le temps qui décidera des
mots qui resteront.
Si vous lisez Rabelais dans le texe d'origine, outre que des passages
entiers sont en latin, en italien ou en langue d'oc, les parties
françaises ont des latinismes qui stupéfieraient les français
d'aujourd'hui.
Evidemment le peuple ne les comprennaient pas, mais tous les
intellectuels les comprennaient.
Le temps a fait le tri.
> Hezoug e unan a zo diaes da zistagan d'am sonj.
N'eo ket pezh a vir d'am sońj. Pezh a vir eo implijout un "anv-gwan"
evel ma vefe un anv-kadarn... ha kas ereadurezh ar brezhoneg da vervel.
Aze emań 'n trefoedaj evidon-me :-)
p.
Qu'y a-t-il de commun entre Mme Morvan et les Bretpops qui sévissent
sur le forum web >breton-populaire< ? Le même dédain pour le
renouveau du mouvement pour la défense de la langue bretonne, après la
2ème Guerre mondiale ; autrement dit le même mépris envers ce qu'il
est convenu d'appeler le 3ème Emsaw.
On devrait donc, d'après les Bretpops, renier l'apport linguistique de
R. Hemon, mais encore condamner comme "nationaliste" la première
manifestation d'après-guerre pour le breton, évènement qui eu lieu à
la fin des années 50, utilisant le triomphe des sonneurs du festival
des cornemuses de Brest pour un lacher de tracts devant la tribune
officielle (*).
Remontons à 1940. Une affiche intitulée "War zao evit ar brezoneg"
nous dit que l' "école rien qu'en français fait des illettrés"...Parce
que si on n'enseigne pas le breton et s'il disparaît ce ne sera pas le
bon français qui prendra sa place, mais un patois , un mélange de
breton et de français, comme cela s'est déjà produit dans certaines
communes" (*).
Faut-il condamner de tels propos sous prétexte qu'ils ont été écrits
en 1940 ? Les Bretpops n'hésitent pas à pratiquer l'amalgame entre
collaboration avec les nazis et ce qu'ils appellent le "neo-breton".
Problème : en 1940, les gens lucides se rendaient bien compte que
l'illettrisme en breton avait pour corollaire la prolifération du
"mélange de breton et de français", ce que de nos jours on appelle
créolisation.
Nul doute que le néo-populisme breton se donne Mme Morvan comme chef
de file, même si le lien n'est pas - pas encore - véritablement
affiché.
Nul doute que Mme Morvan ne se réjouisse de l'émergence de nouveaux
adeptes, prêts à fustiger le breton unifié en général et le peurunvan
en particulier.
K.
===============================================================================
(*)- Parlons du breton, Association Buhez, Ed. Ouest-France, 2001.
Voi aussi F. Favereau, Bretagne contemporaine - Culture - Langue -
Identité, Skol Vreizh, 2005, page 172,le 3ème Emsav.
> Les dialectes sont une richesse du point de vue de la linguistique pure
> (...). C'est un danger au point de vue idéologique si on s'en sert pour
> refuser à notre communauté nationale de disposer d'un outil commun et
> capable d'appréhender le monde grâce à lui en tant que vecteur privilégié
> de cette communauté. En réalité, concrètement, les dialectes, c'est
> largement de l'histoire passée : leur sort est scellé, et il n'a pas été
> scellé par les affreux nationalistes mais bien par votre République qui
> est en responsabilité en Bretagne.
Et Mélenchon ou CdR diraient :
"Les langues régionales sont une richesse du point de vue de la linguistique
pure (...). C'est un danger au point de vue idéologique si on s'en sert pour
refuser à notre communauté nationale de disposer d'un outil commun et
capable d'appréhender le monde grâce à lui en tant que vecteur privilégié de
cette communauté. En réalité, concrètement, les langues régionales, c'est
largement de l'histoire passée : leur sort est scellé, et il n'a pas été
scellé par les affreux républicains mais bien par votre nationalisme
fascisant qui a sévi en Bretagne."
Sauf que l'un comme l'autre, bande de staliniens religieux, centralistes,
uniformistes, JACOBINS, dévots sectaires et destructeurs, vous êtes
tellement fermés à la notion de liberté, que vous n'y voyez que le risque.
