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Digas : "Je comprends le breton mais je ne le parle pas"

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Arzvael KERBOURC'H

unread,
Oct 12, 1996, 3:00:00 AM10/12/96
to

> Le troisième groupe m'est plus difficile à cerner ; il s'agit en
> général de personnes qui prétendent ne pas parler breton tout en :

> - disant qu'ils ne seront pas vendus en breton au marché de Pontivy,
> - disant qu'ils ne comprennent pas le breton de la télé mais qui
> disent pouvoir suivre une conversation en breton dans un cercle de
> famille ou d'amis.
> Je pense plutôt que ces gens sont plus ou moins incapables de suivre
> une conversation SUIVIE en breton et que l'épreuve de la radio ou
> de la cassette, là où précisément la langue reste le seul élément
> significatif (plus de gestes, seule reste à la rigueur l'intonation),
> leur est insurmontable. A leur réponses, j'objecte donc que :

> Me trompe-je ?

Oui, tu es vraiment trop categorique. J'en connais quelques uns de ces bretons.
Ils habitent dans les campagnes de Basse Bretagne ( il y en a beaucoup a
Langonned ). Ils sont de tous ages.
Souvent, leurs parents sont ou etaient paysans. Exterieurement ce sont
des francais comme les autres. Ils parlent francais, tous les jours.
On peut dire qu'ils proviennent d'une culture bretonne mais ils sont
immerges dans la culture francaise. Donc exterieurement, il est impossible
de savoir s'ils parlent breton. Tu pourrais passer quinze jours avec eux
sans entendre un mot de breton ( a part Ma Doue, Malach'Touille, Gast,
Beuch, Pemoc'h, Bar'aman, pot'zaout, Chouk'frouezh, Fest nos, Jop'Sos, min-bras,
chtangui, Kervenes ... ).
Je ne sais pas si ca se fait encore et je ne sais plus quelle banque
c'etait, mais un jour un de ceux la est revenu avec un carnet de cheques
en breton. Il essaye de dechiffrer les inscriptions pseudo-bretonnes du
genre pellgomz, et puis s'ecrit "C'est quoi ces mots, je ne parle pas breton,
moi ! Pourquoi il m'ont donne ca. ". En effet, c'est comme si on te donnait
un carnet de cheque en polonais. Ces bretons n'ont jamais vu de breton ecrit,
alors si en plus on leur colle des neologismes et qu'on leur dit
que c'est ca le breton, alors il ne parlent pas breton.
Ils parlent donc autre chose, la langue du coin, de la famille,
des amis ... Mais je peux t'assurer qu'ils la parlent, plus que des
neo-bretonnants passionnes. Mais s'ils ecoutent du neo-breton,
ils ne comprennent rien et moi je les comprends ( meme si je comprends
beaucoup mieux celui des Tri Yann ). Il y a quand meme une enorme
difference entre le breton de Tri Yann et celui d'un paysan breton.
Ce n'est meme pas le vocabulaire qui est en cause mais la facon de prononcer.
Je ne veux pas etre mechant, mais celui de Tri Yann est a couper
au couteau, ca ressemble a de l'allemand parle par un arabe.
Alors que le vrai breton, c'est si beau. C'est Stivell qui dit
c'est une langue tres musicale.
A propose de musique, j'ai entendu Guy Marchand a Radio Nova, la radio
parisienne la plus branchee, qui passe du rap, hip-hop , House, Soul,
Techno, un peu de musique traditionnelle, arabe "remixee" etc ...
Et Guy Marchand, qui fait de la vraie musique bretonne, c'est a dire
une musique proche de la musique orientale. ( Je ne sais pas si ca
compte comme cotat de musique francaise ).
La renommee de la musique bretonne ne repose plus essentiellement sur
Alan Stivell, la releve est vraiment assuree. C'est une grande victoire
pour la musique et la culture bretonne.
Quand on lit des Herve Kerrain, qui par ce qu'ils ecrivent decouragent
apparement sans le vouloir la force du renouveau breton, on repond par
Carrement Chaud, Denez Pigent, EV, Guy Marchand, Gilles Servat, notre vrai
poete breton.

A.K.

Pierrick Brihaye

unread,
Oct 21, 1996, 3:00:00 AM10/21/96
to

kerb...@athanase.isty-info.uvsq.fr (Arzvael KERBOURC'H) wrote:

Rappel des faits :

> > Le troisième groupe m'est plus difficile à cerner ; il s'agit en
> > général de personnes qui prétendent ne pas parler breton tout en :
>
> > - disant qu'ils ne seront pas vendus en breton au marché de Pontivy,
> > - disant qu'ils ne comprennent pas le breton de la télé mais qui
> > disent pouvoir suivre une conversation en breton dans un cercle de
> > famille ou d'amis.
> > Je pense plutôt que ces gens sont plus ou moins incapables de suivre
> > une conversation SUIVIE en breton et que l'épreuve de la radio ou
> > de la cassette, là où précisément la langue reste le seul élément
> > significatif (plus de gestes, seule reste à la rigueur l'intonation),
> > leur est insurmontable. A leur réponses, j'objecte donc que :
>
> > Me trompe-je ?

> On peut dire qu'ils proviennent d'une culture bretonne mais ils sont


> immerges dans la culture francaise.

Une langue et une culture sont deux choses différentes...

> Donc exterieurement, il est impossible de savoir s'ils parlent
> breton.

Ca rejoint exactement ce que je disais ; A quoi bon dire que l'on
parle le breton si c'est pour ne pas l'utiliser ? J'ai également des
doutes sur la connaissance réelle d'une langue quand on ne l'utilise
pas. Ce n'est pas comme le vélo...

