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ASSASSINAT DE MATOUB LOUNES / Les assassins identifiés

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Oct 8, 1998, 3:00:00 AM10/8/98
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In El Watan

ASSASSINAT DE MATOUB LOUNES /

Les assassins identifiés

Cinq des huit auteurs de l'assassinat du chanteur kabyle Matoub Lounès
viennent d'être identifiés par les services de sécurité, a-t-on appris de
source sûre. Le groupe a été identifié grâce à des informations fournies par
un repenti qui s'est rendu il y a quelques semaines.Il s'agit de Bellaouèche
Nacer, originaire de Aguemoun, commune de Beni Aïssi, Boudjenah, Zoubiri
Kamel, Chenoui Abdelhakim et Mouffok, originaire des Ouacifs, tous
appartenant au groupe de Hassan Hattab, émir du GIA pour la deuxième région,
comprenant Tizi Ouzou, Boumerdès et une partie d'Alger, et dissident de Antar
Zouabri. Avant de détailler les circonstances de l'assassinat de Matoub par
ce groupe, il est utile de rappeler l'enlèvement du chanteur par le GIA le 25
septembre 1994 et sa libération 15 jours après. Les deux opérations sont
liées. Hassan Hattab n'a jamais pardonné au groupe d'avoir pris la décision
de relâcher Matoub. Le dimanche du 25 septembre, Matoub et ses deux musiciens
empruntent la route qui mène vers Taourirt Moussa, à Beni Douala, en passant
par Takhoukht. Sur leur chemin, ils s'arrêtent devant le bar appartenant à M.
Azzam N. et où était attablé Loucif Hamani, le boxeur. Il est 21 h 30. Au
même moment, un groupe de terroristes armés, dirigé par Aït Ziane, fait
irruption. Ils enlèvent la chaîne et la gourmette en or à Loucif Hamani et
commencent à fouiller Matoub Lounès, sur lequel ils découvrent un pistolet
automatique autrichien de calibre 9 mm. Le chanteur est reconnu par le
terroriste Idir Ali, qui d'ailleurs a vite demandé à ses acolytes de le faire
sortir du bar pour le prendre dans sa propre voiture vers le village de Aït
Daoud, commune de Aïn El Hammam, située à Beni Yenni, région natale de Aït
Ziane. Durant la période de détention, tous les habitants de son village
savaient que les auteurs du kidnapping étaient les intégristes armés. Le 10
octobre, vers 19 h, devant un café à Beni Yenni, Aït Ziane, en compagnie
d'autres terroristes, dépose Matoub Lounès en présence de nombreuses
personnes. Aït Ziane a même intimé l'ordre à ces dernières d'accompagner le
chanteur chez lui. Le lendemain, Aït Ziane se déplacera au domicile de Matoub
pour lui remettre les clefs de sa voiture et deux lettres destinées aux deux
MCB. Signés par le GIA, les deux messages expliquent les positions de cette
organisation terroriste par rapport à la question amazighe et s'interrogent
sur la mobilisation de la population locale contre cette dernière après
l'enlèvement du chanteur. Hassan Hattab condamne alors les auteurs de cette
libération et promet la mort à Matoub. Deux mois avant l'assassinat de ce
dernier, Nacer Bellaouèche et Farid Lahcène (abattu par les forces de
sécurité) ont été aperçus guettant la maison du défunt. En remarquant du
monde à l'intérieur, les deux terroristes pensaient que Lounès était de
retour. Quelques instants plus tard, un des proches de Matoub sort du
domicile. Il est intercepté devant la maison, puis battu par les terroristes
qui voulaient savoir si le défunt était à l'intérieur. En entendant les
bruits anormaux, la mère de celui-ci déclencha la sirène, ce qui fera fuir
les assaillants. Après son retour de France, Matoub a créé avec d'autres
personnes de son village un groupe de Patriotes pour assurer donc la
sécurité. Le 25 juin dernier, il invita ses deux belles-sœurs et sa femme au
restaurant. Les terroristes repèrent son véhicule, lequel véhicule, il faut
le dire, ne passe pas inaperçu dans la région. Ils se mettent sur la route
pour guetter son retour. A 13 h 15, les premières rafales des huit criminels,
postés sur les deux côtés de la route, immobilisent le véhicule du défunt. Ce
dernier, ne pouvant quitter sa voiture à cause des autres occupants, riposte
en utilisant sa kalachnikov. Chenoui Abdelhakim, venant par-derrière lui
assène le coup de grâce avec une mahchoucha (fusil de chasse à canons sciés).
Sa femme perd connaissance. Les terroristes s'avancent alors vers le véhicule
immobilisé pour faire sortir les corps de cette dernière. A ce moment-là
Chenoui, pour s’assurer de la mort de Matoub, lui tire une dernière balle en
visant la tête. Selon les témoignages du repenti, le chef du groupe est
Bellaouèche Nacer, né en 1971 à Aguemoun, commune de Beni Aïssi, distante de
deux kilomètres du village de Matoub. Après avoir longtemps activé au sein du
GIA comme chauffeur, il a fini par à rejoindre le maquis, une fois que les
policiers l'ont identifié à la suite d'un attentat manqué au centre-ville de
Tizi-Ouzou en 1995. Il sera blessé lors d’un accrochage qui a coûté la vie à
deux Patriotes de Beni Douala. Selon toujours le même repenti, il aurait
également participé à l'assassinat des deux Patriotes Djaâfar Ouahioune et
Kamel Aït Hamouda en 1997. C'est Chenoui Abdelhakim, originaire de Beni
Douala, qui a repéré le véhicule de Matoub puis informé le groupe de son
itinéraire. Il aurait été reconnu par de nombreux témoins qui ont assisté à
la fusillade. Boudjenah est connu comme étant l'auteur de plusieurs
assassinats de policiers. Il a été blessé dans un attentat manqué contre un
agent de l'ordre à la Nouvelle-Ville. Zoubiri Kamel serait l'auteur de
l'assassinat de Boudjenah et d'un militaire à la cité Louggar, à Tizi Ouzou.
Il a été arrêté par la police, mais il a réussi à prendre la fuite en se
jetant du fourgon cellulaire. Le groupe précité est aujourd'hui identifié et
localisé aux environs de la forêt de Takhoukht. Son élimination, nous dit-on,
est une question de temps.

Salima Tlemçani

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