Ce bouleversement survient à l’occasion des vœux de la fête d’Al Aid
Al Fitr, qui marque la fin du mois de jeun, que le Président Abdelaziz
Boutaflika a envoyé à l’inamovible chef du front Polisario Mohamed
Abdelaziz, à cette occasion.
L’Etat algérien qui se considérait comme étant le mentor du Polisario,
qui a parrainé depuis toujours le Polisario et sa république
autoproclamée, qui à par le passé toujours proclamé son soutien absolu
et systématique à l’autodétermination du peuple sahraoui, laquelle
autodétermination est considérée à Alger comme une condition
indépassable pour la solution du conflit sur le Sahara occidental, cet
Etat donc, fait par la vois de son Président l’impasse sur ce principe
dans un échange épistolaire officiel.
Attitude inhabituel de la part des dirigeants algériens, la lettre du
Président Boutaflika fait l’impasse totale sur le rappel de la
position de principe sur l’autodétermination du peuple sahraoui et son
droit à l’indépendance et évite d’évoquer le moindre souhait pour que
le peuple sahraoui se débarrasse du "pesant colonialisme" marocain.
La missive ne parle pas plus du souhait de voir le Maroc et le
Polisario arriver à une solution politique négociée fondée sur
l’autodétermination du Peuple sahraoui. Elle ne renouvelle même pas le
soutien indéfectible de l’Algérie à ce peuple.
L’absence de ces constantes de la position algérienne à propos du
dossier du Sahara occidental dans le dernier télégramme du Président
algérien est un indicateur plein de sens sur les prémices d’un
éventuel changement dans la position algérienne à propos du
séparatisme.
Au mieux pour le Polisario cette attitude traduit un neutralisme
algérien à venir, surtout si on analyse cette attitude dans le
contexte des évolutions qu’a connu ce dossier ces derniers mois, sur
le plan international, en particulier avec la tendance de la
communauté internationale à être favorable à la solution médiane qui
accorde l’autonomie de la région du Sahara sous souveraineté
marocaine.
Une solution qui découle de l’initiative marocaine présenté aux
Nations Unies, qui a récolté une adhésion quasi unanime au sein du
Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU, ainsi que les
faveurs des principaux dirigeants du monde qui veulent voire se régler
le conflit stérile autour de ce dossier, et qui ont félicité le Maroc
pour la présentation de son initiative d’autonomie.
Une solution qui jusqu’au télégramme de vœux du Président Bouteflika
adressé au chef du Polisario, était catégoriquement rejeté par
l’Algérie qui était favorable à l’autodétermination et au détachement
du Sahara occidental du Maroc.
Ce rejet se traduisait d’ailleurs par l’obstruction que pratiquait
Alger pendant les rounds de négociation entre le Maroc et le
Polisario, organisés à Manhasset, près de New York, sous l’égide des
Nations Unies. Laquelle obstruction a mené au gel provisoire de ces
négociations.
Les observateurs estime que Alger a subit de grandes pressions pour
soutenir la solution de compromis autour d’une solution politique
consensuelle dont l’autonomie, qui est une forme d’autodétermination
et un symbole du développement démocratique, serait la base.
Mais outre les pressions, Alger ne pouvait continuer à soutenir la
sécession au Sahara occidental sans se retrouver confronté à de
problèmes interne, de revendications séparatistes, au nom du principe
du droit à l’autodétermination, que la direction algérienne refuse
pour les Touaregs et les Kabyles, au nom de l’unité nationale.