Mémoire
La France se débarrasse d’un personnage encombrant
Dans le précédent extrait de son livre, Hocine Aït Ahmed relatait les
circonstances de l’assassinat de Ali Mecili. Ce travail de reconstitution a
été incidemment complété par une fracassante révélation de l’hebdomadaire
français Le Point : l’assassin présumé a été réexpédié à Alger dès la fin de
sa garde à vue quatre jours plus tard. La France officielle venait ainsi de
se débarrasser d’un personnage encombrant. Dès son interpellation, les
enquêteurs paraissent peu regardants sur nombre d’éléments et de détails
concourant, en situation normale, à la manifestation de la vérité. Ces
extraits de L’Affaire Mecili plongent le lecteur dans une ambiance de roman
noir. Sauf que là, il ne s’agit pas de fiction.
A 12h30, le 10 juin 1987, Amellou gare sa BMW près du domicile de Fatna
Beliali, rue du Faubourg-Saint-Denis. A peine descendu du cabriolet, il est
interpellé «sur ordres supérieurs» par la brigade criminelle. Juste à temps
: il devait repartir le lendemain à 14h55 pour Alger. En perquisitionnant
dans le trois-pièces qu’il occupe avec Fatna, les policiers découvrent un
billet d’Air France, Paris-Alger-Paris. La preuve, une fois encore, que le
tueur n’a pas l’intention de se «réfugier» en Algérie. Parce qu’il se sent
sûr de son impunité à Paris ?
Etonnante perquisition que celle-là : les enquêteurs ne trouvent aucun
élément susceptible de justifier une inculpation. Ils n’ont pas l’idée, il
est vrai, d’aller voir si la cheminée ne cacherait pas par hasard le fameux
P.38 d’Amellou évoqué par le «renseignement» ! En revanche, un petit carnet
sur lequel est inscrit «Mémo-Kle» prouve que le proxénète connaît bien
plusieurs responsables de la Sécurité militaire. Surtout Rachid Hassani dont
les quatre numéros de téléphone – bureau, direct, standard et privé –
figurent dans le carnet. Sans parler d’un nom et d’une adresse inscrits à la
main sur une feuille volante : «Commandant Aït Mehdi, génie militaire, IIe
région, Ekmul, en face du stade».
Amellou a décidément de très bons rapports avec Hassani. Ce dernier est le
signataire d’un document bien compromettant trouvé sur le truand : un «ordre
de mission» en bonne et due forme de la SM. Délivrée le 10 mai 1987 par le
directeur central de la Sécurité militaire (DCSM), signée donc par le
capitaine Hassani, cette pièce officielle autorise «Amellou Malek et son
épouse» à circuler dans des zones militaires et à utiliser le véhicule de
service immatriculé 3933.183.16. La rédaction de cet «ordre de mission» ne
souffre aucune ambiguïté sur les rapports entretenus par le truand avec la
police politique.
Bien que signé par Hassani, il relève du «directeur central de la Sécurité
militaire» et non d’un quelconque exécutant délivrant un laissez-passer
occasionnel. Mais surtout, il est fait mention du «grade» d’Amellou –
«civil» –, de son «unité» – DCSM – et de son «service». Autant dire qu’il
appartient d’une manière structurelle à la SM, et que ce fait à lui seul
aurait dû susciter un interrogatoire serré. Cela n’a pas été le cas.
On se contentera d’enregistrer sans trop de questions les explications du
truand. A savoir qu’il utilise une voiture de l’armée lorsqu’il effectue des
travaux d’électricité dans les résidences des militaires algériens. Le
fameux ordre de mission, délivré par Hassani qu’il connaît «depuis six ou
sept ans», ne ferait que régulariser cette situation. La preuve que tout
cela est limpide ? «Fatna m’a souvent accompagné dans cette voiture de
service.» Ce n’est malheureusement pas l’avis de Mme Beliali : «Je ne l’ai
jamais vu en voiture lors de ses séjours en Algérie, je ne l’ai jamais vu
avec des militaires», affirme la dame aux policiers pour tenter d’innocenter
son ami.