Toute liberté porte un risque social.C'est là un choix de société qui
dépasse largement les clivages classiques :
- soit on est de ce point de vue libéral, socialement j'entends, Peyo
compris donc (éh éh, ultra-libéral le lascar ! ;-), et on accepte de se
faire confiance, de miser sur l'énergie populaire, la volonté des gens (leur
liberté), le respect de la différence inéluctable dans un espace de liberté,
au risque d'en accepter le verdict (démocratique finalement) pouvant non
seulement faire émerger une aspiration naturelle, puissante et
incontestable, mais aussi laisser mourir une richesse linguistique n'ayant
plus d'avenir à leurs yeux ;
- soit on se veut sécuritaire pour soi contre les autres, dans la défiance
sociale généralisée, conservateur donc, réactionaire bien sûr, avec le
besoin de règles coercitives pour protéger son quant-à-soi, le figer, le
"conserver" contre les influences extérieures nécessairement malveillantes.
C'est ainsi que s'est fondé l'élan républicain, seul contre tous, convaincu
de porter le modèle universel mais fort mari de constater que quasiment
personne ne l'envie...
C'est ainsi que s'est fondé l'élan de Gwalarn, contre l'Etat comme contre
les bouseux au patois d'édenté, constamment en train de condamner des
"jacobins" qui sont leurs frères idéologiques mais adversaires, mais aussi
plus près d'eux, l'UDB, les dialectes des derniers locuteurs naturels,
Diwan,... bref, qui se marginalisent à l'extrême tout en s'attribuant la
représentation d'un "pays" ou d'un "peuple".
Rien ne change...
F.
Je pense qu'il n'est pas inutile de critiquer ceux qui critiquent
Diwan, Ofis ar Brezhoneg, Le Gonidec, Roparz Hemon, Pêr Denez,
l'orthographe peurunvan, au nom d'un breton "populaire", autoproclamé
seule langue bretonne authentique. Ce petit groupe d'activistes, qui a
de solides connaissances en breton, est hostile à toute unification de
la langue. C'est une politique linguistique qui s'exprime haut et
fort, parfois même avec une véhémence sarcastique qui va jusqu'à
l'insulte grossière. Mais ils disent tout haut ce que beaucoup de gens
hautement concernés, bretonnants ou apprenants, pensent tout bas ; à
savoir que rien ne vaut l'enracinement dans un dialecte (un sous-
dialecte, c'est encore mieux) et que le breton n'a nullement vocation
à être unifié, à tendre vers une koinê pour toute la Bretagne, à
traduire les grandes oeuvres de la littérature mondiale.
Cette conception étroite, réductrice, populiste, de l'avenir de la
langue bretonne est très répandue, à mon avis. J'en veux pour preuve
le sommaire du bulletin du CRBC de Brest (extrait ci-dessous). Sans
nier le valeur des travaux de recherche des éminents contributeurs, il
faut bien avouer que part belle est faite à la dialectologie et aux
études linguistiques diachronques. Les études synchroniques
(étymologie, philologie des langues celtiques) y sont rares. On n'y
trouve nul article sur l'oeuvre de Le Gonidec. C'est un reflet de
l'ambiance populiste qui existe au plus haut niveau et qui a engendré
le phénomène du "breton populaire" que Hervé a eu le mérite de repérer
sur un site web spécialisé dans la vitupération du "hemoneg", du
breton "chimique". du "diwaneg".
Ces Bretpops sont instruits, bretonnants, et ils ont une politique
linguistique cohérente. Bien que peu nombreux, ils représentent un
courant de pensée qui rejoint le combat mené par Mme Morvan contre
l'unification de la langue en général et contre le peurunvan en
particulier. La différence avec Mme Morvan, c'est que les Bretpops
s'expriment en breton, ce qui pare leurs thèses dialectolâtres d'une
trompeuse auréole de crédibilité. A ce titre, ces activistes méritent
d'être cités. Il n'est pas inutile d'en parler. Ils aideront ainsi
chacun à se positionner dans la polémique. Car cette polémique
linguistique entre populisme et élitisme ne date pas d'aujourd'hui.
Elle ne fait que resurgir avec des formes nouvelles.
Kilroy
> Je pense qu'il n'est pas inutile de critiquer ceux qui critiquent
> Diwan, Ofis ar Brezhoneg, Le Gonidec, Roparz Hemon, Pêr Denez,
> l'orthographe peurunvan, au nom d'un breton "populaire", autoproclamé
> seule langue bretonne authentique.
Ma limite volontiers concédée dans cet échange, c'est que n'étant pas
locuteur et peinant à toujours comprendre entièrement les posts en breton
sur scb, je ne suis pas en mesure d'en débattre sur le plan linguistique. Ce
qui me fait intervenir, c'est l'instrumentalisation politique qui en est
fait, dimension qui m'apparaît flagrante, et qui risque d'invalider des
débats plus techniques d'une toute autre qualité.
