Khalifa serait-il un second Zeggar
ou un Mouhouche bis?
Le phénomène Khalifa n'est pas nouveau en Algérie. Dans les années
soixante-dix, il y avait le milliardaire Messaoud Zeggar dit Rachid Casa.
Beaucoup de similitudes entre les deux hommes.
Zeggar a "bâti" officiellement sa fortune à partir des bonbons qu'il vendait
à Casablanca. DE la vente des bonbons, il est passé à la leur fabrication.
Khalifa, lui est parti à partir de la vente de produits pharmaceutiques. Il
s'est mis, ensuite, à les fabriquer.
Messaoud Zeggar est devenu milliardaire au début des années soixante-dix. C'
est à dire en moins d'une dizaine d'années après l'indépendance de l'
Algérie. Rafik Khalifa, lui, a vu les milliards se déverser sur ses comptes
bancaires à partir de la fin des années quatre vingt-dix. Soit en moins de
dix ans après les évènements d'octobre et l'ouverture libérale.
Si Messaoud Zeggar était lui même issu du MALG qu'il a quitté à l'
indépendance pour faire du bizness, Khalifa doit sa relation avec ce MALG
par procuration parentale. C'est son papa qui était malgache. Ce qui a
permis aux deux hommes, chacun en son temps, de fricoter avec les hautes
sphères du pouvoir. Tous les dignitaires du régime de Boumediene était pris
en charge par Zeggar pour leurs déplacements à l'étranger soit pour des
raisons de santé ou pour faire du tourisme. Là, au moins, Zeggar sauvait les
apparences en soulageant le trésor public algérien. On dit même, qu'il a
financé l'opération d'infiltration de l'Élysée par le lieutenant Rachid
Tabti qui a été à l'origine de la prise décision de la nationalisation des
hydrocarbures en 1971. Zeggar était très proche de feu président Houari
Boumediene. Ce dernier connu pour son intégrité, que seuls les
malintentionnés s'aventurent à mettre en doute, utilisait Zeggar dans le
cadre des relations officieuses entre l'Algérie et les États Unis d'Amérique
après la rupture des relations officielles en juin 1967. L'Algérie avait
besoin du soutien, ou du moins, de la neutralité américaine, dans sa
confrontation avec la France autour des nationalisations des mines, des
compagnies d'assurance, des hydrocarbures et de l'évacuation des bases
militaires de Mers El Kebir et de Reggane.
Khalifa est loin de tout ce tumulte politique. Mais, lui aussi, fréquente la
pègre du pouvoir algérien. Il a été aperçu à Alger en compagnie du général
Tewfik. Chose qui n'arrive pas au premier homme d'affaires venu. Il est très
proche du général Larbi Belkheir. Il compte parmi ses salariés trois frères
du président de la république. Il a ses entrées chez beaucoup de généraux
dont les enfants figurent parmi les salariés les mieux rémunérés du groupe
(c'est normal, c'est l'argent volé par leur papa). A 37 ans, le jeune
nouveau riche est l'enfant gâté de la pègre algérienne.
A la différence de Khalifa, Zeggar était discret. Mais comme lui, il aimait
le luxe, les grands hôtels, les soirées mondaines et les bonnes compagnies.
Contrairement à l'ami de Gérard Depardieu, il ne fréquentait pas les
starlettes du cinéma en les rémunérant généreusement pour assister à un
match de football. On était encore loin de la décadence. Zeggar avait pour
amis, entre autres, le milliardaire américain Rockfeller, le futur président
des États Unis, Georges Bush (le père, pas le fils).
Avec l'avènement de Chadli à la tête de l'État algérien et l'ascension de la
bande à Belkheir, le vent a tourné dans le mauvais sens pour Zeggar. Celui
par qui juraient tous les valets du régime de Boumediene est du jour au
lendemain présenté en ouverture de l'édition de 20h du journal télévisé de l
'unique chaîne algérienne, comme un vulgaire agent de la CIA. Pas plus, pas
moins. Messaoud Zeggar, le milliardaire, l'ami des colonels (du temps de
Boumediene il n'y avait pas de généraux) et de la nomenklatura algérienne
tombe de très haut. Il est menotté et jeté dans une cellule de la prison
militaire de Blida. Il dormira sur banc en ciment durant plusieurs mois. Le
temps de lui vider ses comptes à l'étranger et le déposséder de tous ses
biens. Quelques mois plus tard celui qui était présenté comme "un dangereux
agent de la CIA doté d'un matériel ultra moderne et menaçant la stabilité de
l'Algérie" est libéré en catimini. Quelques mois après sa libération on lui
rend son passeport pour qu'il puisse voyager librement. Il n'aura pas le
temps de quitter le territoire algérien. Il meurt dans l'indifférence
totale. Officiellement: il est mort d'une crise cardiaque. Pour les
connaisseurs des arcanes du pouvoir algérien: il a été empoisonné.
Un fin tragique que celle de Messaoud Zeggar, que nulle personne ne
souhaiterait à son successeur dans la saga des milliardaires algériens,
Rafik Khalifa. Alors, un conseil pour Moumen: médite sur l'histoire de
Zeggar. On ne fréquente pas la mafia sans laisser des plumes. Le jeunes
Mouhouche un enfant d'un quartier populaire algérois en connaît un bout.
Pour s'être mêlé aux enfants de la pègre en s'associant à Tewfik Bendjedid,
un des rejetons de l'ancien président, il s'est retrouvé derrière les
barreaux pour une durée indéterminée. C'était lui qui devait jouer le rôle
de Khalifa, mais, il y a eu une erreur de casting au départ. Mouhouche est
un enfant du peuple. Il n'habitait pas une villa à Hydra ou dans les
quartiers chics d'Alger, ne pouvait pas fréquenter la jet set française. Il
n'était pas fait pour les soirées mondaines. Ses sorties dans les boîtes de
nuit d'Alger et plus particulièrement, la discothèque "Le triangle" du
sanctuaire du martyr, c'était son luxe.
Il ne faisait pas l'affaire.
Dès les premières opérations effectuées, il est éliminé. Éclata, alors, le
scandale de la BEA des pins maritimes (banlieue Est d'Alger) qui fut victime
de la plus grosse escroquerie de l'époque.
Une escroquerie commise par le fils du chef de l'État et payé rubis sur
ongle par un enfant du peuple sorti de l'anonymat pour les besoins d'un
scénario écrit et réalisé par le collectif des généraux maffieux sous la
houlette de Larbi Belkheir.
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