Fatna, la comparse
Elle ne cesse d’ailleurs de se contredire sur leur vie à Alger. Commençant
par affirmer qu’elle ne l’y voit presque pas «à cause de ses parents», elle
finit par reconnaître qu’ils se rencontrent souvent «par peur d’être mêlée à
ce qu’il a pu faire [sic] et pour éviter des questions sur son emploi du
temps». Personne ne songera à lui demander si cela signifie que son ami peut
être mêlé à de sales affaires. Amellou, lui, ne se laisse pas démonter :
Fatna, c’est vrai, ne l’a jamais vu conduire lui-même en Algérie, car lorsqu
’ils circulaient ensemble, c’était son cousin qui était au volant ! D’
ailleurs, il s’est sans doute mal exprimé dans un premier temps. Car elle n’
est en fait jamais montée avec lui dans la voiture militaire !
Mais il y a plus grave dans les imprécisions de Fatna Beliali. Au moment de
son interpellation, Amellou porte une moustache. De quoi s’étonner puisque
aucun de ses signalements ne la mentionne. Il affirme l’avoir laissée
pousser il y a un mois. «En avril, dit-il, je n’en portais pas.» Fatna elle,
la lui connaît depuis «six ou sept mois». Comment Fatna peut-elle avoir une
si mauvaise appréciation du temps ? Pourquoi des moustaches depuis avril
seulement, c’est-à-dire depuis l’assassinat d’Ali ? Cela pourrait intéresser
l’enquête, mais visiblement pas les policiers qui interrogent le couple.
Peut-être ce manque d’intérêt vise-t-il à signifier à «Karine» que sa
volonté de protéger son homme est superflue puisqu’on prend déjà grand soin
de lui. Les questions en tout cas ne sont – et ne seront – pas posées.
Pour mentir sans vergogne, la strip-teaseuse ne perd pas le nord. Pendant sa
garde à vue, elle tente dans la nuit du 12 au 13 juin – on l’apprendra par
un nouveau renseignement anonyme parvenu aux policiers – de faire prévenir
un certain «Michel». Le message qu’elle essaie de lui transmettre est clair
: «Les policiers n’ont rien découvert chez nous, car on n’avait rien
gardé... Ne t’inquiète pas, ne bouge pas, mais occupe-toi de vider l’
appartement.» Et Fatna de baliser le territoire où on peut trouver Michel :
un «cabaret dans la même rue que Le Monseigneur et la brasserie Burger, ou
alors au Topless où il se rend tous les jours et de bonne heure». On
retrouvera plus loin ce mystérieux Michel. A lui seul le contenu du message
qu’on veut lui faire parvenir mériterait plus ample information. Mais il n’
excite pas outre mesure la curiosité des enquêteurs. A l’heure qu’il est, le
fameux Michel n’a toujours pas été identifié. C’est pourtant un personnage
clé, à en juger par une déclaration de la sœur de Fatna, Sandra, affirmant,
comme nous le verrons plus loin, qu’Amellou portait sur lui au moment du
crime la carte d’identité d’un dénommé «Michel». Une information que Sandra
tient de la bouche même de sa sœur. Après quelques recherches dans les
cabarets de Pigalle, les enquêteurs se contenteront d’interroger un «Michel»
n’ayant de toute évidence rien à voir avec l’homme que Fatna désirait faire
prévenir. Une défaillance de plus.
Interrogé et gardé à vue pendant quarante-huit heures au Quai des Orfèvres,
Amellou, en bon professionnel, ne perd en tout cas jamais son sang-froid. Et
nie tout en bloc, sans réussir à éviter quelques gaffes. L’assassinat de
Mecili ? Il a suivi bien sûr cette affaire dans la presse et à la
télévision, car son cousin, Madjid Khalifa, a été client de l’avocat. Il
croit se souvenir que Mecili a été assassiné à son domicile, mais il ne sait
plus exactement quand. «Je pense que c’est en mars», finit-il par préciser.