Sachez que j'ai lu avec intérêt vos interventions relatif au BAS, sur lequel
je n'ai pas de compétence, ainsi que la réponse que vous me faites, dans
laquelle commence à poindre un peu de respect vis-à-vis du point de vue
(linguistique) inverse au vôtre. C'est instruit, et vous recentrez un peu le
débat initié par vous-même dans ce fil.
Ce qui me pose problème, c'est quatre choses :
d'abord, la conclusion que vous en tirez concernant Le Gonidec. Vous partez
des critiques à l'encontre de Gwalarn, et y en déduisez une mise en cause de
Le Gonidec. Mal documenté sur ce sujet, ce raisonnement ne m'apparaît que
comme un raccourci artificiel et provocateur. Pouvez-vous désamorcer cette
impression de manipulation sophistique par des exemples de remise en cause
directe des travaux et des dicos de Le Gonidec par ceux que vous appelez
"Bretpops" ?
Vous donnez ensuite à penser que vos adversaires, dont vous concédez
l'érudition, sont pour la mère Morvan au motif qu'ils rejoignent sa critique
du breton unifié. Là aussi j'y vois un raccourci contestable. S'agit-il
selon vous d'une adhésion totale de la part des "Bretpops" aux idées de F.
Morvan ?
Vous utilisez en outre le qualificatif de "populiste" pour désigner les
tenants d'un Breton du peuple (des langues bretonnes ?), contre celui
proclamé élitiste par Gwalarn. Vous avez démontré une habilité certaine en
matière linguistique, et n'ignorez donc pas que le procédé consistant à
détourner ce mot à connotation péjorative et politique n'est pas des plus
honnêtes : se qualifient-ils eux-mêmes de populistes ? Leurs idées
politiques, si tant est qu'une cohérence politique sous-tende leur approche
de la langue bretonne (je tends à penser - et peut-être à tort - qu'ils
sont, eux, plutôt délibérément apolitiques) peuvent-ils honnêtement être
qualifiées ainsi ?
Enfin, vous ne rebondissez pas directement sur le sens de mon message auquel
vous réagissez pourtant : comment expliquez-vous que la dialectique
guillemotesque, que vous semblez assumer dans votre réponse du 30 octobre,
00:54, se révèle bien évidemment être très précisément celle de ceux
désignés comme les ennemis suprêmes, et qui tiennent les mêmes arguments
pour contester la pratique de la langue que vous défendez?
Si vous pouvez m'éclairer... J'en ai bon espoir, vu le ton conciliant que je
crois déceler dans votre intéressante réponse, le procès en jacobinisme
semblant m'être épargné.
F.
Ca fait plaisir, de nos jours, de l'entendre dire.
Les adeptes du bretpop (breton populaire) sont à prendre au sérieux.
Ne serait-ce que parce qu'ils sont instruits, ont un bon niveau
intellectuel, et connaissent le breton.
Comme le remarque un intervenant critique sur le forum bretpop
(Wojtek, polonais, prof. de français à Cracovie), le discours des
bretpops ressemble à s'y méprendre à celui du Parti des Travailleurs
et de la Libre Pensée.
Le courant bretpop n'est donc pas le joujou de quelques individus
dialectolâtres, qui s'amusent à se faire peur avec le Grand Satan
Diwan et les petits satans Ofis ar Brezh., Termbret, etc... Pour mieux
vitupérer Roparz Hemon, ils se réclament de Ch. Guyonvarc'h l'Ancien.
Ils investissent le forum kervarker en crachant sur la mémoire de La
Villemarqué, Le Gonidec, Vallée et autres démons du "breton chimique".
On se croirait revenu aux années 7O, à l'époque où l' Ecole de Brest
tirait à boulets rouges sur Per Denez et l'Ecole de Rennes. Bref, il
est temps d'admettre que le 3° Emsaw n'a pas accouché d'un mouvement
linguistique et littéraire comme Gwalarn, mais que de nos jours il se
trouve des militants (du bretpop) qui souhaitant faire table rase du
passé (les seventies) et vont jusqu'à railler Alan Stivell. Le 3°
Emsaw a sombré dans le populisme, voila la triste réalité, puisque de
tels prises de position sont banalisées. Il y a même une régression
par rapport aux années 7O, époque où rares étaient les militants
bretons qui souhaitaient que Le Gonidec n'ait jamais existé.
Relisons le Manifeste de Gwalarn (février 1925) et, sans en faire un
absurde copié-collé, essayons de tracer la ligne rouge à ne pas
dépaser lorsqu'on se réclame du breton populaire.
