car les Kabyles savent qui est derriere et le but de ce torchon.
Affaire La Dépêche de Kabylie - Ali Gherbi
Les deux parties en parlent
De notre bureau de Béjaïa
Qu'est-ce qui s'est réellement passé entre La Dépêche de Kabylie à El Kseur
(Béjaïa) et Ali Gherbi, délégué du mouvement citoyen ?
Voilà une question à laquelle nous avons convié les deux parties pour nous
livrer leurs versions respectives.
Selon Mohamed Bessa, chef de bureau de La Dépêche de Kabylie de Béjaïa, «
des personnes se revendiquant du mouvement citoyen ont approché avant-hier
et hier encore le distributeur de la presse pour lui signifier de ne plus
diffuser notre journal dans la ville d'El Kseur ».
pSSt: qui est ce Mohamed Bessa ?
Pour lui, ces personnes ont agi ainsi « en application des menaces proférées
par Ali Gherbi lors d'un meeting tenu samedi dernier à El Kseur, où il a dit
explicitement : « La Dépêche de Kabylie sera interdite à El Kseur. » M.
Bessa précisera que la réaction de Ali Gherbi fait suite à un article publié
samedi dernier dans La Dépêche de Kabylie traitant d'un meeting organisé à
Timezrit jeudi dernier. Dans cet article, le correspondant du journal a
rapporté sous le titre : « Ali Gherbi n'exclut pas le dialogue », que le
délégué d'El Kseur serait favorable au dialogue avec le Pouvoir. Le chef de
bureau de La Dépêche de Kabylie affirmera n'avoir reçu aucune mise au point
à ce sujet, mais que « Ali Gherbi a préféré emprunter d'autres voies dont il
aura à assumer toutes les conséquences ». « Nous n'avons aucun contact avec
ces gens-là », dit-il encore en soulignant que son journal a décidé plutôt
d'« alerter l'opinion publique » en se félicitant du « soutien d'autres
délégués du mouvement citoyen ».
M. Bessa parlera également d'une déclaration adoptée hier par les chefs de
bureau des quotidiens Le Soir d'Algérie, L'Authentique, La Nouvelle
République, El Watan, Liberté, Le Matin et
La Dépêche de Kabylie et dans laquelle est condamnée cette « atteinte à la
liberté de la presse qui, malheureusement, intervient après une série
d'antécédents de même gravité ».
Contacté hier, Ali Gherbi dément catégoriquement avoir un jour appelé à
l'interdiction de La Dépêche de Kabylie.
Il évoquera le meeting de Timezrit en affirmant que le correspondant a «
écrit ce qu'il voulait en déformant mes propos alors que dans une interview
non publiée accordée au même journaliste, j'ai, dit-il, réaffirmé les
positions du mouvement citoyen ».
Quant à ses propos tenus samedi dernier au meeting d'El Kseur, Ali Gherbi
dira tout en démentant les déclarations qui « m'ont été prêtées sur la
question du dialogue que j'ai dit à l'adresse de la population : « La
Dépêche de Kabylie verse dans la manipulation et sème la division. Nous
n'avons pas les mêmes objectifs. J'ai appelé la population à ce qu'elle
n'accorde pas de crédit aux écrits de ce journal », explique-t-il, en
affirmant que « je gêne leur ligne, mais nous allons dévoiler leurs desseins
au courant de la semaine prochaine parce que nous avons les preuves et des
témoins concernant la "bombe" (entendre complot) que ce journal a mis en
uvre contre le mouvement citoyen ».
Au sujet de l'interdiction physique de La Dépêche de Kabylie d'être
distribuée à El Kseur, Ali Gherbi dira que « la population est souveraine,
elle est libre de lire les journaux qu'elle veut ». « Que les gens de La
Dépêche de Kabylie ramènent les preuves que nous aurions appelé à son
interdiction », lance-t-il.
Le délégué d'El Kseur, qui fait porter « la responsabilité des conséquences
de cette affaire à La Dépêche de Kabylie », lâchera cette phrase : « Nous
savons que nous gênons leur projet d'autonomie. »
Dalil Y.
29-01-2003
http://www.lematin-dz.net/quotidien/lire.php?ida=1347&idc=9