Est-il tout à fait incongru de faire le rapprochement entre cette réponse d’
Amellou et les menaces reçues par Ali : «Tu ne passeras pas le mois de mars»
? La police s’en dispense. Comme elle se dispense d’entendre ce cousin,
Madjid, qui possède une boutique de brocante à Mesnilmontant et qui voyage
beaucoup entre Paris et Alger. Connaître les raisons pour lesquelles il a
choisi Mecili pour avocat n’aurait pas été entièrement superflu. Ce n’est
pas l’avis des policiers et du juge.
Mais revenons à notre petit truand. Pourquoi un «renseignement confidentiel»
l’a-t-il désigné
comme l’assassin ? Rien d’autre que la jalousie, répond-il, la vengeance de
ceux qui n’admettent pas qu’il se soit rangé depuis 1985, qu’il se soit
remis au travail et que «ça marche» pour lui !
Sa mise en garde à Fatna au sujet d’éventuels attentats à Paris ? Il faut en
chercher l’origine dans les «rumeurs» qui couraient à Alger et qu’il avait
entendues à plusieurs reprises. Personne ne s’étonnera outre mesure qu’il
admette plus tard - j’y reviendrai – avoir eu confirmation de ces prétendues
rumeurs par un officier de la Sécurité militaire.
Si la capacité manœuvrière et la flexibilité d’Amellou semblent infinies, le
peu de réactions qu’elles entraînent chez les policiers ne laisse pas de
surprendre. Sami ? Une simple connaissance de bar. Le commandant Kader ? Le
seul Kader qu’il connaisse tient un bar dans le XIIe arrondissement de
Paris. La coïncidence entre le signalement de ce Kader donné par Amellou et
celui fourni par le «renseignement confidentiel» ne vaut-elle pas une
recherche à l’adresse indiquée ? Elle n’est – et ne sera – pas faite.
Abderrahmane El Ghazali Guédéré ? Il connaît un Ghediri Abderrahmane, qui
était directeur à la recherche scientifique à Alger, mais qui a fait de la
prison pour une affaire de fraude fiscale ou de détournement de fonds. En
fait, il connaît sa famille depuis cinq ou six ans. «Des amis.»
Il ne reste aux enquêteurs qu’à confronter Amellou avec le principal témoin
du crime, C. Face à la «parade» de policiers en civil parmi lesquels Amellou
a pris place, elle hésite d’abord : elle ne reconnaît personne. Elle le dit
spontanément. De toute façon, à quoi bon tenter d’identifier un homme qu’on
sait être un simple exécutant ? C. ne se fait pas d’illusions : seuls les
commanditaires comptent et ils ne sont pas près d’être inquiétés... Affaire
classée, donc. Pas tout à fait pourtant. Il fait bien sombre dans la pièce
où a lieu la confrontation. Trop sombre d’ailleurs pour que cela ne soit pas
intentionnel et ne vise pas à lui compliquer un peu plus la tâche. Une
fraction de seconde, le témoin revoit la nuit de l’assassinat, un visage –
celui du tueur – illuminé par un sourire.
Décidément, ce personnage, juste là, paraît ressembler trait pour trait à l’
homme au parapluie noir. Il faut le dire. Elle esquisse un geste dans sa
direction. «C’est la réponse spontanée qui est la plus fiable», coupe un
policier. Cette fois, l’affaire est vraiment classée : le seul témoin du
crime, C., n’a pas reconnu l’assassin d’Ali Mecili. Policiers, magistrats et
responsables politiques peuvent pousser un ouf de soulagement.
Amellou libéré et expulsé... à Alger !
