Le Cambodge et la Thaïlande s'opposent depuis des décennies sur la démarcation de leur frontière de 800 kilomètres, héritage de l'époque coloniale française.
Une délégation thaïlandaise, menée par le ministre de la Défense et la ministre de la Culture au temple de Ta Kwai, le 22 avril 2026. (HANDOUT / THAILAND'S MINISTRY OF DEFENCE / AFP)L'ajout par la Thaïlande de plusieurs temples, dont elle a pris le contrôle lors d'affrontements frontaliers meurtriers avec le Cambodge en 2025, à son registre des monuments historiques a suscité, mercredi 13 mai, la colère de Phnom Penh.
Le Cambodge et la Thaïlande s'opposent depuis des décennies sur la démarcation de leur frontière de 800 kilomètres, héritage de l'époque coloniale française.
Les tensions ont dégénéré à deux reprises en conflit armé en juillet et décembre 2025, faisant des dizaines de morts de part et d'autre et poussant des centaines de milliers de personnes à fuir les combats.
Le Cambodge affirme que la Thaïlande s'est emparée à cette occasion de plusieurs zones dans des provinces frontalières, accueillant temples anciens et sites archéologiques.
Le ministère cambodgien de la Culture a ainsi appelé la Thaïlande à retirer l'"enregistrement illégal" des temples de Tamone, Ta Krabey et K'nar, ainsi que d'autres sites archéologiques, situés sur leur frontière contestée.
En Thaïlande, ces trois temples, connus sous les noms de Ta Muen, Ta Kwai et Nong Khana, font partie des neuf sites ajoutés au registre officiel thaï "dans un souci de clarté en matière de protection des monuments anciens", selon une annonce publiée lundi au Journal royal.
Le ministère de la Culture du Cambodge a déclaré dans un communiqué qu'il "considérait cet enregistrement comme une tentative illégale de créer une apparence juridique artificielle concernant des sites culturels situés sur le territoire souverain du Royaume du Cambodge".
Avant les cinq jours d'affrontements frontaliers de juillet 2025, les temples contestés de Ta Krabey et Tamone accueillaient à la fois des troupes cambodgiennes et thaïlandaises. Le temple de K'nar était contrôlé par les Cambodgiens jusqu'en décembre.
En avril, des responsables, soldats et moines thaïlandais ont organisé une cérémonie bouddhiste à Ta Krabey – également connu sous le nom de Ta Kwai –, provoquant la colère de Phnom Penh, qui y a vu une "grave violation" de sa "souveraineté territoriale".
Les deux royaumes d'Asie du Sud-Est ont signé un fragile accord de cessez-le-feu fin décembre, mais les tensions persistent, les deux parties s'accusant mutuellement de violations de la trêve.