Puisque nos érudits se taisent, enfermés dans leur tour d'ivoire,
essayons de lancer une réflexion objective sur
* l'état actuel réel (et non fantasmé) des dialectes bretons et de
leurs sous-dialectes. Argoat et Armor, car les bretpops ne parlent que
de l'Argoat.
*la nécessité d'une langue commune, d'une koinê, qui ne peut survivre
au XXI°siècle sans admettre la création de néologismes.
Le beton, comme l'allemand, peut utiliser sa richesse de dérivation -
préfixes et suffixes - pour forger un langage philosophique de haut
niveau, évidemment inconnu des terminal speakers enfermés dans leur
sous-dialecte et leur créole du français.
*le respect du patrimoins philologique hérité du 1° Emsaw (Le Gonidec)
et du 2°Emsaw (Gwalarn). Hamlet a été traduit en breton par Gwalarn.
Il n'est même pas réédité. Imaginez-vous Hamlet en bretpop, truffé de
mots fançais ?
Kilroy
23/10/07.
===========================================================================
Les dialectes et sous-dialectes meurent doucement. Et les derniers
natifs sont loin d'avoir la richesse linguistique de leurs ainés. Normal
puisqu'il faut au moins remonter aux années 50(sauf exception bien sûr )
pour retrouver la langue bretonne dans le commerce, l'entreprise et les
échanges hors communauté villageoise. Les derniers natifs sont rares à avoir
été aux responsabilités à cette époque. Evidemment leur breton s'en est
appauvri d'autant.
Ce qui me surprend c'est que ce courant que vous appeler "bretpop" se
contente de ce breton moribon pour affirmer : "ça c'est le vrai breton".
Pour ce qui est du vannetais, l'équipe de Dihunamb avait déjà remis en
vigueur dans ses écrits des mots tombés en désuétude sous l'impulsion de J
Loth notamment. Elle a aussi utilisé les néologismes créés par Gwalarn dans
la mesure où ils étaient "disgestes". Lisez donc Kamdro en Ankeu de Loeiz
Herrieu. des phrases courtes, une syntaxe et un vocabulaire extrêmement
riches. Mais en même temps un langage vivant et percutant. C'est dans ce
genre d'ouvrage que les bretpop devraient puiser s'il veulent garder leurs
racines.
Mais les promoteurs du ZH aussi devraient puiser dans les richesses
dialectales pour enrichir la nouvelle langue commune. C'est loin d'être le
cas. J'ai parfois l'impression qu'il s'agit s'une volonté délibérée
d'ignorer ce qui n'a pas été retenu par Hémon. Dogmatisme ? ignorance ?
incompétence ? Va savoir ....
L. Fleuriot disait que les universitaires ont dédaigné la philologie et
se sont contenté de travailler sur les écrits. Je veux bien le croire,
d'autant plus que l'université jusqu'à présent a enseigné surtout une langue
écrite.
Pour conclure je dirais que l'intrangisance et le dogmatisme des uns a
entrainé le "n'importe quoi" des autres. Mais il faut prendre espoir, il y a
aussi une nouvelle génération d'universitaires qui en a pris conscience et
qui travaille dans le bon sens.
Loeiz
A ma connaissance, Roparz Hemon n'a jamais statué sur ce qui devait être
"retenu" : il n'a fait que promouvoir une écriture commune et approuvée par
tous les écrivains et notamment caux du Vannetais.
Donc à priori TOUTE forme vannetaise au niveau de la syntaxe et des
expressions doivent effectivement venir enrichir la langue commune.
C'est Roperzh ar Mason qui a encadré par l'ouvrage résumé ici
http://br.wikipedia.org/wiki/Stummo%C3%B9_gwenedek-rik_er_yezh_lennek
les formes strictement vannetaises du VOCABULAIRE qui doivent être acceptées
dans la langue écrite par tous.
La liste est limitée, j'en conviens. Mais j'insiste : pour ce qui est de la
syntaxe et des expressions, ce n'est pas dans le cadre de l'entente de 1941
et toutes les originalités du vannetais doivent enrichir la langue commune
et peu à peu elle le fait.
Dans le cantique dans un autre fil ces jours-ci on lit
"D'ho tihunin mard oc'h kousket"
en dehors du vannetais on aurait pu écrire "Da zihunin ac'hanoc'h m'emaoc'h
kousket" et il faut reconnaitre que là le vannetais a un style beaucoup plus
léger, souple et... beau.
TG