Interrogatoires d’Amellou recoupant les informations contenues dans le
«tuyau» fourni par la brigade des stupéfiants ; «ordre de mission» de la
Sécurité militaire ; contradictions dans les déclarations d’Amellou et de
Fatna ; tentative de faire «vider l’appartement» ? Malgré cette convergence
d’indices pour le moins troublante, à la fin de la garde à vue, le 12 juin,
Mme Canivet-Benzit n’estime pas nécessaire d’inculper Amellou... ni même de
l’entendre. Passé ces premières quarante-huit heures, il sera simplement
placé dans une seconde garde à vue, ordonnée cette fois par le juge
Boulouque dans le cadre de l’enquête sur les attentats terroristes de
septembre 1986 à Paris.
Quelles révélations apporte cette nouvelle investigation ? Aucune ! Pas un
seul indice sérieux sur ces «rumeurs» qui ont conduit Amellou à téléphoner à
Fatna pour l’empêcher de se rendre dans des grands magasins parisiens. Le
truand n’en dit pas plus le 13 juin que la veille ou l’avant-veille. En
revanche – et nous le verrons plus loin –, ce sont ses déclarations au cours
de cette seconde commission rogatoire qui montrent le plus nettement ses
liens avec la Sécurité militaire. Curieusement, en effet, cet homme qui a
manifesté une grande maîtrise de lui pendant les premières quarante-huit
heures de sa garde à vue se met à parler de ses
relations avec les militaires algériens sans qu’on l’y invite ! Un long
bavardage sur les invitations et autres preuves de considération dont l’
entourent plusieurs officiers de la police politique, qu’il cite
abondamment. Forfanteries de proxénète, comme le prétendront les services
spéciaux d’Alger ? Sûrement pas.
A Club des Pins
Amellou joue. Parce qu’il a senti qu’il peut gagner sur le terrain du
terrorisme, le seul qui semble intéresser les enquêteurs, j’allais dire ses
interlocuteurs, futé mine de rien, il fait l’important : «J’ai vu deux fois
le commandant Bouzid, raconte-t-il. La première lorsqu’il m’a accueilli le
24 avril, la seconde quatre jours plus tard quand il m’a obtenu une villa à
Club des Pins et m’a remis les 100 000 francs.» S’agit-il des 100 000 francs
déposés par Fatna au printemps 1987 sur l’un de ses comptes ? Mystère... Le
capitaine Hassani, qu’il dit appartenir à l’armée de terre, lui a pour sa
part apporté une Renault 5 à Club des Pins. En fait, un véhicule militaire
banalisé. «Hassani, poursuit-il, m’a donné un ordre de mission, car je m’
étais fait contrôler par les gendarmes. Avec ce document, j’étais ’’couvert’
’.» Amellou ne tarit plus : le 10 mai, le capitaine vient prendre de ses
nouvelles à Club des Pins et lui laisse même sa propre voiture de fonction,
une R9 bleue, en apprenant que la Renault 5 ne marche pas très bien. Il
raconte encore qu’il y avait des Palestiniens à Club des Pins avant son
arrivée, et qu’il a entendu dire que ces derniers feraient des «conneries
pendant l’été». Et de conclure : «Pour moi, et venant des Palestiniens, le
mot ’’conneries’’ voulait dire ’’attentats’’.»
Le truand paraît décidément solliciter les bonnes grâces des policiers qui l
’interrogent. Il va en tout cas de plus en plus loin en racontant son dîner
le 22 mai avec le capitaine Hassani. «Comme nous avions sympathisé, je lui
ai dit que j’avais entendu un officier affirmer que les Palestiniens
allaient faire des conneries.» Il m’a répondu qu’apparemment ’’ils’’
allaient faire de grosses choses surtout entre le 15 et le 20 juin... que ce
n’était bon pour personne... qu’ils allaient démolir les accords en route...