> Je ne sais pas si ca se fait encore et je ne sais plus quelle banque
> c'etait,

Probablement le Crédit Mutuel de Bretagne qui fait toujours ses
carnets de chèques en breton. J'en ai un (enfin, pour l'instant :-) ).


> En effet, c'est comme si on te donnait
> un carnet de cheque en polonais. Ces bretons n'ont jamais vu de breton ecrit,
> alors si en plus on leur colle des neologismes et qu'on leur dit
> que c'est ca le breton, alors il ne parlent pas breton.

C'est un autre problème ; il est bien connu que peu de bretonnants
(ou britannophones si ça peux vous faire plaisir) savent lire le
breton, ce qui s'explique facilement quand on connait sa place dans
l'enseignement...

> Ils parlent donc autre chose, la langue du coin, de la famille,
> des amis ... Mais je peux t'assurer qu'ils la parlent, plus que des
> neo-bretonnants passionnes. Mais s'ils ecoutent du neo-breton,
> ils ne comprennent rien et moi je les comprends ( meme si je comprends
> beaucoup mieux celui des Tri Yann ). Il y a quand meme une enorme
> difference entre le breton de Tri Yann et celui d'un paysan breton.
> Ce n'est meme pas le vocabulaire qui est en cause mais la facon de prononcer.

Pas si simple, mais enfin, bon. Hier "du-mañ, du-se" était à Langidig,
en plein pays vannetais ; pratiquement tous parlaient le vannetais du
cru, appris ailleurs que dans l'Assimil sans aucun doute ; AUCUN
n'avait de problème pour comprendre le breton "standard" (n'y vois
aucune note péjorative) de Nolwenn Korbell, preuve que le breton
est une langue unique, qui pratiquée régulièrement et au-delà du
cercle des proches parents, des vaches et des cochons peut servir
d'outil d'échange aussi bien que le picardo-angevin...

> Et Guy Marchand, qui fait de la vraie musique bretonne, c'est a dire
> une musique proche de la musique orientale. ( Je ne sais pas si ca
> compte comme cotat de musique francaise ).

Guy Marchand c'est Nestor Burma ; Erik Marchand habite à Poullaouen
et a sorti le disque que tu as entendu il y a plus de 3 ans.
Rassure-toi, ça compte dans les quotas.

> Quand on lit des Herve Kerrain, qui par ce qu'ils ecrivent decouragent
> apparement sans le vouloir la force du renouveau breton, on repond par
> Carrement Chaud, Denez Pigent, EV, Guy Marchand, Gilles Servat, notre vrai
> poete breton.

Entre nous, il me semble que Kerrain n'est pas trop mal placé pour
écrire ce qu'il a écrit...

p.b.


Francis Gohin, Ifremer DRO OS, 98.22.43.15

unread,
Oct 22, 1996, 3:00:00 AM10/22/96
to

In article <54ft03$r8...@news.knox.edu>, Pierrick Brihaye <bri...@picardie.culture.fr> says:
>
>kerb...@athanase.isty-info.uvsq.fr (Arzvael KERBOURC'H) wrote:
>
>Rappel des faits :
.
>> Je ne sais pas si ca se fait encore et je ne sais plus quelle banque
>> c'etait,
>
>Probablement le Crédit Mutuel de Bretagne qui fait toujours ses
>carnets de chèques en breton. J'en ai un (enfin, pour l'instant :-) ).

Meme si votre chequier est en francais, il semble desormais
largement admis que vous puissiez remplir vos cheques en breton.
Exemple Credit Agricole. Il est vrai que desormais les cheques sont
de plus en plus imprimes automatiquement avec la somme en chiffres seuls.

Fransez


Pierrick Brihaye

unread,
Oct 22, 1996, 3:00:00 AM10/22/96
to

go...@ifremer.fr (Francis Gohin, Ifremer DRO OS, 98.22.43.15) wrote:

> Meme si votre chequier est en francais, il semble desormais
> largement admis que vous puissiez remplir vos cheques en breton.
> Exemple Credit Agricole. Il est vrai que desormais les cheques sont
> de plus en plus imprimes automatiquement avec la somme en chiffres seuls.

C'est un droit défini par une loi de 1935, je crois, et à ma
connaissance toujours en vigueur. Toutes les langues régionales (dont
le français :-) ) sont autorisées pour la rédaction de chèques tiré
sur un établissement bancaire français.

Attention ! Un droit ne s'use que lorsque l'on ne s'en sert pas...

p.b.


Arzvael KERBOURC'H

unread,
Oct 26, 1996, 3:00:00 AM10/26/96
to

In article <54ft03$r8...@news.knox.edu>, Pierrick Brihaye <bri...@picardie.culture.fr> writes:

> > Donc exterieurement, il est impossible de savoir s'ils parlent
> > breton.

> Ca rejoint exactement ce que je disais ; A quoi bon dire que l'on
> parle le breton si c'est pour ne pas l'utiliser ? J'ai également des
> doutes sur la connaissance réelle d'une langue quand on ne l'utilise
> pas. Ce n'est pas comme le vélo...

Je pense bien au contraire que lorsqu'il s'agit d'une langue "maternelle",
la non-pratique a peu d'influence. Cependant, il faut bien voir que ces
bretonnants bretophones ont ete tres vite et en permanence au contact du
francais, meme avant la maternelle ... Mais ca ne les empeche pas de parler
en une espece de breton ( et une fois que c'est parti, ca y va ... )

> Guy Marchand c'est Nestor Burma ; Erik Marchand habite à Poullaouen
> et a sorti le disque que tu as entendu il y a plus de 3 ans.

Je suis desole pour Erik Marchand, skuizh e oa ma fenn evel-just.

A.K.

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