De quels «accords» peut-il s’agir, sinon des tentatives de médiation des
services algériens pour faire cesser les attentats en France et libérer les
otages français détenus au Liban ? Et si, dans ce contexte, Amellou, ce
petit proxénète pas tout à fait comme les autres, avait voulu signifier aux
policiers qui l’interrogent qu’il n’a plus besoin de cacher ses liens avec
les services spéciaux algériens puisque ces derniers aident la France contre
le terrorisme ? Une manière de montrer qu’on est au fond dans le même camp
et qu’au regard du massacre d’innocents, l’affaire Mecili est vraiment une
péripétie...
Marché tacite ou cynique, les enquêteurs de la brigade criminelle n’ont de
toute façon pas d’autre choix que celui de laisser en paix l’assassin
présumé d’André. Nous sommes le 14 juin au matin. Les attentats dont le
truand a vendu la mèche ne sont-ils pas prévus entre le 15 et le 20 juin ?
Il était en tout état de cause impensable que le juge Boulouque l’inculpe si
rien de sérieux n’était retenu contre lui concernant les attentats de
septembre. Dès lors, le tour de passe-passe consistant à le placer sous une
nouvelle garde à vue pour une affaire de terrorisme, où l’on ne trouverait
pas de preuves, aura eu un avantage : se débarrasser d’un individu que tout
désigne au moins comme le suspect principal de l’assassinat d’Ali Mecili.
Le 14 juin en tout cas, après quatre jours d’interrogatoires, le proxénète
et son amie sont libres. «Que pouvions-nous faire d’autre que relâcher
Amellou, alors que nous n’avons aucune preuve ?», se défendra a posteriori
le Quai des Orfèvres, cité par Le Monde le 1er octobre 1987. «Cela arrive
parfois, nous avons des présomptions, mais ce n’est pas assez pour délivrer
un mandat de dépôt», se justifie Mme Caniver-Beuzit, dans le même quotidien,
le 7 novembre 1987. Une opinion qui honore sans doute le magistrat, mais qui
ne correspond en rien à la pratique judiciaire habituelle : à la moindre
présomption, les juges d’instruction n’hésitent pas en général à faire
écrouer un suspect. Au sortir de sa garde à vue, le proxénète paraît, selon
la presse qui cite des «sources policières», tout à fait serein, car
persuadé de rester en France où
il possède un titre de séjour en bonne et due forme. C’était sans compter
sur la diligence de Robert Pandraud qui signe, avant même la fin de leur
garde à vue, un arrêté d’expulsion contre Malek Amellou et Fatna Beliali.
Apprenant qu’il va être expulsé, le truand, soudain, panique. Il craint sans
doute de n’être pas livré à «ses» amis. A 20h15, le vol régulier d’Air
Algérie n° AH 1005 décolle d’Orly-Sud à
destination d’Alger. A son bord, le couple Beliali-Amellou, embarqué dans la
plus grande discrétion par la police de l’air et des frontières en compagnie
d’une douzaine d’autres expulsés, parmi lesquels se trouve Mustapha, l’un
des frères de Malek.
« La France se débarrasse ainsi d’un personnage encombrant et évite du même
coup une crise majeure avec l’Algérie», conclut Jean-Marie Pontaut dans Le
Point du 28 septembre. «C’est un cadeau empoisonné que nous fait Paris en
nous renvoyant cet individu», rétorque à l’envoyée spéciale de l’
hebdomadaire le «haut responsable» algérien interrogé sur cette affaire. N’
est-il pas au parfum ou fait-il semblant ? Qu’importe ! Les «amis» du
truand, eux, ont apprécié à son juste prix le geste de la France...(....).
Hocine Aït Ahmed
L’affaire Mecili
Editions La DECOUVERTE . Paris 1989
Editions Bouchène . Alger. 1991.
*source :
http://www.multimania.com/librealgerie/Libre_Algerie/librealgerie43/Affaire_
Mecili.htm
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